{"id":32728,"date":"2010-10-01T00:47:53","date_gmt":"2010-10-01T00:47:53","guid":{"rendered":""},"modified":"2006-01-01T00:00:00","modified_gmt":"2006-01-01T00:00:00","slug":"2323","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/2323\/","title":{"rendered":"Passage de t\u00e9moin ? : Paul Biya face \u00e0 un dilemme"},"content":{"rendered":"<p><span class=\"cap\" title=\"L\"><span>L<\/span><\/span>es images de l&rsquo;arriv&eacute;e de Paul Biya &agrave; l&rsquo;a&eacute;roport international JFK de New York, lundi 20 septembre 2010, et largement diffus&eacute;es par la CRTV, la t&eacute;l&eacute;vision nationale,&nbsp;&eacute;taient plut&ocirc;t &eacute;mouvantes. L&rsquo;attitude du chef de l&rsquo;Etat camerounais, descendant assez p&eacute;niblement l&rsquo;&eacute;chelle de coup&eacute;e de l&rsquo;avion qui l&rsquo;a amen&eacute; aux Etats-Unis l&rsquo;Am&eacute;rique (USA), o&ugrave; il prend part en ce moment &agrave; la 65&egrave; Assembl&eacute;e g&eacute;n&eacute;rale des Nations-Unies, a suscit&eacute; chez bien des spectateurs &agrave; la fois des craintes et un certain apitoiement. A un moment donn&eacute;, on a vu le pr&eacute;sident de la R&eacute;publique du Cameroun, apr&egrave;s qu&rsquo;il a salu&eacute; l&rsquo;&eacute;quipage, se retourner, puis murmurer paternellement quelques mots &agrave; un de ses gardes du corps, en l&rsquo;occurrence le colonel Melingui qui le talonnait de tr&egrave;s pr&egrave;s&nbsp;; un peu comme pour lui demander de veiller sur lui, face &agrave; la difficult&eacute; qu&rsquo;il semblait visiblement &eacute;prouver &agrave; descendre sereinement la tr&egrave;s haute &eacute;chelle de coup&eacute;e. Une fois au bas de la passerelle, les salutations qu&rsquo;il adresse aux diff&eacute;rentes personnalit&eacute;s venues l&rsquo;accueillir, &agrave; savoir entre autres l&rsquo;ambassadeur du Cameroun aux USA, et le repr&eacute;sentant permanent du Cameroun &agrave; l&rsquo;ONU sont br&egrave;ves. Le pr&eacute;sident apparaissait assez soucieux et presque fatigu&eacute;. Peut-&ecirc;tre, est-ce le voyage&nbsp;?<\/p>\n<p>De toutes les fa&ccedil;ons, &agrave; le voir sur le petit &eacute;cran, on aurait dit un homme &eacute;puis&eacute; par plusieurs mois de durs labeurs qu&rsquo;interpellent ses hautes et d&eacute;licates fonctions. Toujours vu &agrave; la t&eacute;l&eacute;, dans le reportage de l&rsquo;envoy&eacute; sp&eacute;cial de la CRTV, le brassage avec les membres de la communaut&eacute; camerounaise vivant aux Usa, et en particulier les vrais (ou faux&nbsp;?) militants du Rassemblement d&eacute;mocratique du peuple camerounais (RDPC), le parti au pouvoir au Cameroun, &agrave; l&rsquo;h&ocirc;tel Waldorf Astoria &agrave; Manhattan, ne semblait pas avoir &eacute;t&eacute; aussi chaleureux que d&rsquo;habitude. Sauf en tout cas, la premi&egrave;re dame Chantal Biya, qui est apparue &agrave; l&rsquo;&eacute;cran toujours aussi d&eacute;gag&eacute;e que joyeuse et spontan&eacute;e, comme d&rsquo;habitude.<\/p>\n<p><strong>Ouvrir un d&eacute;bat franc et honn&ecirc;te<\/strong><\/p>\n<p>Pourtant, selon certaines sources assez bien introduites, le chef de l&rsquo;Etat qui partait de Gen&egrave;ve en Suisse o&ugrave; il r&eacute;side une fois de plus depuis quelques semaines, semblait bien b&eacute;n&eacute;fici&eacute; d&rsquo;un (autre) s&eacute;jour vacancier. Un temps de repos que certaine personnalit&eacute; du s&eacute;rail approch&eacute;e par Le Messager estime &laquo;&nbsp;&ecirc;tre bien m&eacute;rit&eacute;. Le pr&eacute;sident est un homme qui travaille beaucoup. Du moins assez pour un homme de son &acirc;ge. Contrairement &agrave; ce que les gens peuvent penser. Le pr&eacute;sident Paul Biya travaille avec ardeur et intelligence depuis pr&egrave;s de 28 ans. Et avant cela, en tant que collaborateur de son pr&eacute;d&eacute;cesseur pendant plusieurs ann&eacute;es. Il est normal que par moment, du fait de l&rsquo;exp&eacute;rience acquise dans cette exaltante t&acirc;che, il puisse prendre du recul de temps &agrave; autre, aussi bien au Cameroun lorsqu&rsquo;il se trouve dans son village, qu&rsquo;&agrave; l&rsquo;&eacute;tranger o&ugrave; il a l&rsquo;habitude de se rendre d&rsquo;ailleurs depuis qu&rsquo;il est dans les arcanes de la haute administration publique.&nbsp;Le pr&eacute;sident &nbsp;peut &agrave; un moment donn&eacute;, pr&eacute;senter quelques signes de lassitude sur le plan physique comme on peut l&rsquo;avoir observ&eacute;. C&rsquo;est humain. Mais il reste un homme lucide &agrave; la t&ecirc;te de l&rsquo;Etat.&raquo;, tranche notre interlocuteur.<\/p>\n<p><strong>Prince vieillissant<\/strong><\/p>\n<p>A presque 79 ans (&acirc;ge qu&rsquo;il va atteindre dans 5 mois, en f&eacute;vrier 2011), le pr&eacute;sident Paul Biya est depuis longtemps entr&eacute; dans le troisi&egrave;me &acirc;ge. Certaines mauvaises langues diraient qu&rsquo;il est . Seulement voil&agrave;, &agrave; cet &acirc;ge l&agrave;, m&ecirc;me si on n&rsquo;a pas connu le dur labeur des pauvres paysans camerounais de son &acirc;ge, et dont la plupart est en voie de quitter cette terre des hommes (s&rsquo;ils ne l&rsquo;ont pas d&eacute;j&agrave; quitt&eacute;e), il peut para&icirc;tre assez normal que l&rsquo;on commence logiquement &agrave; faiblir physiquement. Cela peut aussi, tout &agrave; fait &nbsp;logiquement amener &agrave; penser &agrave; passer le t&eacute;moin comme semble l&rsquo;indiquer, un d&eacute;bat de plus en plus d&rsquo;actualit&eacute;, au sein du landerneau politique camerounais et dont la presse se fait de plus en plus l&rsquo;&eacute;cho.<\/p>\n<p>&laquo;&nbsp;Il est temps que nous commencions tous davantage &agrave; m&eacute;nager le pr&eacute;sident. A son &acirc;ge, cela parait n&eacute;cessaire. Cela veut dire aussi que le pr&eacute;sident lui-m&ecirc;me commence &agrave; penser d&eacute;j&agrave; &agrave; se m&eacute;nager. [&hellip;] Mais aussi &agrave; envisager l&rsquo;avenir du syst&egrave;me sans lui.&nbsp;[&hellip;] Une chose est certaine&nbsp;: les s&eacute;jours devenus constants du chef de l&rsquo;Etat &agrave; l&rsquo;&eacute;tranger, et principalement &agrave; Gen&egrave;ve, o&ugrave; sont d&rsquo;ailleurs scolaris&eacute;s ses plus jeunes enfants ne sont pas toujours gratuits. Il appara&icirc;t que, de mani&egrave;re ind&eacute;niable, le pr&eacute;sident &agrave; besoin d&rsquo;&ecirc;tre constamment assist&eacute; m&eacute;dicalement. A son &acirc;ge, cela est in&eacute;vitable. A 79 ans, tout peut arriver&hellip;Il est donc temps, je pense, qu&rsquo;il puisse lui-m&ecirc;me d&eacute;mocratiquement organiser au sein du parti, loin des soup&ccedil;ons morbides, et des ambitions malveillantes, la visibilit&eacute; de sa succession.&nbsp;&raquo;, analyse sous anonymat un politologue proche du RDPC, qui redoute que ses propos&nbsp;soient mal interpr&eacute;t&eacute;s.<\/p>\n<p><strong>Implosion<\/strong><\/p>\n<p>Pour lui,&nbsp; il est clair que beaucoup de caciques du r&eacute;gime refusent de parler publiquement de cette question de succession &agrave; la t&ecirc;te de l&rsquo;Etat et &agrave; la t&ecirc;te du parti par &eacute;go&iuml;sme car cela signifierait la perte de leurs int&eacute;r&ecirc;ts au sein de l&rsquo;appareil politique, du gouvernement et du syst&egrave;me dont ils se sont plus servis. Il vaut mieux pour eux, tout faire pour que le pr&eacute;sident reste l&agrave;. Si possible en cr&eacute;ant un climat malsain de suspicions tous azimuts au sein du syst&egrave;me. &laquo;&nbsp;C&rsquo;est pour cela que vous avez des ministres qui, lors des meetings du RDPC dans leurs fiefs d&rsquo;origine, disent Mais je crois que cela doit s&rsquo;arr&ecirc;ter, et que de mani&egrave;re d&eacute;mocratique, on ouvre dans le syst&egrave;me gouvernant un d&eacute;bat interne, franc et honn&ecirc;te, sur la succession de Paul Biya &agrave; la t&ecirc;te et du RDPC et de l&rsquo;Etat&nbsp;&raquo;.<\/p>\n<p>Si de mani&egrave;re patente, les tenants du syst&egrave;me refusent (pour l&rsquo;instant) de parler &agrave; la fois ouvertement et publiquement de qui pourrait remplacer Paul Biya &agrave; la t&ecirc;te du RDPC et de l&rsquo;Etat, dans un avenir proche ou lointain, c&rsquo;est bien parce que le syst&egrave;me lui-m&ecirc;me, devenu fragile et f&eacute;brile face &agrave; un prince vieillissant, court de mani&egrave;re pers&eacute;v&eacute;rante le risque d&rsquo;une implosion &agrave; tout instant. Aussi, dans sa situation actuelle, us&eacute; par de longues ann&eacute;es de pouvoir absolu, Paul Biya se trouve face &agrave; un dilemme. Il y a d&rsquo;un c&ocirc;t&eacute;, des courtisans absolus, surtout motiv&eacute;s par le gain quotidien des pr&eacute;bendes, qui tiennent &agrave; le voir s&rsquo;&eacute;puiser au pouvoir jusqu&rsquo;&agrave; la mort, et qui sont pr&ecirc;ts &agrave; en d&eacute;coudre avec tous ceux qui ne pensent pas comme eux. De l&rsquo;autre c&ocirc;t&eacute;, il y a cette franche de plus en plus nombreuse de jeunes caciques qui ne cachent pas leurs&nbsp; ambitions, et qui entendent pour des besoins de garantie de paix au Cameroun, amener l&rsquo;actuel chef de l&rsquo;Etat &agrave; construire et d&eacute;velopper une visibilit&eacute; dans sa succession au sommet de l&rsquo;Etat et &agrave; la t&ecirc;te du parti au pouvoir. C&rsquo;est en fait le sens des batailles meurtri&egrave;res qui traversent depuis pr&egrave;s de 10 ans le s&eacute;rail politique du pays du regrett&eacute; Ruben Um Nyobe. Paul Biya tranchera-t-il&nbsp; et de quelle mani&egrave;re&nbsp;? Seul l&rsquo;avenir nous le dira.<\/p>\n<p><span>jean.francois.channon<\/span><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les images de l&rsquo;arriv&eacute;e de Paul Biya &agrave; l&rsquo;a&eacute;roport international JFK de New York, lundi 20 septembre 2010, et largement diffus&eacute;es par&hellip;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_lmt_disableupdate":"","_lmt_disable":"","footnotes":""},"categories":[3810],"tags":[],"class_list":["post-32728","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-archives"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/32728","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=32728"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/32728\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=32728"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=32728"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=32728"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}