{"id":32754,"date":"2011-06-06T17:38:11","date_gmt":"2011-06-06T17:38:11","guid":{"rendered":""},"modified":"2006-01-01T00:00:00","modified_gmt":"2006-01-01T00:00:00","slug":"2349","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/2349\/","title":{"rendered":"Baccalaur\u00e9at 2011 : Opinions sur l\u2019un des sujets de philosophie"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\"><img decoding=\"async\" style=\"width: 150px; height: 150px; border-width: 1px; border-style: solid; margin: 5px; float: left;\" src=\"http:\/\/www.quotidienlejour.com\/images\/resized\/images\/photos%203\/philosophie_200_200.jpg\" alt=\"alt\" \/>  \t\t\t\t\t \t\t\t<em><strong>Quelle r&eacute;flexion vous inspire ce sujet&nbsp;: <\/strong>L&rsquo;union de la force et du droit peut-elle constituer un danger pour la d&eacute;mocratie&nbsp;?<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>&ldquo;Tous les Etats sont des Etats de droit&rdquo;<span style=\"font-style: italic;\"> : <\/span>Enoh Meyomesse, &eacute;crivain<\/strong><br \/>\nLa force et le droit, en v&eacute;rit&eacute;, ne doivent gu&egrave;re coexister. Ils  doivent s&rsquo;exclure r&eacute;ciproquement. En fait, l&rsquo;un pr&eacute;c&egrave;de l&rsquo;autre. La  force pr&eacute;c&egrave;de toujours le droit.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Car, qu&rsquo;est-ce que le droit&nbsp;? C&rsquo;est la codification de ce que la force a  &eacute;tabli. Il n&rsquo;y a pas le droit en soi. Le droit est invariablement le  r&eacute;sultat d&rsquo;un rapport de forces. Il en a toujours &eacute;t&eacute; ainsi tout au long  de l&rsquo;histoire de l&rsquo;humanit&eacute;. C&rsquo;est pourquoi la notion d&rsquo;Etat de droit,  pour pr&eacute;tendre d&eacute;signer un Etat d&eacute;mocratique, est fondamentalement  pernicieuse. Tous les Etats sont des Etats de droit. M&ecirc;me les Etats  dictatoriaux. L&rsquo;Etat esclavagiste est un Etat de droit. Il est r&eacute;gi par  des lois qui maintiennent des &ecirc;tres humains en esclavage.<br \/>\nL&rsquo;Etat sud-africain, sous l&rsquo;apartheid, &eacute;tait bel et bien un Etat de  droit, car il &eacute;tait r&eacute;gi par des lois, les fameuses lois de  &laquo;&nbsp;d&eacute;veloppement s&eacute;par&eacute;&nbsp;&raquo;. De m&ecirc;me, l&rsquo;Etat am&eacute;ricain, au temps de la  s&eacute;gr&eacute;gation raciale, &eacute;tait un Etat de droit. Il existait des lois  s&eacute;parant les deux communaut&eacute;s, blanche et noire. L&rsquo;Etat colonial,  &eacute;galement, &eacute;tait un Etat de droit. C&rsquo;est la loi qui avait institu&eacute; la  s&eacute;gr&eacute;gation raciale au sein de l&rsquo;Arcam, Assembl&eacute;e Repr&eacute;sentative du  Cameroun, 1947-1952, puis de l&rsquo;Atcam, Assembl&eacute;e territoriale du  Cameroun, 1952-1956. Il y avait, d&rsquo;un c&ocirc;t&eacute;, les d&eacute;put&eacute;s blancs, et de  l&rsquo;autre, les d&eacute;put&eacute;s noirs. En plus, en ce temps-l&agrave;, un Blanc = 1 voix,  tandis que 30 Noirs = 1 voix. C&rsquo;&eacute;tait le droit. La dictature qui r&eacute;gnait  au Cameroun, au lendemain de l&rsquo;ind&eacute;pendance &ndash; ou qui continue &agrave; r&eacute;gner &ndash;  &eacute;tait (est) bas&eacute;e sur le droit. Les arrestations d&rsquo;opposants,  d&rsquo;&eacute;crivains, de journalistes, de syndicalistes, les interdictions de  manifestations, la saisie des journaux, etc, &eacute;taient (sont) effectu&eacute;es  en vertu du droit, notamment l&rsquo;ordonnance 62-OF-18, du 12 mars 1962,  hier, et les lois de d&eacute;cembre 1990, aujourd&rsquo;hui. Rien n&rsquo;&eacute;tait (n&rsquo;st)  fait dans l&rsquo;arbitraire. C&rsquo;&eacute;taient bel et bien les magistrats qui  condamnaient, sur la base du droit, les opposants au r&eacute;gime.<\/p>\n<p><strong>&laquo;&nbsp;Le droit est le seul garant de la stabilit&eacute; sociale&nbsp;&raquo; : Milla Assout&eacute;,&nbsp;pr&eacute;sident du Rdmc<\/strong><br \/>\nL&rsquo;usage de la force en politique t&eacute;moigne toujours de la d&eacute;faillance  d&rsquo;un accord juridique issu d&rsquo;un consensus politique. Ce qui caract&eacute;rise  la d&eacute;mocratie c&rsquo;est la culture du droit d&rsquo;un pays en raison de ce qu&rsquo;il  r&eacute;gule la vie sociale entre les citoyens. Il est dont imp&eacute;ratif non  seulement de d&eacute;velopper la culture du respect du droit, mais aussi  d&rsquo;admettre que le droit surplombe tous les acteurs sociaux, y compris  l&rsquo;Etat, qui doit se soumettre au respect du droit, contraignant par une  telle attitude les acteurs frustr&eacute;es &agrave; l&rsquo;usage de la force comme  prolongement de la pratique&nbsp;: le rapport de forces.<br \/>\nLe jeu d&eacute;mocratique ne devrait se faire que par la seule force  juridique ou de mobilisation populaire. Or l&rsquo;instrumentation du droit ou  des instances de droit ou encore celles de maintien de l&rsquo;ordre pour  brider l&rsquo;expression d&eacute;mocratique d&rsquo;un suffrage appelle forc&eacute;ment les  d&eacute;rives de r&eacute;tablissement du droit par des moyens ill&eacute;gaux. Lorsqu&rsquo;il y  a&nbsp; collusion entre l&rsquo;ex&eacute;cutif et le judicaire, le magistrat devient un  bourreau aux yeux du justiciable.<br \/>\nLa violence ill&eacute;gale qui a tendance &agrave; r&eacute;tablir la l&eacute;galit&eacute; que lui  d&eacute;nie les instances l&eacute;gales constitue un dilemme. Tout usage de la force  en d&eacute;mocratie est une menace pour la d&eacute;mocratie dont l&rsquo;essence m&ecirc;me de  sa pratique tire sa source du respect du droit, mais d&rsquo;un droit  l&eacute;gitime, c&rsquo;est-&agrave;-dire d&rsquo;un accord consensuel des parties prenantes.<\/p>\n<p><strong>&laquo;&nbsp;Que le droit s&rsquo;applique de mani&egrave;re &eacute;gale &agrave; tous&raquo; : Pierre Abanda Kpama, pr&eacute;sident du Manidem<\/strong><br \/>\nDans la hi&eacute;rarchie des principes, le droit est au-dessus de la force et  la force doit servir le droit, et non le contraire. De plus, pour que  la force serve le droit, il faut que le droit s&rsquo;applique de mani&egrave;re  &eacute;gale &agrave; tous les citoyens, quels qu&rsquo;ils soient. Si ces deux conditions  sont remplies, l&rsquo;union de la force et du droit ne peut pas desservir la  d&eacute;mocratie.<\/p>\n<p><strong>&laquo;&nbsp;Il n&rsquo;y a pas de raison de m&eacute;langer la force et le droit&nbsp;&raquo; : Mboua Massock, pr&eacute;sident de la Nodyna<\/strong><br \/>\nDans un Etat de droit, le droit c&rsquo;est d&eacute;j&agrave; la force. Et la force  revient &agrave; la loi. Il n&rsquo;y a pas de raison de m&eacute;langer la force et le  droit. D&eacute;j&agrave;, de quelle force parle-t-on&nbsp;? S&rsquo;il s&rsquo;agit de la force  physique o&ugrave; on envoie des gendarmes arm&eacute;s assigner le combattant Mboua  Massok &agrave; r&eacute;sidence sans aucun document l&eacute;gal, alors cette force-l&agrave; n&rsquo;est  pas bonne.<\/p>\n<p style=\"text-align: right;\"><em>Propos recueillis par Cathy Yogo et Mathias Mouend&eacute; Ngamo (Stg)<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Quelle r&eacute;flexion vous inspire ce sujet&nbsp;: L&rsquo;union de la force et du droit peut-elle constituer un danger pour la d&eacute;mocratie&nbsp;? &ldquo;Tous les&hellip;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_lmt_disableupdate":"","_lmt_disable":"","footnotes":""},"categories":[3810],"tags":[],"class_list":["post-32754","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-archives"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/32754","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=32754"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/32754\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=32754"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=32754"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=32754"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}