{"id":30554,"date":"2011-09-22T13:23:51","date_gmt":"2011-09-22T13:23:51","guid":{"rendered":""},"modified":"2006-01-01T00:00:00","modified_gmt":"2006-01-01T00:00:00","slug":"4375","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/4375\/","title":{"rendered":"Et revoici L\u00e9onora Miano"},"content":{"rendered":"<p>Roman. \u00ab Ces \u00e2mes chagrines \u00bb, le nouveau livre de la Camerounaise, \u00e0 travers l\u2019histoire d\u2019une famille d\u00e9chir\u00e9e, invite les jeunes Africains \u00e0 croire en leur continent. &#8211; <\/p>\n<div style=\"text-align: justify; \" id=\"cke_pastebin\"><em><strong><br \/>\n<\/strong><\/em><\/div>\n<div style=\"text-align: justify; \">&nbsp;<\/div>\n<div style=\"text-align: justify; \" id=\"cke_pastebin\">Ce livre, on l&rsquo;aime tout de suite. Cette mani&egrave;re que L&eacute;onora Miano a de  raconter les gens, leurs desseins, leurs blessures, leurs secrets&hellip;  Cette mani&egrave;re que L&eacute;onora Miano a de scruter son Afrique et son Europe,  continents et cultures d&rsquo;appartenance.&nbsp;<\/div>\n<div style=\"text-align: justify; \" id=\"cke_pastebin\">Et dont &laquo; Ces &acirc;mes chagrines &raquo; rappele les liens &agrave; travers une histoire comme seule la jeune &eacute;crivaine sait en imaginer.<\/div>\n<div style=\"text-align: justify; \">&nbsp;<\/div>\n<div style=\"text-align: justify; \" id=\"cke_pastebin\">Antoine Kingue, c&rsquo;est un jeune homme franchement pas sympathique qui  vit en Europe et y est n&eacute;. Avec, pas loin, sa m&egrave;re et un demi-fr&egrave;re. On  ne peut pas dire qu&rsquo;il les aime. Jeune, sa m&egrave;re, Thamar, a refait sa vie  et &eacute;loign&eacute; Antoine devenu encombrant. Le renvoyant m&ecirc;me, &agrave; l&rsquo;occasion,  au pays, le Mboasu, aux bons soins de Modi, la grand-m&egrave;re du petit.  Thamar avait d&eacute;j&agrave; eu deux enfants. A qui Antoine ne pardonne pas d&rsquo;avoir  eu ce que lui n&rsquo;aura jamais eu. &laquo; Ils avaient toujours eu quelqu&rsquo;un &agrave;  qui parler. Quelqu&rsquo;un pour les d&eacute;fendre. Quelqu&rsquo;un pour s&eacute;cher leurs  larmes, &eacute;loigner leurs frayeurs enfantines&hellip; Quelqu&rsquo;un &nbsp;pour les ancrer  dans une terre, leur donnant ainsi ces ailes qui s&rsquo;accrochent dans la  t&ecirc;te, qui permettent de s&rsquo;&eacute;lever. Quelqu&rsquo;un pour leur dire d&rsquo;o&ugrave; ils  venaient, o&ugrave; ils pouvaient esp&eacute;rer aller &raquo;.&nbsp;<\/div>\n<div style=\"text-align: justify; \">&nbsp;<\/div>\n<div style=\"text-align: justify; \" id=\"cke_pastebin\">Voil&agrave; ce qui a manqu&eacute; &agrave; Snow, l&rsquo;autre nom d&rsquo;Antoine, et fait de lui cet  &ecirc;tre si froidement superficiel, haineux et rancunier qui ne con&ccedil;oit  alors la famille que par le prisme de la vengeance. Tape &agrave; l&rsquo;&oelig;il,  m&eacute;trosexuel et r&ecirc;veur, Antoine ira jusqu&rsquo;&agrave; pr&eacute;lever la moiti&eacute; du salaire  de son fr&egrave;re oblig&eacute; de travailler en France avec ses papiers ! &Ccedil;a ne  durera pas puisqu&rsquo;un jour, Thamar et Maxime rentrent au pays. Antoine,  le &laquo; muna mukala &raquo;, le petit Blanc de l&rsquo;&eacute;poque, ne sait plus quoi faire  pour donner un nouveau sens &agrave; sa vie. L&rsquo;histoire, comme il en existe  dans bien des familles o&ugrave; personne ne sait toujours d&rsquo;o&ugrave; viennent ces  ranc&oelig;urs visc&eacute;rales et ataviques, est riche de plus d&rsquo;un int&eacute;r&ecirc;t. Et  r&eacute;v&egrave;le assur&eacute;ment le talent de L&eacute;onora Miano.&nbsp;<\/div>\n<div style=\"text-align: justify; \">&nbsp;<\/div>\n<div style=\"text-align: justify; \" id=\"cke_pastebin\">Au-del&agrave; de ce qui d&eacute;chire les Kingue, &laquo; Ces &acirc;mes chagrines &raquo;  s&rsquo;adresserait bien &agrave; la jeunesse africaine en particulier. C&rsquo;est un  clich&eacute; de la vie des Africains de France notamment et de leur relation  au continent souche. Les th&eacute;matiques qu&rsquo;embrassent de plus en plus les  noms de la litt&eacute;rature africaine de la diaspora, tels Mabanckou, Diome  ou Beyala, qui chroniquent un Occident vu comme l&rsquo;eldorado auquel on  s&rsquo;accroche &agrave; tous les prix, comme si &laquo; le Continent &eacute;tait une vaste  benne &agrave; ordures, un immense d&eacute;potoir, un lieu cr&eacute;&eacute; pour la consomption  des &acirc;mes damn&eacute;es, le tombeau de l&rsquo;humanit&eacute; &raquo;. C&rsquo;est pourtant l&agrave;-bas que  retourne Maxime qui fait remarquer que &laquo; ces pays qu&rsquo;on disait instables  n&rsquo;avaient que quelques d&eacute;cennies de vie. Le Nord lui-m&ecirc;me n&rsquo;&eacute;tait en  paix que depuis soixante ans, apr&egrave;s des si&egrave;cles de carnage absolu,  personne ne prenait la peine de le relever &raquo;. Et la vie sur le  continent, &agrave; voir comme Modi se bat pour &eacute;lever ses petits-enfants,  n&rsquo;est &laquo; pas clinquante, mais pas humiliante non plus &raquo;.&nbsp;<\/div>\n<div style=\"text-align: justify; \">&nbsp;<\/div>\n<div style=\"text-align: justify; \" id=\"cke_pastebin\">Comme &eacute;crit avec la na&iuml;vet&eacute; de l&rsquo;enfance, le sixi&egrave;me roman du prix  Goncourt des lyc&eacute;ens 2006 met au grand jour les questionnements et les  r&ecirc;ves de la jeune fille que L&eacute;oonora Miano a &eacute;t&eacute;, en qu&ecirc;te permanente de  v&eacute;rit&eacute; et de restitution des pass&eacute;s. Il est truff&eacute; de nombreux  souvenirs livr&eacute;s avec g&eacute;n&eacute;rosit&eacute; et tendresse &agrave; travers un panorama de  la g&eacute;ographie, de l&rsquo;histoire et de la culture d&rsquo;un pays qui ressemble  &eacute;trangement au Cameroun. Avec cette plume juste qui d&eacute;teste le superflu,  taquine l&rsquo;humour, &eacute;dulcore la gravit&eacute;, et offre, au milieu de cette  langue fran&ccedil;aise orthodoxe, une tribune au parler du Mboasu.&nbsp;<\/div>\n<div style=\"text-align: justify; \">&nbsp;<\/div>\n<div style=\"text-align: right; \" id=\"cke_pastebin\"><em>St&eacute;phane Tchakam<\/em><\/div>\n<div style=\"text-align: justify; \" id=\"cke_pastebin\">&nbsp;<\/div>\n<div style=\"text-align: center; \" id=\"cke_pastebin\">L&eacute;onora Miano,<\/div>\n<div style=\"text-align: center; \"><strong>&laquo; Ces &acirc;mes chagrines &raquo;, <\/strong><\/div>\n<div style=\"text-align: center; \">Paris,<\/div>\n<div style=\"text-align: center; \">Plon,<\/div>\n<div style=\"text-align: center; \">ao&ucirc;t 2011, 281 pages.<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Roman. \u00ab Ces \u00e2mes chagrines \u00bb, le nouveau livre de la Camerounaise, \u00e0 travers l\u2019histoire d\u2019une famille d\u00e9chir\u00e9e, invite les jeunes Africains&hellip;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_lmt_disableupdate":"","_lmt_disable":"","footnotes":""},"categories":[3810],"tags":[],"class_list":["post-30554","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-archives"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/30554","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=30554"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/30554\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=30554"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=30554"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=30554"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}