{"id":31651,"date":"2008-05-01T13:24:46","date_gmt":"2008-05-01T13:24:46","guid":{"rendered":""},"modified":"2006-01-01T00:00:00","modified_gmt":"2006-01-01T00:00:00","slug":"1093","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/1093\/","title":{"rendered":"Pr\u00e8s de 90% de Camerounais au noir"},"content":{"rendered":"<p class=\"surtitre\">\n<p><span class=\"surtitre\"><a class=\"titre\"> <\/a><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\" class=\"texte\"><span class=\"Style3\"><span class=\"Style32 Style43\"><em>  Dans le syst&egrave;me actuel, de nombreux employ&eacute;s sont maintenus dans l&rsquo;ill&eacute;galit&eacute;, m&ecirc;me par  l&rsquo;Etat.  <\/em><\/span><\/p>\n<p> Les Camerounais n&rsquo;ont v&eacute;ritablement pris conscience de la notion de &laquo; travail au noir &raquo; que depuis la m&eacute;diatisation des souffrances de leurs compatriotes &agrave; la recherche de l&rsquo;Eldorado en Europe il y a quelques ann&eacute;es. Travailler au noir au-del&agrave; de l&rsquo;Oc&eacute;an signifie ne pas avoir de carte de s&eacute;jour et de travail, ainsi que les documents attestant d&rsquo;une certaine protection sociale. <br \/> Ici au Cameroun, les employ&eacute;s g&eacute;n&eacute;ralement consid&eacute;r&eacute;s comme travaillant au noir seraient des non Camerounais exer&ccedil;ant pour des m&eacute;nages ou des soci&eacute;t&eacute;s, recrut&eacute;s au m&eacute;pris de la r&eacute;glementation en vigueur. &laquo; Mais ils sont peu nombreux ceux-l&agrave;, et ne p&egrave;sent d&rsquo;aucun poids dans la masse des employ&eacute;s au Cameroun &raquo;, explique M. Nguemnang, sp&eacute;cialiste du droit du travail. <br \/> Pour lui, dans le contexte camerounais, les travailleurs au noir sont ceux qui ne sont pas affili&eacute;s &agrave; la Caisse nationale de pr&eacute;voyance sociale (Cnps), donc ne peuvent b&eacute;n&eacute;ficier de la s&eacute;curit&eacute; sociale. Il s&rsquo;agit l&agrave; de ceux qui travaillent et touchent un salaire r&eacute;guli&egrave;rement, mais qui, pour une raison ou une autre, ne b&eacute;n&eacute;ficient pas des prestations de la Cnps. <\/p>\n<p> <strong>Le priv&eacute; champion                  du travail au noir<\/strong><br \/> Plus de 90% de la population active travaille ainsi au noir, selon M. Nguemnang. Les employ&eacute;s du secteur priv&eacute; sont les plus touch&eacute;s. Dans son r&eacute;cent ouvrage, Louis Paul Motaz&eacute;, ancien directeur g&eacute;n&eacute;ral de la Cnps, indique que 82,5%, soit environ 4 millions d&rsquo;employ&eacute;s du secteur priv&eacute;, ne jouissent pas de la s&eacute;curit&eacute; sociale au Cameroun. Toutes les entreprises sont interpell&eacute;es ici. Les m&eacute;thodes des employeurs sont connus : interminables engagements &agrave; l&rsquo;essai, contrat renouvelable apr&egrave;s chaque ann&eacute;e, recrutement comme temporaire, non versement des cotisations sociales pourtant retenues, etc. Il s&rsquo;agit l&agrave; des cas de ceux qui exercent dans des soci&eacute;t&eacute;s reconnues comme telles. <br \/> Une bonne partie des travailleurs exercent dans les m&eacute;nages comme boys, gardiens, m&eacute;nag&egrave;re, berceurs, etc. Ils n&rsquo;ont aucun contrat de travail &eacute;crit et re&ccedil;oivent leurs salaires directement des mains du patron, parfois sans fiche d&rsquo;&eacute;margement. Indemnisation pour cause de maladie ? Conna&icirc;t pas. Compensation pour accident de travail ? Une croix dessus. Avec un salaire d&eacute;risoire unilat&eacute;ralement fix&eacute; par l&rsquo;employeur &ndash; en de&ccedil;&agrave; du salaire minimum interprofessionnel garanti &ndash; ils arrivent difficilement &agrave; joindre les deux bouts. Pour eux, travailler signifie &laquo; fuir la maison &raquo;. On le voit, le secteur priv&eacute; est champion dans ce ph&eacute;nom&egrave;ne. Mais le travail au noir n&rsquo;est pas une r&eacute;alit&eacute; propre aux entreprises priv&eacute;es. <\/p>\n<p> <strong>La caution et les                    encouragements de l&rsquo;Etat <\/strong><br \/> En plus de le cautionner dans le priv&eacute;, l&rsquo;Etat camerounais semble promouvoir le travail au noir dans les administrations publiques. Dans l&rsquo;enseignement par exemple, les instituteurs vacataires et les enseignements pay&eacute;s par les Associations de parents d&rsquo;&eacute;l&egrave;ves (Ape) &eacute;taient dans cette situation avant le processus de leur contractualisation dans la fonction publique. De m&ecirc;me, dans les h&ocirc;pitaux publics, il s&rsquo;est d&eacute;velopp&eacute; une race d&rsquo;infirmiers, les b&eacute;n&eacute;voles, qui ne sont pas officiellement reconnus comme travailleurs par l&rsquo;Etat mais qui exercent aux c&ocirc;t&eacute;s de fonctionnaires et autres agents de l&rsquo;Etat. <br \/> Dans presque tous les minist&egrave;res (services centraux et ext&eacute;rieurs compris), le personnel dit temporaire est dans la m&ecirc;me situation. L&rsquo;exp&eacute;rience du minist&egrave;re des Finances avec les temporaires recrut&eacute;s en masse aux Imp&ocirc;ts est &eacute;difiante &agrave; ce sujet. On comprend pourquoi lors du conseil minist&eacute;riel du 07 mars dernier, le pr&eacute;sident de la R&eacute;publique a &eacute;voqu&eacute; la question et demand&eacute; aux diff&eacute;rents d&eacute;partements minist&eacute;riels d&rsquo;engager au plus vite la r&eacute;gularisation de leur situation de travailleurs. Ce n&rsquo;est pas la premi&egrave;re fois que de telles instructions sont donn&eacute;es. Mais &agrave; chaque fois, on se retrouve dans la m&ecirc;me situation quelques mois apr&egrave;s : des milliers de jeunes en situation de travail irr&eacute;guli&egrave;re dans les administrations publiques.<\/p>\n<p> <strong> Une politique de                  l&rsquo;emploi paralytique<\/strong><br \/> Le gouvernement a souvent expliqu&eacute; le recrutement massif des temporaires pour satisfaire ses besoins d&rsquo;une part par les restrictions budg&eacute;taires dues &agrave; la crise &eacute;conomique, et d&rsquo;autre part par la pression du ch&ocirc;mage des jeunes et les risques d&rsquo;implosion sociale. Mais de nombreux jeunes pensent que la situation perdure par le fait que le gouvernement ne se soucie que tr&egrave;s peu des moyens de d&eacute;veloppement et de s&eacute;curisation des emplois, malgr&eacute; la cr&eacute;ation d&rsquo;un minist&egrave;re de l&rsquo;Emploi et d&rsquo;un Fonds national de l&rsquo;emploi. La mise sur pied d&rsquo;un certain nombre de projets au minist&egrave;re de la Jeunesse visant &agrave; promouvoir l&rsquo;auto emploi (le Piassi, le Pajer-U, etc.) pourra-t-elle permettre de r&eacute;soudre le probl&egrave;me de l&rsquo;emploi et de prendre en compte l&rsquo;exigence d&rsquo;affiliation &agrave; la Cnps pour sortir du noir les jeunes qui s&rsquo;auto emploient et cr&eacute;ent des emplois ?<br \/> Dans le secteur priv&eacute;, les raisons souvent &eacute;voqu&eacute;es par les patrons pour maintenir les employ&eacute;s dans le noir, ont trait aux charges fiscales. La part patronale &agrave; payer &agrave; la Cnps, plus de 14%, leur para&icirc;t exorbitante. Par ailleurs, il existe m&ecirc;me des employ&eacute;s qui refusent de se faire immatriculer &agrave; la Cnps, parce que leur salaire est modique : &laquo; Je gagne m&ecirc;me combien, pour que l&rsquo;on coupe l&rsquo;autre pour reverser &agrave; la caisse ?&raquo;, les entend-on souvent dire. <br \/> Apr&egrave;s les &eacute;tats g&eacute;n&eacute;raux de l&rsquo;emploi, il faudra probablement faire les &eacute;tats g&eacute;n&eacute;raux du travail et de la pr&eacute;voyance sociale afin de d&eacute;finir une strat&eacute;gie nationale pour sortir le Cameroun du travail au noir. Mais dans l&rsquo;imm&eacute;diat, le gouvernement devrait r&eacute;gulariser la situation de ses temporaires et utiliser des moyens c&oelig;rcitifs pour mettre les entreprises au pas de la s&eacute;curit&eacute; sociale. Les syndicats, dans cette dynamique, devraient jouer un r&ocirc;le important. Car il est une constante dans les rapports de pouvoirs, c&rsquo;est que le gouvernement pr&eacute;f&egrave;re que cette situation perdure parce qu&rsquo;il est plus facile de manipuler et de dominer un peuple affam&eacute; que des habitants &eacute;quilibr&eacute;s en raison de ce que leurs conditions de vie et de travail se sont am&eacute;lior&eacute;es.<\/span>&nbsp;<\/p>\n<p class=\"author\">Par  Franck ESSOMBA et Roland TSAPI  <br \/> Le 30-04-2008<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Dans le syst&egrave;me actuel, de nombreux employ&eacute;s sont maintenus dans l&rsquo;ill&eacute;galit&eacute;, m&ecirc;me par l&rsquo;Etat. 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