{"id":32721,"date":"2010-08-19T17:06:42","date_gmt":"2010-08-19T17:06:42","guid":{"rendered":""},"modified":"2006-01-01T00:00:00","modified_gmt":"2006-01-01T00:00:00","slug":"2316","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/2316\/","title":{"rendered":"Ath\u00e8nes ou J\u00e9rusalem&#8194;?"},"content":{"rendered":"<p>&nbsp;<\/p>\n<p><span class=\"13aria\"> Depuis quelques ann&eacute;es, on assiste &agrave; un accroissement du nombre  d&rsquo;&eacute;tablissements d&rsquo;enseignement sup&eacute;rieur cr&eacute;&eacute;s par les Eglises au  Cameroun. Ce constat am&egrave;ne in&eacute;vitablement &agrave; reconsid&eacute;rer la fameuse  interrogation de Tertullien. &laquo;Qu&rsquo;y-a-t-il de commun entre Ath&egrave;nes et  J&eacute;rusalem? Entre l&rsquo;acad&eacute;mique et le religieux ?&raquo; se demandait le   carthaginois Tertullien, opposant de fa&ccedil;on radicale foi et raison et  laissant entendre que les deux paradigmes &eacute;taient incompatibles par  nature. L&rsquo;histoire ne lui donna pas raison puisque l&rsquo;Eglise fut  historiquement, &agrave; l&rsquo;origine des premi&egrave;res universit&eacute;s. Comme le rel&egrave;ve  Olusegun Olawoyin, les premi&egrave;res universit&eacute;s &agrave; &ecirc;tre cr&eacute;&eacute;es &agrave; travers le  monde, que ce soit Bologne, Paris, Oxford ou Cambridge furent  originellement des &eacute;coles cat&eacute;ch&eacute;tiques chr&eacute;tiennes.<\/p>\n<p>Par  ailleurs, les meilleures universit&eacute;s de monde actuellement,  le  Institute of Higher Education,le Shangai Jiao Tong University, class&eacute;es  premi&egrave;res universit&eacute;s du monde en 2005, furent chr&eacute;tiennes &agrave; l&rsquo;origine. <br \/>\nL&rsquo;Universit&eacute;  en tant que lieu privil&eacute;gi&eacute; de la production du savoir est donc un lieu  strat&eacute;gique  o&ugrave; l&rsquo;Eglise ne peut plus se contenter d&rsquo;occuper une  position p&eacute;riph&eacute;rique, marginale. Parce que l&rsquo;universit&eacute; est le  laboratoire o&ugrave; s&rsquo;observent les mutations sociales et &agrave; partir duquel  sont &eacute;labor&eacute;es les r&eacute;ponses aux questions qui engagent la vie des  communaut&eacute;s, l&rsquo;Eglise qui a depuis longtemps per&ccedil;u la dimension  holistique de sa mission ne peut plus  se contenter d&rsquo;en &ecirc;tre un acteur   p&eacute;riph&eacute;rique. Elle doit, elle aussi r&eacute;pondre aux questions sociales,  &eacute;conomiques et culturelles selon la perspective qui est la sienne. <\/p>\n<p>A  d&eacute;faut d&rsquo;&ecirc;tre capable de productions technologiques, l&rsquo;universit&eacute;  camerounaise offre au moins &agrave; ceux qui la fr&eacute;quentent, une technologie  mentale pour discerner, dans la somme disparate et h&eacute;t&eacute;roclite des  productions  technologiques mat&eacute;rielles et immat&eacute;rielles, celles qui  sont nocives &agrave; l&rsquo;&eacute;panouissement du corps social.<br \/>\nC&rsquo;est donc au c&oelig;ur  de ces enjeux vitaux que l&rsquo;Eglise devrait inscrire son action : une  action structurelle et non plus ponctuelle et p&eacute;riph&eacute;rique.<br \/>\nLa cr&eacute;ation d&rsquo;universit&eacute;s par les Eglises devrait donc viser au moins trois objectifs : <br \/>\n1)  &ndash; Faire passer  la pastorale en milieu universitaire de la p&eacute;riph&eacute;rie  au Centre ; du t&eacute;moignage subjectif &agrave; un t&eacute;moignage structurel qui  assure un encadrement  &agrave; la fois diaconal et surtout spirituel &agrave; ses  fils.<br \/>\n2) &ndash; Faire des Eglises des interlocuteurs  institutionnels du  monde acad&eacute;mique, culturel et scientifique en &eacute;tablissant un dialogue  entre la foi et les disciplines du savoir.<br \/>\n3) &ndash; Faire participer  l&rsquo;Eglise &agrave; travers les institutions universitaires qu&rsquo;elle aura cr&eacute;&eacute;es  aux d&eacute;fis du d&eacute;veloppement et des mutations sociales de  notre pays.<\/p>\n<p>Mais  les universit&eacute;s ne sont pas des coll&egrave;ges d&rsquo;enseignement secondaire  encore moins des s&eacute;minaires ou des instituts de formation th&eacute;ologique.  Le champ du savoir, la multiplicit&eacute; et la vari&eacute;t&eacute; des domaines de la  connaissance que  prend en charge le syst&egrave;me de l&rsquo;enseignement sup&eacute;rieur  impose aux Eglises du Cameroun, dans le processus de cr&eacute;ation  d&rsquo;universit&eacute;s, des choix strat&eacute;giques prenant en compte leurs propres  d&eacute;fis historiques et les enjeux  li&eacute;s &agrave; leur encrage g&eacute;ographique et  humain. Seule la prise en compte de ces sp&eacute;cificit&eacute;s devrait donner une  identit&eacute; propre &agrave; ces universit&eacute;s afin qu&rsquo;on n&rsquo;assiste pas &agrave; une  duplication d&rsquo;un mod&egrave;le unique qui reproduirait les tares du syst&egrave;me de  l&rsquo;enseignement existant : multiplication de fili&egrave;res dispensant des  formations th&eacute;oriques sans grande emprise sur la r&eacute;alit&eacute; et les enjeux  pratiques et concrets de notre soci&eacute;t&eacute;. Comme le sugg&egrave;re la devise de la  plus grande universit&eacute; du Ghana, la Central University College, les  universit&eacute;s chr&eacute;tiennes priv&eacute;es devraient avoir pour but de d&eacute;velopper  un syst&egrave;me d&rsquo;enseignement sup&eacute;rieur fond&eacute; sur les valeurs &eacute;thiques et  particuli&egrave;rement orient&eacute; vers les besoins du continent africain ; l&rsquo;un  des plus important de ces besoins &eacute;tant la formation du caract&egrave;re des  &eacute;tudiants et la culture de leur &acirc;me sur un fondement &eacute;thique. <\/p>\n<p><i> Par Marcelin VOUNDA ETOA * <\/i> <\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&nbsp; Depuis quelques ann&eacute;es, on assiste &agrave; un accroissement du nombre d&rsquo;&eacute;tablissements d&rsquo;enseignement sup&eacute;rieur cr&eacute;&eacute;s par les Eglises au Cameroun. 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