{"id":32553,"date":"2009-06-30T21:43:21","date_gmt":"2009-06-30T21:43:21","guid":{"rendered":""},"modified":"2006-01-01T00:00:00","modified_gmt":"2006-01-01T00:00:00","slug":"2142","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/2142\/","title":{"rendered":"Bien mal acquis : apres Bongo (Gabon), cap sur Biya (Cameroun)"},"content":{"rendered":"<p><\/p>\n<div class=\"article_chapo\">Dans son nouveau rapport intitul&eacute; &quot; Bien mal acquis, &agrave; qui profite le crime&nbsp;? &quot;, le CCFD estime &agrave; 70 millions d&rsquo;euros (soit environ 46 milliards de francs Cfa) &quot; la fortune du Pr&eacute;sident Camerounais, et s&rsquo;interroge sur ses &quot;nombreuses acquisitions,&#8230;notamment la &quot; Villa Isis &quot; sur la C&ocirc;te d&rsquo;Azur, qui appartiendrait &agrave; son fils, Franck Biya &quot; ou encore le financement occulte des sectes &eacute;sot&eacute;riques .<\/div>\n<div id=\"article_image_cadre\"> \t\t\t<img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" height=\"194\" width=\"290\" src=\"http:\/\/www.linternationalmagazine.com\/local\/cache-vignettes\/L290xH194\/arton6660-e482d.jpg\" alt=\"Bien mal acquis : apr\u00c3\u0192\u00c2\u00a8s Bongo (Gabon), cap sur Biya (Cameroun)\" class=\"img_rub\" style=\"height: 194px; width: 290px;\" \/><br \/> \t\t\t<!--\n\n\n<div id=\"article_image_legende\">L\u00c3\u0192\u00c2\u00a9gende<\/div>\n\n\n--> \t\t<\/div>\n<div class=\"article_texte\" id=\"article_texte\">\n<p class=\"spip\">Le <font class=\"caractencadre-spip\">Comit&eacute; catholique contre la faim et pour le d&eacute;veloppement (CCFD)<\/font>, cette association de droit fran&ccedil;ais qui travaille <font class=\"caractencadre-spip\">sous le mandat de la Conf&eacute;rence des &eacute;v&ecirc;ques de France<\/font> s&rsquo;&eacute;tait d&eacute;ja illustr&eacute;e en 2007 par un rapport sur l&rsquo;enrichissement illicite de cinq chefs d&rsquo;Etats du continent africain, ayant abouti &agrave; l&rsquo;ouverture &agrave; Paris en France de proc&eacute;dures judiciaires contre le d&eacute;funt pr&eacute;sident gabonais <font class=\"caractencadre-spip\">Omar bongo Ondimba<\/font>, ses homologues congolais <font class=\"caractencadre-spip\">Denis Sassou Nguesso<\/font> et <font class=\"caractencadre-spip\">Th&eacute;odoro Obiang Nguema Mbasogo<\/font> de Guin&eacute;e Equatoriale.<\/p>\n<p class=\"spip\">Ci dessous en int&eacute;gralit&eacute;, nous publions la partie du nouveau rapport consacr&eacute;e au patrimoine de la famille pr&eacute;sidentielle camerounaise et dont une copie est parvenue &agrave; la r&eacute;daction de &quot;<em class=\"spip\">International magazine<\/em>&quot;.<\/p>\n<p class=\"spip\"><strong class=\"spip\">&#8230;un des pays les plus corrompus du monde.<\/strong><\/p>\n<p class=\"spip\">Paul Biya a pris le pouvoir le 6 novembre 1982. Il a tir&eacute; profit, conform&eacute;ment &agrave; la Constitution camerounaise, de la d&eacute;mission de son pr&eacute;d&eacute;cesseur <font class=\"caractencadre-spip\">Ahmadou Ahidjo<\/font>, dont il &eacute;tait jusqu&rsquo;alors Premier ministre. C&rsquo;est son maintien au pouvoir depuis plus de 25 ans qui est sujet &agrave; caution. Les accusations de fraude ont ponctu&eacute; les &eacute;lections qui ont prorog&eacute; son mandat.<\/p>\n<p class=\"spip\">En 2008, Paul Biya a d&rsquo;ailleurs modifi&eacute; la Constitution pour devenir, pratiquement, pr&eacute;sident &agrave; vie, &agrave; l&rsquo;image de ses voisins gabonais et &eacute;quatoguin&eacute;en. Il a en effet fait sauter le verrou qui, depuis la r&eacute;vision constitutionnelle de 1996, limitait &agrave; deux le nombre de mandats pr&eacute;sidentiels. Se prot&egrave;ge-t-il ainsi d&rsquo;&eacute;ventuelles repr&eacute;sailles que pourraient lui intenter ses successeurs&nbsp;?<\/p>\n<p class=\"spip\">Le Cameroun est consid&eacute;r&eacute;, selon l&rsquo;indice de perception de la corruption d&eacute;velopp&eacute; par l&rsquo;association <font class=\"caractencadre-spip\">Transparency International<\/font>, comme l&rsquo;un des pays les plus corrompus du monde. Il a m&ecirc;me obtenu le titre de <font class=\"caractencadre-spip\">champion du monde<\/font> de la cat&eacute;gorie dans le classement &eacute;tabli par TI en 1998 et 1999.<\/p>\n<p class=\"spip\">Malgr&eacute; cette pi&egrave;tre r&eacute;putation, Paul Biya refuse la cr&eacute;ation d&rsquo;une <font class=\"caractencadre-spip\">Commission des Biens Mal Acquis<\/font> dans son pays pour lutter contre la corruption. Il pr&eacute;f&egrave;re installer, le 11 mars 2006, la CONAC (<font class=\"caractencadre-spip\">Commission nationale de lutte contre la corruption<\/font>), &agrave; la t&ecirc;te de laquelle il a nomm&eacute; <font class=\"caractencadre-spip\">un fid&egrave;le, Paul Tessa,<\/font> ancien ministre et ancien secr&eacute;taire g&eacute;n&eacute;ral de la pr&eacute;sidence de la R&eacute;publique.<\/p>\n<p class=\"spip\"><strong class=\"spip\">&#8230;la grande &quot;<em class=\"spip\">op&eacute;ration &Eacute;pervier<\/em>&quot;<\/strong><\/p>\n<p class=\"spip\">En janvier 2008, pour se concilier les bonnes gr&acirc;ces des bailleurs internationaux, et probablement aussi pour r&eacute;gler des comptes avec certains ministres qui lorgnaient sa place, le pr&eacute;sident Biya lance <font class=\"caractencadre-spip\">une grande op&eacute;ration &laquo;&nbsp;<em class=\"spip\">&Eacute;pervier<\/em>&nbsp;&raquo;<\/font> de lutte contre la corruption. Une liste d&rsquo;une soixantaine de personnalit&eacute;s, ministres, directeurs g&eacute;n&eacute;raux, hommes d&rsquo;affaires, est publi&eacute;e dans la presse &agrave; cet effet.<\/p>\n<p class=\"spip\">Mi 2008, une quinzaine d&rsquo;entre elles avaient &eacute;t&eacute; interpell&eacute;es, jug&eacute;es et condamn&eacute;es &agrave; de lourdes peines privatives de libert&eacute; et de fortes amendes. Des experts comme <font class=\"caractencadre-spip\">Francis Dooh Collins<\/font> sont nomm&eacute;s pour rechercher les <font class=\"caractencadre-spip\">162 millions d&rsquo;euros<\/font> qui, selon le gouvernement, auraient &eacute;t&eacute; d&eacute;tourn&eacute;s. <font class=\"caractencadre-spip\">Me Jacques Verg&egrave;s<\/font> aurait &eacute;galement &eacute;t&eacute; sollicit&eacute;. Le gouvernement camerounais a obtenu le soutien international dans cette op&eacute;ration, notamment celui du <font class=\"caractencadre-spip\">FBI, la police f&eacute;d&eacute;rale am&eacute;ricaine.<\/font><\/p>\n<p class=\"spip\">L&rsquo;ancien ambassadeur des &Eacute;tats-Unis au Cameroun, <font class=\"caractencadre-spip\">Niels Marquardt<\/font>, s&rsquo;&eacute;tait montr&eacute; intransigeant sur le sujet&nbsp;: &laquo;&nbsp;<em class=\"spip\"> ce n&rsquo;est pas assez de publier les noms des personnes suspect&eacute;es de corruption ou de les relever de leurs fonctions. Les personnes accus&eacute;es de corruption doivent &ecirc;tre officiellement inculp&eacute;es, poursuivies et condamn&eacute;es si leur culpabilit&eacute; est &eacute;tablie. Dans le m&ecirc;me temps, leurs biens mal acquis doivent &ecirc;tre confisqu&eacute;s et retourn&eacute;s au tr&eacute;sor public<\/em>&nbsp;&raquo;.<\/p>\n<p class=\"spip\">Il s&rsquo;agit pour les &Eacute;tats qui pr&ecirc;tent leur concours de traquer la fortune des personnalit&eacute;s vis&eacute;es &agrave; l&rsquo;&eacute;tranger, notamment dans des paradis fiscaux, mais selon l&rsquo;ambassade am&eacute;ricaine, &laquo;&nbsp;<em class=\"spip\">ce n&rsquo;est pas facile car il y a des comptes blanchis. (&#8230;) Il faut beaucoup de preuves<\/em>&nbsp;&raquo;. Une autre chancellerie explique que &laquo;&nbsp;<em class=\"spip\"> le plus difficile dans cette op&eacute;ration est de mettre tout le monde en prison, parce que plus ou moins tout le monde est tremp&eacute;<\/em>&nbsp;&raquo;.<\/p>\n<p class=\"spip\"><strong class=\"spip\">&#8230;un des chefs d&rsquo;&Eacute;tat les plus secrets du monde.<\/strong><\/p>\n<p class=\"spip\">Qu&rsquo;en est-il de Paul Biya et ses proches&nbsp;? Aucune information officielle ne filtre &agrave; leur sujet. Et pourtant, <font class=\"caractencadre-spip\">l&rsquo;article 56 de la Constitution<\/font> camerounaise, depuis sa r&eacute;vision en janvier 1996380 par le pr&eacute;sident Paul Biya, dispose que &laquo;&nbsp;<em class=\"spip\">le pr&eacute;sident de la R&eacute;publique, le Premier ministre, les membres du gouvernement et assimil&eacute;s (&hellip;) doivent faire une d&eacute;claration de leurs biens et avoirs, au d&eacute;but et &agrave; la fin de leur mandat.<\/em>&nbsp;&raquo;<\/p>\n<p class=\"spip\">La <font class=\"caractencadre-spip\"> loi N&deg;&nbsp;003 de 2006<\/font> du 25 avril 2006 dresse la liste exacte des personnes soumises &agrave; cette obligation de d&eacute;claration des biens et avoirs, mais en mai 2009, elle n&rsquo;avait toujours pas &eacute;t&eacute; promulgu&eacute;e. Au contraire, le Pr&eacute;sident camerounais a la r&eacute;putation d&rsquo;un des chefs d&rsquo;&Eacute;tat les plus secrets du monde. D&eacute;&ccedil;us, voire <font class=\"caractencadre-spip\">vex&eacute;s de ne pas trouver Paul Biya dans l&rsquo;&eacute;tude sur les biens mal acquis<\/font> que nous avons publi&eacute;e en 2007, des associations, syndicats et journalistes camerounais se sont pench&eacute;s sur la question. La d&eacute;marche est os&eacute;e car, au Cameroun, le sujet est tabou.<\/p>\n<p class=\"spip\">En f&eacute;vrier 2008, <font class=\"caractencadre-spip\">Jean-Bosco Talla<\/font>, journaliste dans les journaux priv&eacute;s <font class=\"caractencadre-spip\">Le Front et Germinal<\/font>, impliqu&eacute; dans un programme de renforcement de la soci&eacute;t&eacute; civile camerounaise soutenu par le <font class=\"caractencadre-spip\">CCFD-Terre Solidaire<\/font>, en fait l&rsquo;am&egrave;re exp&eacute;rience. Alors qu&rsquo;accompagn&eacute; d&rsquo;un stagiaire, il cherchait &agrave; localiser le patrimoine d&rsquo;un ministre camerounais dans <font class=\"caractencadre-spip\">le village de Zo&eacute;t&eacute;l&eacute;<\/font>, appareil photo en bandouli&egrave;re, il fut arr&ecirc;t&eacute;, puis conduit d&rsquo;un lieu &agrave; l&rsquo;autre sur des centaines de kilom&egrave;tres les yeux band&eacute;s et molest&eacute;. Il a fallu une mobilisation de la soci&eacute;t&eacute; civile au Cameroun et au niveau international, doubl&eacute;e de la vigilance des ambassades de France et des &Eacute;tats-Unis, pour que Jean-Bosco Talla soit lib&eacute;r&eacute; au bout de cinq jours.<\/p>\n<p class=\"spip\">Aussi, pour le lancement en mai 2008 de l&rsquo;hebdomadaire Germinal, qu&rsquo;il dirige, Jean-Bosco Talla choisit-il de sortir un dossier sp&eacute;cial sur &laquo;&nbsp;<em class=\"spip\">L&rsquo;argent et les biens de Paul Biya<\/em>&nbsp;&raquo;. Une enqu&ecirc;te tr&egrave;s document&eacute;e. Le succ&egrave;s fut imm&eacute;diat&nbsp;: alors que la presse ind&eacute;pendante camerounaise tire rarement &agrave; plus de 4 000 exemplaires, 11 000 copies de ce num&eacute;ro sp&eacute;cial s&rsquo;arrachent en quelques jours. En mai 2009, c&rsquo;est un autre magazine ind&eacute;pendant, Mutations, qui s&rsquo;interroge&nbsp;: &laquo;&nbsp;Avoirs camerounais &agrave; l&rsquo;&eacute;tranger&nbsp;: peut-on rapatrier l&rsquo;argent vol&eacute;&nbsp;?&nbsp;&raquo;.<\/p>\n<p class=\"spip\"><strong class=\"spip\">&#8230;acquisitions du citoyen Paul Biya et non du pr&eacute;sident.<\/strong><\/p>\n<p class=\"spip\">On le voit, <font class=\"caractencadre-spip\">le sujet fait aujourd&rsquo;hui d&eacute;bat au Cameroun<\/font>. Et il y a de quoi. &Agrave; peine devenu chef d&rsquo;&Eacute;tat, Paul Biya faisait parler de lui &agrave; propos de son patrimoine. Le 16 mars 1983, <font class=\"caractencadre-spip\">Le Canard encha&icirc;n&eacute;<\/font> d&eacute;voilait deux acquisitions pr&eacute;sidentielles en France&nbsp;: <font class=\"caractencadre-spip\">l&rsquo;une avenue Foch<\/font> &agrave; Paris, <font class=\"caractencadre-spip\">l&rsquo;autre sur la C&ocirc;te d&rsquo;Azur<\/font>, &agrave; Cagnes-sur-Mer. Le gouvernement camerounais explique alors que ces acquisitions sont le fait du citoyen Paul Biya et non du pr&eacute;sident.<\/p>\n<p class=\"spip\">Et Paul Biya se pare d&rsquo;un discours vertueux&nbsp;: &laquo;&nbsp;<em class=\"spip\">Il nous faut assur&eacute;ment recourir &agrave; la moralisation de la vie publique<\/em>&nbsp;&raquo;. En mai 1997, <font class=\"caractencadre-spip\">L&rsquo;&Eacute;v&eacute;nement<\/font> du jeudi estime que la fortune du pr&eacute;sident camerounais et de sa famille approche <font class=\"caractencadre-spip\">les 70 millions d&rsquo;euros<\/font>, dont <font class=\"caractencadre-spip\">des ch&acirc;teaux en France et en Allemagne, &agrave; Baden-Baden<\/font>. Un de ses proches, le professeur <font class=\"caractencadre-spip\">Titus Edzoa<\/font>, estime aussi que &laquo;&nbsp;<em class=\"spip\"><font class=\"caractencadre-spip\">c&rsquo;est le Camerounais le plus riche<\/font><\/em>&nbsp;&raquo;. Parmi les r&eacute;sidences fran&ccedil;aises, le journal camerounais <font class=\"caractencadre-spip\">L&rsquo;Expression<\/font> &eacute;voquait en 1997 celle du lieu-dit &laquo;&nbsp;<em class=\"spip\"><font class=\"caractencadre-spip\">de la ferme des bois<\/font><\/em>&nbsp;&raquo; &agrave; Gambais (Yvelines), d&rsquo;une valeur estim&eacute;e de <font class=\"caractencadre-spip\">6 millions d&rsquo;euros<\/font> &agrave; l&rsquo;&eacute;poque.<\/p>\n<p class=\"spip\">Selon les journalistes de Germinal en 2008, &laquo;&nbsp;<em class=\"spip\">Paul Biya serait aussi <font class=\"caractencadre-spip\">actionnaire de plusieurs soci&eacute;t&eacute;s<\/font>. (&hellip;) &Agrave; cela, l&rsquo;on doit ajouter le <font class=\"caractencadre-spip\">ch&acirc;teau en construction<\/font>, &agrave; c&ocirc;t&eacute; de l&rsquo;Ambassade des &Eacute;tats-Unis &agrave; Yaound&eacute;<\/em>&nbsp;&raquo;. Ces informations n&rsquo;ont &eacute;t&eacute; ni confirm&eacute;es ni infirm&eacute;es par le pr&eacute;sident camerounais.<\/p>\n<p class=\"spip\"><strong class=\"spip\">&#8230;g&eacute;n&eacute;reux avec ceux qu&rsquo;il affectionne.<\/strong><\/p>\n<p class=\"spip\">Paul Biya sait &eacute;galement se montrer g&eacute;n&eacute;reux avec ceux qu&rsquo;il affectionne. Outre certains <font class=\"caractencadre-spip\">conseillers en communication fran&ccedil;ais<\/font> grassement r&eacute;mun&eacute;r&eacute;s, l&rsquo;<font class=\"caractencadre-spip\">Ordre de la Rose-Croix<\/font> (AMORC), consid&eacute;r&eacute; en France comme une secte, fait l&rsquo;objet des largesses de la pr&eacute;sidence camerounaise. <font class=\"caractencadre-spip\">Raymond Bernard<\/font>, ancien secr&eacute;taire g&eacute;n&eacute;ral de l&rsquo;AMORC et fondateur de l&rsquo;<font class=\"caractencadre-spip\">Ordre r&eacute;nov&eacute; du Temple<\/font> (ORT), consid&eacute;r&eacute; comme le &laquo;&nbsp;<em class=\"spip\"><font class=\"caractencadre-spip\">berceau<\/font><\/em>&nbsp;&raquo; de l&rsquo;<font class=\"caractencadre-spip\">Ordre du Temple solaire<\/font>, se voit remettre <font class=\"caractencadre-spip\">5,6 millions de francs fran&ccedil;ais<\/font> le 2 mars 1990, puis <font class=\"caractencadre-spip\">11,2 millions de francs<\/font> de 1992 &agrave; 1998, le tout via la <font class=\"caractencadre-spip\">Soci&eacute;t&eacute; nationale des hydrocarbures<\/font> (SNH) du Cameroun.<\/p>\n<p class=\"spip\">Selon la justice fran&ccedil;aise, <font class=\"caractencadre-spip\">Raymond Bernard<\/font> aurait ainsi constitu&eacute; un patrimoine de <font class=\"caractencadre-spip\">20 millions de francs<\/font>, sans avoir &laquo;&nbsp;<em class=\"spip\"> jamais travaill&eacute;<\/em>&nbsp;&raquo;. De m&ecirc;me, le si&egrave;ge parisien d&rsquo;une organisation &eacute;sot&eacute;rique cr&eacute;&eacute;e par Raymond Bernard, l&rsquo;ordre souverain du temple initiatique (OSTI), a &eacute;t&eacute; acquis au <font class=\"caractencadre-spip\">22, rue Beaunier dans le XIVe<\/font> arrondissement de Paris gr&acirc;ce &agrave; <font class=\"caractencadre-spip\">un pr&ecirc;t sans int&eacute;r&ecirc;t d&rsquo;un montant de 40 millions de francs fran&ccedil;ais accord&eacute; par le pr&eacute;sident camerounais<\/font>.<\/p>\n<p class=\"spip\"><strong class=\"spip\">&#8230;amadouer l&rsquo;opposition<\/strong><\/p>\n<p class=\"spip\">Selon <font class=\"caractencadre-spip\">Africa Confidential<\/font> d&rsquo;octobre 2005, reprenant le travail d&rsquo;une ONG londonienne, les largesses de Paul Biya serviraient aussi &agrave; amadouer l&rsquo;opposition&nbsp;: le leader de l&rsquo;opposition <font class=\"caractencadre-spip\">John Fru Ndi<\/font> aurait ainsi accumul&eacute; une fortune de plus de <font class=\"caractencadre-spip\">125 millions de dollars<\/font>, dont &laquo;&nbsp;<em class=\"spip\">plus de 70&nbsp;% de l&rsquo;argent provient de ses deals politiques avec le chef de l&rsquo;&Eacute;tat camerounais en fonction<\/em>&nbsp;&raquo;, en particulier &laquo;&nbsp;<em class=\"spip\">entre juin 2002 et 2005<\/em>&nbsp;&raquo;. John Fru Ndi a ni&eacute;.<\/p>\n<p class=\"spip\">Certains soup&ccedil;onnent &eacute;galement l&rsquo;homme fort de Yaound&eacute; d&rsquo;utiliser des <font class=\"caractencadre-spip\">pr&ecirc;te noms pour g&eacute;rer sa fortune<\/font>, notamment en Suisse. Il y r&eacute;side r&eacute;guli&egrave;rement et <font class=\"caractencadre-spip\">sa fille Anastasie Brenda Eyenga Biya<\/font> fait ses &eacute;tudes au Coll&egrave;ge du <font class=\"caractencadre-spip\">L&eacute;man &agrave; Versoix<\/font>, &agrave; quelques kilom&egrave;tres de Gen&egrave;ve.<\/p>\n<p class=\"spip\">Le journal <font class=\"caractencadre-spip\">The African Independent<\/font>, particuli&egrave;rement critique envers le gouvernement Biya, estime par ailleurs que le fils du pr&eacute;sident, <font class=\"caractencadre-spip\">Franck Biya<\/font>, a un r&ocirc;le cl&eacute; dans la gestion du patrimoine familial. Il gagnerait, selon ce quotidien, &laquo;&nbsp;<em class=\"spip\"><font class=\"caractencadre-spip\">9 milliards de francs CFA par mois<\/font> dans la mafia du bois<\/em>&nbsp;&raquo; (13,7 millions d&rsquo;euros). Son r&ocirc;le dans l&rsquo;exploitation foresti&egrave;re est, de fait, particuli&egrave;rement d&eacute;cri&eacute;&nbsp;: attribution des concessions &agrave; ses soci&eacute;t&eacute;s (dont Ing&eacute;nierie foresti&egrave;re) dans la plus grande opacit&eacute;, &eacute;vasion fiscale, non respect des contraintes environnementales, gestion douteuse des fonds de ses soci&eacute;t&eacute;s.<\/p>\n<p class=\"spip\"><font class=\"caractencadre-spip\">Naturalis&eacute; mon&eacute;gasque<\/font>, le fils Franck serait propri&eacute;taire &agrave; <font class=\"caractencadre-spip\">Roquebrune-Cap-Martin<\/font>, lieu de vill&eacute;giature du <font class=\"caractencadre-spip\">Mar&eacute;chal Mobutu<\/font>, de la magnifique &laquo;&nbsp;<em class=\"spip\"><font class=\"caractencadre-spip\">Villa Isis<\/font><\/em>&nbsp;&raquo;, avenue Douine. Officiellement, la villa est au nom de &laquo;&nbsp;<em class=\"spip\"><font class=\"caractencadre-spip\">l&rsquo;Immobili&egrave;re du Sud Azur<\/font><\/em>&nbsp;&raquo;, une soci&eacute;t&eacute; au capital de <font class=\"caractencadre-spip\">1000 euros<\/font> sise promenade des Anglais &agrave; Nice, dont le g&eacute;rant n&rsquo;est autre qu&rsquo;un certain <font class=\"caractencadre-spip\">Emmanuel Biya<\/font>&#8230;le second pr&eacute;nom de Franck.<\/p>\n<p class=\"spip\"><strong class=\"spip\">&#8230;Paris n&rsquo;y voit rien &agrave; redire<\/strong><\/p>\n<p class=\"spip\">Outre l&rsquo;exploitation foresti&egrave;re, les sources potentielles de l&rsquo;enrichissement familial sont multiples. Selon un arrangement extr&ecirc;mement commode, la loi de Finances autorisait le Pr&eacute;sident, jusqu&rsquo;en 1994, &laquo;&nbsp;<em class=\"spip\">en cas de besoin, &agrave; pr&eacute;lever et &agrave; affecter par d&eacute;cret &agrave; un compte sp&eacute;cial hors budget tout ou partie des r&eacute;sultats b&eacute;n&eacute;ficiaires des entreprises d&rsquo;&Eacute;tat<\/em>&nbsp;&raquo;.<\/p>\n<p class=\"spip\">Selon L&rsquo;&Eacute;v&eacute;nement du jeudi pr&eacute;cit&eacute;, &laquo;&nbsp;<em class=\"spip\">l&rsquo;&eacute;vaporation de <font class=\"caractencadre-spip\">2,3 milliards de francs<\/font> fran&ccedil;ais [350 millions d&rsquo;euros] pour la p&eacute;riode 1988-1993, ainsi que l&rsquo;&eacute;vasion fiscale hors du Cameroun, de <font class=\"caractencadre-spip\">20 milliards de francs<\/font> fran&ccedil;ais [3 milliards d&rsquo;euros] entre 1988 et 1993 donne une id&eacute;e des sommes d&eacute;tourn&eacute;es<\/em>&nbsp;&raquo;. Ladite &eacute;vaporation touche tous les secteurs. Dans le <font class=\"caractencadre-spip\">domaine p&eacute;trolier<\/font>, une firme am&eacute;ricaine &eacute;value les pertes autour de <font class=\"caractencadre-spip\">350 millions d&rsquo;euros<\/font> entre 1988 et 1993. Paris n&rsquo;y voit rien &agrave; redire, &agrave; en croire l&rsquo;ancien patron d&rsquo;Elf Aquitaine <font class=\"caractencadre-spip\">Lo&iuml;c Le Floch-Prigent<\/font>&nbsp;: &laquo;&nbsp;<em class=\"spip\">Paul Biya ne prend le pouvoir qu&rsquo;avec le soutien d&rsquo;Elf pour contenir la communaut&eacute; anglophone de ce pays<\/em>&nbsp;&raquo;.<\/p>\n<p class=\"spip\">L&rsquo;affaire Elf a, de facto, lev&eacute; une partie du voile sur la grande corruption qui entoure les contrats p&eacute;troliers. Elf aurait ainsi pr&ecirc;t&eacute;, en 1992, plus de <font class=\"caractencadre-spip\">80 millions d&rsquo;euros &agrave; la soci&eacute;t&eacute; nationale des hydrocarbures<\/font> (SNH) du Cameroun, au profit de Paul Biya, <font class=\"caractencadre-spip\">via une banque des &Icirc;les Vierges<\/font>. En contrepartie, Elf s&rsquo;assurait un approvisionnement de p&eacute;trole par avance et engrangeait au passage une commission de plus de 20 millions d&rsquo;euros par l&rsquo;entremise d&rsquo;<font class=\"caractencadre-spip\">Alfred Sirven<\/font>.<\/p>\n<p class=\"spip\">Dix ans plus tard, <font class=\"caractencadre-spip\">les comptes g&eacute;r&eacute;s par Alfred Sirven<\/font> &eacute;taient &agrave; nouveau cr&eacute;dit&eacute;s de <font class=\"caractencadre-spip\">25 millions de dollars<\/font> dans d&rsquo;autres op&eacute;rations de pr&eacute;financement p&eacute;trolier avec le Cameroun. Le 21 mars 2007 &agrave; nouveau, le PDG du groupe Total &eacute;tait entendu par la Brigade de r&eacute;pression de la d&eacute;linquance financi&egrave;re, &agrave; Paris, pour une affaire de corruption au Cameroun. Pour le romancier camerounais <font class=\"caractencadre-spip\">Mongo B&eacute;ti<\/font>, &laquo;&nbsp;<em class=\"spip\"> la politique fran&ccedil;aise du p&eacute;trole en Afrique, [c&rsquo;est] (&hellip;) la qu&ecirc;te, sur le dos des Africains, de l&rsquo;ind&eacute;pendance &eacute;nerg&eacute;tique de la France<\/em>&nbsp;&raquo;.<\/p>\n<p class=\"spip\"><strong class=\"spip\">&#8230;faillite de la Soci&eacute;t&eacute; camerounaise de banque (SCB)<\/strong><\/p>\n<p class=\"spip\">Dans le domaine bancaire, Paul Biya et sa premi&egrave;re &eacute;pouse, <font class=\"caractencadre-spip\">Jeanne Ir&egrave;ne<\/font>, se sont vu &eacute;galement reprocher tr&egrave;s directement d&rsquo;avoir mis en faillite, &agrave; force de pillage, la Soci&eacute;t&eacute; camerounaise de banque (SCB), premier &eacute;tablissement bancaire du pays dans les ann&eacute;es 1980.<\/p>\n<p class=\"spip\">C&rsquo;est l&rsquo;ancien directeur de la SCB, <font class=\"caractencadre-spip\">Robert Messi Messi<\/font>, aujourd&rsquo;hui exil&eacute; au Canada, qui accuse le couple pr&eacute;sidentiel d&rsquo;avoir soutir&eacute; plus de <font class=\"caractencadre-spip\">9 millions d&rsquo;euros<\/font> &agrave; la banque pour acqu&eacute;rir <font class=\"caractencadre-spip\">des villas<\/font>, financer le <font class=\"caractencadre-spip\">palais pr&eacute;sidentiel<\/font>, la <font class=\"caractencadre-spip\">piste d&rsquo;atterrissage<\/font> et <font class=\"caractencadre-spip\">un golf dessin&eacute;s par l&rsquo;architecte Cacoub<\/font>.<\/p>\n<p class=\"spip\">Apr&egrave;s 1994 et la r&eacute;vision de la loi autorisant la cagnotte pr&eacute;sidentielle, les &laquo;&nbsp;<em class=\"spip\">distractions de deniers publics<\/em>&nbsp;&raquo;, comme on dit au Cameroun, n&rsquo;ont pas cess&eacute; pour autant&nbsp;: entre 1998 et 2004, elles d&eacute;passeraient les <font class=\"caractencadre-spip\">2,8 milliards d&rsquo;euros<\/font>, selon les services du Contr&ocirc;le sup&eacute;rieur de l&rsquo;&Eacute;tat camerounais.<\/p>\n<p class=\"spip\"><strong class=\"spip\">&#8230;la population camerounaise enrage<\/strong><\/p>\n<p class=\"spip\">Par ailleurs, certains journaux camerounais se demandent si, usant de <font class=\"caractencadre-spip\">pr&ecirc;te-noms<\/font>, le Pr&eacute;sident camerounais n&rsquo;aurait pas jet&eacute; son d&eacute;volu sur l&rsquo;<font class=\"caractencadre-spip\">exploitation de la bauxite<\/font>. Par un accord du 13 janvier 2006, le gouvernement camerounais c&egrave;de l&rsquo;exclusivit&eacute; de l&rsquo;exploitation de la bauxite &agrave; la soci&eacute;t&eacute; <font class=\"caractencadre-spip\">Hydromine Inc<\/font>., enregistr&eacute;e dans le <font class=\"caractencadre-spip\">Delaware<\/font>, qui n&rsquo;a pourtant aucune expertise dans l&rsquo;exploitation mini&egrave;re.  Certains journalistes en concluent que <font class=\"caractencadre-spip\">Peter Brigger<\/font>, le pr&eacute;sident d&rsquo;Hydromine, par ailleurs sp&eacute;cialis&eacute; dans la location d&rsquo;appartements de luxe en Suisse, serait le g&eacute;rant occulte de la fortune du pr&eacute;sident camerounais.<\/p>\n<p class=\"spip\">Malgr&eacute; les soup&ccedil;ons persistants autour du chef de l&rsquo;&Eacute;tat camerounais, le soutien du gouvernement fran&ccedil;ais &agrave; Paul Biya ne se d&eacute;ment pas depuis 1982. Depuis les ann&eacute;es 1950, o&ugrave; il militait avec le <font class=\"caractencadre-spip\">Dr Aujoulat<\/font> contre les ind&eacute;pendantistes camerounais, l&rsquo;attachement de Paul Biya &agrave; l&rsquo;Hexagone ne s&rsquo;est apparemment pas estomp&eacute;. Sous sa f&eacute;rule,<font class=\"caractencadre-spip\"> le Cameroun reste en effet pour l&rsquo;&Eacute;tat et les entreprises fran&ccedil;aises un march&eacute; et un point d&rsquo;ancrage d&eacute;terminants<\/font> en Afrique centrale.<\/p>\n<p class=\"spip\">La population camerounaise, elle, enrage de ne pas b&eacute;n&eacute;ficier davantage des richesses ph&eacute;nom&eacute;nales qui l&rsquo;entourent. Chaque ann&eacute;e, lors de la messe du Nouvel an, l&rsquo;archev&ecirc;que de Douala, <font class=\"caractencadre-spip\">Christian Tumi<\/font>, se fait l&rsquo;&eacute;cho de cette exasp&eacute;ration, exhortant les gouvernants camerounais &agrave; &laquo;&nbsp;<em class=\"spip\">remettre l&rsquo;argent vol&eacute; dans les caisses de l&rsquo;&Eacute;tat<\/em>&nbsp;&raquo;.<\/p>\n<div class=\"titre1\"> <\/div>\n<div class=\"auteur\">Linternationalmagazine.com,  publi&eacute; le 29\/06\/2009<\/div>\n<p class=\"spip\">&nbsp;<\/p>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Dans son nouveau rapport intitul&eacute; &quot; Bien mal acquis, &agrave; qui profite le crime&nbsp;? &quot;, le CCFD estime &agrave; 70 millions d&rsquo;euros&hellip;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_lmt_disableupdate":"","_lmt_disable":"","footnotes":""},"categories":[3810],"tags":[],"class_list":["post-32553","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-archives"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/32553","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=32553"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/32553\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=32553"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=32553"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=32553"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}