{"id":32028,"date":"2008-10-22T16:40:19","date_gmt":"2008-10-22T16:40:19","guid":{"rendered":""},"modified":"2006-01-01T00:00:00","modified_gmt":"2006-01-01T00:00:00","slug":"1586","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/1586\/","title":{"rendered":"Dorothy Selamo Binla : Ap\u00f4tre de la consommation des produits locaux"},"content":{"rendered":"<p><strong><font color=\"#000000\"><br \/><\/font><\/strong><\/p>\n<hr size=\"1\" color=\"#bbbbbb\" \/> <em>Elle est &agrave; l&rsquo;origine d&rsquo;une petite entreprise qui conditionne une boisson &agrave; base de tapioca et autres fruits naturels.<br \/><em><strong> Prudence Abomo (Stagiaire)  <\/strong><\/em><\/em><\/p>\n<hr size=\"1\" color=\"#eeffee\" \/> 32 ans et une ma&icirc;trise en business law (droit des affaires). Mais c&rsquo;est derri&egrave;re un pr&eacute;sentoir commercial tr&egrave;s personnalis&eacute; qu&rsquo;on retrouve Dorothy Selamo Binla. Quand elle parle d&rsquo;elle, c&rsquo;est toujours le regard r&eacute;solument tourn&eacute; vers l&rsquo;avenir qu&rsquo;elle commence par &eacute;voquer son r&ecirc;ve le plus cher : &quot;&ecirc;tre femme chef d&rsquo;entreprise au Cameroun&quot;. Cette mordue de la recherche est convaincue d&rsquo;&ecirc;tre &quot;une adepte de la cr&eacute;ation d&rsquo;emplois et non de la recherche d&rsquo;emploi&quot;. Un emploi salari&eacute; &agrave; la fonction publique, Dorothy l&rsquo;a pourtant cherch&eacute; au d&eacute;part. En 2003 et 2005, elle pr&eacute;sente sans succ&egrave;s le concours de l&rsquo;Enam, l&rsquo;Ecole nationale d&rsquo;administration et de magistrature. Mais elle voit dans son &eacute;chec un signe des temps : &quot;Je n&rsquo;ai pas pris cela n&eacute;gativement. Je me suis dit que Dieu m&rsquo;appelait &agrave; faire autre chose : l&rsquo;entreprenariat&quot;, soutient-elle aujourd&rsquo;hui.<\/p>\n<p>Fille de gendarme, Dorothy Selamo dit avoir &eacute;t&eacute; &eacute;duqu&eacute;e &agrave; vivre &agrave; la sueur de son front. &quot;Mes parents m&rsquo;ont appris &agrave; &ecirc;tre ind&eacute;pendante d&egrave;s le bas &acirc;ge, explique-t-elle, le Cameroun est un pays dit pauvre, mais paradoxalement riche en solutions&quot;. Elle est membre du Gic (Groupement d&rsquo;initiative communautaire) d&eacute;nomm&eacute; &quot;S&eacute;curit&eacute; alimentaire du Cameroun&quot;, qui existe depuis 2002. Sa contribution &agrave; cette association a aujourd&rsquo;hui pris la forme de deux produits alimentaire faits &agrave; base de semoule de manioc (commun&eacute;ment appel&eacute;e tapioca) : &quot;gari cosmetics (pour les soins de beaut&eacute;) et gari light&quot;. Gari light est un nectar &agrave; base de semoule de manioc, et enrichi aux fruits et &eacute;pices (goyave, ananas, orange, gingembre, persil). C&rsquo;est en recherchant d&rsquo;autres moyens de transformer le manioc, et en se disant que les occidentaux ont bien pu transformer leur bl&eacute; en une boisson vendu tr&egrave;s ch&egrave;re au Cameroun, par exemple, que cette chercheuse parvient &agrave; ce r&eacute;sultat.<\/p>\n<p>L&rsquo;objectif de Dorothy, &quot;emmener les populations &agrave; consommer camerounais et ainsi valoriser nos productions agricoles. Qui plus est, nos produits riches en vitamines peuvent r&eacute;sorber le probl&egrave;me de mal nutrition pr&eacute;sent en milieu scolaire et si souvent source de rendement scolaire approximatif&quot;. Les populations &agrave; faible pouvoir d&rsquo;achat constituent son c&oelig;ur de cible, ce qui justifie que son produit n&rsquo;est vendu qu&rsquo;&agrave; 200 Fcfa, dans une sorte de pr&eacute;sentoir estampill&eacute; &quot;Gary light&quot; . Elle a pris ses quartiers au lieu dit nouvelle route brique &agrave; Yaound&eacute;. L&rsquo;industrie naissante de cette femme chef d&rsquo;entreprise aspirante compte &agrave; ce jour sept travailleurs dont elle-m&ecirc;me et son &quot;conseiller technique d&rsquo;&eacute;poux&quot;.<\/p>\n<p>Cette &eacute;volution de Dorothy vers son objectif reste cependant parsem&eacute; de nombreuses emb&ucirc;ches. Elle &eacute;voque en premier l&rsquo;incompr&eacute;hension et le manque de support des familles qui ne voient pas toujours d&rsquo;avenir dans ces entreprises jug&eacute;es p&eacute;rilleuses. Elle est notamment l&rsquo;&eacute;pouse d&rsquo;un agent de l&rsquo;Etat qui a sollicit&eacute; un d&eacute;part volontaire de la fonction publique. Son mari a &quot;abandonn&eacute; un gros salaire pour se consacrer &agrave; la recherche&quot;. Autre entrave : les financements. L&rsquo;absence de fonds de roulement est un frein &agrave; une production importante. &quot;Je fonctionne sur des pr&ecirc;ts&quot;, d&eacute;clare-t-elle sur un ton plaintif. Avant d&rsquo;ajouter : &quot;Je souhaite &eacute;tablir une forme d&rsquo;actionnariat avec des partenaires. Mais les investisseurs sont tr&egrave;s r&eacute;ticents&quot;.<\/p>\n<p>Et puis, il y a cette question de propri&eacute;t&eacute; intellectuelle. Dorothy Selamo s&rsquo;insurge contre des &quot;pratiques tortueuses&quot; de responsables au minist&egrave;re en charge de l&rsquo;Industrie qui finissent par annuler la subvention dont sont suppos&eacute;s b&eacute;n&eacute;ficier les chercheurs, pour prot&eacute;ger leurs &oelig;uvres &agrave; l&rsquo;Oapi (Organisation africaine de la propri&eacute;t&eacute; intellectuelle). Elle souligne tout aussi &quot;la malhonn&ecirc;tet&eacute; des institutions qui vendent des brevets d&rsquo;invention &agrave; des investisseurs qui disposent de moyens pour copier et vulgariser ces recherches&quot;. Mais Dorothy Selamo Binla garde confiance, par ce que son r&ecirc;ve, elle y croit dur comme fer.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Elle est &agrave; l&rsquo;origine d&rsquo;une petite entreprise qui conditionne une boisson &agrave; base de tapioca et autres fruits naturels. 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