{"id":32747,"date":"2011-06-02T15:32:43","date_gmt":"2011-06-02T15:32:43","guid":{"rendered":""},"modified":"2006-01-01T00:00:00","modified_gmt":"2006-01-01T00:00:00","slug":"2342","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/2342\/","title":{"rendered":"Pr\u00e9sidentielle 2011 : Pourquoi Paul Biya est in\u00e9ligible"},"content":{"rendered":"<p><a title=\"\" href=\"http:\/\/quotidien.mutations-multimedia.com\/images\/stories\/biya_sourire.jpg\" data-rel=\"penci-gallery-image-content\"  class=\"fancyboxgroup\" rel=\"jagroupgroup\"><img decoding=\"async\" align=\"right\" src=\"http:\/\/quotidien.mutations-multimedia.com\/images\/resized\/images\/stories\/biya_sourire_200_200.jpg\" alt=\"biya_sourire\" style=\"float: right;\" \/>  \t\t\t\t\t \t\t\t<\/a><br \/>\nContribution au d&eacute;bat sur l&rsquo;in&eacute;ligibilit&eacute; de l&rsquo;actuel &laquo; candidat naturel &raquo; du Rdpc au prochain scrutin pr&eacute;sidentiel.<\/p>\n<p>Face aux &laquo; appels du peuple &raquo; incessants et des multiples motions de soutien initi&eacute;s par certains militants du RDPC, lesquels souhaitent voir leur Chef continuer &agrave; pr&eacute;sider aux destin&eacute;es du CAMEROUN, et l&rsquo;application de la Loi n&deg; 2008\/001 du 14 Avril 2008 modifiant et compl&eacute;tant certaines dispositions de la Loi n&deg; 96\/06 du 18 Janvier 1996 portant r&eacute;vision de la constitution du 02 Juin 1972, la question se pose de savoir si celui-l&agrave; qu&rsquo;on invite tant &agrave; se porter candidat &agrave; l&rsquo;&eacute;lection pr&eacute;sidentielle est &eacute;ligible au regard de notre droit positif et des principes fondamentaux du droit. C&rsquo;est le quotidien national &laquo; Cameroon Tribune &raquo; dans sa parution n&deg; 9855\/6056 du Vendredi 27 Mai 2011 qui fait &eacute;tat des d&eacute;bats ayant cours dans les plateaux sp&eacute;cialis&eacute;s des cha&icirc;nes de t&eacute;l&eacute;vision nationales et sur internet. Pour d&eacute;fendre la position du parti au pourvoi, ce journal a fait appel au Professeur Narcisse MOUELLE KOMBI, Directeur de l&rsquo;IRIC, lequel affirme que &laquo; ce soi-disant d&eacute;bat tient de la mauvaise foi &raquo;<\/p>\n<p>Le seul argument juridique par lui invoqu&eacute; est fond&eacute; sur le principe de la non r&eacute;troactivit&eacute; de la loi. En effet, il rel&egrave;ve &agrave; l&rsquo;attention des lecteurs du quotidien gouvernemental que &laquo; la loi constitutionnelle de 1996 limitant les mandats a &eacute;t&eacute; express&eacute;ment et valablement abrog&eacute;e en 2008. Ainsi, son abrogation l&eacute;gale emp&ecirc;che qu&rsquo;elle puisse encore produire un quelconque effet juridique pour l&rsquo;avenir, la loi nouvelle ouvrant la possibilit&eacute; de la r&eacute;&eacute;ligibilit&eacute; illimit&eacute;e &agrave; partir du moment o&ugrave; elle est entr&eacute;e en vigueur d&egrave;s sa promulgation &raquo;.<\/p>\n<p>Nous remarquons que le c&eacute;l&egrave;bre Professeur parle de l&rsquo;effet de la loi ancienne pour l&rsquo;avenir. Mais que dit-il du sort des actes, faits et situations juridiques n&eacute;s sous l&rsquo;empire de la loi n&deg; 96\/06 du 18 Janvier 1996.<br \/>\nLe probl&egrave;me juridique qui se pose se situe au niveau de l&rsquo;application de la loi dans le temps de laquelle d&eacute;coulent des r&egrave;gles pr&eacute;cises r&eacute;gissant les actes, des faits ou situations juridiques n&eacute;s sous le r&eacute;gime de l&rsquo;ancienne loi.<br \/>\nEn r&eacute;alit&eacute;, il s&rsquo;agit plus pr&eacute;cis&eacute;ment de savoir si lors de son entr&eacute;e en vigueur, la loi nouvelle doit s&rsquo;appliquer &agrave; des actes, des faits ou des situations juridiques n&eacute;s sous l&rsquo;empire de la loi ancienne.<br \/>\nTrois solutions peuvent &ecirc;tre envisag&eacute;es :<br \/>\n&#8211;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Premi&egrave;rement, on peut admettre que la loi nouvelle s&rsquo;applique compl&egrave;tement &agrave; ces actes, faits et situations, ce qui &eacute;quivaut &agrave; donner &agrave; la loi nouvelle un effet r&eacute;troactif.<br \/>\n&#8211;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Deuxi&egrave;mement, on peut &agrave; l&rsquo;inverse refuser toute application de la loi nouvelle aux situations en cours et aux actes ou faits qui lui sont ant&eacute;rieurs, ce qui correspond &agrave; une non r&eacute;troactivit&eacute; absolue de la loi.<br \/>\n&#8211;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Troisi&egrave;mement, on peut opter pour une solution interm&eacute;diaire consistant &agrave; soumettre &agrave; la loi ancienne les effets &agrave; venir. C&rsquo;est ce que pr&ocirc;nait le Doyen ROUBIER dans sa th&eacute;orie dite de &laquo; l&rsquo;effet imm&eacute;diat de la loi nouvelle &raquo;.<br \/>\nLes doctrines lib&eacute;rales sont favorables &agrave; la Non R&eacute;troactivit&eacute; de la loi tandis&nbsp;&nbsp; que les doctrines sociales se prononcent en faveur de la r&eacute;troactivit&eacute; de la nouvelle loi.<br \/>\nQuelle est la solution retenue par l&rsquo;ordre juridique camerounais ?<br \/>\nEn quoi peut-on affirmer que le Pr&eacute;sident Paul BIYA est in&eacute;ligible ?<\/p>\n<p>A-&nbsp;&nbsp;&nbsp; Le Cameroun a opt&eacute; pour le principe de la non r&eacute;troactivit&eacute;<br \/>\nCe principe est formellement consacr&eacute; par le pr&eacute;ambule de la constitution camerounaise duquel il ressort clairement que &laquo; la loi ne peut avoir d&rsquo;effet r&eacute;troactif &raquo;. Il est clairement admis et de mani&egrave;re indiscutable que le pr&eacute;ambule de la constitution camerounaise a la m&ecirc;me valeur juridique que son corpus comme le souligne tr&egrave;s bien l&rsquo;article 65 qui pr&eacute;voit express&eacute;ment : &laquo; Le pr&eacute;ambule fait partie int&eacute;grante de la constitution &raquo;.<br \/>\nIl est alors &eacute;tabli que l&rsquo;ordre juridique camerounais a retenu la solution de la Non R&eacute;troactivit&eacute; absolue de la nouvelle loi, qui est alors un principe constitutionnel. Le principe de la non r&eacute;troactivit&eacute; de la nouvelle loi interdit de modifier et de remettre en cause les cons&eacute;quences que l&rsquo;ancienne loi a produites.<br \/>\nIl convient de relever qu&rsquo;en pr&eacute;sence de l&rsquo;application d&rsquo;une nouvelle loi dans un syst&egrave;me juridique ayant opt&eacute; pour le principe de la Non R&eacute;troactivit&eacute; de la loi, deux situations doivent &ecirc;tre envisag&eacute;es de fa&ccedil;on distincte :<br \/>\n&#8211;&nbsp;&nbsp;&nbsp; La situation cr&eacute;&eacute;e par l&rsquo;ancien r&eacute;gime. C&rsquo;est-&agrave;-dire faits, situations et actes juridiques n&eacute;s sous l&rsquo;empire de l&rsquo;ancienne loi.<\/p>\n<p>&#8211;&nbsp;&nbsp;&nbsp; La situation des faits &agrave; venir &agrave; partir de l&rsquo;entr&eacute;e en vigueur de la nouvelle loi.<br \/>\nS&rsquo;agissant de la premi&egrave;re situation, la loi nouvelle ne peut pas effacer les effets produits par l&rsquo;ancienne loi. Tous les ph&eacute;nom&egrave;nes juridiques engendr&eacute;s par l&rsquo;ancien r&eacute;gime sont irr&eacute;versibles, on parle du maintien de la situation pass&eacute;e voire de la th&eacute;orie des droits acquis.<\/p>\n<p>Le Professeur Narcisse MOUELLE KOMBI dans son argumentaire s&rsquo;est comport&eacute; comme si le CAMEROUN a opt&eacute; pour le principe de la R&eacute;troactivit&eacute; de la loi, lequel postule que la nouvelle loi produit un effet sur le pass&eacute; en le remettant compl&egrave;tement en cause. A ce moment, on dit qu&rsquo;elle produit des effets &laquo; ab initio &raquo;, c&rsquo;est-&agrave;-dire depuis le d&eacute;but l&rsquo;ancienne loi &eacute;tant consid&eacute;r&eacute;e comme n&rsquo;avoir jamais exist&eacute;. En effet, le Professeur a bel et bien invoqu&eacute; le principe de la Non R&eacute;troactivit&eacute;, mais en a tir&eacute; plut&ocirc;t les cons&eacute;quences du principe de la R&eacute;troactivit&eacute;. Puisque c&rsquo;est avec ce principe que l&rsquo;abrogation de l&rsquo;ancienne loi &laquo; emp&ecirc;che qu&rsquo;elle puisse encore produire un quelconque effet juridique pour l&rsquo;avenir &raquo; comme pr&eacute;tend le Professeur. Or le CAMEROUN a opt&eacute; comme nous avons d&eacute;j&agrave; soulign&eacute; pour le principe de la Non R&eacute;troactivit&eacute;, lequel pr&eacute;serve les actes, faits et situations juridiques n&eacute;s sous l&rsquo;empire de l&rsquo;ancienne loi.<br \/>\nQuelle est la situation juridique n&eacute;e sous l&rsquo;empire de la loi n&deg; 96\/06 du 18 Janvier 1996 ?<\/p>\n<p>B-&nbsp;&nbsp;&nbsp; La situation juridique n&eacute;e sous l&rsquo;empire de la loi n&deg; 96\/06 du 18 janvier 1996 rend le pr&eacute;sident Paul Biya in&eacute;ligible pour la prochaine &eacute;lection pr&eacute;sidentielle<\/p>\n<p>1.&nbsp;&nbsp;&nbsp; L&rsquo;&eacute;lection du Pr&eacute;sident Paul BIYA en 1997 et 2004 ainsi que l&rsquo;ex&eacute;cution des mandats qui en d&eacute;coulent constituent une situation juridique d&rsquo;in&eacute;ligibilit&eacute; irr&eacute;versible<br \/>\nL&rsquo;article 6 de la loi constitutionnelle de 1996 et l&rsquo;article 1er de la Loi n&deg; 97\/020 du 09 Septembre 1997 modifiant certaines dispositions de la Loi n&deg; 92\/010 du 17 Septembre 1992 fixant les conditions d&rsquo;&eacute;lection et de suppl&eacute;ance &agrave; la Pr&eacute;sidence de la R&eacute;publique pr&eacute;voient que &laquo; (1) Le pr&eacute;sident de la R&eacute;publique est &eacute;lu pour un mandat de sept (07) ans, au suffrage universel direct, &eacute;gal et secret ;<\/p>\n<p>(2) Il est r&eacute;&eacute;ligible une fois &raquo;.<br \/>\nIl est constant et incontestable que le Pr&eacute;sident Paul BIYA a &eacute;t&eacute; &eacute;lu en 1997 et r&eacute;&eacute;lu en 2004. En renouvelant le mandat du Pr&eacute;sident Paul BIYA en 2004, le peuple camerounais mettait fin &agrave; la possibilit&eacute; de celui-ci de revenir devant lui pour solliciter un autre mandat et ce en vertu de la loi en vigueur jusqu&rsquo;&agrave; ce moment l&agrave;. Une situation juridique notamment l&rsquo;in&eacute;ligibilit&eacute; est alors n&eacute;e &agrave; cet instant. Il s&rsquo;agit d&rsquo;une situation juridique &eacute;tablie et consolid&eacute;e ne pouvant pas &ecirc;tre remise en cause en vertu du principe de la Non r&eacute;troactivit&eacute; de la loi, lequel est un facteur d&rsquo;ordre et de s&eacute;curit&eacute; juridique qui emp&ecirc;che toute personne de remettre en question les droits acquis et les actes ant&eacute;rieurs &agrave; la loi nouvelle.<br \/>\nA titre d&rsquo;illustration, si nous supposons que la r&eacute;vision constitutionnelle par la Loi de 2008 avait ramen&eacute; le mandat de sept (07) ans &agrave; cinq (05) ans par exemple, est-ce que nous pouvions valablement &agrave; l&rsquo;&eacute;poque d&eacute;clarer que la loi constitutionnelle de 1996 ne pouvait plus produire aucun effet juridique pour l&rsquo;avenir et que son effet imm&eacute;diat abr&eacute;geait automatiquement le mandat du Pr&eacute;sident initialement &eacute;lu pour sept (07) ans et qu&rsquo;il ne lui restait qu&rsquo;une ann&eacute;e de mandat ?<br \/>\nNaturellement, nous r&eacute;pondons par la n&eacute;gative, parce qu&rsquo;en vertu du principe de la Non R&eacute;troactivit&eacute;, toute situation juridique n&eacute;e sous l&rsquo;ancienne loi et dont les effets se prolongent dans le temps demeure en l&rsquo;&eacute;tat. On parlera dans ce cas du droit acquis.<\/p>\n<p>2.&nbsp;&nbsp;&nbsp; Le droit acquis aux futurs candidats de la prochaine &eacute;lection pr&eacute;sidentielle &agrave; contester la candidature du Pr&eacute;sident Paul BIYA<br \/>\nLes futurs candidats &agrave; la prochaine &eacute;lection pr&eacute;sidentielle jouissent des droits acquis par la situation juridique n&eacute;e sous l&rsquo;empire de la loi constitutionnelle de 1996. Ceux-ci ont un int&eacute;r&ecirc;t &agrave; voir leur chance d&rsquo;acc&egrave;s au pouvoir augmenter du fait de la mise r&eacute;guli&egrave;re hors de course un concurrent coriace de par sa long&eacute;vit&eacute; au pouvoir et surtout de sa ma&icirc;trise de l&rsquo;appareil &eacute;tatique impliqu&eacute; dans le processus &eacute;lectoral.<br \/>\nCela pose un v&eacute;ritable probl&egrave;me du fond de droit qui pourrait donner lieu &agrave; un contentieux si le Pr&eacute;sident Paul BIYA viendrait &agrave; se porter candidat &agrave; la prochaine &eacute;lection pr&eacute;sidentielle.<\/p>\n<p>Maitre&nbsp; Fid&egrave;le Djoumbissie, Avocat &ndash; Conseil au Barreau du Cameroun<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Contribution au d&eacute;bat sur l&rsquo;in&eacute;ligibilit&eacute; de l&rsquo;actuel &laquo; candidat naturel &raquo; du Rdpc au prochain scrutin pr&eacute;sidentiel. 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