{"id":30334,"date":"2010-12-24T12:13:47","date_gmt":"2010-12-24T12:13:47","guid":{"rendered":""},"modified":"2006-01-01T00:00:00","modified_gmt":"2006-01-01T00:00:00","slug":"4128","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/4128\/","title":{"rendered":"Musique : Ngoy\u00e8 Jeca prot\u00e8ge son H\u00e9ritage"},"content":{"rendered":"<p>Sa derni\u00e8re \u0153uvre met en valeur des chansons puis\u00e9es des racines du makossa.  &#8211; <\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Au-del&agrave; des consid&eacute;rations claniques, Massema Production dont le  promoteur n&rsquo;est autre que sa majest&eacute; Ebanda Gustave, chef d&rsquo;un village  proche de la contr&eacute;e d&rsquo;origine de Ngoy&egrave; Jeca, a vu juste. Parce que  &laquo;H&eacute;ritage&raquo;, l&rsquo;album musical r&eacute;cemment enfant&eacute; par ce dernier, m&eacute;ritait  bien d&rsquo;exister. Pas que l&rsquo;artiste y a fait des choses extraordinaire ;  mais le seul fait d&rsquo;avoir voulu pr&eacute;server une certaine originalit&eacute; dans  le fond, donne &agrave; l&rsquo;&oelig;uvre et &agrave; son concepteur un m&eacute;rite bien singulier.  Pour qui conna&icirc;t Ngoy&egrave; Jeca, on est au moins s&ucirc;r d&rsquo;une chose &agrave; chacune  de ses sorties : c&ocirc;t&eacute; accommodement, l&rsquo;homme est un v&eacute;ritable As.  Multi-instrumentiste, il a su, une fois de plus, se montrer &agrave; la hauteur  de sa renomm&eacute;e. De m&ecirc;me que dans le choix des th&egrave;mes et la conception  des textes, l&rsquo;artiste semble &ecirc;tre mont&eacute; d&rsquo;un cran par rapport &agrave; ses  pr&eacute;c&eacute;dentes productions.<\/p>\n<p>La preuve en est donn&eacute;e d&egrave;s le premier titre de l&rsquo;album, &laquo;A mala nde&raquo;  (Elle s&rsquo;en va). Une chanson qui rappelle, dans l&rsquo;objet notamment, &laquo;Le  mari cavaleur&raquo; de Flavie Nono. Ngoy&egrave; Jeca y raconte l&rsquo;histoire d&rsquo;un  homme, authentique vadrouilleur, qui passe ses journ&eacute;es dans les bars,  apparemment insatisfait au foyer, et qui rechercherait du r&eacute;confort &agrave;  l&rsquo;ext&eacute;rieur. L&rsquo;artiste met surtout en exergue les lamentations de son  &eacute;pouse, qui se plaint de son homme &agrave; qui elle pr&eacute;tend donner tout son  amour et son attention, mais qui trouve tout de m&ecirc;me le moyen d&rsquo;aller  voir ailleurs, de la laisser tout le temps seule &agrave; la maison, de rentrer  saoul chaque jour au petit matin. Et c&rsquo;est g&eacute;n&eacute;ralement dans cet &eacute;tat  d&rsquo;ivresse, larmoie-t-elle, que son mari voudrait &laquo;s&rsquo;amuser&raquo; avec elle.  De toutes les fa&ccedil;ons, une cuisante bastonnade l&rsquo;attend, en cas de refus  d&rsquo;obtemp&eacute;rer. Cette derni&egrave;re, en fin de compte, d&eacute;cide de s&rsquo;en aller. De  rompre. Mais le mari ne veut pas d&rsquo;une s&eacute;paration&hellip;<\/p>\n<p>Dans l&rsquo;ensemble, il s&rsquo;agit d&rsquo;une chanson bien pour l&rsquo;&eacute;coute, avec cet  accent aigu donn&eacute; aux claviers et ces grincements de guitares, qui  mettent en valeur l&rsquo;exp&eacute;rience musicale d&rsquo;un Ngoy&egrave; Jeca que l&rsquo;on  retrouve pratiquement &agrave; toutes les &eacute;tapes de la conception de son album.  Un v&eacute;ritable &laquo;homme-orchestre&raquo;, qui en a profit&eacute; pour faire une fleur &agrave;  sa maman dans &laquo;We mba dikom&raquo; (Tu es mon amie). C&rsquo;est le t&eacute;moignage d&rsquo;un  enfant rest&eacute; tr&egrave;s t&ocirc;t orphelin de p&egrave;re, et qui trouve aupr&egrave;s de sa  g&eacute;nitrice tout l&rsquo;apaisement dont il a besoin ; la solution &agrave; tout les  probl&egrave;mes qu&rsquo;il rencontre le long de sa vie. Un makossa tr&egrave;s cadenc&eacute; et  charg&eacute; d&rsquo;animations vocales, qui rivalisent presque avec un rel&egrave;vement  de guitares que semble particuli&egrave;rement affectionner l&rsquo;artiste.<\/p>\n<p>Dans son &laquo;H&eacute;ritage&raquo; Ngoy&egrave; Jeca a &eacute;galement voulu prendre fait et  cause des probl&egrave;mes de son temps. Un engagement que l&rsquo;on retrouve dans  &laquo;Non &agrave; la corruption&raquo;, &agrave; travers des messages manifestement destin&eacute;s &agrave;  tous ceux-l&agrave; qui continue de piller la fortune publique. Dans un air de  makossa proche du zouk antillais, Ngoy&egrave; Jeca joue en effet au  moralisateur. &laquo;De la Gen&egrave;se &agrave; l&rsquo;Apocalypse, la corruption a battu son  plein. Quelle d&eacute;cadence morale ! C&rsquo;est la d&eacute;ch&eacute;ance ! Malgr&eacute; les peines  pr&eacute;vues par la loi dans le Code p&eacute;nal, la corruption persiste toujours.  C&rsquo;est l&rsquo;ennemi commun &agrave; combattre. Changeons de mentalit&eacute;&hellip;&raquo;, clame-t-il &agrave;  ses compatriotes. A ces derniers, l&rsquo;artiste recommande par ailleurs  d&rsquo;&eacute;viter &laquo;la politique de l&rsquo;autruche&raquo;, en d&eacute;non&ccedil;ant et en sanctionnant  leurs fr&egrave;res et s&oelig;urs rendus coupables de ce fl&eacute;au ; de privil&eacute;gier  l&rsquo;int&eacute;r&ecirc;t g&eacute;n&eacute;ral plut&ocirc;t que les &eacute;go&iuml;smes. Mais, si le texte de cette  chanson est passablement profond, et les orchestrations &agrave; la hauteur de  l&rsquo;exp&eacute;rience de l&rsquo;artiste, on peut n&eacute;anmoins reprocher &agrave; ce dernier son  rendu. Ici, dire que Ngoy&egrave; Jeca chante serait faire injure &agrave; la  profession. Il se contente d&rsquo;un agencement de propos, &agrave; la lecture d&rsquo;un  texte, comme l&rsquo;aurait fait n&rsquo;importe quel &eacute;l&egrave;ve du cours &eacute;l&eacute;mentaire.<\/p>\n<p>Eug&egrave;ne Dipanda<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Sa derni\u00e8re \u0153uvre met en valeur des chansons puis\u00e9es des racines du makossa. &#8211; &nbsp; Au-del&agrave; des consid&eacute;rations claniques, Massema Production dont&hellip;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_lmt_disableupdate":"","_lmt_disable":"","footnotes":""},"categories":[3810],"tags":[],"class_list":["post-30334","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-archives"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/30334","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=30334"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/30334\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=30334"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=30334"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=30334"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}