{"id":32720,"date":"2010-08-13T00:05:29","date_gmt":"2010-08-13T00:05:29","guid":{"rendered":""},"modified":"2006-01-01T00:00:00","modified_gmt":"2006-01-01T00:00:00","slug":"2315","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/2315\/","title":{"rendered":"Laurent GBAGBO et l\u2019ind\u00e9pendance de la C\u00f4te d\u2019Ivoire"},"content":{"rendered":"<p><\/p>\n<p><span class=\"13aria\"> Jeune Afrique consacre son &eacute;dition sp&eacute;ciale du mois d&rsquo;ao&ucirc;t  &agrave; la C&ocirc;te  d&rsquo;Ivoire  qui a comm&eacute;mor&eacute; le cinquantenaire de son ind&eacute;pendance le 7  ao&ucirc;t dernier. Fran&ccedil;ois Soudan emprunte le titre de son &eacute;ditorial,  &laquo;Seconde ind&eacute;pendance&raquo; au pr&eacute;sident Laurent Gbagbo  apr&egrave;s avoir rappel&eacute;  qu&rsquo;&agrave; l&rsquo;ind&eacute;pendance de son pays, Houphou&euml;t Boigny, fut le &laquo;  r&eacute;cipiendaire&raquo; d&rsquo;une &laquo;libert&eacute; dont il ne voulait pas&raquo;, lui qui r&ecirc;vait  d&rsquo;une &laquo;autonomie dans la communaut&eacute; franco-africaine&raquo;. Un article du  journal consacr&eacute; au pr&eacute;sident Gbagbo oublie (ignorance ou g&ecirc;ne ?) de  citer le livre du pr&eacute;sident actuel de la C&ocirc;te d&rsquo;Ivoire paru aux &eacute;ditions  Cl&eacute; en 1978 et intitul&eacute; R&eacute;flexions sur la Conf&eacute;rence de Brazzaville  dont la lecture aurait permis de pr&eacute;voir le type de relation que cet  homme d&rsquo;Etat entretiendrait avec le Colonisateur. Nous vous en offrons  ci-dessous un extrait de la conclusion de ce livre afin que chacun s&rsquo;en  fasse une id&eacute;e. <\/p>\n<p>&laquo;Un fait saute manifestement aux yeux, c&rsquo;est que  jamais la Conf&eacute;rence de Brazzaville n&rsquo;a &eacute;t&eacute; convoqu&eacute;e pour discuter de  l&rsquo;affranchissement des peuples coloniaux. Cela n&rsquo;a pas &eacute;t&eacute; et cela ne  pouvait pas &ecirc;tre, pour la simple raison que dans l&rsquo;histoire, aucun pays  colonisateur n&rsquo;a jamais d&eacute;cid&eacute; d&rsquo;affranchir les peuples qu&rsquo;il exploite  et qui font sa richesse, sa puissance, sa grandeur. Si les empires  &eacute;gyptien, romain, mac&eacute;donien se sont d&eacute;sagr&eacute;g&eacute;s, ce n&rsquo;est pas parce que  les ma&icirc;tres ont voulu la lib&eacute;ration des esclaves mais parce que la  volont&eacute; de la lib&eacute;ration de ces derniers, conjugu&eacute;e avec  l&rsquo;affaiblissement des premiers, a entra&icirc;n&eacute; une rupture dans l&rsquo;ordre  ancien. Et c&rsquo;est cette rupture qui est r&eacute;volutionnaire dans son essence  parce qu&rsquo;elle est un proc&egrave;s de l&rsquo;asservissement d&rsquo;un peuple par un autre  et parce qu&rsquo;elle propose une redistribution des forces dans le monde,  c&rsquo;est cette rupture donc qu&rsquo;on appelle d&eacute;colonisation. Or pour que la  d&eacute;colonisation soit effective, il faut qu&rsquo;elle soit le fait de ceux qui  souffrent de la colonisation, et il faut qu&rsquo;elle s&rsquo;attaque radicalement &agrave;  tous les aspects de la colonisation et du colonialisme: aspects  id&eacute;ologique, politique, &eacute;conomique et culturel. <br \/>\nCeux qui pr&eacute;tendent que la Conf&eacute;rence de Brazzaville avait une mission lib&eacute;ratrice devront r&eacute;pondre &agrave; ces questions pr&eacute;cises <br \/>\n&#8211; Qui a d&eacute;cid&eacute; de tenir cette Conf&eacute;rence? <br \/>\n&#8211; L&rsquo;id&eacute;ologie colonialiste y a-t-elle &eacute;t&eacute; rejet&eacute;e? <br \/>\n&#8211; Le principe de la conqu&ecirc;te et de l&rsquo;occupation des terres d&rsquo;autrui y a-t-il &eacute;t&eacute; condamn&eacute;? <br \/>\n&#8211; La spoliation et l&rsquo;exploitation des peuples soumis y ont-elles &eacute;t&eacute; condamn&eacute;es? <br \/>\n-La culture de chaque peuple y a-t-elle &eacute;t&eacute; respect&eacute;e? <br \/>\nA toutes ces questions nous r&eacute;pondons NON. <\/p>\n<p>C&rsquo;est  le colonisateur qui a d&eacute;cid&eacute; de r&eacute;unir toutes ses troupes pour  r&eacute;ajuster sa politique compte tenu des &eacute;v&eacute;nements impos&eacute;s par les  circonstances. C&rsquo;est la France coloniale et colonialiste , meurtrie par  quatre ann&eacute;es de guerre, effray&eacute;e de sa propre faiblesse, mesurant avec  inqui&eacute;tude le pr&eacute;cipice &eacute;conomique o&ugrave; elle est sur le point de tomber,  inqui&egrave;te de l&rsquo;attitude nouvelle de ses alli&eacute;s momentan&eacute;s, tremblante &agrave;  l&rsquo;id&eacute;e que ses sujets ne soient tent&eacute;s de lever contre elle des armes &laquo;  parricides &raquo;, cherchant &agrave; mieux soumettre les autres pour pouvoir mieux  se lib&eacute;rer elle-m&ecirc;me, c&rsquo;est cette France-l&agrave; qui s&rsquo;est r&eacute;unie &agrave;  Brazzaville pour mettre de l&rsquo;ordre dans la maison avant qu&rsquo;il ne soit  trop tard. <br \/>\nL&rsquo;id&eacute;ologie colonialiste a guid&eacute; les travaux de ces  assises du premier au dernier jour. La mission civilisatrice de la  France a &eacute;t&eacute; hautement proclam&eacute;e et la domination de la France sur  l&rsquo;Empire a &eacute;t&eacute; montr&eacute;e comme une &eacute;vidence indiscutable. <br \/>\nEn ce qui  concerne la conqu&ecirc;te et l&rsquo;occupation des terres d&rsquo;autrui, l&rsquo;&oelig;uvre de  Brazza, d&rsquo;Archinard, de Galli&eacute;ni&#8230; a &eacute;t&eacute; magnifi&eacute;e. Non seulement  l&rsquo;exploitation des peuples soumis a &eacute;t&eacute; pr&eacute;sent&eacute;e comme un signe de la  grandeur fran&ccedil;aise, mais des dispositions ont &eacute;t&eacute; prises pour la rendre  plus cons&eacute;quente et plus durable. Des plans d&rsquo;exploitation de quinze  ans, de vingt ans et de quatorze ans ont m&ecirc;me &eacute;t&eacute; propos&eacute;s. <br \/>\nEn ce  qui concerne la culture, on a simplement &eacute;cart&eacute; d&rsquo;un revers de main les  langues africaines les jugeant incapables d&rsquo;&eacute;lever le niveau de  connaissance d&rsquo;un peuple. <br \/>\nVoil&agrave; donc les r&eacute;ponses pr&eacute;cises &agrave; ces questions pr&eacute;cises. &raquo; <\/p>\n<p>(in Laurent GBAGBO, R&eacute;flexions sur la Conf&eacute;rence de Brazzaville, Yaound&eacute;, Editions CLE, 1978, pp 33-35)<br \/>\n<i> Par Marcelin VOUNDA ETOA *<\/i> <\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Jeune Afrique consacre son &eacute;dition sp&eacute;ciale du mois d&rsquo;ao&ucirc;t &agrave; la C&ocirc;te d&rsquo;Ivoire qui a comm&eacute;mor&eacute; le cinquantenaire de son ind&eacute;pendance le&hellip;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_lmt_disableupdate":"","_lmt_disable":"","footnotes":""},"categories":[3810],"tags":[],"class_list":["post-32720","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-archives"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/32720","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=32720"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/32720\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=32720"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=32720"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=32720"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}