{"id":30542,"date":"2011-09-22T12:21:25","date_gmt":"2011-09-22T12:21:25","guid":{"rendered":""},"modified":"2006-01-01T00:00:00","modified_gmt":"2006-01-01T00:00:00","slug":"4363","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/4363\/","title":{"rendered":"Note de lecture : Pour que les communes s\u2019autog\u00e8rent"},"content":{"rendered":"<p>D\u00e9mocratie rime avec d\u00e9centralisation; une recette destin\u00e9e aux collectivit\u00e9s locales. &#8211; <\/p>\n<p><span class=\"13aria\"><br \/>\nLes  Etats africains, depuis la premi&egrave;re d&eacute;cennie des ind&eacute;pendances, ont  &eacute;chafaud&eacute; le socle de la gouvernance des Etats en rendant l&rsquo;Etat central  tr&egrave;s fort, omnipr&eacute;sent, r&egrave;glementant tout et r&eacute;gentant tout. C&rsquo;est le  pouvoir central qui d&eacute;signait les d&eacute;put&eacute;s sous le simulacre d&rsquo;une  &eacute;lection. Il nommait les conseillers municipaux et pla&ccedil;ait les maires &agrave;  la t&ecirc;te des municipalit&eacute;s. Lorsque les conseils r&eacute;gionaux &eacute;taient  n&eacute;cessaires, c&rsquo;est encore le gouvernement qui  nommait les  gestionnaires.<br \/>\nLa d&eacute;mocratisation des syst&egrave;mes politiques et la  transparence dans la gestion de la fortune publique sont devenues des  donn&eacute;es universelles incontournables. Il est aujourd&rsquo;hui imp&eacute;ratif de  d&eacute;tacher les collectivit&eacute;s locales des administrations centrales et  rendre leur gestion autonome et d&eacute;centralis&eacute;e.   Cette obligation ne se  fait pas en Afrique sans douleur ni technicit&eacute;. Elle apparait d&rsquo;abord  comme un atome qui se d&eacute;tache de sa mati&egrave;re pour aller produire de  nouvelles mati&egrave;res. <\/p>\n<p>Apr&egrave;s des d&eacute;cennies de vie commune faites de  complicit&eacute; et de domination, il faut que le pouvoir central l&acirc;che du  lest pour que les collectivit&eacute;s se g&egrave;rent. L&rsquo;ouvrage que  Martin Finken  vient de produire chez L&rsquo;Harmattan, nous permet d&rsquo;avoir d&egrave;s  l&rsquo;introduction, un large &eacute;clairage sur la justification de la mise en  oeuvre de la d&eacute;centralisation territoriale en Afrique. C&rsquo;est ainsi qu&rsquo;il  nous revient de d&eacute;couvrir que &laquo;des d&eacute;cennies de mise en oeuvre des  politiques publiques en Afrique ont mis en exergue les limites de l&rsquo;Etat  en la mati&egrave;re et la n&eacute;cessit&eacute; de l&rsquo;implication d&rsquo;autres acteurs  publics, en l&rsquo;occurrence, les collectivit&eacute;s territoriales, ainsi que les  acteurs non gouvernementaux&raquo;, dit l&rsquo;auteur. La d&eacute;centralisation est  donc, selon Finkem, une tentative pour l&rsquo;Etat d&rsquo;am&eacute;liorer le management  et la performance des affaires publiques. Elle permet un transfert de  comp&eacute;tence et des ressources au profil des collectivit&eacute;s territoriales  d&eacute;centralis&eacute;es, qui sont plus proches des populations locales et  d&eacute;tiennent ainsi un avantage strat&eacute;gique dans la conduite des politiques  publiques par rapport &agrave; l&rsquo;Etat central.<\/p>\n<p>Martin Finken nous  permet de comprendre que le th&egrave;me de la d&eacute;centralisation territoriale a  suscit&eacute; une abondante litt&eacute;rature qu&rsquo;il segmente en deux types: les  ouvrages didactiques et utilitaires dans la perspective d&rsquo;un  renforcement de capacit&eacute;s des acteurs sur l&rsquo;existant de la  d&eacute;centralisation ; les ouvrages ax&eacute;s sur la r&eacute;flexion et la  probl&eacute;matique de la d&eacute;centralisation, dans l&rsquo;optique de l&rsquo;&eacute;valuation et  de l&rsquo;am&eacute;lioration de la situation actuelle. <br \/>\nDans cette typologie,  l&rsquo;ouvrage de Martin Finken se positionne volontairement &agrave; la m&eacute;diane sur  cet axe , pour emprunter un caract&egrave;re didactique d&rsquo;une part, &agrave; travers  de nombreuses explications et d&eacute;finitions, et un caract&egrave;re scientifique  d&rsquo;autre part, &agrave; travers la r&eacute;flexion qu&rsquo;il suscite sur certains grands  th&egrave;mes de la d&eacute;centralisation, quant aux difficult&eacute;s de mise en oeuvre  de la d&eacute;centralisation &agrave; proprement parler, et les axes de proposition  (gouvernance locale, tutelle de l&rsquo;administration centrale, coop&eacute;ration  intercommunale, coop&eacute;ration de centralis&eacute;e&hellip;)<\/p>\n<p>Toutefois, l&rsquo;extr&ecirc;me  focalisation de l&rsquo;ouvrage sur le &laquo;cas camerounais&raquo;, ne semble pas  favoriser aux lecteurs, l&rsquo;appr&eacute;hension de la gouvernance communale en  Afrique dans sa globalit&eacute;, tel que le titre de l&rsquo;ouvrage semble vouloir  l&rsquo;orienter. Il est vrai, la longue exp&eacute;rience de l&rsquo;auteur lorsqu&rsquo;il  &eacute;tait en poste au Feicom (Fonds sp&eacute;cial d&rsquo;&eacute;quipement et d&rsquo;intervention  intercommunale), lui procure des outils dont il s&rsquo;est servi pour  observer la d&eacute;centralisation au niveau continental. Heureusement aussi,  l&rsquo;auteur explique ce choix par l&rsquo;affiliation des syst&egrave;mes communaux des  pays africains qui sont articul&eacute;s autour des m&ecirc;mes identit&eacute;s  remarquables &agrave; travers des influences historiques in&eacute;vitables de la  colonisation. <br \/>\nDans  cette perspective, le Cameroun, compte tenu de  son histoire politique, semble &ecirc;tre selon l&rsquo;auteur, un cas suffisamment  repr&eacute;sentatif des pays de culture administrative fran&ccedil;aise en Afrique de  l&rsquo;ouest et du centre.<\/p>\n<p>Malgr&eacute; cet argument, il aurait &eacute;t&eacute;  souhaitable que les particularit&eacute;s d&rsquo;un pays de culture anglo-saxonne  soient abord&eacute;es dans cet ouvrage, dont le nombre de pages est d&eacute;j&agrave; assez  &eacute;lev&eacute; pour en justifier un espace. L&rsquo;auteur a choisi de d&eacute;couper son  livre en dix chapitres denses, qui auraient tout aussi constitu&eacute; des  parties, tellement les contenus sont riches. Il faut appr&eacute;cier la  profondeur des informations et des analyses dans leur contenu. <br \/>\nCela  ne peut en aucun cas, laisser indiff&eacute;rent le lecteur averti des  questions municipales. Mbala Mbala Boniface, qui est un des meilleurs  th&eacute;oriciens en la mati&egrave;re au Cameroun, consid&egrave;re que &laquo;cet ouvrage est  une excellente production r&eacute;alis&eacute;e par un auteur qui fait depuis  longtemps honneur &agrave; notre pays dans le domaine de la d&eacute;centralisation au  niveau national et international&raquo;. Le livre de Martin Finkem est un  excellent outil de r&eacute;f&eacute;rence tant pour les d&eacute;cideurs que pour les  gestionnaires des collectivit&eacute;s locales. Les &eacute;l&egrave;ves des &eacute;coles  d&rsquo;administration publique y trouveront aussi leur compte.<br \/>\nLes aspects  esth&eacute;tiques et techniques du livre sont aussi ind&eacute;niables que son fond :  la couverture pellicul&eacute;e, la rend r&eacute;sistante &agrave; la manipulation et aux  intemp&eacute;ries de toute nature. <\/p>\n<p><i>Xavier Mess&egrave;<\/i> <\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>D\u00e9mocratie rime avec d\u00e9centralisation; une recette destin\u00e9e aux collectivit\u00e9s locales. &#8211; Les Etats africains, depuis la premi&egrave;re d&eacute;cennie des ind&eacute;pendances, ont &eacute;chafaud&eacute;&hellip;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_lmt_disableupdate":"","_lmt_disable":"","footnotes":""},"categories":[3810],"tags":[],"class_list":["post-30542","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-archives"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/30542","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=30542"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/30542\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=30542"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=30542"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=30542"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}