{"id":30484,"date":"2011-07-08T14:56:05","date_gmt":"2011-07-08T14:56:05","guid":{"rendered":""},"modified":"2006-01-01T00:00:00","modified_gmt":"2006-01-01T00:00:00","slug":"4286","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/4286\/","title":{"rendered":"Musique : Vers la fin des instrumentistes au Cameroun&#8194;?"},"content":{"rendered":"<p>L\u2019arriv\u00e9e et l\u2019essor des nouvelles technologiques supplantent de plus en plus ces musiciens dans les studios d\u2019enregistrement. &#8211; <\/p>\n<p>\n&nbsp;<\/p>\n<p><span class=\"13aria\">  <\/p>\n<p>Il  est plus courant de voir &agrave; ce jour le nom de l&rsquo;arrangeur ou du  programmateur sur les pochettes d&rsquo;albums. Le plus en vue de l&rsquo;heure  n&rsquo;est autre Aubin Sandjo, pr&eacute;sent&eacute; comme l&rsquo;un des meilleurs dans ce  domaine. Les fiches techniques au dos des pochettes d&rsquo;album sont bien  courtes. On n&rsquo;y trouve presque plus les noms des instrumentistes. Ceux  l&agrave; qui sont cens&eacute;s accompagn&eacute;s les artistes musiciens en studio.  Une  absence de noms qui n&rsquo;est pas ni un oubli, ni un ph&eacute;nom&egrave;ne de mode. La  raison est bien simple. Les instrumentistes interviennent de moins en  moins dans l&rsquo;enregistrement des albums.<br \/>\nPianistes, guitaristes,  solistes, basistes, percussionnistes, etc. n&rsquo;ont plus la c&ocirc;te aupr&egrave;s des  interpr&egrave;tes, chanteurs et  propri&eacute;taires de studios d&rsquo;enregistrements  au Cameroun. Les nouvelles technologies sont de plus en plus mises &agrave;  contribution dans le montage et la production de nombreux albums au  Cameroun. Rel&eacute;guant de ce fait les instrumentistes &agrave; l&rsquo;arri&egrave;re plan. Or  ces derniers sont des musiciens qui interpr&egrave;tent ou improvisent selon  que le besoin se fait sentir. Ils ont la facult&eacute; d&rsquo;apporter une touche  particuli&egrave;re &agrave; un titre, ou &agrave; l&rsquo;album tout entier.<\/p>\n<p>Alors comment  comprendre que ces musiciens soient progressivement dans les studios  d&rsquo;enregistrements par des machines et consoles informatis&eacute;es ? <br \/>\nL&rsquo;une  des premi&egrave;res raisons &eacute;voqu&eacute;e n&rsquo;est autre que les prix &eacute;lev&eacute;s auxquels  les artistes doivent faire face lorsqu&rsquo;ils font appel &agrave; un  instrumentiste. &laquo;Il faut d&eacute;bourser &agrave; partir  de 10. 000 Fcfa voir plus,  et ce par instrumentiste et par titre jou&eacute; en studio&raquo;, indique Calvin  Young, percussionniste et batteur. Le recours &agrave; la Musique assist&eacute;e par  ordinateur (Mao) r&eacute;duit donc consid&eacute;rablement ces co&ucirc;ts exorbitants  pratiqu&eacute;s en studio. Cette m&eacute;thode limite &eacute;galement les heures de  travail. Selon les sp&eacute;cialistes du m&eacute;tier, toutes les programmations  peuvent &ecirc;tre faites avec un ordinateur. Peu importe alors le rythme que  l&rsquo;on voudrait avoir, il suffit d&rsquo;un clic sur le clavier.<br \/>\nCe qui est  un gain de temps &eacute;norme. Surtout lorsqu&rsquo;on sait que le temps en studio  vaut de l&rsquo;or. &laquo;Sur les claviers utilis&eacute;s par les programmateurs en  studio, vous avez toutes les m&eacute;lodies, les lignes des instruments &agrave; vent  (saxo, fl&ucirc;te, maracas, percussions, etc. C&rsquo;est pour dire que si  l&rsquo;artiste souhaite entendre du saxophone dans l&rsquo;un de ses titres, nul  besoin de chercher un saxophoniste. Car il peut avoir cette sonorit&eacute;  rien qu&rsquo;&agrave; partir de sa machine&raquo;, confie Bill Muicha. <\/p>\n<p><b>Disparition<\/b><br \/>\nPourtant,  le risque de voir la musique devenir une machination est bien r&eacute;el. Ce  d&rsquo;autant plus inqui&eacute;tant que les chansons ainsi ex&eacute;cut&eacute;es &laquo;perdent leur  c&ocirc;t&eacute; chaleureux. Car l&rsquo;apport de tout instrumentiste, arrangeur, mixeur,   met en &eacute;vidence le c&ocirc;t&eacute; altruiste de la musique&raquo;, pr&eacute;cise Calvin  Young.  Visiblement, de nombreux artistes musiciens font fie de ce  risque, au regard du nombre impressionnants d&rsquo;album produit sur  programmation. <br \/>\nA en croire Bill Muicha artiste musicien et par  ailleurs programmateur, seuls 30% des albums produits en ce moment  connaissent la participation des instrumentistes. Les 70% restant se  font par programmation. &laquo;De nombreux artistes musiciens pr&eacute;f&egrave;rent  utiliser la programmation, o&ugrave; tout est fait sur une machine. Ils  produisent une musique assist&eacute;e par ordinateur et non une belle  musique&raquo;, pr&eacute;cise l&rsquo;artiste musicien. Et selon Calvin Young, 99% des  albums hip pop sont jou&eacute;s avec des machines. <\/p>\n<p>Seules nos musiques  folkloriques utilisent encore v&eacute;ritablement les instrumentistes,  surtout les percussionnistes. Selon Laurent Didi Ireke artiste musicien  folklorique, &laquo;les musiciens qui nous accompagnent en studio sont l&rsquo;&acirc;me  d&rsquo;un album&raquo;. Et de poursuivre, &laquo;avoir la participation d&rsquo;un, de deux ou  de trois de ces musiciens dans son album &agrave; quelque chose de magique  parce que chacune de ces personnes va apporter sa touche et &agrave; la fin, le  consommateur a un produit de qualit&eacute;&raquo;. Et sur la question artistes et  instrumentistes sont unanimes : les productions musicales dans  lesquelles les instrumentistes interviennent sont de bien meilleure  qualit&eacute; que celles assist&eacute;es par ordinateur.    <\/p>\n<p><b>F&ecirc;te de la musique<\/b><br \/>\nFort  heureusement la musique assist&eacute;e par ordinateur n&rsquo;est pas encore la  chose la mieux partag&eacute;e au sein de la communaut&eacute; des artistes musiciens  ou des chanteurs. Bien qu&rsquo;ils soient &agrave; ce jour une minorit&eacute;, il y&rsquo;a   tout de m&ecirc;me de ceux qui sont de la vieille &eacute;cole. Dans son dernier  album, intitul&eacute; &laquo;Epassi N&rsquo;epassi&raquo;, l&rsquo;artiste musicien Julius Essoka a vu  grand. <br \/>\nAfin de mettre en relief cette belle galette musicale, il a  fait intervenir Leni Stern, une guitariste am&eacute;ricaine sur le titre &laquo;Na  poi&raquo;. Une instrumentiste qui a d&rsquo;ailleurs r&eacute;ussi &agrave; apporter sa touche &agrave;  ce produit. Heureusement, on retrouve encore des artistes comme Prince  Ndedi Eyango, Nkotti Fran&ccedil;ois, Ottou Marcellin, Richard Bona, Henri  Dikongu&eacute;, Ben Decca qui font intervenir des instrumentistes dans  l&rsquo;enregistrement de leurs albums en studio. <\/p>\n<p>Le 21 juin dernier,  le Cameroun en communion avec le monde entier a c&eacute;l&eacute;br&eacute; la 30&egrave;me journ&eacute;e  de la musique. Une c&eacute;l&eacute;bration plac&eacute;e sous le th&egrave;me, &laquo;L&rsquo;influence des  nouvelles technologies sur le d&eacute;veloppement de la musique&raquo;. Un th&egrave;me qui  pose le d&eacute;bat sur le devenir de la musique camerounaise, face aux  influences des technologies de l&rsquo;heure. Selon Robert Bend&eacute;gu&eacute; le D&eacute;l&eacute;gu&eacute;  r&eacute;gional de la Culture pour le Littoral, ces technologies ont deux  revers n&eacute;gatifs. &laquo;Elles sont &agrave; l&rsquo;origine des grandes contrefa&ccedil;ons qui  tuent l&rsquo;art, en l&rsquo;occurrence la piraterie. Aussi, celui qui fait un bon  produit n&rsquo;est pas forc&eacute;ment bon sur sc&egrave;ne, en ce sens qu&rsquo;il est entr&eacute; en  studio avec les nouvelles technologies&raquo;.<\/p>\n<p><i>Marthe Ndiang (Stagiaire)<\/i> <\/span><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L\u2019arriv\u00e9e et l\u2019essor des nouvelles technologiques supplantent de plus en plus ces musiciens dans les studios d\u2019enregistrement. &#8211; &nbsp; Il est plus&hellip;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_lmt_disableupdate":"","_lmt_disable":"","footnotes":""},"categories":[3810],"tags":[],"class_list":["post-30484","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-archives"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/30484","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=30484"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/30484\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=30484"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=30484"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=30484"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}