{"id":30503,"date":"2011-07-16T16:44:55","date_gmt":"2011-07-16T16:44:55","guid":{"rendered":""},"modified":"2006-01-01T00:00:00","modified_gmt":"2006-01-01T00:00:00","slug":"4310","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/4310\/","title":{"rendered":"Ambroise Kom : Hommage \u00e0 un \u00abhomme reculeur de bornes\u00bb"},"content":{"rendered":"<p>La figure d\u2019Ambroise Kom est centrale dans l\u2019enseignement et la critique litt\u00e9raire en Afrique en g\u00e9n\u00e9ral et au Cameroun en particulier.  &#8211; <\/p>\n<p>\n&nbsp;<\/p>\n<p><span class=\"13aria\"> Eboussi  Boulaga, dans la pr&eacute;face des M&eacute;langes qui lui ont &eacute;t&eacute; offerts et qui  ont &eacute;t&eacute; pr&eacute;sent&eacute;s au public le 8 juillet dernier &agrave; la librairie des  peuples noirs (Pierre Fandio et Herv&eacute; Tchumkam, Exil et migrations  postcoloniales, De l&rsquo;urgence du d&eacute;part &agrave; la n&eacute;cessit&eacute; du retour,  Yaound&eacute;, Ifrikiya, 359 p., 2011) dit en quoi.<br \/>\nDu point de vue  &eacute;pist&eacute;mologique, Ambroise Kom a subverti la pratique de l&rsquo;enseignement  et de la critique litt&eacute;raires et introduit dans nos universit&eacute;s un  paradigme nouveau, celui des &laquo;&eacute;tudes culturelles et postcoloniales&raquo;.  Avant lui, chez nous, l&rsquo;enseignement et la critique litt&eacute;raires se  faisaient dans un &laquo;rapport sacerdotal &agrave; des textes sacr&eacute;s, sertis dans  un canon, assortis des r&egrave;gles de leur lecture ritualis&eacute;e et de leur  interpr&eacute;tation&raquo;.<\/p>\n<p>Le changement de paradigme que Kom a op&eacute;r&eacute; a  fait sortir l&rsquo;enseignement et la critique litt&eacute;raire d&rsquo;un enfermement et  d&rsquo;une r&eacute;p&eacute;tition philologique creux ; l&rsquo;approche postcoloniale qu&rsquo;il a  pratiqu&eacute;e toute sa carri&egrave;re durant fait de la litt&eacute;rature un tremplin  qui &laquo;nous r&eacute;v&egrave;le &agrave; nous-m&ecirc;mes autant qu&rsquo; [il] met &agrave; nu les autres et  notre commune condition&raquo;. La perspective adopt&eacute;e par Ambroise Kom lui  permet ainsi d&rsquo;identifier les &laquo;d&eacute;fis culturels&raquo; et de mettre &agrave; nu la  &laquo;condition postcoloniale en Afrique&raquo;. Pour lui, comme l&rsquo;affirme Alain  Patrice Nganang, &laquo;un critique ne rayonne pas seulement lorsque ses mots  raisonnent dans des textes th&eacute;oriques et philosophiques&raquo;. &laquo;Pens&eacute;s pour  l&rsquo;Afrique et m&ecirc;me &agrave; partir de l&rsquo;Afrique&raquo; les travaux que Kom entreprend  et les enseignements qu&rsquo;il dispense d&eacute;voilent &laquo;comment les formes des  institutions h&eacute;rit&eacute;es de la colonisation et jamais remises en question  gouvernent la marche des institutions africaines actuelles&raquo;. Tout  l&rsquo;enjeu et la finalit&eacute; de ses travaux est de cesser de se soumettre &laquo;aux  injonctions venues d&rsquo;ailleurs, de rechercher et de trouver les  principes permettant de b&acirc;tir une soci&eacute;t&eacute; &agrave; notre mesure&raquo;.<\/p>\n<p>D&rsquo;un  point de vue prax&eacute;ologique et pragmatique Ambroise Kom a su faire de  l&rsquo;activit&eacute; litt&eacute;raire un &laquo;travail productif&raquo;. On lui doit le monumental  Dictionnaire des oeuvres litt&eacute;raires n&eacute;gro-africaines de langue  fran&ccedil;aise qui fait autorit&eacute; &agrave; travers le monde. Dans un univers o&ugrave; les  pr&eacute;s&eacute;ances acad&eacute;miques sont sacr&eacute;es, qu&rsquo;Ambroise Kom ait pu coordonner  et chaperonner en 1983 le travail de 92 universitaires et critiques  litt&eacute;raires du monde entier est un tour de force qui fait plus que  forcer l&rsquo;admiration ; ledit projet &agrave; par ailleurs &eacute;t&eacute; r&eacute;&eacute;dit&eacute;  avec le  m&ecirc;me brio par la publication du tome 2 du m&ecirc;me dictionnaire. On doit  aussi &agrave; Ambroise Kom d&rsquo;avoir ressuscit&eacute; la revue Pr&eacute;sence francophone et  d&rsquo;avoir conduit de nombreux autres projets &eacute;ditoriaux. Mais ce qui  force le plus l&rsquo;admiration dans la carri&egrave;re d&rsquo;Ambroise Kom, c&rsquo;est non  seulement le nombre de th&egrave;ses qu&rsquo;il a fait aboutir mais surtout le  nombre de ses anciens &eacute;tudiants qui &laquo;essaiment&raquo; en qualit&eacute; d&rsquo;enseignants  respect&eacute;s,  les campus universitaires, en Afrique, en Europe et surtout  en Am&eacute;rique du Nord. Jadis lointaine et hors de notre port&eacute;e de  &laquo;docteurs tropicaux&raquo;, l&rsquo;Am&eacute;rique est devenue un horizon proche et  accessible sans complexe. Au demeurant, du double point de vue  &eacute;pist&eacute;mologique et prax&eacute;ologique, Ambroise Kom, pour reprendre  l&rsquo;expression de C&eacute;saire, est un &laquo;homme reculeur de bornes&raquo; !<\/p>\n<p><i> Par Marcelin VOUNDA ETOA* <br \/>\n* Directeur des Editions CLE<br \/>\nCritique litt&eacute;raire<\/i> <\/span><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La figure d\u2019Ambroise Kom est centrale dans l\u2019enseignement et la critique litt\u00e9raire en Afrique en g\u00e9n\u00e9ral et au Cameroun en particulier. &#8211;&hellip;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_lmt_disableupdate":"","_lmt_disable":"","footnotes":""},"categories":[3810],"tags":[],"class_list":["post-30503","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-archives"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/30503","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=30503"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/30503\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=30503"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=30503"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=30503"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}