{"id":31434,"date":"2008-03-09T22:33:30","date_gmt":"2008-03-09T22:33:30","guid":{"rendered":""},"modified":"2006-01-01T00:00:00","modified_gmt":"2006-01-01T00:00:00","slug":"854","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/854\/","title":{"rendered":"Un discours anticonstitutionnel et terroriste"},"content":{"rendered":"<p align=\"left\" class=\"titre3\" style=\"font-weight: bold;\"> <span><\/p>\n<p> \t\t D&eacute;claration des forces vives du Mfoundi<br \/>Un discours anticonstitutionnel et terroriste<\/span> <\/p>\n<p class=\"style23\">L&rsquo;appel &agrave; la guerre des &eacute;lites du d&eacute;partement du Mfoundi contre &ldquo;tous les pr&eacute;dateurs venus d&rsquo;ailleurs&rdquo; somm&eacute;s &ldquo; de quitter rapidement et d&eacute;finitivement &rdquo; leur sol continue de d&eacute;frayer la chronique. Nous mettons en exergue le caract&egrave;re terroriste et anticonstitutionnel de la d&eacute;claration concern&eacute;e. <\/p>\n<p>Un texte qui aurait pu passer inaper&ccedil;u dans le quotidien gouvernemental du lundi 3 mars 2008 si le ton v&eacute;ritablement belliqueux et la port&eacute;e consid&eacute;rable n&rsquo;avaient &eacute;t&eacute; aussi poignants. Depuis plusieurs jours, Cameroon Tribune publie pourtant de nombreux messages, appels, mises en garde et d&eacute;clarations condamnant les violences et le d&eacute;sordre ayant paralys&eacute; l&rsquo;activit&eacute; nationale la semaine de la gr&egrave;ve des syndicats de transporteurs. Il se trouve que la d&eacute;claration des forces vives du Mfoundi, sign&eacute;e par une trentaine de personnalit&eacute;s dont des ministres actuels et anciens, le d&eacute;l&eacute;gu&eacute; du gouvernement aupr&egrave;s de la Communaut&eacute; urbaine de Yaound&eacute;, des maires actuels et anciens, autres &eacute;lus locaux et &eacute;lites dudit d&eacute;partement, est all&eacute;e trop loin. Non seulement dans le d&eacute;sir affich&eacute; de se faire justice, mais surtout dans la stigmatisation et l&rsquo;appel &agrave; la guerre ou au g&eacute;nocide d&rsquo;autres communaut&eacute;s de la nation non originaires du Mfoundi. <br \/> Voici un des extraits de la d&eacute;claration des forces vives du Mfoundi : &ldquo; A la suite du chef de l&rsquo;Etat, nous avertissons clairement et fermement tous ceux qui seraient tent&eacute;s de r&eacute;&eacute;diter chez nous les actes de vandalisme perp&eacute;tr&eacute;s au cours de la semaine qui s&rsquo;ach&egrave;ve, qu&rsquo;il est temps de changer leurs projets. (&hellip;) Le d&eacute;sordre ne passera point par le Mfoundi, d&rsquo;o&ugrave; qu&rsquo;il vienne. Nous lui barrerons la voie sans h&eacute;sitation, et par tous les moyens, aussi que l&rsquo;ont su faire nos p&egrave;res, en des circonstances identiques &rdquo;. Un tel avertissement qui se termine par la menace de l&rsquo;usage de tous les moyens est-il normal dans un Etat de droit ? L&rsquo;expression &ldquo; par tous les moyens &rdquo; utilis&eacute;e par un groupe d&rsquo;individus dans une soci&eacute;t&eacute; o&ugrave; les institutions fonctionnent ne constitue-t-elle pas un aveu d&rsquo;entretien ou de collaboration avec des milices priv&eacute;es en pleine capitale ? Comment ne pas s&rsquo;interroger sur les motivations r&eacute;elles des pr&eacute;tendues &ldquo; forces vives du Mfoundi &rdquo; qui d&eacute;clarent par ailleurs la chasse &agrave; l&rsquo;homme aux compatriotes qui ne seraient pas autochtones de ce terroir ? <br \/> Il faut bien lire et relire cet autre extrait de ladite d&eacute;claration. &ldquo; En outre, nous invitons fermement tous les pr&eacute;dateurs venus d&rsquo;ailleurs, de quitter rapidement et d&eacute;finitivement notre sol. Car, ils n&rsquo;y seront plus jamais en s&eacute;curit&eacute;. Qu&rsquo;ils disent &agrave; leurs commettants que les forces vives du Mfoundi ont de nouveau rev&ecirc;tu la tenue du combat de leurs anc&ecirc;tres. Lesquels ont longtemps r&eacute;sist&eacute; &agrave; la p&eacute;n&eacute;tration europ&eacute;enne (&hellip;) &rdquo;.<\/p>\n<p> Des disciples d&rsquo;Oussama Ben Laden<br \/> A l&rsquo;image d&rsquo;Oussama Ben Laden, le terroriste le plus recherch&eacute; de la plan&egrave;te, qui avait promis que &ldquo; Les Etats-Unis ne seront plus jamais en s&eacute;curit&eacute; &rdquo; au lendemain des &eacute;v&eacute;nements tragiques du 11 septembre 2001, &agrave; New-York, les forces vives du Mfoundi sont d&eacute;termin&eacute;es &agrave; en finir vraisemblablement avec les allog&egrave;nes. Ceux qui sont d&eacute;sign&eacute;s comme &ldquo; pr&eacute;dateurs venus d&rsquo;ailleurs &rdquo; et qui sont somm&eacute;s &ldquo; de quitter imm&eacute;diatement et d&eacute;finitivement &rdquo; leur &ldquo; sol &rdquo; ne peuvent pas, dans leur logique, se pr&eacute;valoir de l&rsquo;appellation de fils, filles, &eacute;lites, notables, chefs traditionnels et forces vives du Mfoundi. On peut s&rsquo;interroger sur la notion de &ldquo; pr&eacute;dateurs &rdquo; et se demander en quoi et comment s&rsquo;est organis&eacute;e la pr&eacute;dation dont parlent ces &eacute;lites du Mfoundi. <br \/> De m&ecirc;me, la tenue de combat de leurs anc&ecirc;tres qu&rsquo;elles &ldquo; ont de nouveau rev&ecirc;tu &rdquo; leur permettra-t-elle d&rsquo;&eacute;voluer vers la civilisation ou de retourner dans la barbarie ? Comme on peut le deviner, les forces vives du Mfoundi consid&egrave;rent comme &eacute;trangers tous les Camerounais &ldquo; venus d&rsquo;ailleurs &rdquo; et install&eacute;s sur leur sol. Tout se passe comme si certains Camerounais cessaient d&rsquo;&ecirc;tre chez eux au Cameroun d&egrave;s lors qu&rsquo;ils se retrouvent sur des terres camerounaises &eacute;loign&eacute;es du village de leurs anc&ecirc;tres. Une mani&egrave;re de voir les choses en contradiction totale avec les efforts men&eacute;s par l&rsquo;ancien pr&eacute;sident Ahmadou Ahidjo pour r&eacute;aliser l&rsquo;unit&eacute; nationale. Ainsi qu&rsquo;un coup de poignard contre l&rsquo;int&eacute;gration nationale pr&ocirc;n&eacute;e depuis 1982 par le pr&eacute;sident Paul Biya. Lequel a affirm&eacute; et r&eacute;affirm&eacute; que tous les Camerounais devaient se sentir chez eux partout au Cameroun. Mieux, Paul Biya a souvent dit qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas de Camerounais &agrave; part enti&egrave;re et de Camerounais enti&egrave;rement &agrave; part. La constitution du 18 janvier 1996 proclame solennellement que le peuple camerounais constitue une seule et m&ecirc;me nation engag&eacute;e dans le m&ecirc;me destin.<\/p>\n<p> Des droits constitutionnels bafou&eacute;s<br \/> La d&eacute;claration des forces vives du Mfoundi se moque et outrage des droits inali&eacute;nables et sacr&eacute;s de l&rsquo;&ecirc;tre humain reconnu par la constitution. Comment comprendre que des citoyens tout de go d&eacute;clarent &ldquo; qu&rsquo;il soit entendu que d&eacute;sormais, nous r&eacute;pondrons aux coups par coups. A partir de maintenant, &oelig;il pour &oelig;il, dent pour dent &rdquo; ? Le Cameroun est-il un pays o&ugrave; r&egrave;gne l&rsquo;anarchie ? Signataire de ladite d&eacute;claration Gilbert Tsimi Evouna, d&eacute;l&eacute;gu&eacute; du gouvernement aupr&egrave;s de la Communaut&eacute; urbaine de Yaound&eacute;, a tent&eacute;, d&egrave;s le lendemain de la publication du br&ucirc;lot, de mettre un b&eacute;mol sur la d&eacute;claration dans une mise au point : &ldquo; Tout en d&eacute;plorant le ton quelque peu belliqueux de ladite d&eacute;claration, le d&eacute;l&eacute;gu&eacute; du gouvernement tient &agrave; rassurer toutes les populations de la cit&eacute; capitale, ind&eacute;pendamment de leur appartenance ethnique, politique ou religieuse, qu&rsquo;elles sont chez elles &agrave; Yaound&eacute;. Et comme telles, elles ont l&rsquo;imp&eacute;rieux devoir de veiller &ndash; chacun &agrave; son niveau et selon ses moyens -, au m&ecirc;me titre que les familles autochtones, sur les biens et la s&eacute;curit&eacute; de la ville qui les h&eacute;berge &rdquo; (Cf. Cameroon Tribune n&deg;9050 du mardi 04 mars 2008). <br \/> Cette mise au point de M. Tsimi Evouna n&rsquo;&eacute;teint cependant pas l&rsquo;appel &agrave; la guerre et le feu qui br&ucirc;le d&eacute;sormais dans le sentiment d&rsquo;ins&eacute;curit&eacute; et le climat de terreur n&eacute;s de la publication de la d&eacute;claration des forces vives du Mfoundi ne sont pas apais&eacute;s. Pis, des droits constitutionnels sont bafou&eacute;s. En particulier les droits et libert&eacute;s suivants qui figurent dans le pr&eacute;ambule de la constitution : la libert&eacute; et la s&eacute;curit&eacute; sont garanties &agrave; chaque individu dans le respect des droits d&rsquo;autrui et de l&rsquo;int&eacute;r&ecirc;t sup&eacute;rieur de l&rsquo;Etat. Tout homme a le droit de se fixer en tout lieu et de se d&eacute;placer librement, sous r&eacute;serve des prescriptions l&eacute;gales relatives &agrave; l&rsquo;ordre, &agrave; la s&eacute;curit&eacute; et &agrave; la tranquillit&eacute; publique. Nul ne peut &ecirc;tre contraint de faire ce que la loi n&rsquo;ordonne pas. Nul ne peut &ecirc;tre inqui&eacute;t&eacute; en raison de ses origines, de ses opinions ou croyances en mati&egrave;res religieuse, philosophique ou politique, sous r&eacute;serve du respect de l&rsquo;ordre public et des bonnes m&oelig;urs. La libert&eacute; de communication, la libert&eacute; d&rsquo;association, la libert&eacute; syndicale et le droit de gr&egrave;ve sont garantis dans les conditions fix&eacute;es par la loi. La propri&eacute;t&eacute; est le droit d&rsquo;user de jouir et de disposer des biens garantis &agrave; chacun par la loi. Nul ne saurait en &ecirc;tre priv&eacute; si ce n&rsquo;est pour cause d&rsquo;utilit&eacute; publique et sous la condition d&rsquo;une indemnisation. Tous les citoyens contribuent &agrave; la d&eacute;fense de la patrie, etc.<\/p>\n<p> Edmond Kamguia K.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>D&eacute;claration des forces vives du MfoundiUn discours anticonstitutionnel et terroriste L&rsquo;appel &agrave; la guerre des &eacute;lites du d&eacute;partement du Mfoundi contre &ldquo;tous&hellip;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_lmt_disableupdate":"","_lmt_disable":"","footnotes":""},"categories":[3810],"tags":[],"class_list":["post-31434","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-archives"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/31434","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=31434"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/31434\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=31434"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=31434"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=31434"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}