{"id":30338,"date":"2010-12-24T12:27:22","date_gmt":"2010-12-24T12:27:22","guid":{"rendered":""},"modified":"2006-01-01T00:00:00","modified_gmt":"2006-01-01T00:00:00","slug":"4132","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/4132\/","title":{"rendered":"L\u00e9onora Miano : \u00ab Gaston Kelman se trompe \u00bb"},"content":{"rendered":"<p>En vacances au Cameroun, l&rsquo;\u00e9crivaine a accept\u00e9 de rencontrer des lyc\u00e9ens autour de son premier roman, \u00ab L\u2019Int\u00e9rieur de la nuit \u00bb, et d&rsquo;\u00e9changer avec ses lecteurs, le 20 d\u00e9cembre \u00e0 Douala. Un nouveau roman, \u00ab Blues pour Elise \u00bb (Plon, septembre 2010), vient de para\u00eetre, qui rompt avec les th\u00e8mes favoris du prix Goncourt des lyc\u00e9ens 2006. Mais, on ne se refait pas. L&rsquo;Afrique, la race noire et les questionnements personnels sont au c\u0153ur de l\u2019\u0153uvre de la romanci\u00e8re. &#8211; <\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em><br \/>\n<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Votre tout nouveau roman, &laquo; Blues pour Elise &raquo;, est-il une sorte de r&eacute;pit par rapport aux th&eacute;matiques habituelles ?<\/strong><br \/>\nOn ne peut pas faire carri&egrave;re sur des th&eacute;matiques uniques et sur une  mani&egrave;re unique de les aborder. Je crois que le travail des artistes est  cyclique, que ce soit en peinture ou en musique. M&ecirc;me si on aborde les  m&ecirc;mes questions, on a besoin de changer de mani&egrave;re. Le travail que j&rsquo;ai  fait avec le triptyque &laquo;L&rsquo;Int&eacute;rieur de la nuit&raquo;, &laquo;Contours du jour qui  vient&raquo;, &laquo;Les Aubes &eacute;carlates&raquo; est achev&eacute;. Dans la mesure o&ugrave;, pour moi,  ce triptyque ne travaillait pas, comme on l&rsquo;a cru, sur une image de  l&rsquo;Afrique que je cherchais &agrave; produire mais plut&ocirc;t sur les blessures  intimes de nos populations et sur la manifestation de cela dans le r&eacute;el.  Et puis, les &eacute;crivains travaillent aussi en fonction de circonstances  personnelles. Nous sommes tributaires de ce qui se passe dans nos  existences. Moi, l&rsquo;ann&eacute;e derni&egrave;re, j&rsquo;ai perdu mon p&egrave;re, qui m&rsquo;&eacute;tait tr&egrave;s  cher. Et depuis ce moment, et pour longtemps, il a &eacute;t&eacute; impossible  d&rsquo;&eacute;crire dans la m&ecirc;me veine. Actuellement, je ne suis pas capable de  tuer un personnage. Je l&rsquo;ai fait dans un texte prochain qui ne fait m&ecirc;me  pas partie de la t&eacute;tralogie que j&rsquo;ai entam&eacute;e avec &laquo;Blues pour Elise&raquo; et  j&rsquo;ai besoin de ressusciter ce personnage pour des raisons qui me sont  personnelles. Et puis, il se produit &eacute;galement des mutations dans nos  propres vies, qui ont un impact sur notre mani&egrave;re de travailler. On  reconna&icirc;tra toujours ma voix et mon temp&eacute;rament, mais peut-&ecirc;tre,  effectivement, que l&rsquo;on ne retrouvera plus certaines images sous ma  plume.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>&laquo; Blues pour Elise &raquo; parle d&rsquo;amour et rompt compl&egrave;tement avec vos habitudes&hellip;<\/strong><br \/>\nCe roman a une fonction diff&eacute;rente des textes qui l&rsquo;ont pr&eacute;c&eacute;d&eacute; et qui  avaient &eacute;t&eacute; &eacute;crits pour r&eacute;pondre &agrave; des questions. C&rsquo;&eacute;tait donc,  n&eacute;cessairement, des textes plus tourment&eacute;s. &laquo;Blues pour Elise&raquo; est venu  du besoin de montrer une r&eacute;alit&eacute; qui existe. Je n&rsquo;ai donc pas besoin de  l&rsquo;interroger. Elle existe et c&rsquo;est ma r&eacute;alit&eacute;. Il me semble qu&rsquo;elle  n&rsquo;est pas souvent pr&eacute;sent&eacute;e dans la litt&eacute;rature produite en France en ce  moment, ni dans la litt&eacute;rature africaine francophone, c&rsquo;est-&agrave;-dire une  litt&eacute;rature qui pr&eacute;sente des personnages africains ou noirs du point de  vue leur vie intime, de leur vie amoureuse, de leur sexualit&eacute;, de leur  orientation sexuelle, de leur vie de famille, de leurs secrets de  famille. Toute cette notion totalement intime qui est souvent &eacute;vacu&eacute;e de  notre litt&eacute;rature comme si, finalement, nous parlions de personnes qui  n&rsquo;ont pas d&rsquo;intimit&eacute;. Concernant l&rsquo;espace fran&ccedil;ais o&ugrave; je vis, c&rsquo;est  important de montrer les gens sous cet aspect-l&agrave; parce qu&rsquo;il me semble  que, dans cet espace, les personnes noires ne sont vues que de  l&rsquo;ext&eacute;rieur, c&rsquo;est-&agrave;-dire qu&rsquo;on les voit comme immigr&eacute;s posant des  probl&egrave;mes de soci&eacute;t&eacute; li&eacute;s &agrave; toutes sortes de questions politiques,  g&eacute;opolitiques, sociales. Mais tr&egrave;s peu finalement sous un prisme qui  montrerait simplement la banalit&eacute; de leur humanit&eacute;.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Revendiqueriez-vous une sorte de singularit&eacute; au sein de la litt&eacute;rature africaine francophone ?<\/strong><br \/>\nJe ne la revendique pas, mais j&rsquo;ai le sentiment qu&rsquo;elle existe. J&rsquo;ai le  sentiment parfois d&rsquo;&ecirc;tre un peu seule. J&rsquo;aurais besoin qu&rsquo;il y ait un  peu plus d&rsquo;auteurs qui fassent, pas n&eacute;cessairement et exactement le m&ecirc;me  travail que moi, puisque chacun a sa sensibilit&eacute;, mais qui &eacute;prouvent le  m&ecirc;me besoin de montrer les choses que je veux montrer. Je ne sais si  ces questions n&rsquo;int&eacute;ressent pas les autres ou si c&rsquo;est parce que les  textes n&rsquo;int&eacute;ressent pas les &eacute;diteurs, ce qui est &eacute;galement possible.  Quand on parle d&rsquo;une litt&eacute;rature afro fran&ccedil;aise, on peut penser que,  compte tenu de l&rsquo;anciennet&eacute; de la pr&eacute;sence africaine en France, ces  textes existent et ne doivent pas int&eacute;resser les &eacute;diteurs. En effet, ils  aiment les personnages noirs, sous la plume d&rsquo;un auteur francophone,  lointains, caricaturaux, immigr&eacute;s sans papiers, vivant dans la mis&egrave;re,  susceptibles d&rsquo;&ecirc;tre expuls&eacute;s, profitant des allocations familiales. Moi,  mes personnages ne r&eacute;pondent pas &agrave; cette caricature-l&agrave;. Ils ne sont pas  riches et n&rsquo;ont pas forc&eacute;ment des probl&egrave;mes mat&eacute;riels. Les probl&egrave;mes  qui se posent &agrave; eux sont d&rsquo;ordre intime, comme tout le monde. Quand vous  vous levez le matin, vous ne pensez pas &agrave; la colonisation, vous pensez &agrave;  votre vie.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>A quoi sert la plume d&rsquo;une &eacute;crivaine comme vous qui refuse la posture de porte-voix d&rsquo;une certaine Afrique ?<\/strong><br \/>\nJe ne sais pas &agrave; quoi servent les autres plumes. L&rsquo;utilit&eacute; de la  litt&eacute;rature n&rsquo;est pas une utilit&eacute; pratique. La litt&eacute;rature a une  dimension immat&eacute;rielle et je pense que son utilit&eacute; d&eacute;pend beaucoup des  attentes de chaque lecteur. Je dirais que les livres ont sauv&eacute; ma vie  d&rsquo;adolescente et de jeune femme. Si j&rsquo;ai beaucoup lu, c&rsquo;est parce que je  cherchais quelque chose que j&rsquo;ai trouv&eacute; dans les livres. Je voulais  conna&icirc;tre des mondes diff&eacute;rents, des sensibilit&eacute;s s&oelig;urs de la mienne et  j&rsquo;ai trouv&eacute; &ccedil;a chez des auteurs carib&eacute;ens et afro-am&eacute;ricains. L&rsquo;utilit&eacute;  de la litt&eacute;rature n&rsquo;est pas seulement sociale ou politique. Elle existe  depuis longtemps et on verrait que de tr&egrave;s grands textes n&rsquo;ont pas  am&eacute;lior&eacute; le genre humain, qui fait toujours la guerre et est toujours  corrompu. Et donc, pour moi, l&rsquo;utilit&eacute; de la litt&eacute;rature fait la  diff&eacute;rence dans la vie des individus pour ce que &ccedil;a leur apporte.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Pour en revenir &agrave; vous&hellip;<\/strong><br \/>\nPour en revenir &agrave; la mani&egrave;re dont je me pr&eacute;sentais il y a quelques  ann&eacute;es, je n&rsquo;ai pas envie d&rsquo;&ecirc;tre un porte-parole. C&rsquo;est &eacute;videmment trop  lourd &agrave; porter pour mes petites &eacute;paules et je n&rsquo;ai pas la pr&eacute;tention  d&rsquo;avoir la r&eacute;ponse aux questions que je peux moi-m&ecirc;me poser. Je  comprends aussi cette attente de populations qui ont le sentiment que  leur parole n&rsquo;est pas entendue et qui ont besoin qu&rsquo;elle soit port&eacute;e par  certains. Je ne refuserai pas forc&eacute;ment cette responsabilit&eacute; de mani&egrave;re  aussi cat&eacute;gorique. Ce que je demanderai aux gens, c&rsquo;est d&rsquo;avoir  l&rsquo;indulgence d&rsquo;accepter que, parfois, je me trompe et que, parfois, je  n&rsquo;ai pas la parole forc&eacute;ment juste, parce que je ne suis qu&rsquo;un individu  comme eux. Je veux bien accepter les gens, mais je ne peux pas non plus  me pr&eacute;senter comme si je savais ce qu&rsquo;il faut faire.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Mais comprenez-vous que chacune de vos prises de paroles sur l&rsquo;Afrique, en particulier, soit d&eacute;sormais prescriptives ?<\/strong><br \/>\n&Ccedil;a me terrifie et j&rsquo;ai tr&egrave;s peur de le comprendre et de devoir  l&rsquo;accepter. Mais je le comprends parce que je pense conna&icirc;tre les  populations dont nous parlons, conna&icirc;tre leur statut dans le monde  actuel et leur besoin de repr&eacute;sentation. Je comprends ce besoin. &Ccedil;a  s&rsquo;est produit aux &Eacute;tats-Unis avant que les Noirs Am&eacute;ricains ne se  retrouvent dans leur situation actuelle avec une bourgeoisie noire et de  grandes r&eacute;ussites. M&ecirc;me si, effectivement, il y a &eacute;galement une grande  mis&egrave;re. Mais &agrave; l&rsquo;&eacute;poque de la s&eacute;gr&eacute;gation raciale aux &Eacute;tats-Unis, quand  les Noirs voyaient un Noir &agrave; la t&eacute;l&eacute;vision, ils se t&eacute;l&eacute;phonaient m&ecirc;me.  Dans nos espaces de langue fran&ccedil;aise, pour d&rsquo;autres raisons et d&rsquo;autres  besoins, ce m&ecirc;me besoin de repr&eacute;sentation existe. On a besoin de gens  qui pensent pour nous. Mais les lecteurs doivent comprendre que nous ne  sommes que des individus, que souvent, on nous appelle &agrave; la radio et &agrave;  la t&eacute;l&eacute;vision au moment o&ugrave; on n&rsquo;est pas en forme. On n&rsquo;a pas la science  infuse. Qu&rsquo;ils aient un peu plus d&rsquo;empathie et pas que des exigences.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Certains consid&egrave;rent que votre roman, &laquo; Tels des astres &eacute;teints  &raquo;, est le plus fort et n&rsquo;a pas eu, en Europe, le succ&egrave;s qu&rsquo;il m&eacute;ritait,  parce qu&rsquo;il abordait une th&eacute;matique d&eacute;rangeante&hellip;<\/strong><br \/>\nL&rsquo;accueil a &eacute;t&eacute; mitig&eacute; pour les rasions m&ecirc;me que vous &eacute;noncez. La  France a un pass&eacute; esclavagiste et colonial qu&rsquo;elle commence seulement &agrave;  interroger. Ce pass&eacute; a eu des cons&eacute;quences avec des populations  d&rsquo;origine noire ou africaine qui vivent en France. Et l&agrave;-bas, on n&rsquo;aime  pas que l&rsquo;on aborde les questions de race, m&ecirc;me si elles se posent.  Donc, on est un peu hypocrite. On adore ces questions quand elles sont  port&eacute;es par les Am&eacute;ricains et que c&rsquo;est donc lointain et donc plus  d&eacute;culpabilisant pour les Fran&ccedil;ais. Quand vous, auteur francophone, le  pr&eacute;sentez dans un espace rapidement reconnu comme &eacute;tant Paris, les gens  se sentent pris &agrave; partie. Et je pense que, compte tenu de ce qu&rsquo;on avait  lu, sous ma plume, des textes qui avaient &eacute;t&eacute; per&ccedil;us comme des  critiques acerbes de la r&eacute;alit&eacute; africaine, certains, en France,  s&rsquo;attendaient &agrave; ce que je ne fasse que cela, que je ne m&rsquo;autorise pas &agrave;  &ecirc;tre aussi critique vis-&agrave;-vis de la soci&eacute;t&eacute; fran&ccedil;aise. Alors que  j&rsquo;estime que si je vis en France depuis tant d&rsquo;ann&eacute;es, &ccedil;a me donne le  droit d&rsquo;&ecirc;tre aussi s&eacute;v&egrave;re avec la France que je peux l&rsquo;&ecirc;tre avec  l&rsquo;Afrique. Mais, voil&agrave;, c&rsquo;est mal per&ccedil;u.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Sur la question noire, justement, existe-t-il une chose qui rapproche le Noir de Harlem de celui de Batibo ?<\/strong><br \/>\nJe crois qu&rsquo;il y a un point commun et je vais vous dire lequel.  Revenons d&rsquo;abord au mot &laquo; Noir &raquo; et voyons &agrave; qui il s&rsquo;applique. Il ne  suffit pas d&rsquo;avoir la peau noire pour &ecirc;tre appel&eacute; Noir. Les aborig&egrave;nes  d&rsquo;Australie et les Tamouls en Inde ne sont pas appel&eacute;s Noirs, alors  qu&rsquo;ils sont m&ecirc;me plus noirs que nous. Les Noirs, ce sont les peuples  subsahariens ou d&rsquo;ascendance subsaharienne qu&rsquo;on retrouve dans la  Cara&iuml;be ou en Am&eacute;rique. C&rsquo;est dire qu&rsquo;un afro p&eacute;ruvien est un Noir. Un  Cubain est souvent un Noir. Un Antillais aussi. Ce que nous avions en  commun, c&rsquo;est le regard qui a &eacute;t&eacute; port&eacute; sur nous &agrave; l&rsquo;&eacute;poque o&ugrave; commence  la traite n&eacute;gri&egrave;re. On d&eacute;cide que l&rsquo;on ne va prendre que des Noirs  d&rsquo;Afrique subsaharienne. M&ecirc;me par accident, on n&rsquo;a pas pris de Berb&egrave;res.  On a pris des Noirs parce qu&rsquo;ils &eacute;taient noirs. Leur couleur a justifi&eacute;  le traitement qu&rsquo;on leur a r&eacute;serv&eacute;. Bien souvent, nos identit&eacute;s ont &eacute;t&eacute;  ni&eacute;es et seule &eacute;tait prise en consid&eacute;ration notre couleur. Il y a l&agrave;  quelque chose qui influencera, pour des si&egrave;cles, le regard que  l&rsquo;Occident va poser sur nos populations, qu&rsquo;elles soient ici ou en  Am&eacute;rique du Nord. Et aussi, quelque chose qui influencera, le regard que  nous allons poser sur nous-m&ecirc;mes, parce que je pr&eacute;tends qu&rsquo;au moment de  la traite qui a dur&eacute; des si&egrave;cles, il y a forc&eacute;ment des mutations qui se  sont op&eacute;r&eacute;es en nous, pour ce qui concerne la perception de nous-m&ecirc;mes  et de tout ce qui nous ressemble. C&rsquo;est aussi &agrave; partir de cela que les  Africains ont du mal &agrave; travailler ensemble, parce qu&rsquo;ils se m&eacute;fient  forc&eacute;ment. Si la diversit&eacute; culturelle qui nous caract&eacute;rise existe encore  aujourd&rsquo;hui et est bien r&eacute;elle, il y a quand m&ecirc;me une sensibilit&eacute;  subsaharienne, comme il y a une sensibilit&eacute; europ&eacute;enne, un substrat  europ&eacute;en.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Du coup, vous ne voyez pas les choses comme un Gaston Kelman ?<\/strong><br \/>\nMais je le lui ai dit. Nous ne sommes pas tout &agrave; fait de la m&ecirc;me  g&eacute;n&eacute;ration. Mais je pense qu&rsquo;il se trompe. Il existe des arts de vivre,  des fa&ccedil;ons d&rsquo;envisager la spiritualit&eacute; qui se retrouvent en d&eacute;pit m&ecirc;me  des m&eacute;tissages. Quand vous allez dans une ville aux &Eacute;tats-Unis et que  vous allez dans le quartier noir, dans un restaurant, vous trouverez des  saveurs qui vont vous rappeler quelque chose, m&ecirc;me si ce n&rsquo;est pas tout  &agrave; fait la m&ecirc;me nourriture. C&rsquo;est la m&ecirc;me chose au Br&eacute;sil. On peut dire  ce qu&rsquo;on veut mais il y a une empreinte subsaharienne dans la culture de  ces gens. Il y a quelque chose qui&nbsp; nous lie et qui n&rsquo;est pas quelque  chose de racial, qui est quelque chose de culturel.<\/p>\n<p style=\"text-align: right;\"><em>Propos recueillis par<br \/>\n&nbsp;St&eacute;phane Tchakam<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>En vacances au Cameroun, l&rsquo;\u00e9crivaine a accept\u00e9 de rencontrer des lyc\u00e9ens autour de son premier roman, \u00ab L\u2019Int\u00e9rieur de la nuit \u00bb,&hellip;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_lmt_disableupdate":"","_lmt_disable":"","footnotes":""},"categories":[3810],"tags":[],"class_list":["post-30338","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-archives"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/30338","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=30338"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/30338\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=30338"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=30338"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=30338"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}