{"id":30396,"date":"2011-04-27T14:03:43","date_gmt":"2011-04-27T14:03:43","guid":{"rendered":""},"modified":"2006-01-01T00:00:00","modified_gmt":"2006-01-01T00:00:00","slug":"4196","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/4196\/","title":{"rendered":"Cameroun: la police interdit la projection d&rsquo;un documentaire sur la banane"},"content":{"rendered":"<p>La police camerounaise a interdit la projection mercredi \u00e0 la Fondation Muna \u00e0 Yaound\u00e9 d&rsquo;un documentaire La Banane, tr\u00e8s critique sur les activit\u00e9s de la compagnie franco-am\u00e9ricaine PHP sp\u00e9cialis\u00e9e dans ce fruit au Cameroun, a constat\u00e9 un journaliste de l&rsquo;AFP. &#8211; <\/p>\n<p>\n&quot;La direction de la Fondation a &eacute;t&eacute; saisie par la police (qui souhaitait  savoir) si on avait une autorisation. Nous ne l&rsquo;avons pas parce que  nous ne l&rsquo;avons pas sollicit&eacute;e&quot;, a expliqu&eacute; un des organisateurs de la  projection, Samuel Nguiffo.<\/p>\n<p>Un commissaire de police s&rsquo;est rendu mercredi &agrave; la Fondation pour emp&ecirc;cher la diffusion du film.<\/p>\n<p>&quot;Nous avions pr&eacute;vu une projection priv&eacute;e, ce que nous avons l&rsquo;habitude  de faire, et non une projection publique&quot;, a pr&eacute;cis&eacute; M. Nguiffo.<\/p>\n<p>&quot;Le gouvernement nous emp&ecirc;che de nous exprimer&quot;, a affirm&eacute; &agrave; l&rsquo;AFP Franck Bieleu, le r&eacute;alisateur du documentaire <b>La&nbsp;Banane<\/b>, qui parle de l&rsquo;exploitation de la banane dans l&rsquo;arrondissement de Penja (ouest).<\/p>\n<p>Selon la note d&rsquo;information sur le documentaire, le film d&eacute;nonce  notamment l&rsquo;expropriation des terres de petits exploitants qui sont  &quot;remises&quot; &agrave; la soci&eacute;t&eacute; Plantations du Haut Penja (PHP), une compagnie  franco-am&eacute;ricaine sp&eacute;cialis&eacute;e dans la banane.<\/p>\n<p>&quot;Des personnes qui ont refus&eacute; de c&eacute;der leurs terres ont &eacute;t&eacute;  emprisonn&eacute;es&quot;, affirme M. Bieleu pour qui la compagnie PHP &quot;est  extr&ecirc;mement puissante&quot; et compte &quot;dans ses rangs des &eacute;lites locales et  des responsables politiques&quot;.<\/p>\n<p>Le documentaire d&eacute;nonce aussi des &quot;conditions de travail ex&eacute;crables&quot;,  selon M. Bieleu. &quot;La moyenne salariale chez les ouvriers est de 23.000  Fcfa (35 euros)&quot; par mois, en dessous du salaire minimum fix&eacute; &agrave; environ  43 euros, soutient-il.  D&rsquo;apr&egrave;s M. Bieleu, certains employ&eacute;s cumulent  jusqu&rsquo;&agrave; &quot;14 heures&quot; de travail par jour. <\/p>\n<p>PHP, qui &quot;emploie plus de 6.000 ouvriers&quot;, selon la note, est l&rsquo;un des  plus grands producteurs de banane au Cameroun. Ses produits sont  destin&eacute;s au march&eacute; europ&eacute;en.<\/p>\n<p>La semaine derni&egrave;re, deux r&eacute;alisateurs fran&ccedil;ais et six Camerounais  avaient &eacute;t&eacute; gard&eacute;s &agrave; vue pendant une nuit lors du tournage &agrave; Mbandjock  (centre) d&rsquo;un documentaire. &quot;Le th&egrave;me &eacute;tait l&rsquo;accaparement des terres  par la Socucam (Soci&eacute;t&eacute; sucri&egrave;re du Cameroun)&quot;, principal producteur de  sucre du pays, selon la r&eacute;alisatrice M&eacute;lanie Barreau.<\/p>\n<p><i>(26 Avril 2011 &#8211; AFP)<\/p>\n<p><\/i><span style=\"text-transform: uppercase;\">Le Monde, 10 juin 2008<\/span><\/p>\n<div id=\"titre_article\">\n<h1>Cameroun&nbsp;: Des ouvriers agricoles se r&eacute;voltent contre leurs exploiteurs<\/h1>\n<\/div>\n<p>, par <a href=\"http:\/\/www.interet-general.info\/spip.php?auteur2657\" class=\"terre_sienne\">Philippe BERNARD<\/a><\/p>\n<p><\/p>\n<div id=\"chapeau\">\n<dl class=\"spip_document_78021 spip_documents spip_documents_center\">\n<dt> \t <img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" height=\"381\" width=\"581\" src=\"http:\/\/www.interet-general.info\/IMG\/Cameroun-Douala-1-3.jpg\" alt=\"\" \/>   <\/dt>\n<dt style=\"width: 645px;\" class=\"crayon document-titre-78021 spip_doc_titre\"><strong>Vue de Douala<\/strong><\/dt>\n<\/dl>\n<hr \/>\n<p>Casquette viss&eacute;e sur un cr&acirc;ne luisant de sueur et pseudonyme de  rigueur, Am&eacute;d&eacute;e Bessengue, &acirc;g&eacute; de 26 ans, dont sept comme ouvrier dans  les bananeraies, admet juste que, ces jours-l&agrave;, il a &quot;gr&eacute;v&eacute;&quot;. Sur son  propre emploi du temps pendant les &eacute;meutes, il reste flou. Mais il se  souvient parfaitement de ce que les manifestants hurlaient&nbsp;: &quot;Nous  voulons que les Fran&ccedil;ais nous paient bien. Nous sommes chez nous, apr&egrave;s  tout. Nous ne sommes pas des esclaves.&quot; Trois mois apr&egrave;s le saccage des  plantations, un graffiti demeure sur le mur d&rsquo;un appentis&nbsp;: &quot;Payer  100000 francs (150 euros) au dernier ouvrier.&quot;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<dl class=\"spip_document_78014 spip_documents spip_documents_center\">\n<dt> \t <img decoding=\"async\" height=\"377\" width=\"351\" src=\"http:\/\/www.interet-general.info\/IMG\/Cameroon-Carte-1-5.jpg\" alt=\"\" \/>   <\/dt>\n<dt style=\"width: 645px;\" class=\"crayon document-titre-78014 spip_doc_titre\"><strong>Cameroun<\/strong><\/dt>\n<\/dl>\n<hr \/>\n<\/div>\n<p><\/p>\n<p>C&rsquo;&eacute;tait &agrave; la fin  du mois de f&eacute;vrier 2008. Le Cameroun se r&eacute;voltait, et avec lui la  capitale de la banane, &agrave; 80 km &agrave; l&rsquo;ouest du port de Douala. Pendant  quatre jours de gr&egrave;ve, de barricades et de pillages, Njombe Penja,  nich&eacute;e au coeur de collines verdoyantes, a v&eacute;cu l&rsquo;&eacute;tat de si&egrave;ge. Neuf de  ses jeunes ont &eacute;t&eacute; tu&eacute;s par l&rsquo;arm&eacute;e et, aujourd&rsquo;hui, la ville est  toujours en &eacute;tat de choc. Les bouches restent ferm&eacute;es, les regards  fuyants, les rendez-vous discrets, de peur d&rsquo;&ecirc;tre &quot;index&eacute;&quot; -d&eacute;nonc&eacute; aux  gendarmes.<\/p>\n<dl class=\"spip_document_78018 spip_documents spip_documents_center\">\n<dt> \t <img decoding=\"async\" height=\"335\" width=\"450\" src=\"http:\/\/www.interet-general.info\/IMG\/Cameroun-Douala-Emeute-25fevrier2008-1-2.jpg\" alt=\"\" \/>   <\/dt>\n<dt style=\"width: 645px;\" class=\"crayon document-titre-78018 spip_doc_titre\"><strong>Sc&agrave;&uml;ne d&rsquo;&eacute;meute &agrave;&nbsp;Douala, le 25 f&eacute;vrier 2008<\/strong><\/dt>\n<\/dl>\n<p>Le maire, Paul-Eric Kingue, est en prison depuis le 29 f&eacute;vrier 2008.  Il a &eacute;t&eacute; suspendu de ses fonctions. Officiellement, il est accus&eacute;  d&rsquo;avoir incit&eacute; des jeunes &agrave; la r&eacute;volte et d&rsquo;&ecirc;tre l&rsquo;auteur de  malversations financi&egrave;res. Mais la majorit&eacute; de la population n&rsquo;y croit  gu&egrave;re. Ce Paul-Eric Kingue est un homme courageux. Il s&rsquo;&eacute;tait scandalis&eacute;  des salaires pratiqu&eacute;s par les soci&eacute;t&eacute;s exploitant les bananeraies&nbsp;:  25000 francs CFA (37,50 euros) par mois. Il avait d&eacute;nonc&eacute; les privil&egrave;ges  fiscaux et les exon&eacute;rations de taxes dont b&eacute;n&eacute;ficient ces entreprises,  toutes dirig&eacute;es par des Fran&ccedil;ais. Bref, il d&eacute;fendait ce que les  Camerounais nomment &quot;le bas peuple&quot;. Aucun doute, pour la population&nbsp;:  ce sont ces compagnies qui ont obtenu l&rsquo;&eacute;viction du maire. Depuis sa  prison, ce pilier du parti pr&eacute;sidentiel, ultradominant, a envoy&eacute; une  lettre ouverte au chef de l&rsquo;Etat, Paul Biya, pour justifier sa croisade.  Il y d&eacute;crit &quot;le paradoxe d&eacute;concertant&quot; de Njombe Penja&nbsp;: &quot;une zone tr&egrave;s  riche avec des populations tr&egrave;s pauvres&quot;.<\/p>\n<dl class=\"spip_document_78027 spip_documents spip_documents_center\">\n<dt> \t <img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" height=\"300\" width=\"355\" src=\"http:\/\/www.interet-general.info\/IMG\/Paul-Biya-1-5.jpg\" alt=\"\" \/>   <\/dt>\n<dt style=\"width: 645px;\" class=\"crayon document-titre-78027 spip_doc_titre\"><strong>Paul Biya<\/strong><\/dt>\n<\/dl>\n<p>Abasourdis par la r&eacute;pression, les jeunes n&rsquo;avouent pas d&rsquo;embl&eacute;e  qu&rsquo;ils ont particip&eacute; aux &eacute;meutes. Quant aux Fran&ccedil;ais qui dirigent les  exploitations de bananes, ils h&eacute;sitent avant d&rsquo;admettre l&rsquo;&eacute;vidence&nbsp;: les  entreprises qu&rsquo;ils dirigent ont &eacute;t&eacute; prises pour cibles. Violences  contre le patron, l&rsquo;&quot;exploiteur&quot;&nbsp;? Le Fran&ccedil;ais&nbsp;? Le Blanc&nbsp;? Difficile de  faire la part des strates du ressentiment. &quot;Les &eacute;meutes n&rsquo;&eacute;taient pas  sciemment dirig&eacute;es contre des soci&eacute;t&eacute;s fran&ccedil;aises. Les gens ont fait  &eacute;clater leurs frustrations. Ils s&rsquo;en sont pris &agrave; ce qu&rsquo;ils avaient sous  la main. Ils voulaient punir le gouvernement de Yaound&eacute;&quot;, assure Pierre  Moulima, directeur des ressources humaines de SPM (Soci&eacute;t&eacute; des  Plantations de Mbanga). Mais il admet aussit&ocirc;t&nbsp;: &quot;On nous traite  constamment de &quot;Fran&ccedil;ais colonialistes&quot;. On nous accuse de prendre les  terres et de r&eacute;duire en esclavage la main-d&rsquo;oeuvre camerounaise.&quot; Puis  temp&egrave;re&nbsp;: &quot;Les gens qui soutiennent cela ne sont pas &eacute;duqu&eacute;s.&quot; Dans son  bureau climatis&eacute; dont les vitres et le mat&eacute;riel informatique ont d&ucirc; &ecirc;tre  enti&egrave;rement renouvel&eacute;s apr&egrave;s les &eacute;meutes, Christophe Bresse, fran&ccedil;ais,  directeur des plantations de SPM, feuillette l&rsquo;album o&ugrave; ont &eacute;t&eacute; class&eacute;es  les photos du ravage. V&eacute;hicules et engins agricoles incendi&eacute;s, pompes  d&rsquo;irrigation saccag&eacute;es, magasins de stockage pill&eacute;s&nbsp;: &quot;C&rsquo;&eacute;tait tr&egrave;s  chaud. Ils voulaient faire mal &agrave; l&rsquo;outil de production, et le pillage a  &eacute;t&eacute; syst&eacute;matique. Nous avons &eacute;t&eacute; cibl&eacute;s. Mais ils se sont tir&eacute; une balle  dans le pied, car qui investit ici&nbsp;?&quot;<\/p>\n<dl class=\"spip_document_78019 spip_documents spip_documents_center\">\n<dt> \t <img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" height=\"304\" width=\"450\" src=\"http:\/\/www.interet-general.info\/IMG\/Cameroun-Douala-Emeute-Policiers-25fevrier2008-1-2.jpg\" alt=\"\" \/>   <\/dt>\n<dt style=\"width: 645px;\" class=\"crayon document-titre-78019 spip_doc_titre\"><strong>Des policiers, &agrave;&nbsp;Douala, le 25 f&eacute;vrier 2008<\/strong><\/dt>\n<\/dl>\n<p>A quelques kilom&egrave;tres de l&agrave;, la soci&eacute;t&eacute; banani&egrave;re PHP, filiale de la  Compagnie fruiti&egrave;re (d&eacute;tenue &agrave; 37&nbsp;% par le g&eacute;ant am&eacute;ricain Dole), la  plus importante et la plus redout&eacute;e de la r&eacute;gion, les Brasseries du  Cameroun et l&rsquo;usine d&rsquo;eau min&eacute;rale Tangui, toutes &agrave; direction fran&ccedil;aise,  ont subi un sort comparable. Leurs cadres et leurs familles, une  vingtaine au total, ont &eacute;t&eacute; &eacute;vacu&eacute;s par avion vers Douala le deuxi&egrave;me  jour des violences. Au pr&eacute;judice mat&eacute;riel, estim&eacute; &agrave; 1,2 milliard de  francs CFA (1,8 million d&rsquo;euros) par SPM, s&rsquo;est ajout&eacute;e la destruction  de plusieurs hectares de bananiers, d&eacute;chiquet&eacute;s &agrave; la machette,  l&rsquo;instrument de travail usuel, par des centaines de jeunes. Des  &quot;ch&ocirc;meurs pilleurs&quot; qui se sont enfuis avec des r&eacute;gimes de bananes,  selon les dirigeants, qui admettent cependant que quelques-uns de leurs  propres salari&eacute;s ont pu prendre part &agrave; la razzia.<\/p>\n<dl class=\"spip_document_78020 spip_documents spip_documents_center\">\n<dt> \t <img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" height=\"310\" width=\"450\" src=\"http:\/\/www.interet-general.info\/IMG\/Cameroun-Douala-Emeute-25fevrier2008-2-3.jpg\" alt=\"\" \/>   <\/dt>\n<dt style=\"width: 645px;\" class=\"crayon document-titre-78020 spip_doc_titre\"><strong>Des &eacute;meutiers fuient devant la police, &agrave;&nbsp;Douala, le 25 f&eacute;vrier 2008 <\/strong><\/dt>\n<\/dl>\n<p><\/p>\n<p>&quot;La plupart de nos ouvriers ont d&eacute;fendu les installations. Dans le  merdier o&ugrave; ils se trouvent, ils sont bien contents de percevoir  r&eacute;guli&egrave;rement un salaire d&eacute;risoire&quot;, lance Joseph Fochiv&eacute;, qui compare  le maire incarc&eacute;r&eacute; &agrave; un &quot;chef de gang&quot;. En ville ou dans les  plantations, le passage du 4 &times; 4 de ce sp&eacute;cialiste du bananier,  responsable de la production, d&eacute;clenche des r&eacute;flexes de crainte. Chacun  sait que son p&egrave;re, Jean, a &eacute;t&eacute; le redout&eacute; directeur des services de  renseignement camerounais sous les pr&eacute;sidents Ahidjo, puis Biya. &quot;Son  p&egrave;re faisait peur. Pas lui&nbsp;: pendant les &eacute;v&eacute;nements, il &eacute;tait clo&icirc;tr&eacute;  chez lui comme tout le monde&quot;, mod&egrave;re Guillaume Ranson, directeur  g&eacute;n&eacute;ral adjoint de SPM.<\/p>\n<dl class=\"spip_document_78016 spip_documents spip_documents_center\">\n<dt> \t <img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" height=\"173\" width=\"230\" src=\"http:\/\/www.interet-general.info\/IMG\/Cameroun-Victime-Emeutes-fevrier2008-1.gif\" alt=\"\" \/>   <\/dt>\n<dt style=\"width: 645px;\" class=\"crayon document-titre-78016 spip_doc_titre\"><strong>Evacuation d&rsquo;une victime des &eacute;meutes, en f&eacute;vrier 2008<\/strong><\/dt>\n<\/dl>\n<p><\/p>\n<p>A perte de vue, sur des kilom&egrave;tres, des rang&eacute;es de bananiers montent &agrave;  l&rsquo;assaut des collines, parsem&eacute;es de taches bleues&nbsp;: les sacs en  plastique qui prot&egrave;gent les r&eacute;gimes des insectes et acc&eacute;l&egrave;rent leur  m&ucirc;rissement. Les plantations, l&rsquo;irrigation, la croissance des arbres,  l&rsquo;&eacute;closion des fleurs, le d&eacute;veloppement de fruits calibr&eacute;s pour  l&rsquo;exportation vers l&rsquo;Union europ&eacute;enne exigent des soins constants et  minutieux assur&eacute;s par des milliers d&rsquo;ouvriers&nbsp;: 2000 chez SPM, 6000 pour  PHP. &quot;Le salaire n&rsquo;est pas bon, confirme Elys&eacute;e Mbelle, un autre jeune  planteur. Ce n&rsquo;est pas normal que ce soit la famine, ici, alors que nous  faisons manger les Fran&ccedil;ais.&quot; Depuis les &eacute;meutes, les salaires ont  d&rsquo;ailleurs re&ccedil;u un net coup de pouce, le salaire minimum passant &agrave; 31000  francs CFA (46,50 euros) sans les primes, qui le portent &agrave; 45000 francs  CFA (67,50 euros), selon la direction de SPM.<\/p>\n<dl class=\"spip_document_78025 spip_documents spip_documents_center\">\n<dt> \t <img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" height=\"383\" width=\"571\" src=\"http:\/\/www.interet-general.info\/IMG\/Cameroun-Plantation-Bananes-3.jpg\" alt=\"\" \/>   <\/dt>\n<dt style=\"width: 645px;\" class=\"crayon document-titre-78025 spip_doc_titre\"><strong>Epandage de pesticides sur une bananeraie<\/strong><\/dt>\n<\/dl>\n<p>D&rsquo;autres t&eacute;moignages attribuent la hargne qui s&rsquo;est manifest&eacute;e &agrave; la  frustration &agrave; l&rsquo;&eacute;gard d&rsquo;une production presque enti&egrave;rement export&eacute;e.  &quot;Beaucoup d&rsquo;employ&eacute;s se font virer parce qu&rsquo;ils volent des bananes. La  direction ne t&rsquo;en donne pas. Seuls les rebuts sont vendus sur les  march&eacute;s. Ces gens-l&agrave; ont voulu se venger.&quot; Les conditions de travail  (douze heures pay&eacute;es huit selon certains), la r&eacute;mun&eacute;ration &agrave; la t&acirc;che,  sans consid&eacute;ration du temps pass&eacute;, et la discipline de fer alimentent  les frustrations. &quot;Si tu demandes une pause &agrave; cause de la chaleur, le  chef te dit&nbsp;: &quot;Ou tu y retournes, ou je t&rsquo;inscris en refus de travail&quot;,  rapporte un int&eacute;rimaire. Parfaitement inform&eacute; de cette situation,  l&rsquo;archev&ecirc;que de Douala, Mgr Christian Tumi, qui n&rsquo;a jamais m&eacute;nag&eacute; les  autorit&eacute;s, r&eacute;sume sobrement&nbsp;: &quot;A Njombe Penja, les droits fondamentaux  des gens ne sont pas respect&eacute;s.&quot;<\/p>\n<dl class=\"spip_document_78026 spip_documents spip_documents_center\">\n<dt> \t <img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" height=\"571\" width=\"383\" src=\"http:\/\/www.interet-general.info\/IMG\/Cameroun-Plantation-Bananes-4.jpg\" alt=\"\" \/>   <\/dt>\n<dt style=\"width: 645px;\" class=\"crayon document-titre-78026 spip_doc_titre\"><strong>Epandage de pesticides dans une bananeraie<\/strong><\/dt>\n<\/dl>\n<p>Selon l&rsquo;Action des chr&eacute;tiens pour l&rsquo;abolition de la torture  (ACAT-Littoral), l&rsquo;accaparement de terres c&eacute;d&eacute;es ou lou&eacute;es par les  paysans locaux aux soci&eacute;t&eacute;s banani&egrave;res pour une somme non revaloris&eacute;e  depuis des d&eacute;cennies alourdit encore le contentieux. &quot;Mon p&egrave;re a vendu  sa terre dans les ann&eacute;es 1970 contre la promesse que ses enfants  seraient salari&eacute;s &agrave; vie au lieu d&rsquo;&ecirc;tre &agrave; leur compte. Il le regrette,  car il constate que la pauvret&eacute; n&rsquo;a pas recul&eacute;&quot;, t&eacute;moigne un fils du  pays. En outre, des intoxications alimentaires seraient li&eacute;es &agrave;  l&rsquo;&eacute;pandage a&eacute;rien de produits phytosanitaires. Stigmatisant &quot;la  maltraitance que vit la population de Njombe Penja depuis des ann&eacute;es&quot;,  l&rsquo;Action des chr&eacute;tiens pour l&rsquo;abolition de la torture d&eacute;nonce &quot;la  connivence des investisseurs fran&ccedil;ais, peu soucieux du bien-&ecirc;tre des  Camerounais&quot;.<\/p>\n<dl class=\"spip_document_78024 spip_documents spip_documents_center\">\n<dt> \t <img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" height=\"383\" width=\"571\" src=\"http:\/\/www.interet-general.info\/IMG\/Cameroun-Plantation-Bananes-2.jpg\" alt=\"\" \/>   <\/dt>\n<dt style=\"width: 645px;\" class=\"crayon document-titre-78024 spip_doc_titre\"><strong>Un ouvrier agricole dans une plantation de bananes<\/strong><\/dt>\n<\/dl>\n<p>A l&rsquo;entr&eacute;e de chaque all&eacute;e des plantations, se d&eacute;tachent de petites  pancartes. Elles sont frapp&eacute;es du drapeau &eacute;toil&eacute; de l&rsquo;Union europ&eacute;enne.  Les soci&eacute;t&eacute;s banani&egrave;res, notamment celles op&eacute;rant &agrave; Njombe Penja,  per&ccedil;oivent en effet des subventions au titre de l&rsquo;&quot;appui &agrave; la fili&egrave;re  banane&quot;, dont le Cameroun exporte 300000 tonnes par an. Entre 2001 et  2005, 24 millions d&rsquo;euros leur ont ainsi &eacute;t&eacute; vers&eacute;s &quot;dans le cadre de la  politique de d&eacute;veloppement &eacute;conomique et de lutte contre la pauvret&eacute;&quot;,  pr&eacute;cise-t-on &agrave; la repr&eacute;sentation de l&rsquo;Union europ&eacute;enne &agrave; Yaound&eacute;. Les  certifications Iso et Globalgap ont &eacute;t&eacute; d&eacute;cern&eacute;es aux m&ecirc;mes compagnies.  La premi&egrave;re couronne leur &quot;management environnemental&quot;, la seconde leur  &quot;bonne pratique agricole&quot;. Un dirigeant bananier certifie qu&rsquo;il paie  &quot;tous ses imp&ocirc;ts&quot;. Mais il admet que sa soci&eacute;t&eacute; b&eacute;n&eacute;ficie, outre les  subventions de l&rsquo;Union europ&eacute;enne, d&rsquo;une exon&eacute;ration de patente de la  part des autorit&eacute;s camerounaises au titre d&rsquo;une activit&eacute; en zone  &quot;socialement sensible&quot;. Cet imp&ocirc;t est pourtant cens&eacute; revenir &agrave; des  communes extr&ecirc;mement pauvres. Mais le syst&egrave;me fiscal camerounais,  gangren&eacute; par la corruption, n&rsquo;a rien de transparent.<\/p>\n<dl class=\"spip_document_78023 spip_documents spip_documents_center\">\n<dt> \t <img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" height=\"383\" width=\"571\" src=\"http:\/\/www.interet-general.info\/IMG\/Cameroun-Plantation-Bananes-1-2.jpg\" alt=\"\" \/>   <\/dt>\n<dt style=\"width: 645px;\" class=\"crayon document-titre-78023 spip_doc_titre\"><strong>Un ouvrier agricole dans une plantation de bananes<\/strong><\/dt>\n<\/dl>\n<p><\/p>\n<p>&quot;Les soci&eacute;t&eacute;s ne payaient pas d&rsquo;imp&ocirc;ts ni de taxes depuis trente  ans&quot;, affirme pour sa part le maire, M.&nbsp;Kingue. En septembre 2007, il a  d&eacute;nonc&eacute; cette situation aupr&egrave;s du premier ministre et a obtenu un  redressement fiscal. Peu apr&egrave;s, les patrons vis&eacute;s &quot;ont menac&eacute; de me  faire assassiner ou emprisonner&quot;, &eacute;crit-il depuis sa cellule. Offusqu&eacute;,  l&rsquo;un des int&eacute;ress&eacute;s all&egrave;gue des dons directement vers&eacute;s &agrave; la commune par  sa soci&eacute;t&eacute;, fustige les &quot;exigences d&rsquo;argent&quot; du maire et balaie  l&rsquo;accusation&nbsp;: &quot;Pur folklore camerounais&nbsp;!&quot;<\/p>\n<p>Philippe BERNARD<\/p>\n<dl class=\"spip_document_78015 spip_documents spip_documents_center\">\n<dt> \t <img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" height=\"221\" width=\"232\" src=\"http:\/\/www.interet-general.info\/IMG\/Paul-Eric-Kingue-1.jpg\" alt=\"\" \/>   <\/dt>\n<dt style=\"width: 645px;\" class=\"crayon document-titre-78015 spip_doc_titre\"><strong>Paul-Eric Kingue<\/strong><\/dt>\n<\/dl>\n<p><i><br \/>\n<\/i><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La police camerounaise a interdit la projection mercredi \u00e0 la Fondation Muna \u00e0 Yaound\u00e9 d&rsquo;un documentaire La Banane, tr\u00e8s critique sur les&hellip;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_lmt_disableupdate":"","_lmt_disable":"","footnotes":""},"categories":[3810],"tags":[],"class_list":["post-30396","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-archives"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/30396","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=30396"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/30396\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=30396"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=30396"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=30396"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}