{"id":32779,"date":"2011-10-13T21:28:02","date_gmt":"2011-10-13T21:28:02","guid":{"rendered":""},"modified":"2006-01-01T00:00:00","modified_gmt":"2006-01-01T00:00:00","slug":"2374","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/2374\/","title":{"rendered":"Etat de la litt\u00e9rature politique au Cameroun *"},"content":{"rendered":"<p>&nbsp;<\/p>\n<p><span class=\"13aria\"> La litt&eacute;rature politique, entendue comme l&rsquo;ensemble des ouvrages dont  l&rsquo;objet est la r&eacute;flexion sur la vie de la soci&eacute;t&eacute; telle qu&rsquo;elle est   assum&eacute;e par les acteurs qui ont la charge d&rsquo;animer les institutions  r&eacute;publicaines, fleurit &agrave; la faveur de l&rsquo;&eacute;lection pr&eacute;sidentielle dont le  calendrier a &eacute;t&eacute; d&eacute;finitivement clarifi&eacute; et pr&eacute;cis&eacute; par un r&eacute;cent d&eacute;cret  pr&eacute;sidentiel.  Cette litt&eacute;rature peut &ecirc;tre r&eacute;partie en trois  cat&eacute;gories. A c&ocirc;t&eacute; des ouvrages-programmes, des ouvrages-manifestes  produits par les candidats &agrave; ce jour d&eacute;clar&eacute;s, on retrouve des ouvrages  qui sont le fait de strat&egrave;ges et autres &eacute;tats major des partis ou des  acteurs de la soci&eacute;t&eacute; civile ; on doit aux techniciens des questions  &eacute;lectorales, aux politiciens et aux universitaires sp&eacute;cialistes de la  science politique la troisi&egrave;me cat&eacute;gorie d&rsquo;ouvrages qu&rsquo;on retrouve de  plus en plus dans les rayons de certaines librairies en cette p&eacute;riode de  pr&eacute;campagne.<\/p>\n<p>Si on peut se f&eacute;liciter de ce que les acteurs  politiques (membres de la soci&eacute;t&eacute; civile et leaders de partis)  consignent, pour certains, sous la forme d&rsquo;ouvrages, leurs projets de  soci&eacute;t&eacute; et leur r&eacute;flexion sur notre commun destin, on peut regretter  que, dans de nombreux cas, ces ouvrages ne b&eacute;n&eacute;ficient pas d&rsquo;une &eacute;dition  professionnelle. Ce manquement d&eacute;teint sur la qualit&eacute; de ces  publications et en limite la port&eacute;e ; lesdits ouvrages ne b&eacute;n&eacute;ficiant  g&eacute;n&eacute;ralement pas d&rsquo;une promotion et d&rsquo;une diffusion professionnelles,  leur impact sur la vie politique nationale en est davantage r&eacute;duite.  Ceux des auteurs qui confient leurs textes &agrave; des &eacute;diteurs professionnels  se retrouvent quant &agrave; eux &agrave; les publier &agrave; l&rsquo;ext&eacute;rieur du pays et, au  final, &agrave; proposer au lecteur locaux des livres au  prix moyen prohibitif  et &agrave; la diffusion restreinte.<\/p>\n<p>Du point de vue des contenus, la  plupart des ouvrages des candidats et de certains membres de la soci&eacute;t&eacute;  civile ressortissent du registre du r&eacute;quisitoire, lorsqu&rsquo;ils ne sont pas  de simples  compilations de v?ux et de promesses d&rsquo;une vie meilleure  sous la f&eacute;rule de tel ou tel autre leader. Pour se faire une id&eacute;e du  destin de ces publications, il faudrait interroger les candidats &agrave; la  pr&eacute;sidentielle qui s&rsquo;&eacute;taient livr&eacute;s &agrave; l&rsquo;exercice de l&rsquo;&eacute;criture en 2004.  Hubert Kamgang, Hameni Bieuleu et les quelques autres n&rsquo;ont assur&eacute;ment  pas battu des records de vente en leur temps. La raison en est simple.  Les cibles de telles publications sont soit les militants des partis  dont les auteurs sont les leaders, soit les strat&egrave;ges des autres partis,  curieux de savoir ce que proposent leurs rivaux, soit les ind&eacute;cis du  champ politique ; il n&rsquo;y a pas l&agrave; de quoi faire des best seller.<\/p>\n<p>Les  ouvrages produits par les techniciens et les sp&eacute;cialistes de la vie et  de la science politique sont moins nombreux. Leur succ&egrave;s est parfois  paradoxal en ce que les records de vente qu&rsquo;ils peuvent atteindre ne  sont pas n&eacute;cessairement la reconnaissance de la valeur de leur contenu.  Notre soci&eacute;t&eacute; politique n&rsquo;&eacute;tant pas diff&eacute;rente des autres, les ouvrages  qui sont des pav&eacute;s jet&eacute;s dans la marre en terme de r&eacute;v&eacute;lations vraies ou  fausses, de d&eacute;nonciations, de r&egrave;glements de comptes sous des formes  diverses, etc. sont les plus consomm&eacute;s. Une autre cat&eacute;gorie d&rsquo;ouvrages  qui a du succ&egrave;s est constitu&eacute;e de livres qui b&eacute;n&eacute;ficient d&rsquo;une publicit&eacute;  mise en ?uvre de fa&ccedil;on consciente ou non par certains acteurs  politiques locaux. La frilosit&eacute; de certains d&rsquo;entre eux finit par  susciter la curiosit&eacute; autour de certains livres, paradoxalement  pr&eacute;sent&eacute;s comme ne pr&eacute;sentant pas un int&eacute;r&ecirc;t particulier.<br \/>\nMais la  port&eacute;e de tous les &eacute;crits politiques reste tr&egrave;s marginale. Le livre est  donc encore tr&egrave;s loin d&rsquo;avoir un impact r&eacute;el et d&eacute;terminant sur la vie  politique nationale. Si la presse qui est la litt&eacute;rature de la prise de  conscience quotidienne et dont la diffusion est plus large peut &agrave; peine  faire bouger les lignes malgr&eacute; les situations parfois graves et av&eacute;r&eacute;es  dont elle rend compte, on doit logiquement en demander moins au livre.<\/p>\n<p><i> Par Marcelin VOUNDA ETOA** <br \/>\n* Article paru dans notre &eacute;dition n&deg; 2981<br \/>\n**Directeur des &eacute;ditions CLE\/<br \/>\nCritique litt&eacute;raire<\/i> <\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&nbsp; La litt&eacute;rature politique, entendue comme l&rsquo;ensemble des ouvrages dont l&rsquo;objet est la r&eacute;flexion sur la vie de la soci&eacute;t&eacute; telle qu&rsquo;elle&hellip;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_lmt_disableupdate":"","_lmt_disable":"","footnotes":""},"categories":[3810],"tags":[],"class_list":["post-32779","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-archives"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/32779","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=32779"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/32779\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=32779"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=32779"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=32779"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}