{"id":30408,"date":"2011-04-30T11:21:53","date_gmt":"2011-04-30T11:21:53","guid":{"rendered":""},"modified":"2006-01-01T00:00:00","modified_gmt":"2006-01-01T00:00:00","slug":"4209","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/4209\/","title":{"rendered":"Radios communautaires: Brouilles sur la  fr\u00e9quence des communaut\u00e9s"},"content":{"rendered":"<p>\nAbsence de statut juridique, manque de cahiers de charges et de transparence et autres griefs sont mis \u00e0 la charge de ces m\u00e9dias au Cameroun. &#8211; <\/p>\n<p>Entre le 8 et 11 novembre 2010, les experts du monde de la communication et les acteurs des m&eacute;dias communautaires se retrouvaient &agrave; Yaound&eacute; dans le cadre du premier forum national sur les radios communautaires. Il s&rsquo;agissait de faire l&rsquo;&eacute;tat des lieux, d&rsquo;&eacute;changer sur la situation actuelle du secteur, de d&eacute;gager le r&ocirc;le et l&rsquo;importance de ces m&eacute;dias dans le d&eacute;veloppement des communaut&eacute;s.<\/p>\n<p>Ce qui s&rsquo;apparentait &agrave; une sorte d&rsquo;&eacute;tats g&eacute;n&eacute;raux de la radio communautaire prenait ainsi pour pr&eacute;texte, les conclusions d&rsquo;une mission d&rsquo;&eacute;valuation men&eacute;e par l&rsquo;Unesco de f&eacute;vrier &agrave; juillet 2009, et qui avait diagnostiqu&eacute; divers probl&egrave;mes dont les plus importants sont : l&rsquo;absence de statut juridique, le manque de cahiers de charges li&eacute;s au cadre r&eacute;glementaire, au fonctionnement, au mode de financement, des manquements d&rsquo;ordre technique et technologique, inad&eacute;quation du choix des sites et des &eacute;quipements, le manque de transparence dans la gestion, la formation du personnel ou encore la non ma&icirc;trise des normes de production radiophonique.<\/p>\n<p>A ces probl&egrave;mes, s&rsquo;ajoute la prolif&eacute;ration de ces m&eacute;dias dont le d&eacute;veloppement anarchique entra&icirc;ne la saturation et le brouillage des fr&eacute;quences ainsi que l&rsquo;usage de moins en moins fr&eacute;quent des langues locales qui constituent selon l&rsquo;Unesco, &laquo;un facteur l&eacute;gitimateur de la radio communautaire&raquo;. Pourtant, dans le document de strat&eacute;gie pour la croissance et l&rsquo;emploi (Dsce), il est pr&eacute;vu &agrave; l&rsquo;horizon 2020, la cr&eacute;ation de 100 radios communautaires sur l&rsquo;&eacute;tendue du territoire.<br \/>\nEn l&rsquo;absence de statut juridique et de cahier de charges, quelle sera la physionomie du paysage de ces radios qui naissent avec des tares cong&eacute;nitales qui affectent l&rsquo;&eacute;panouissement d&rsquo;autres acteurs du secteur des m&eacute;dias ? &laquo;La politique du gouvernement est de cr&eacute;er 100 radios communautaires d&rsquo;ici &agrave; 2020 ; on fera en sorte que les radios qui existent soient en r&egrave;gle pour qu&rsquo;on puisse &agrave; la fin cr&eacute;er d&rsquo;autres radios au Cameroun&raquo;, expliquait Jean-Pierre Ilboudo, ancien conseiller r&eacute;gional pour la communication et l&rsquo;information de l&rsquo;Unesco en Afrique Centrale.<\/p>\n<p>Sur le terrain, les radios communautaires tirent le diable par la queue. Pour survivre, elles sont oblig&eacute;es de monnayer la diffusion des communiqu&eacute;s dans les localit&eacute;s o&ugrave; elles sont install&eacute;es. &laquo;On paie les communiqu&eacute;s &agrave; 500Fcfa, parfois on ne les paye m&ecirc;me pas ; quand il y a un publi-reportage on essaie aussi de tirer quelques moyens pour fonctionner parce que pour trouver des partenaires avec qui on peut signer des conventions c&rsquo;est extr&ecirc;mement rare&raquo;, explique Robert Toko, chef de station de radio Tikiri &agrave; Meiganga dans l&rsquo;Adamaoua.<\/p>\n<p>Variations climatiques<br \/>\nD&rsquo;autres, comme radio Batcham, quittent leur zone d&rsquo;origine pour &laquo;chasser&raquo; la publicit&eacute; dans les grands centres urbains. &laquo;On est parti de Mbouda pour aller &agrave; la conqu&ecirc;te de l&rsquo;espace publicitaire &agrave; Bafoussam&raquo;, explique Justin Ymele, chef de cha&icirc;ne. D&rsquo;autres promoteurs de radios communautaires indexent pour leur part le caract&egrave;re s&eacute;lectif de l&rsquo;aide publique &agrave; la communication priv&eacute;e. &laquo;On n&rsquo;a pas de subvention de l&rsquo;Etat et les partenaires se comptent au bout des doigts&raquo;, regrette un promoteur.<br \/>\nAu niveau des &eacute;quipements, certains promoteurs accusent les variations climatiques d&rsquo;&ecirc;tre &agrave; l&rsquo;origine de leurs d&eacute;boires. &laquo;Ceux que nous avons re&ccedil;u lors de notre installation ne sont pas tropicalis&eacute;s. Avec les variations de climat et de tension et les coups de foudre, nos &eacute;quipements se sont endommag&eacute;s&raquo;, souligne le chef de station de radio Tikiri.<br \/>\nPour ce qui concerne le personnel, au-del&agrave; des probl&egrave;mes de formations que l&rsquo;Unesco tente de pallier, il y a la r&eacute;mun&eacute;ration. Souvent pay&eacute;s au lance-pierre, les employ&eacute;s de ces m&eacute;dias n&rsquo;h&eacute;sitent pas &agrave; chercher de meilleurs p&acirc;turages. Ce qui cr&eacute;e des probl&egrave;mes d&rsquo;instabilit&eacute; du personnel. &laquo;Il est difficile de maintenir les personnels qui ont &eacute;t&eacute; form&eacute;s &agrave; la base, faute de r&eacute;mun&eacute;ration stable et de prise en charge. Lorsqu&rsquo;ils voient mieux ailleurs, ils s&rsquo;en vont&raquo;, pense Robert Toko.<\/p>\n<p>Au minist&egrave;re de la Communication, le d&eacute;veloppement anarchique de ces radios cr&eacute;e des probl&egrave;mes de saturation et de brouillage des fr&eacute;quences. Certains promoteurs, au m&eacute;pris de la r&eacute;glementation ouvrent des stations de radio sans avoir acquis des bandes de fr&eacute;quences du Mincom. &laquo;Plusieurs radios communautaires &eacute;voluent en marge de la loi ; leurs promoteurs exploitent les bandes de fr&eacute;quences encore libres et se mettent &agrave; &eacute;mettre&raquo;, explique un cadre de la division des technologies et de la communication au Mincom.<br \/>\nLes radios communautaires sont aussi devenues des tribunes pour plusieurs hommes politiques. Louis Yinda, Pierre Isma&euml;l Bidoung Mpkatt, Maurice Tadadjeu et d&rsquo;autres &eacute;lites prennent ces m&eacute;dias en otage. Parfois, comme c&rsquo;est le cas &agrave; Lolodorf, elles se taisent d&egrave;s que le b&acirc;illeur de fonds cesse de casser la tirelire. Dans le rapport d&rsquo;&eacute;valuation des radios produit part l&rsquo;Unesco, il est soulign&eacute; pour ce qui concerne cette radio que &laquo;la d&eacute;cadence a commenc&eacute; avec le retrait du maire Nguiamba Nloutsiri, principal pourvoyeur de fonds ; plus grave, le comit&eacute; s&rsquo;est disloqu&eacute; suite &agrave; des rivalit&eacute;s politiques qui ont install&eacute; un climat pernicieux au sein de l&rsquo;&eacute;quipe dirigeante.&raquo;<br \/>\nAu d&eacute;part, les missions de ces m&eacute;dias qui sont une quarantaine aujourd&rsquo;hui visaient &agrave; &laquo;r&eacute;pondre aux pr&eacute;occupations v&eacute;ritables des femmes et offrir des conseils pratiques dans des domaines comme l&rsquo;alphab&eacute;tisation, la sant&eacute;, le soin des enfants, les m&eacute;thodes agricoles, les possibilit&eacute;s d&rsquo;emploi et le r&ocirc;le des femmes dans la mise en ?uvre des politiques de d&eacute;veloppement&raquo;.<\/p>\n<p>Zoom<br \/>\nQuelques recommandations issues du forum de novembre 2010<br \/>\nSur le plan des comit&eacute;s des gestion<br \/>\nRed&eacute;finir leur r&ocirc;le<br \/>\nVeiller &agrave; leur op&eacute;rationnalit&eacute;<br \/>\nEncourager les comit&eacute;s de gestion &agrave; prendre en charge l&rsquo;acquisition de certains mat&eacute;riels<br \/>\nAdministration et finances<br \/>\nMonter des projets bien structur&eacute;s pouvant accrocher des partenaires et rapporter des fonds<br \/>\nInstituer une grille tarifaire et des registres financiers<br \/>\nFaire un marketing agressif<br \/>\nEtablir une grille salariale<br \/>\nEtablir un budget pr&eacute;visionnel<br \/>\nDiversifier les contrats<br \/>\nAvoir une gestion transparente<br \/>\nMener des campagnes de collecte aupr&egrave;s des populations vendre les tranches d&rsquo;antennes &agrave; des prix pouvant multiplier les recettes<br \/>\nExiger le paiement d&rsquo;une partie du contrat avant toute production<br \/>\nInstituer des conf&eacute;rences de r&eacute;daction quotidiennes<br \/>\nElaborer un manuel de financement pour les radios communautaires et obliger les gestionnaires &agrave; communiquer &agrave; la tutelle les copies des conventions sign&eacute;es avec les partenaires<br \/>\nFid&eacute;liser le personnel par des motivations cons&eacute;quentes<br \/>\nStatut juridique et cahier de charge<br \/>\nElaborer un cahier de charge sp&eacute;cifique aux radios communautaires (nature des programmes, sp&eacute;cifications techniques, suivi et &eacute;valuation modalit&eacute;s de contr&ocirc;le et de r&eacute;gulation)<br \/>\nMise en place d&rsquo;une structure de suivi et de cr&eacute;ation d&rsquo;un cadre juridique<br \/>\nFormation et grille des programmes<br \/>\nOrganiser des sessions de formation sur les Omd et inscrire dans les grilles de programmes les th&egrave;mes relatifs aux Omd.<\/p>\n<p>Pierre C&eacute;lestin Atangana<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Absence de statut juridique, manque de cahiers de charges et de transparence et autres griefs sont mis \u00e0 la charge de ces&hellip;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_lmt_disableupdate":"","_lmt_disable":"","footnotes":""},"categories":[3810],"tags":[],"class_list":["post-30408","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-archives"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/30408","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=30408"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/30408\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=30408"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=30408"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=30408"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}