{"id":30499,"date":"2011-07-13T16:53:55","date_gmt":"2011-07-13T16:53:55","guid":{"rendered":""},"modified":"2006-01-01T00:00:00","modified_gmt":"2006-01-01T00:00:00","slug":"4301","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/4301\/","title":{"rendered":"Goethe Institut : Portes ouvertes pour un cinquantenaire"},"content":{"rendered":"<p>Le centre culturel allemand \u00e9tait en f\u00eate jeudi 7 juillet, avec un public nombreux \u00e0 son si\u00e8ge \u00e0 Yaound\u00e9. &#8211; <\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><span class=\"13aria\">  <\/p>\n<p>Lorsque  la ministre de la Culture, Ama Tutu Muna, ouvre l&rsquo;enveloppe pour  d&eacute;voiler le gagnant du concours de mise en sc&egrave;ne, pierre angulaire de  cette journ&eacute;e portes ouvertes du Goethe Institut, il est un peu plus de  19h ce jeudi 7 juillet 2011. Elle prendra donc son temps et, simplement,  lira le nom d&rsquo;Edouard Elvis Bvouma. Le n&eacute;o-metteur en sc&egrave;ne venait  ainsi de faire mouche, pour l&rsquo;une de ses premi&egrave;res sorties sous cette  nouvelle casquette, aid&eacute; pour la circonstance par la compagnie Zouria  Th&eacute;&acirc;tre.<br \/>\nLa joie pass&eacute;e, le grand gagnant du jour pouvait laisser  libre cours &agrave; des remerciements sans fin, invitant du m&ecirc;me coup le  public &agrave; venir le voir, &laquo;en vrai&raquo;, le lendemain au Centre culturel  Fran&ccedil;ois Villon pour une premi&egrave;re v&eacute;ritable repr&eacute;sentation publique de  l&rsquo;un de ses textes.<\/p>\n<p>A ses c&ocirc;t&eacute;s, son &eacute;quipe, bien s&ucirc;r mais aussi  les deux autres finalistes du jour, qui avaient laiss&eacute; sur le bord du  chemin trois autres concurrents n&rsquo;ayant pas pu suivre le rythme dans ce  qui &eacute;tait la c&eacute;l&eacute;bration de l&rsquo;auteur qui donne son nom au bras culturel  de la coop&eacute;ration allemande dans le monde entier. Mais, avant ce moment,  que la journ&eacute;e fut &eacute;reintante pour les nombreux admirateurs du centre  culturel allemand ! Eux qui ont saisi, au bond, l&rsquo;occasion pour venir  voir de leurs propres yeux ce qui se passe ici, selon les propos d&rsquo;un  visiteur sous le charme. Une journ&eacute;e remplie d&rsquo;un bout &agrave; l&rsquo;autre par une  succession d&rsquo;activit&eacute;s &agrave; donner le tournis &agrave; plus d&rsquo;un. Car entre le  tour de salles de classe, de bureaux et autres espaces de l&rsquo;imposante  b&acirc;tisse ainsi que les projections vid&eacute;os, les visiteurs ont satisfait  leur curiosit&eacute; au point d&rsquo;en redemander &agrave; la nuit tomb&eacute;e. Quand tout ce  beau monde se rassembla sous le chapiteau de la cour arri&egrave;re normalement  pr&eacute;vue pour les spectacles (Goethe caf&eacute; notamment).<\/p>\n<p><b>Histoire <\/b><br \/>\nPeu  avant, cependant, l&rsquo;ambassadeur d&rsquo;Allemagne, Reinhardt Buccholz,  s&rsquo;&eacute;tait retrouv&eacute; dans la salle de projection contigu&euml; &agrave; la grande cour  pour &eacute;couter Uwe Jung, pr&eacute;pos&eacute; &agrave; l&rsquo;information et au centre de  documentation de l&rsquo;institut raconter, au moyen de photos d&rsquo;archives,  l&rsquo;histoire longue de cinquante ann&eacute;es de cet espace en pr&eacute;sence, d&eacute;j&agrave;,  de la ministre Muna et d&rsquo;autres invit&eacute;s de choix m&ecirc;l&eacute;s &agrave; une foule de  curieux &agrave; l&rsquo;oreille attentive et aux questions aff&ucirc;t&eacute;es.<br \/>\nM. Jung,  dans son expos&eacute;, ne manquera pas de remercier Cameroon Tribune et son  a&icirc;n&eacute;, La presse du Cameroun, pour les avoir autoris&eacute; &agrave; utiliser leurs  articles. Des coupures de presse qui avaient recouvert une partie du mur  de la salle. O&ugrave; l&rsquo;on ne pouvait malheureusement pas voir les d&eacute;buts  v&eacute;ritables de l&rsquo;institution culturelle, quoiqu&rsquo;un tableau r&eacute;capitulatif  des diff&eacute;rents premiers responsables du centre figur&acirc;t en annexe des  articles. <br \/>\nMais cette soif sera &eacute;tanch&eacute;e au cours de la soir&eacute;e. Quand  Irene Bark, ma&icirc;tresse de c&eacute;ans, dans son mot de bienvenue, reviendra  sur les principales &eacute;tapes du Goethe Institut. L&rsquo;on apprend alors que  c&rsquo;est au Dr E. Schnitzler qu&rsquo;&eacute;chut le r&ocirc;le de diriger, le premier, cette  institution camerounaise. Occasion qui lui permit, selon son lointain  successeur, de lancer &laquo;le dialogue culturel entre nos pays avec des  cours de langue &agrave; Yaound&eacute;&raquo;. C&rsquo;&eacute;tait &agrave; une &eacute;poque o&ugrave; les deux pays  traversaient, pour l&rsquo;essentiel, une p&eacute;riode difficile. A Berlin, le  fameux &laquo;mur de la honte&raquo; pr&eacute;sentait sa fa&ccedil;ade hideuse dans les rues,  s&eacute;parant un m&ecirc;me peuple qui continuait ainsi de payer pour une guerre  qui &eacute;tait pourtant achev&eacute;e depuis plus de 15 ans.<\/p>\n<p>Le Cameroun,  pour sa part, &eacute;tait en proie &agrave; une guerre nationaliste qui n&rsquo;allait  conna&icirc;tre son &eacute;pilogue qu&rsquo;une d&eacute;cennie plus loin avec la condamnation et  l&rsquo;ex&eacute;cution publique, &agrave; Bafoussam, du dernier chef de l&rsquo;Union des  populations du Cameroun (Upc), Ernest Ouandi&eacute;. Les premi&egrave;res ann&eacute;es  furent donc celles de l&rsquo;apprentissage de la langue de Goethe. Avec un  engouement d&rsquo;abord timide, mais qui allait s&rsquo;acc&eacute;l&eacute;rer vers la fin des  ann&eacute;es 60. D&rsquo;ailleurs, des &eacute;tudiants de cette cuv&eacute;e-l&agrave; t&eacute;moigneront,  plus loin, sur les motivations des uns et des autres. Et, &agrave; les en  croire, elles se r&eacute;sumaient &agrave; des besoins scolaires.<br \/>\nDans les ann&eacute;es  70, l&rsquo;espace allait contribuer notamment &agrave; faire de Yaound&eacute; le centre du  jazz. C&rsquo;&eacute;tait l&rsquo;&eacute;poque b&eacute;nie qui vit un certain Adala Gildo diriger les  workshops, contribuant &agrave; donner &agrave; la Rue Narvick, o&ugrave; se trouvait le  centre culturel, son aura jazzistique et culturel dans la capitale pour  les d&eacute;cennies suivantes. La migration &agrave; l&rsquo;Avenue du pr&eacute;sident Kennedy  n&rsquo;allait pas freiner cette envol&eacute;e, quoique les nouveaux responsables  pr&eacute;sentaient manifestement d&rsquo;autres pr&eacute;occupations.<\/p>\n<p><b>Jazz <\/b><br \/>\nEt  ce jusqu&rsquo;&agrave; la visite du chancelier Helmut Kohl, en 1987, qui allait  donner un coup de fouet &agrave; cet &eacute;change culturel avec notamment la  signature, l&rsquo;ann&eacute;e suivante, d&rsquo;un trait&eacute; entre les deux nations  encadrant leur coop&eacute;ration culturelle. Coop&eacute;ration dont le visage le  plus reluisant &eacute;tait cette t&eacute;l&eacute;vision d&rsquo;Etat qui illuminait les foyers  citadins et dont l&rsquo;expertise technique allemande avait &eacute;t&eacute; convoqu&eacute;e &agrave;  bon escient.<br \/>\nMais cet &eacute;lan salvateur allait conna&icirc;tre un b&eacute;mol du  fait d&rsquo;&eacute;v&eacute;nements impr&eacute;vus. A Berlin, en novembre 1989, le &laquo;mur de la  honte&raquo; allait tomber sous les coups de boutoir d&rsquo;une population  d&eacute;termin&eacute;e, ouvrant ainsi la voie &agrave; une r&eacute;unification tant souhait&eacute;e.  Dans le m&ecirc;me temps, ce que l&rsquo;on appelait &laquo;vent d&rsquo;Est&raquo; allait souffler  jusqu&rsquo;&agrave; Yaound&eacute; o&ugrave; les libert&eacute;s devaient &ecirc;tre proclam&eacute;es avant que la  rue ne s&rsquo;embrase et que le r&eacute;gime en place ne passe un temps de chien  qui le fit tanguer, des mois durant, sans toutefois rompre.<\/p>\n<p>Si la  d&eacute;cennie suivante allait commencer, en 1991, par l&rsquo;introduction du  manuel &laquo;Ihr und Wir&raquo; dans l&rsquo;enseignement de la langue allemande dans les  &eacute;coles publiques au Cameroun, les ann&eacute;es 90 passeront plut&ocirc;t &agrave; la  post&eacute;rit&eacute; comme celle des arts plastiques. De Pascale Marthine Tayou au  regrett&eacute; Goddy Leye en passant par Barth&eacute;l&eacute;my Toguo, ils sont nombreux &agrave;  avoir b&eacute;n&eacute;fici&eacute; du Centre culturel camerounais pour placer leur  carri&egrave;re sur orbite. Dr Bark dira d&rsquo;ailleurs que ce fut une p&eacute;riode de  &laquo;promotion des arts plastiques (&hellip;) avec l&rsquo;introduction des tendances  innovantes et avec des &eacute;changes professionnels dans les secteurs  exp&eacute;rimentaux dans les domaines du th&eacute;&acirc;tre, des arts plastiques, de la  performance, de la vid&eacute;o&raquo;. Avec toutefois une baisse au fur et &agrave; mesure  que le nouveau mill&eacute;naire approchait.<\/p>\n<p><b>Ecoles partenaires<\/b><br \/>\nLes  ann&eacute;es 2000 s&rsquo;ouvriront v&eacute;ritablement avec le transfert du centre au  quartier Bastos, dans une imposante b&acirc;tisse aux fonctionnalit&eacute;s plus  int&eacute;ressantes pour un personnel soud&eacute; autour de ses directeurs  successifs. Et si d&rsquo;aucuns avaient excip&eacute; l&rsquo;&eacute;loignement pour pr&eacute;dire une  baisse de fr&eacute;quentation, l&rsquo;histoire allait s&rsquo;appliquer &agrave; leur opposer  plus qu&rsquo;un d&eacute;menti. A tel point que, pour ce qui est de l&rsquo;apprentissage  de l&rsquo;allemand, on en est &agrave; une fr&eacute;quence de 2000 &eacute;tudiants par an. Des  effectifs r&eacute;partis sur le campus de Bastos &ndash; qui comprend depuis  quelques mois un b&acirc;timent annexe &ndash; et ceux des &eacute;coles partenaires Pasch  et SLZ &agrave; Douala et Bafoussam. Ce qui n&rsquo;est pas pour d&eacute;plaire aux  autorit&eacute;s diplomatiques de la Rfa. M. Buccholz profitera de la c&eacute;r&eacute;monie  comm&eacute;morative pour rappeler &agrave; l&rsquo;assistance que le Cameroun compte  quelque 200.000 &eacute;l&egrave;ves et &agrave; peu pr&egrave;s 1500 enseignants de la langue  allemande. Qu&rsquo;on estime actuellement &agrave; 6000, les effectifs des &eacute;tudiants  camerounais en Allemagne. <\/p>\n<p>Ou encore que le Cameroun a l&rsquo;un des  plus grands r&eacute;seaux des ressortissants qui retournent au pays apr&egrave;s  leurs &eacute;tudes en Allemagne. Toutes choses qui l&rsquo;ont amen&eacute; &agrave; exhorter les  Camerounais &agrave; continuer &agrave; apprendre l&rsquo;allemand. Une exhortation qui  pourrait bien int&eacute;resser la ministre Ama Tutu Muna, ancienne  pensionnaire du centre il y a 35 ans et qui a profit&eacute; de son passage &agrave;  la tribune pour montrer au public qu&rsquo;elle n&rsquo;avait pas perdu les r&eacute;flexes  dans cette langue bien complexe au demeurant. Soulevant par la m&ecirc;me  occasion les applaudissements nourris d&rsquo;un public bien joyeux. Une joie  qui a fait du bien au coeur de Mme Bark et de son &eacute;quipe qui, d&egrave;s le  lendemain, allaient poursuivre leurs efforts en direction d&rsquo;un autre  rendez-vous de ce cinquantenaire : le pont d&rsquo;Ed&eacute;a. Un ouvrage symbolique  de la pr&eacute;sence allemande au Cameroun qui v&ecirc;tira de nouveaux atours et  entamera, pour ainsi dire, une nouvelle vie. Mais de cela, il &laquo;vaut  mieux en parler en temps opportun. Pour l&rsquo;heure, place &agrave; la f&ecirc;te&raquo;,  l&acirc;chera un employ&eacute; de la maison entre deux gorg&eacute;es de bi&egrave;re.<\/p>\n<p><i>Parfait Tabapsi<\/i> <\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le centre culturel allemand \u00e9tait en f\u00eate jeudi 7 juillet, avec un public nombreux \u00e0 son si\u00e8ge \u00e0 Yaound\u00e9. &#8211; &nbsp; Lorsque&hellip;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_lmt_disableupdate":"","_lmt_disable":"","footnotes":""},"categories":[3810],"tags":[],"class_list":["post-30499","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-archives"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/30499","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=30499"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/30499\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=30499"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=30499"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=30499"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}