{"id":30546,"date":"2011-09-22T12:29:51","date_gmt":"2011-09-22T12:29:51","guid":{"rendered":""},"modified":"2006-01-01T00:00:00","modified_gmt":"2006-01-01T00:00:00","slug":"4367","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/4367\/","title":{"rendered":"Spectacles : Les pas discrets de la danse camerounaise"},"content":{"rendered":"<p>Pr\u00e9sent \u00e0 tous les rendez-vous culturels, politiques et sportifs, cet art manque de visibilit\u00e9. &#8211; <\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><span class=\"13aria\">  <\/p>\n<p>&laquo;Nous  sommes toujours au d&eacute;but et &agrave; la fin des c&eacute;r&eacute;monies. Mais, jamais au  c?ur du d&eacute;bat&raquo;. Ce cri de d&eacute;tresse est d&rsquo;Elise Mballa Meka. La  pr&eacute;sidente de l&rsquo;association Meka, qui organise  depuis une d&eacute;cennie le  festival de danse contemporaine &laquo;Abok i Ngoma&raquo; et promotrice de la  compagnie de danse du m&ecirc;me nom. <br \/>\nPar ailleurs pr&eacute;sidente du conseil  d&rsquo;administration (Pca), Elise Mballa Meka constate que la danse, comme  les autres arts au Cameroun, souffre du mal : le d&eacute;laissement. &laquo;C&rsquo;est  une question hautement politique&raquo;, indique-t-elle, tout en appuyant par  des exemple qui viennent d&rsquo;ailleurs. Notamment en Afrique de l&rsquo;Ouest o&ugrave;  &laquo;un accent est mis sur les ressources humaines. Personne ici ne penser  pas que le d&eacute;veloppement peut passer par la culture. Aux Etats-Unis, la  culture, pr&eacute;cis&eacute;ment le cin&eacute;ma rapporte plus que l&rsquo;automobile&raquo;, dixit  Elise Mballa Meka.<br \/>\nVenant Ntiomo de la compagnie Abiali Percussions  pointe du doigt lespromoteurs culturels,qui d&eacute;aissent ce plan de la  culture ainsi que l&rsquo;influence &eacute;trang&egrave;re. &laquo;Les danses &eacute;trang&egrave;res telles  que le Coup&eacute; d&eacute;cal&eacute; ont gagn&eacute; le coeur des jeunes. On ferait mieux  d&rsquo;instaurer les cours de dans &agrave; l&rsquo;&eacute;cole&raquo;. Son id&eacute;e : permettre au jeunes  de grandir tout en ma&icirc;trisant les danses de leur pays. Mais, surtout,  trouver du travail aux professionnels de la danse. Quant &agrave; la  probl&eacute;matique centrale qui est de savoir o&ugrave; est pass&eacute;e la danse  camerounaise ?<\/p>\n<p>Blaise Etoa Tsinga, observateur averti, tranche  net : &laquo;Elle est l&agrave; et elle vit !&raquo; L&rsquo;ancien responsable au minist&egrave;re de  la Culture et aujourd&rsquo;hui &agrave; Orange Cameroun souligne que, dans tous les  pays, la danse a toujours &eacute;t&eacute; un art particulier. &laquo;Elle ne b&eacute;n&eacute;ficie aps  de la m&ecirc;me m&eacute;diatisation que les autres arts. Mais cela ne signifie pas  qu&rsquo;elle est un art mineur&raquo;, souligne-t-il avant de confier que la  France et l&rsquo;Angleterre ont mis un accent sur cet art en le rendant plus  visible. Au Cameroun, &laquo;on a eu l&rsquo;&egrave;re de gloire avec Liza Ngwa [de  regrett&eacute;e m&eacute;moire], Elise Mballa Meka qui est la gardienne du temple  avec le Nyanga Dance. Cette &eacute;poque de gloire semble de retour  aujourd&rsquo;hui avec deux festivals de danse contemporaine : Abok i Ngoma  d&rsquo;Elise Mballa Meka et Corps &eacute; gestes&raquo;, souligne Blaise Etoa Tsanga,  optimiste. <br \/>\nComment ne pas &ecirc;tre convaincu s&rsquo;il affirme que &laquo;la danse  est peu visibile sur la sc&egrave;ne nationale. Mais, elle est tr&egrave;s visible sur  la sc&egrave;ne internationale&raquo;. Selon lui toujours, de grands noms de la  danse camerounaise se sont expatri&eacute;s. Soit pour enseigner l&rsquo;art  camerounais, soit pour continuer &agrave; offrir leur talents de chor&eacute;graphes,  comme danseurs dans les plus grandes compagnies.<\/p>\n<p><b>Pr&eacute;carit&eacute;<\/b><br \/>\nLe  ballet national du Cameroun, cr&eacute;&eacute; en 1963 dans le cadre de l&rsquo;ensemble  national, et scind&eacute; en 1977 a d&eacute;j&agrave; effectu&eacute; 31 voyages &agrave; travers le  monde. Sa mission &eacute;tant d&rsquo;aller exposer les diff&eacute;rents pas de danses du  patrimoine camerounais &agrave; travers ses quatre grands groupes que sont les  Fang Beti (Centre, Sud, Est), les Grass Field (Ouest, Nord-Ouest), les  Sawa (Littoral, Sud-Ouest) et les Soudano-Sahalien (Nord, Extr&ecirc;me-Nord,  Adamaoua). Mais, faute d&rsquo;un statut de l&rsquo;artiste, la pr&eacute;carit&eacute; a  caract&eacute;ris&eacute; la vie des membres de l&rsquo;Ensemble national, toutes  disciplines confondues. <br \/>\nLe ballet national y compris. Cantonn&eacute;s &agrave; la  cat&eacute;gorie de stagiaires et pay&eacute;s comme pigistes, nombre d&rsquo;entre eux ont  eu du mal &agrave; joindre les deux bouts. M&ecirc;me la carte professionnelle que  leur tutelle leur a promise afin qu&rsquo;ils aient acc&egrave;s &agrave; l&rsquo;assurance  maladie reste une utopie. Elle devait venir r&eacute;soudre plusieurs  probl&egrave;mes. Car, plusieurs fois, des cas de d&eacute;c&egrave;s ont &eacute;t&eacute; enregistr&eacute;s  dans les rangs.<\/p>\n<p>Apr&egrave;s pr&egrave;s de 30 ans d&rsquo;existence, le Ballet  national est entr&eacute; en 2006 dans une phase de renouvellement de ses  effectifs, dans le cadre d&rsquo;un processus de r&eacute;forme entrepris par  Ferdinand L&eacute;opold Oyono, alors ministre d&rsquo;Etat, ministre de la Culture.  Avec le soutien de la coop&eacute;ration chinoise, une s&eacute;rie de quatre tests de  s&eacute;lection a ainsi &eacute;t&eacute; organis&eacute;e d&egrave;s le mois de novembre de cette  ann&eacute;e-l&agrave;, en vue de la mise sur pied d&rsquo;une compagnie de danse nationale  &quot;new look&quot;. Les conditions de travail ne sont pas tr&egrave;s encourageantes  pour les jeunes artistes. Sur le plan artistique, l&rsquo;apport technique de  la Chine laisse des s&eacute;quelles culturelles. <br \/>\n&laquo;Il est vrai que notre  pays doit pr&eacute;server son identit&eacute; culturelle. Mais, nous devons aussi  propulser notre culture &agrave; l&rsquo;&eacute;chelle internationale. Si des Chinoises  viennent nous apprendre des concepts et des techniques de cr&eacute;ation, ce  ne sont pas des concepts et techniques chinois, mais internationaux. La  formation nous a permis d&rsquo;avoir une vision diff&eacute;rente de ce qui &eacute;tait  hier et de ce qui sera demain&raquo;, avait confi&eacute; Verlin Momo, comme une  sonnette d&rsquo;alarme.<\/p>\n<p>Que font alors les autres jeunes danseurs  camerounais, qui ne font pas partie du Ballet national, qui manque  d&rsquo;ailleurs d&rsquo;infrastructure aujourd&rsquo;hui, depuis la fermeture du centre  culturel camerounais ? La plupart s&rsquo;expatrient afin d&rsquo;aller monnayer  leurs talents ailleurs. Lors de la c&eacute;l&eacute;bration des cinquantenaires de  l&rsquo;ind&eacute;pendance et de la r&eacute;unification du Cameroun, la danse  contemporaine &eacute;tait au rendez-vous avec le festival &laquo;Abok i Ngoma&raquo;. Lors  de l&rsquo;&eacute;dition 2010, la promotrice avait organis&eacute; des ateliers de  chor&eacute;graphie et masters class afin d&rsquo;int&eacute;resser davantage le grand  public. <br \/>\nUn colloque s&rsquo;&eacute;tait pench&eacute; sur l&rsquo;apport de la danse dans le  d&eacute;veloppement du Cameroun. Il fallait alors &laquo;&eacute;laborer une strat&eacute;gie pour  un repositionnement de cette profession dans les domaines &eacute;conomiques,  sociaux et professionnels&raquo;, avait indiqu&eacute; Elise Mballa Meka. D&rsquo;ailleurs,  l&rsquo;association qui porte son nom a pour objectifs, entre autres, de  faire de la danse un outil de d&eacute;veloppement &eacute;conomique et socioculturel,  de d&eacute;velopper les activit&eacute;s touristiques, d&rsquo;entretenir la sensibilit&eacute;  du public &agrave; l&rsquo;art et de mobiliser les populations et susciter leur  int&eacute;r&ecirc;t pour la danse.<\/p>\n<p>L&rsquo;on d&eacute;montre une dizaine de compagnies de  danse &laquo;professionnelles&raquo; dans la ville de Yaound&eacute;. En ce qui concerne  la compagnie Abiali Percussions, le groupe compos&eacute; de 21  percussionnistes en 2004 n&rsquo;en compte plus que 7. &laquo;Une aventure est  difficile &agrave; g&eacute;rer. Il y a beaucoup d&rsquo;humeurs &agrave; mettre en musique. A la  fin, c&rsquo;est le noyau dur, constitu&eacute; de ceux qui ont cru, qui reste&raquo;,  explique Venant Ntiomo, le leader du groupe. <br \/>\nOutre les multiples  prestations dans la ville de Yaound&eacute;, o&ugrave; ils vivent, les  percussionnistes d&rsquo;Abiali se sont d&eacute;j&agrave; produits sur plusieurs sc&egrave;nes &agrave;  l&rsquo;instar du Festival national des arts et de la culture (Fenac) de 2008 &agrave;  Maroua, o&ugrave; ils remport&egrave;rent la m&eacute;daille d&rsquo;or des musiques  traditionnelles, un concert &agrave; Paris en France en juin dernier, un autre &agrave;  Marseille en janvier 2011 avant le spectacle du Centre culturel  fran&ccedil;ais de Yaound&eacute; r&eacute;cemment. L&rsquo;on comprend alors le cri de c?ur de  Venant Ntiomo : &laquo;Que les promoteurs culturels organisent des spectacles.  M&ecirc;me en plein air, afin d&rsquo;int&eacute;resser le grand public&raquo;.<\/p>\n<p><i>Justin Blaise Akono<\/i> <\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Pr\u00e9sent \u00e0 tous les rendez-vous culturels, politiques et sportifs, cet art manque de visibilit\u00e9. &#8211; &nbsp; &laquo;Nous sommes toujours au d&eacute;but et&hellip;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_lmt_disableupdate":"","_lmt_disable":"","footnotes":""},"categories":[3810],"tags":[],"class_list":["post-30546","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-archives"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/30546","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=30546"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/30546\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=30546"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=30546"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=30546"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}