{"id":30394,"date":"2011-04-22T23:10:30","date_gmt":"2011-04-22T23:10:30","guid":{"rendered":""},"modified":"2006-01-01T00:00:00","modified_gmt":"2006-01-01T00:00:00","slug":"4194","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/4194\/","title":{"rendered":"Eug\u00e8ne Dipanda : La derni\u00e8re farce de Missipo"},"content":{"rendered":"<p>Le grand Reporter du quotidien Mutations est d\u00e9c\u00e9d\u00e9 au Centre hospitalier de la Cnps \u00e0 Yaound\u00e9, des suites de maladie.  &#8211; <\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>En quittant la salle de r&eacute;daction du quotidien Mutations, mardi 12  avril dernier, l&rsquo;&eacute;tat de sant&eacute; de &laquo;Le Jeune&raquo;, comme certains le  nommaient dans cet espace, ne donnait aucun signe de gravit&eacute;. &laquo;L&egrave;ge  (comme il avait l&rsquo;habitude d&rsquo;appeler l&rsquo;auteur de ces lignes), je me sens  un peu &eacute;puis&eacute;. J&rsquo;ai termin&eacute; le travail qui se trouve dans ma machine.  Je vais me reposer&raquo;, avait-il indiqu&eacute;, sans trahir de v&eacute;ritable  pr&eacute;occupation. &laquo;Prompt r&eacute;tablissement&raquo;, avais-je r&eacute;pondu. C&rsquo;est que  Eug&egrave;ne, depuis la semaine pr&eacute;c&eacute;dente, souffrait d&rsquo;un abc&egrave;s au niveau de  la t&ecirc;te qui lui causait des pouss&eacute;es de fi&egrave;vre depuis des jours. Mais,  surtout, il arrivait avec humour, subissait en souriant les chicanes de  certains de ses &eacute;quipiers &agrave; la r&eacute;daction : depuis le d&eacute;but du car&ecirc;me,  &laquo;Missipo&raquo;, comme on le nommait &eacute;galement sur les terrains de football,  avait d&eacute;cid&eacute; de ne prendre aucune goutte de bi&egrave;re. Il s&rsquo;est impos&eacute; ainsi  deux ou trois autres privations. Sans pr&eacute;juger de rien, la petite  raillerie, &agrave; la r&eacute;daction, laissait dire que l&rsquo;abc&egrave;s &eacute;tait la  cons&eacute;quence du fait qu&rsquo;il voulait &laquo;surprendre son organisme par des  pratiques peu habituelles&raquo;.  Le 12 avril dernier donc, peu apr&egrave;s son  d&eacute;part du journal, vers 13h, &laquo;Pr&eacute;sident&raquo; (autre sobriquet &agrave; lui attribu&eacute;  par une partie de ses coll&egrave;gues) adresse ces quelques lignes &agrave; la  direction de publication du quotidien Mutations: &laquo;Bonjour &agrave; tous! Depuis  lundi dernier, mon &eacute;tat de sant&eacute; est chancelant. Malgr&eacute; tout, j&rsquo;ai fait  l&rsquo;effort d&rsquo;&ecirc;tre au journal hier et ce matin. Mais ma situation ne  s&rsquo;am&eacute;liore gu&egrave;re. Elle s&rsquo;aggrave m&ecirc;me. Je fais 39&deg; de fi&egrave;vre. J&rsquo;ai des  vertiges et je ressens une fatigue g&eacute;n&eacute;rale du corps. Aussi, je vous  adresse ce message pour solliciter une courte permission, question de  suivre un traitement &agrave; l&rsquo;h&ocirc;pital de Biyem-Assi o&ugrave; le m&eacute;decin a indiqu&eacute;  que je devrais &ecirc;tre intern&eacute; pendant quelques jours&raquo;. &laquo;Par cons&eacute;quent, il  sera difficile pour moi d&rsquo;honorer le rendez-vous de vendredi prochain,  pour le s&eacute;minaire de la Smc au cours duquel je suis cens&eacute; exposer sur le  suppl&eacute;ment Com&rsquo;. Pri&egrave;re donc, Svp, de bien vouloir me programmer &agrave; une  date ult&eacute;rieure. Pour la coordination des pages Sport, Priscille devrait  en principe &ecirc;tre de retour demain. Elle pourrait donc personnellement  boucler le Sup&rsquo; de vendredi, dont les &eacute;l&eacute;ments sont en cours de  traitement. En attendant, Dorine s&rsquo;est port&eacute;e garante pour l&rsquo;animation  des pages Actu sport. Merci pour votre compr&eacute;hension.&raquo; En guise de  r&eacute;ponse, Xavier Messe, le r&eacute;dacteur en chef, &eacute;crit : &laquo;Repose-toi  d&rsquo;abord. Merci pour ton souci d&rsquo;organiser ton absence. Courage!&raquo;  Trop  t&ocirc;t parti Etait-ce le dernier article d&rsquo;Eug&egrave;ne Dipanda ? On s&rsquo;en rend  bien compte aujourd&rsquo;hui, puisqu&rsquo;il ne sera pas au s&eacute;minaire du vendredi  15 avril. Des coll&egrave;gues vont le joindre. Au t&eacute;l&eacute;phone, il a du mal &agrave;  articuler et tient un propos saccad&eacute;. Dimanche, 17 avril un proche  parent attire l&rsquo;attention du directeur de publication de Mutations, qui  envoie un peu d&rsquo;argent pour la suite les soins &agrave; l&rsquo;h&ocirc;pital de  Biyem-Assi. Les jours suivants, le malade et ses proches ne sont pas  joignables. Jusqu&rsquo;&agrave; mardi soir, o&ugrave; il est transport&eacute; &agrave; l&rsquo;h&ocirc;pital de la  Caisse pour des soins intensifs. Le lendemain, 20 avril, comme une  tra&icirc;n&eacute;e de poudre et alors que ses amis et coll&egrave;gues accourent, la  nouvelle de son d&eacute;c&egrave;s se r&eacute;pand. Depuis l&rsquo;annonce de son d&eacute;c&egrave;s, hier  matin, des messages de soutien de nombreux confr&egrave;res, connaissances et  parents affluent dans la famille et au si&egrave;ge de la Smc.  Ils souhaitent,  surtout, un bon repos au conqu&eacute;rant pr&eacute;cocement d&eacute;c&eacute;d&eacute;. Il en est ainsi  du Centrafricain Valence Doudane de Tribune d&rsquo;Afrique, qui, depuis  Paris, n&rsquo;en croit pas ses oreilles : &laquo;J&rsquo;ose croire &agrave; peine ! Frangin et  cher confr&egrave;re, tu t&rsquo;en vas trop t&ocirc;t ! Ainsi va la vie, c&rsquo;est le chemin  de tout le monde. Je n&rsquo;oublierai jamais les moments de complicit&eacute; que  nous avions pass&eacute;s &agrave; Aurore Plus. Je garderai l&rsquo;image d&rsquo;un fr&egrave;re qui  avait toujours son mot &agrave; dire ! Vas, vas retrouver David Diwah, Benjamin  Lissom Lissom et le vieux Njaw&eacute; ! Les morts ne sont pas morts ! Ils  sont l&agrave;, avec nous !&raquo; Solange Same Makolle a eu ces mots &agrave; l&rsquo;endroit du  disparu : &laquo;Mon beau-fr&egrave;re, ce n&rsquo;est qu&rsquo;un au revoir. A peine tu termines  ton je&ucirc;ne de 40 jours que tu t&rsquo;en vas. Je t&rsquo;aime pour toujours.&raquo; M&ecirc;me  son de cloche chez Damnielle Elombo, qui crie &agrave; l&rsquo;injustice : &laquo;C&rsquo;est  injuste, la vie en elle-m&ecirc;me n&rsquo;est qu&rsquo;une injustice. Je suis perdue, je  ne sais m&ecirc;me pas quoi faire. Tu ne m&rsquo;as fait aucun signe. Que vais-je  devenir ? C&rsquo;est comme si j&rsquo;&eacute;tais vide ! Toi qui rassemblais tout le  monde&hellip;&raquo; Son ami et coll&egrave;gue, Samuel Ngu&eacute;, ne trouve pas de mots justes  pour exprimer sa peine : &laquo;Mon cher Eug&egrave;ne, je suis d&eacute;pass&eacute; par la  nouvelle que vient de m&rsquo;apprendre F&eacute;lix. Je n&rsquo;ose pas croire que tu n&rsquo;es  plus de ce monde. Il y a quelques semaines, nous &eacute;tions accompagner  Carine aux obs&egrave;ques de son papa, &agrave; Bafia. Nous nous sommes vus au bureau  tu m&rsquo;as dit ne pas te sentir bien, et ce jour tu n&rsquo;es plus l&agrave;!&raquo;  &Ocirc; rage  ! Le deuil a donc pris place dans la salle de r&eacute;daction du quotidien  Mutations o&ugrave;, pass&eacute;e la p&eacute;riode g&eacute;n&eacute;ralis&eacute;e des sanglots qui a suivi  l&rsquo;annonce de la mort de l&rsquo;ancien capitaine de As Mutations, l&rsquo;&eacute;quipe de  football de la Smc, les gens se parlent &agrave; peine. Seul dans son coin,  chacun cherche le dernier moment pass&eacute; avec le d&eacute;funt, fils de Maurice  Makolle et H&eacute;l&egrave;ne Maloka. Les yeux dans le vide, chacun tente de  comprendre ce dernier message de celui dont l&rsquo;humour a caract&eacute;ris&eacute;  l&rsquo;existence. Le leader solitaire dont Anne Victorine Dikosso Mbongo dit  qu&rsquo;il n&rsquo;a pas seulement &laquo;&eacute;t&eacute; le fondateur mais aussi le guide&raquo;. N&eacute; le 24  f&eacute;vrier 1975 &agrave; Yaound&eacute;, Eug&egrave;ne Dipanda est form&eacute; comme journaliste &agrave;  l&rsquo;Institut Samba sup&eacute;rieur. A peine sorti de l&rsquo;&eacute;cole, il fait ses armes &agrave;  la r&eacute;daction d&rsquo;Aurore Plus en qualit&eacute; de reporter. Promu au poste de  secr&eacute;taire de r&eacute;daction, Eug&egrave;ne Dipanda est ensuite recrut&eacute; &agrave; Equateur  Media Group (Emg).  Ici, il pr&ecirc;te ses services aux publications Dikalo  et Challenge Hebdo, dont le groupe de presse est propri&eacute;taire. En  septembre 2001, l&rsquo;ancien &eacute;l&egrave;ve des lyc&eacute;es d&rsquo;Elig Essono et de Nkol-Eton  est engag&eacute; au quotidien Mutations. La nouvelle recrue fera le tour des  services. Allant du sport (sa vocation) &agrave; la politique en passant la  culture et la communication. Une trajectoire qui le conduira &agrave;  l&rsquo;&eacute;conomie, un domaine pour lequel, avait-il coutume de dire, il n&rsquo;avait  aucune pr&eacute;dilection. Chef du Service Economie, Eug&egrave;ne Dipanda est nomm&eacute;  chef du Desk (directeur d&rsquo;agence) de Douala, en septembre 2007. Le 21  mai 2010, il passe r&eacute;dacteur en chef du magazine sportif Ndamba  cumulativement avec ses fonctions de Grand reporter au quotidien  Mutations. A la faveur de la restructuration de la South Media  Corporation (Smc), la soci&eacute;t&eacute; &eacute;ditrice du quotidien Mutations, Eug&egrave;ne  Dipanda se consacre aux t&acirc;ches &eacute;ditoriales de cette r&eacute;daction jusqu&rsquo;au  12 avril date de la derni&egrave;re page sportive qu&rsquo;il a livr&eacute;e en qualit&eacute; de  chef du Service de Sports par int&eacute;rim. Discret jusqu&rsquo;&agrave; la mort, parfois  indiff&eacute;rent, Eug&egrave;ne, qui se voulait d&eacute;cisif dans sa prestation  journalistique, s&rsquo;en est all&eacute; on dirait sur la pointe des pieds. Au  point de faire douter tout le monde. Comme de tr&egrave;s loin, Maguy Etoa, qui  croit toujours au miracle d&rsquo;Eug&egrave;ne pour l&rsquo;&eacute;ternit&eacute;. <\/p>\n<p>L&eacute;ger Ntiga<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le grand Reporter du quotidien Mutations est d\u00e9c\u00e9d\u00e9 au Centre hospitalier de la Cnps \u00e0 Yaound\u00e9, des suites de maladie. &#8211; &nbsp;&hellip;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_lmt_disableupdate":"","_lmt_disable":"","footnotes":""},"categories":[3810],"tags":[],"class_list":["post-30394","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-archives"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/30394","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=30394"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/30394\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=30394"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=30394"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=30394"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}