{"id":31945,"date":"2008-10-06T10:58:34","date_gmt":"2008-10-06T10:58:34","guid":{"rendered":""},"modified":"2006-01-01T00:00:00","modified_gmt":"2006-01-01T00:00:00","slug":"1503","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/1503\/","title":{"rendered":"Non au revanchisme politico ethnique sous le pr\u00e9texte de l\u2019opposition \u00e0 la pens\u00e9e unique"},"content":{"rendered":"<p class=\"surtitre\">  <span style=\"font-weight: bold;\">Dialogue avec Achille Mballa <\/span><\/p>\n<p><span class=\"surtitre\"><a class=\"titre\">  <\/a><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\" class=\"texte\"><span class=\"Style3\"><span class=\"Style32 Style43\"><em>  <\/em><\/span><\/p>\n<p>  \t\t\t\t\t\t\t\tMon tr&egrave;s cher compatriote, <br \/> c&rsquo;est avec beaucoup d&rsquo;int&eacute;r&ecirc;t et d&rsquo;admiration que j&rsquo;ai lu, dans l&rsquo;&eacute;dition du 26 septembre 2008 du quotidien Le messager, ta r&eacute;flexion que tu voudrais sublime, concernant la sortie m&eacute;diatique de monsieur Yves Michel Fotso, Vice-pr&eacute;sident du Groupe Fotso, dont l&rsquo;implication, &agrave; un titre ou &agrave; un autre, dans quelques affaires, fait l&rsquo;objet des enqu&ecirc;tes dans le cadre de l&rsquo;op&eacute;ration Epervier.<br \/> Je tiens franchement &agrave; te f&eacute;liciter, pour cette capacit&eacute; &agrave; dompter l&rsquo;histoire de l&rsquo;Europe, particuli&egrave;rement tous ces versets philosophiques et litt&eacute;raires, qui donnent de la consistance et prouvent la constance voire le s&eacute;rieux de la formation. La tienne, &agrave; en juger par la densit&eacute; des r&eacute;f&eacute;rences, des symboles &eacute;tal&eacute;s, et des dogmes, m&eacute;rite d&rsquo;&ecirc;tre salu&eacute;e &agrave; ses justes m&eacute;rites. Bien que je sois libre de juger de l&rsquo;utilit&eacute; de faire appel &agrave; tant de le&ccedil;ons lointaines et de d&eacute;monstrations puis&eacute;es des autres civilisations, pour expliquer &agrave; l&rsquo;Africain au Sud du Sahara pourquoi il a la peau noire, je conviens honn&ecirc;tement qu&rsquo;il faut &ecirc;tre d&rsquo;une r&eacute;elle brillance intellectuelle pour se situer &agrave; ton niveau.<br \/> F&eacute;licitations donc, et surtout merci.<br \/> Je dois d&rsquo;abord fixer le contexte de ma r&eacute;action, et le cadre de ce que je veux pr&eacute;senter comme une contribution et non une pol&eacute;mique, encore moins un combat de bonnes t&ecirc;tes en qu&ecirc;te de fanatiques aupr&egrave;s du peuple. <br \/> Lorsque j&rsquo;ai termin&eacute; la lecture de ton texte, je me suis senti un peu mal, mais j&rsquo;ai vite repris courage. En fait, je continue de craindre les &eacute;pith&egrave;tes qui nous ont jou&eacute; un si mauvais tour pendant les ann&eacute;es de braise, et divis&eacute; profond&eacute;ment la gente instruite de notre triangle. Je viens d&rsquo;ailleurs de commettre &agrave; l&rsquo;Harmattan, un livre dont le titre, autopsie de la d&eacute;cr&eacute;pitude de l&rsquo;intelligentsia camerounaise, retrace l&rsquo;histoire de cette &eacute;pop&eacute;e qui malheureusement continue de causer un tort immense &agrave; la g&eacute;n&eacute;ration.<br \/> Je te prie vraiment, de me consid&eacute;rer comme le plus commun des citoyens et de ne point tenir compte de tous les noms de vedette, de provocateur, d&rsquo;agitateur, de d&eacute;fenseur de l&rsquo;ethnie, d&rsquo;opposant, ou d&rsquo;&eacute;ternel r&eacute;volt&eacute; que quelques-uns se sont empress&eacute;s d&rsquo;imprimer sur mon identit&eacute; publique. Je suis ton fr&egrave;re, citoyen concern&eacute; et constern&eacute; par la marche de notre pays depuis ma tendre enfance. Nous vivons donc tous un drame d&rsquo;orientation qui finit par installer l&rsquo;obscurit&eacute; dans la projection de notre destin, en ruinant au passage toutes nos valeurs les plus imm&eacute;diates et les plus collectives. C&rsquo;est donc normal que l&rsquo;op&eacute;ration Epervier soit v&eacute;cue, comme une perche que l&rsquo;on pourrait ou devrait saisir pour toutes sortes de r&eacute;parations, d&rsquo;agitations aussi.<br \/> Simplement, c&rsquo;est dans les moments d&rsquo;unanimisme de nature &agrave; fonder des croyances absolutistes, ce que tu d&eacute;signes pens&eacute;e unique, qu&rsquo;il faut r&eacute;inventer, r&eacute;veiller le citoyen fondamental, sans qu&rsquo;il soit besoin que celui-ci fut un de ces Docteurs en civilisations &eacute;trang&egrave;res. Je me suis depuis vendu &agrave; la vindicte des puissants, dispos&eacute; &agrave; accepter des coups, &agrave; renoncer &agrave; l&rsquo;affection de ma grand-m&egrave;re, aux &eacute;loges et aux amiti&eacute;s des proches, pour la cause de la v&eacute;rit&eacute; et de mon ind&eacute;pendance d&rsquo;esprit. Notre pays en a besoin, car des sacrifices, il y en a pas encore assez, et sans ces sacrifices, point de v&eacute;ritable peuple libre et digne.<br \/> Maintenant, je m&rsquo;interroge profond&eacute;ment sur le sens des observations et des affirmations v&eacute;hicul&eacute;es par ta r&eacute;flexion. D&rsquo;entrer, tu proposes &ldquo; d&rsquo;examiner de fa&ccedil;on rationnelle, c&rsquo;est-&agrave;-dire de fa&ccedil;on critique les impens&eacute;es ou les non-dits de cette gigantesque op&eacute;ration de communication &rdquo;. Tu affirmes ensuite, en t&rsquo;aidant de moult citations, rappels d&rsquo;histoires europ&eacute;ennes, et survols de quelque temps forts de la vie politique trouble du pays, que le postulat de tentative d&rsquo;ali&eacute;nation de l&rsquo;opinion publique, est incontestable, v&eacute;rifi&eacute;. La v&eacute;rit&eacute; ne tirant son origine que de la confrontation, la sortie de Yves Michel Fotso, ne serait qu&rsquo;une cabale de mauvais go&ucirc;t, tiss&eacute;e, avalis&eacute;e ou rendue potable, par une pl&eacute;iade de journalistes dont le professionnalisme n&rsquo;aurait &eacute;t&eacute; d&rsquo;aucune contribution.<br \/> Enfin, Yves Michel Fotso devra rendre compte &agrave; la justice des actes qui lui sont reproch&eacute;s. Cette conclusion est atteinte apr&egrave;s une autre course dans l&rsquo;histoire, m&ecirc;lant le sage ath&eacute;nien.<br \/> Mais Yves Michel a-t-il jamais demand&eacute; un traitement sp&eacute;cial ou particulier ? A-t-il refus&eacute; de r&eacute;pondre &agrave; une convocation ? A-t-il refus&eacute; de produire une preuve, un document, un t&eacute;moignage ? N&rsquo;a-t-il pas au contraire produit plus de 25.000 pages de papiers ? N&rsquo;a-t-il pas rendu public quelques papiers r&eacute;v&eacute;lateurs, &agrave; l&rsquo;exemple de ce premier rapport apr&egrave;s six mois au four et au moulin ? Ne souhaite-t-il pas au contraire que toute l&rsquo;affaire aille vite ? N&rsquo;a-t-il pas rendu public le document qui prouve que son pr&eacute;tendu contradicteur ou d&eacute;nonciateur, n&rsquo;est qu&rsquo;un vrai faussaire, un aventurier, un de ces fugitifs qui surfent avec des nationalit&eacute;s &eacute;trang&egrave;res pour tromper tout le monde de tous les c&ocirc;t&eacute;s et impressionner les na&iuml;fs ? Comment un individu sans aucune r&eacute;f&eacute;rence a-t-il pu prendre pieds dans les comptes de la soci&eacute;t&eacute; ? N&rsquo;est-ce pas le m&ecirc;me individu de sale vertu qui se retrouve dans le lancement des intrigues en Suisse, en France et ailleurs ? Tout cela ne te bouges pas. Bien au contraire, les &eacute;l&eacute;ments probants livr&eacute;s &agrave; l&rsquo;intelligence publique te d&eacute;rangent. Tu aurais voulu qu&rsquo;il soit coinc&eacute;, que ces documents n&rsquo;existent pas, oui ou non ?<\/p>\n<p> <strong>Mon fr&egrave;re, <\/strong><br \/> Ce qui m&rsquo;inqui&egrave;te infiniment, c&rsquo;est le risque que je per&ccedil;ois, que tu ais en lieu et place d&rsquo;une explication rationnelle, plong&eacute; dans une logique d&rsquo;inquisition et de soup&ccedil;on. Je crains fort que tu ais manifestement refus&eacute; de juger les propos de Yves Michel Fotso &agrave; leur juste dimension, contenance, signification, coh&eacute;rence et port&eacute;e. Je crains m&ecirc;me que tu ais d&egrave;s le d&eacute;but, rat&eacute; l&rsquo;enjeu, parce que tu as tout de suite cr&eacute;e un subjectivisme dans la consid&eacute;ration que tu r&eacute;serves &agrave; l&rsquo;accus&eacute;. <br \/> D&rsquo;abord de cette pr&eacute;sentation fort injuste, inappropri&eacute;e, et malicieuse : &ldquo;Jeune loup de la finance et accessoirement fils de son p&egrave;re&rdquo;. Il y a manifestement soit une d&eacute;formation de la fr&eacute;quentation des lectures sur les aventures de quelques feymens, ou alors, volont&eacute; expresse de banaliser le sujet, de le ramener &agrave; ces sp&eacute;culateurs effectivement jeunes, (25-40 ans), qui &eacute;cument les all&eacute;es de quelques banques et se cherchent par des voies et selon des m&eacute;thodes trop press&eacute;es, hors de toute consid&eacute;ration &eacute;thique. Abandonne honn&ecirc;tement cette pr&eacute;sentation, et il sera possible de mieux valoriser ton message, pour une entreprise de bonne foi. La v&eacute;rit&eacute; c&rsquo;est, ici, que nous ne sommes pas en pr&eacute;sence &ldquo;d&rsquo;un jeune loup&rdquo;, ni &ldquo;du fils de son p&egrave;re&rdquo; au sens impropre du terme.<br \/> J&rsquo;ai confess&eacute; lors d&rsquo;un entretien t&eacute;l&eacute;vis&eacute;, que de ce monsieur, je ne connais presque rien plus que ce que connaissent les autres Camerounais, ce qui est vrai. Je veux te dire, que je ne manquerai point de respect pour ces gens, qui parviennent &agrave; offrir ce qu&rsquo;Alain Foka appelle justement, une autre image de l&rsquo;Afrique, celle qui travaille, qui peut b&acirc;tir, construire, conqu&eacute;rir le monde, cr&eacute;er des richesses, et ouvrir des alternatives autres que la r&eacute;signation, le d&eacute;sespoir, le complexe et la subordination. Je vois d&eacute;j&agrave; ici un de nos points de divergence. Je veux pouvoir citer Paul Soppo Priso, Victor Fotso, Aladji Abo, pour les affaires, et les autres Mongo B&eacute;ti, Wol&eacute; Sonyka, Amadou Kourouma, L&eacute;opold S&eacute;dar Senghor, Ferdinand Oyono, Bondjawo, Cheick Anta Diop, Tchundjan Pu&eacute;mi, pour les sciences et les lettres. Voil&agrave; pourquoi Yves Michel Fotso n&rsquo;est point &agrave; mes yeux le genre dit &ldquo;jeune loup&rdquo;. Parce que je ne connais aucune autre exp&eacute;rience de r&eacute;ussite de m&ecirc;me ordre qui fasse notre fiert&eacute;, j&rsquo;ai du respect pour le Groupe Fotso. Ne prends point ombrage pour ma loyaut&eacute; patriotique, au point d&rsquo;en d&eacute;duire une faiblesse qui frise l&rsquo;obstruction de la justice. Ni les journalistes que tu mets en cause, ni moi-m&ecirc;me, ne sommes partisans de l&rsquo;obstruction de la justice. Nous nous sommes battus pour cela en 1990, et je suis de ceux qui ont subit pour cela, les foudres des protecteurs de l&rsquo;ordre &eacute;tabli. Tous ceux que tu as cit&eacute; ont fait et continuent de faire l&rsquo;histoire. Ils n&rsquo;ont pas chang&eacute;, &agrave; preuve, les r&eacute;cents malheurs du patron de Equinoxe TV. Des chagrins, des investissements perdus, compromis. Et la radio du Groupe Messager, b&acirc;illonn&eacute;e, incendi&eacute;e, tu&eacute;e dans l&rsquo;&oelig;uf. C&rsquo;est grave.<br \/> Je veux qu&rsquo;il soit su, que je me suis r&eacute;pandu &agrave; l&rsquo;int&eacute;rieur de ce pays comme &agrave; l&rsquo;ext&eacute;rieur, en d&eacute;nonciations, en d&eacute;clarations de vengeance, et en appels &agrave; l&rsquo;unisson, contre Yves Michel, n&rsquo;acceptant pas que l&rsquo;on soit n&eacute; avec une cuill&egrave;re en or entre les l&egrave;vres, et que l&rsquo;on fasse preuve d&rsquo;ind&eacute;licatesses &agrave; l&rsquo;&eacute;gard de la chose publique. Je veux en retour, qu&rsquo;il soit aussi su, et c&rsquo;est ce qui caract&eacute;rise mon suicide aupr&egrave;s des id&eacute;ologues de l&rsquo;ordre &eacute;tabli, que j&rsquo;ai promptement &eacute;crit &agrave; l&rsquo;int&eacute;ress&eacute;, pour lui dire mes f&eacute;licitations, mon soutien, et ma satisfaction citoyenne, apr&egrave;s sa sortie m&eacute;diatique. L&rsquo;une de mes faiblesses c&rsquo;est la rapidit&eacute; avec laquelle, je fais mon autocritique, au risque de nouer la corde pour me pendre. Je me sens n&eacute;anmoins plus &agrave; l&rsquo;aise ainsi : m&rsquo;excuser apr&egrave;s avoir, m&ecirc;me dans le secret, insult&eacute; quelqu&rsquo;un, manqu&eacute; de respect, ou comploter involontairement contre la v&eacute;rit&eacute;.<br \/> Je n&rsquo;en suis pas &agrave; le traiter, Yves Michel Fotso, de sain des sains, et encore moins de personnalit&eacute; au-dessus de tout soup&ccedil;on. Je parle d&rsquo;un homme d&rsquo;affaires multidimensionnel qui ne manque pas de tares, ni de travers comme l&rsquo;on en trouve chez ces esp&egrave;ces. Mais je parle aussi, et j&rsquo;en ai conscience, d&rsquo;un &ecirc;tre humain qui a &agrave; c&oelig;ur, de d&eacute;fendre son honneur, de d&eacute;montrer son innocence, et de pr&eacute;server sa r&eacute;putation. Je ne veux point entendre ce qui ressemble &agrave; une interrogation sur le bien fond&eacute; ou l&rsquo;opportunit&eacute; de sa sortie m&eacute;diatique. Je lui laisse la responsabilit&eacute; de son choix d&rsquo;adulte, de cr&eacute;ateur d&rsquo;entreprises, et de gestion des milliers de salari&eacute;s dont le sort pourrait bien d&eacute;pendre, tu t&rsquo;en balance, du moindre geste n&eacute;gatif ou positif, explicite ou implicite. <\/p>\n<p> <strong> Cher compatriote,<\/strong><br \/> Voici plant&eacute; encore un autre point fort de notre divergence. Tu sembles t&rsquo;accommoder avec une &eacute;tonnante libert&eacute; de ton, du retrait du passeport d&rsquo;un op&eacute;rateur &eacute;conomique dont les mouvements transfronti&egrave;res, constituent l&rsquo;essentiel du socle du pouvoir de management, et conditionnent la continuit&eacute; de la prosp&eacute;rit&eacute;. Jamais l&rsquo;on ne per&ccedil;oit le moindre soup&ccedil;on de positivit&eacute; m&ecirc;me relative, dans la pr&eacute;sentation psychologique que tu fais de l&rsquo;affaire. Les ennuis, en fait les privations subis par Yves Michel, semblent te r&eacute;jouir, et je ne suis pas loin de penser que tu voterais tout de suite, les yeux ferm&eacute;s, pour son embastillement dans l&rsquo;une de nos prisons. Il ne faut pas aller chercher aupr&egrave;s des philosophes grecques, ni dans les multiples th&egrave;ses qui illuminent les rayons des biblioth&egrave;ques des Ecoles des hautes Etudes en sciences sociales, pour comprendre le dessein final, de ceux qui attendent avec impatience, de voir conduire Yves Michel Fotso en prison, menottes aux poings.<br \/> En fait, les enjeux sont &eacute;normes, et je m&rsquo;en veux toujours d&rsquo;&ecirc;tre celui qui cr&egrave;ve les abc&egrave;s, sans m&ecirc;me plus craindre que l&rsquo;on finisse un jour par me crever les yeux. Mais, pourquoi craindre tant, si c&rsquo;est pour aller rejoindre Sankara au ciel, et avoir des nouvelles de Patrice Lumumba !<br \/> La r&eacute;alit&eacute; dans ce qui est dit, c&rsquo;est cette volont&eacute; d&rsquo;unit&eacute; nationale abjecte dans le malheur ou les malheurs, selon la tradition satanique de l&rsquo;&eacute;quilibre, de la constitution in&eacute;luctable et in&eacute;vitable, d&rsquo;une &eacute;quipe des &ldquo; lions indomptables &rdquo; derri&egrave;re les barreaux sales et infects de la R&eacute;publique. Et puis, cette petite ruse qui voudrait que l&rsquo;on ne rate aucune occasion pour d&eacute;sacraliser les richesses de quelques-uns, le mythe du travailleur de quelques citoyens, le sens de l&rsquo;&eacute;pargne et de la patience de quelques villages &eacute;lectoraux. <\/p>\n<p> Cher compatriote, <br \/> Tu mets l&rsquo;exigence de contradiction au centre de ton postulat de &ldquo;tentative de manipulation de l&rsquo;opinion&rdquo;. Voil&agrave; ! Mais que dit le mis en cause, ton jeune loup ? Allons chercher, fouiller, piocher, partout, m&ecirc;me sur des pr&ecirc;te-noms, ce que j&rsquo;ai pu, m&ecirc;me par inadvertance, faire atterrir dans mes comptes. Comment prends-tu ce d&eacute;fi que personne ne semble vouloir relever ? Que pourrait dire de plus contraignant, un accus&eacute; dans cette situation ? <br \/> Je m&rsquo;excuse, mais je veux me faire &agrave; mon tour inquisiteur. Nous parlons donc des sciences sociales, dans ce qu&rsquo;elles ont de lecture sociologique, de manipulations statistiques, de faits historiques, et de v&eacute;rit&eacute;s anthropologiques. Comment n&rsquo;arrivons nous pas, nous aidant de ses outils connus, &agrave; d&eacute;crypter le contexte camerounais avec ses mille rivalit&eacute;s, confrontations ouvertes, s&eacute;gr&eacute;gations ethniques, et r&egrave;glements des comptes, par ces temps de fin de r&egrave;gne ? Il me semble, que le genre de l&rsquo;intellectuel prolifique que je per&ccedil;ois dans ton identit&eacute; acad&eacute;mique, est capable de ne pas se tromper de combat, &agrave; moins de choisir de verser, dans l&rsquo;esp&egrave;ce de facilit&eacute; qui voulait, dans les ann&eacute;es de braise, que la v&eacute;rit&eacute;, d&egrave;s lors qu&rsquo;elle n&rsquo;&eacute;tait plus dans la ligne de compr&eacute;hension du pouvoir et du clan tribal r&eacute;gnant, fut tout de suite consid&eacute;r&eacute;e comme une manipulation, une tromperie, le d&eacute;sordre d&rsquo;un trio de publications que l&rsquo;on baptisa la sainte trinit&eacute;. <br \/> Enfin, je te renvoie &agrave; ces histoires europ&eacute;ennes, puisque c&rsquo;est seulement l&agrave;-bas que tu trouves des sources pour cr&eacute;dibiliser tes arguments et empoter la conviction des Africains. Je veux tant&ocirc;t &eacute;voquer l&rsquo;affaire Dreyfus, le capitaine Dreyfus, injustement accus&eacute; et sacrifi&eacute; surtout parce qu&rsquo;il &eacute;tait juif. Je t&rsquo;invite &agrave; penser &agrave; Zola, Emile Zola, et son r&ocirc;le dans cette affaire, sa lumi&egrave;re, son engagement solitaire qui paya. Souviens-toi donc de ce m&eacute;morable et inoubliable j&rsquo;accuse qui &eacute;branla la France et montra la consistance d&rsquo;un intellectuel accompli, vertueux, courageux. Moi, je pr&eacute;f&egrave;re ce r&ocirc;le-l&agrave;, et tant pis si pour certains, &agrave; cours d&rsquo;arguments, trouveront en Shanda Tonme, l&rsquo;artificier de l&rsquo;ethnie.<br \/> Ton propre r&ocirc;le devrait donc &ecirc;tre repens&eacute;, de fa&ccedil;on ardue et contextuelle, pour &eacute;chapper aux &eacute;tiquettes, que ne manquent pas de trahir, la phon&eacute;tique des noms. Il faut ainsi craindre de tomber dans la l&eacute;g&egrave;ret&eacute; cruelle, impardonnable. <br \/> Non, il ne peut pas s&rsquo;agir de l&eacute;g&egrave;ret&eacute;, c&rsquo;est plut&ocirc;t de calcul, de r&eacute;flexion de strat&egrave;ge. Mais il est constant, que nul auteur fran&ccedil;ais, nul savant am&eacute;ricain, et nul conqu&eacute;rant chinois de l&rsquo;espace, ne trouvera dans sa culture propre, des &eacute;l&eacute;ments pour expliquer ce qui se passe chez nous, ce qui nous est propre. Laisse donc ces gens tranquilles et parle-nous de notre affaire avec les r&eacute;alit&eacute;s camerounaises. Les &eacute;quations math&eacute;matiques qui sont en &oelig;uvres dans l&rsquo;affaire, sont camerounaises, et sans doute qu&rsquo;&agrave; trop recourir aux &eacute;quations math&eacute;matiques parisiennes, tu n&rsquo;y comprends rien, pas assez, ou trop peu. Je te conc&egrave;de donc des circonstances att&eacute;nuantes, en r&eacute;it&eacute;rant toute mon admiration pour ton immense savoir. C&rsquo;est aussi notre force, que de mieux conna&icirc;tre les autres civilisations plus qu&rsquo;elles ne connaissent la n&ocirc;tre. L&rsquo;emb&ecirc;tant c&rsquo;est tout de m&ecirc;me que nous n&rsquo;en avons rien fait, et que nous nous sommes ali&eacute;n&eacute;s un peu plus, confondant des capitaines d&rsquo;industrie avec des feymens, et m&eacute;langeant tout avec tout.<br \/> Je veux croire que tu m&rsquo;as compris et je te remercie pour ton attention, mais pas avant d&rsquo;avoir r&eacute;affirm&eacute;, le droit de chacun de nous, d&rsquo;avoir une opinion divergente, de convoquer les auteurs et la culture de son choix, de se faire le procureur public, d&rsquo;un instant.<br \/> L&rsquo;essentiel, c&rsquo;est que nous gardions pr&eacute;sent &agrave; l&rsquo;esprit, le centre et l&rsquo;importance de l&rsquo;enjeu : le destin du Cameroun.<\/span>&nbsp;<\/p>\n<p class=\"author\">Par  SHANDA  TONME  <br \/> Le 03-10-2008<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Dialogue avec Achille Mballa Mon tr&egrave;s cher compatriote, c&rsquo;est avec beaucoup d&rsquo;int&eacute;r&ecirc;t et d&rsquo;admiration que j&rsquo;ai lu, dans l&rsquo;&eacute;dition du 26 septembre&hellip;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_lmt_disableupdate":"","_lmt_disable":"","footnotes":""},"categories":[3810],"tags":[],"class_list":["post-31945","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-archives"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/31945","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=31945"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/31945\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=31945"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=31945"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=31945"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}