{"id":33317,"date":"2007-12-15T17:31:56","date_gmt":"2007-12-15T17:31:56","guid":{"rendered":""},"modified":"2006-01-01T00:00:00","modified_gmt":"2006-01-01T00:00:00","slug":"509","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/509\/","title":{"rendered":"Le Cameroun C\u00e8de Au Chantage"},"content":{"rendered":"<p class=\"text_body\"><strong><br \/>Le Cameroun C&egrave;de Au Chantage De L&rsquo;union Europ&eacute;enne<\/strong><\/p>\n<p>Pour sauver certaines fili&egrave;res agricoles dont les produits sont essentiellement destin&eacute;s au march&eacute; europ&eacute;en, le Cameroun se r&eacute;sout &agrave; signer les accords de partenariat &eacute;conomique avec l&rsquo;Europe. Une mesure qui aura de graves cons&eacute;quences sur l&rsquo;&eacute;conomie camerounaise. <\/p>\n<p>Finalement, la strat&eacute;gie europ&eacute;enne visant &agrave; discuter s&eacute;par&eacute;ment avec les pays africains au sujet de l&rsquo;entr&eacute;e en vigueur des accords de partenariat &eacute;conomique (Ape) a &eacute;t&eacute; payante. A la suite de la C&ocirc;te d&rsquo;Ivoire, le Cameroun est engag&eacute; dans ce que l&rsquo;on nomme par pudeur accord d&rsquo;&eacute;tape. Paul Biya a en effet d&eacute;j&agrave; engag&eacute; son pays &agrave; &quot;la signature d&rsquo;un accord d&rsquo;&eacute;tape couvrant notamment l&rsquo;aspect commerce des marchandises et les questions de d&eacute;veloppement qui y sont li&eacute;es, en incorporant l&rsquo;engagement de traiter les autres sujets au courant de l&rsquo;ann&eacute;e prochaine&quot;. <\/p>\n<p class=\"text_body\">La d&eacute;cision de Paul Biya est certainement motiv&eacute;e par le refus de Bruxelles de ren&eacute;gocier avec l&rsquo;Organisation mondiale du commerce un moratoire pour le d&eacute;mant&egrave;lement des dispositions de l&rsquo;accord de Cotonou, qui instaurent les pr&eacute;f&eacute;rences commerciales en faveur des produits Acp. &quot;Je puis d&eacute;j&agrave; vous dire que nous ne pouvons pas r&eacute;pondre positivement &agrave; votre demande concernant une prorogation de la d&eacute;rogation OMC en cours (&quot;) Tant d&rsquo;un point de vue politique que juridique, une demande de prorogation est exclue. &quot; <\/p>\n<p class=\"text_body\">L&rsquo;Omc estime que ce r&eacute;gime de d&eacute;rogation, qui permet aux produits agricoles africains d&rsquo;entrer sur le march&eacute; europ&eacute;en en franchise de douanes, est contraire aux r&egrave;gles du commerce international. Un accord de libre &eacute;change entre l&rsquo;Europe et l&rsquo;Afrique est donc n&eacute;cessaire pour proroger ce r&eacute;gime. Probl&egrave;me, ce libre &eacute;change permettra aux produits europ&eacute;ens d&rsquo;entrer sans droits de douane sur le continent, et de mener une concurrence rude aux petites industries locales. Une situation qui serait d&eacute;sastreuse pour les &eacute;conomiques africaines. D&rsquo;o&ugrave; le dilemme qui agite les esprits en Afrique, y compris au sein du gouvernement camerounais. De ce fait, en refusant de signer les accords de partenariat &eacute;conomique au 31 d&eacute;cembre 2007, le Cameroun courait le risque de devenir un fournisseur ordinaire du march&eacute; europ&eacute;en, et de voir ainsi ses produits agricoles, d&eacute;j&agrave; peu comp&eacute;titifs, subir les droits de douane, qui limiteraient leur comp&eacute;titivit&eacute; sur le march&eacute;. <\/p>\n<p class=\"text_body\">Or, il est av&eacute;r&eacute; que des produits comme la banane, dont le Cameroun vend quelque 150 000 tonnes annuelles sur le march&eacute; europ&eacute;en, ne sont commercialis&eacute;s que parce que les accords Union europ&eacute;enne\/Acp (Afrique, Cara&iuml;bes, Pacifique) offrent des conditions pr&eacute;f&eacute;rentielles d&rsquo;acc&egrave;s &agrave; la banane camerounaise. Il faut noter, &agrave; ce propos, que le Cameroun est un des grands fournisseurs de banane sur le march&eacute; europ&eacute;en, gr&acirc;ce aux accords qui fixent un quota d&rsquo;acc&egrave;s &agrave; la banane camerounaise, quand bien m&ecirc;me elle co&ucirc;terait plus cher que la banane dollar sud-am&eacute;ricaine. L&rsquo;enjeu donc de la signature de cet accord d&rsquo;&eacute;tape est donc financi&egrave;rement important. Pr&eacute;server pr&egrave;s de 250 milliards de francs F Cfa que l&rsquo;exportation de la banane rapporte au Cameroun chaque ann&eacute;e, et pr&eacute;server les milliers d&#8217;emplois g&eacute;n&eacute;r&eacute;s par l&rsquo;activit&eacute; fruiti&egrave;re dans le Mungo. En cons&eacute;quence de quoi, Luc Magloire Mbarga Atangana, d&rsquo;ordinaire connu comme un chantre du commerce &eacute;quitable, mais surtout un des acteurs majeurs du secteur bananier (il a repr&eacute;sent&eacute; la banane camerounaise en Europe pendant longtemps, avant d&rsquo;&ecirc;tre nomm&eacute; pr&eacute;sident du conseil d&rsquo;administration du plus gros producteur de banane au Cameroun), se retrouve &agrave; louer les vertus de ces accords que tout le monde conteste : &quot; Il s&rsquo;agit en premier lieu de pr&eacute;server les pr&eacute;f&eacute;rences tarifaires asym&eacute;triques dont nos produits, essentiellement agricoles, mais aussi industriels &agrave; l&rsquo;exemple de l&rsquo;aluminium b&eacute;n&eacute;ficient &agrave; leur entr&eacute;e sur le march&eacute; de l&rsquo;Union europ&eacute;enne &quot;. <\/p>\n<p class=\"text_body\">Le Cameroun est donc otage de sa banane, alors qu&rsquo;il serait plus efficace de la part du ministre du Commerce d&rsquo;ouvrir de nouveau d&eacute;bouch&eacute;s &agrave; la banane camerounaise et de travailler &agrave; la comp&eacute;titivit&eacute; du secteur fruitier pour &eacute;chapper au diktat du client unique qu&rsquo;est l&rsquo;Europe. Martin Ab&eacute;ga, le secr&eacute;taire ex&eacute;cutif du Gicam qui particip&eacute; &agrave; diverses instances de discussion sur l&rsquo;entr&eacute;e en vigueur des Ape, n&rsquo;est justement pas de l&rsquo;avis du Mincommerce. Il est de ceux qui pensent que la d&eacute;marche de la partie camerounaise est risqu&eacute;e : &quot; Sur un plan purement technique, j&rsquo;observe qu&rsquo;un &eacute;ventuel accord de ce type pr&eacute;senterait notamment deux inconv&eacute;nients majeurs : il pourrait remettre en cause le Tarif Ext&eacute;rieur Commun (TEC), le Code et le Tarif douaniers tout comme les r&egrave;gles d&rsquo;origine et les mesures relatives &agrave; la facilitation des &eacute;changes au sein de la Cemac. Le tissu industriel de notre pays serait d&rsquo;autant plus menac&eacute; que sa production serait alors tax&eacute;e &agrave; l&rsquo;entr&eacute;e dans les autres pays de la sous-r&eacute;gion, compte tenu de ce que le Cameroun ne serait plus fond&eacute; &agrave; revendiquer l&rsquo;avantage qui, aujourd&rsquo;hui, d&eacute;coule de la libre circulation des biens au sein de la Cemac&quot;, expliquait-il &agrave; notre confr&egrave;re Rep&egrave;res, la semaine derni&egrave;re. Sans compter qu&rsquo;au plan diplomatique, c&rsquo;est la constance du Cameroun qui serait remise en cause, puisque le pays a &eacute;t&eacute; chef de file de la contestation de cette forme d&rsquo;Ape pendant de longues p&eacute;riodes. <\/p>\n<p class=\"text_body\">La plupart des experts, hormis ceux qui soutiennent le projet europ&eacute;en de mise &agrave; mort de l&#8217;embryon industriel africain, reconnaissent que l&rsquo;entr&eacute;e en vigueur de cet accord sera n&eacute;faste pour les pays concern&eacute;s, que certains pr&eacute;alables sont indispensables avant l&rsquo;entr&eacute;e en vigueur de cet accord. &quot; La lib&eacute;ralisation des &eacute;changes entre l&rsquo;Ue et l&rsquo;Afrique centrale va entra&icirc;ner une perte de recettes tarifaires et une hausse du flux d&rsquo;importations venant concurrencer les producteurs locaux&quot;, justifient Jacques Gallezot et David Laborde de l&rsquo;International Trade and Quantitative Analysis. Il s&rsquo;agit alors de chiffrer ces impacts et de d&eacute;finir une strat&eacute;gie globale de lib&eacute;ralisation qui permet de les r&eacute;duire en proposant une liste d&rsquo;exclusion et un calendrier de d&eacute;mant&egrave;lement tarifaire. (&quot;) Cette approche permet de conduire une s&eacute;lection des produits &agrave; exclure et de proposer une formule de d&eacute;mant&egrave;lement progressive en ad&eacute;quation avec les impacts sp&eacute;cifiques de l&rsquo;Ape. Elle permet aussi de pr&eacute;ciser que les impacts commerciaux cons&eacute;cutifs &agrave; l&rsquo;Ape conduiraient &agrave; une augmentation de 24% des importations en provenance de l&rsquo;Ue et entra&icirc;neraient une perte de 62% des recettes fiscales de porte et de 20% des recettes fiscales totales &quot;. <\/p>\n<p class=\"text_body\">A titre d&rsquo;exemple, un groupe d&rsquo;experts camerounais a identifi&eacute; quelque 900 produits camerounais dont la fabrication pourrait &ecirc;tre directement affect&eacute;e, voire arr&ecirc;t&eacute;e par l&rsquo;entr&eacute;e en vigueur des accords de partenariat &eacute;conomique tels que propos&eacute;s par l&rsquo;Union europ&eacute;enne. En termes fiscaux, ces produits repr&eacute;sentent environ 200 milliards de francs Cfa que le Cameroun perdra avec la signature des Ape. D&rsquo;o&ugrave; la n&eacute;cessit&eacute;, &eacute;voqu&eacute;e par les pays de la r&eacute;gion, d&rsquo;&eacute;tablir une liste des produits qui seraient exclus du r&eacute;gime des Ape. Et de n&eacute;gocier le temps qu&rsquo;il faut pour aboutir &agrave; un accord qui ne l&egrave;se personne. Manifestement, ce n&rsquo;est pas le souci de l&rsquo;Europe qui use du chantage pour obtenir s&eacute;par&eacute;ment les signatures des Etats. Et il s&rsquo;agit l&agrave; de la m&ecirc;me Europe, qui dit vouloir promouvoir l&rsquo;int&eacute;gration r&eacute;gionale. L&agrave; o&ugrave; ils clament leur intention de promouvoir l&rsquo;int&eacute;gration r&eacute;gionale. <\/p>\n<p class=\"text_body\">Tandis que les pays europ&eacute;ens exercent ce chantage sur leurs ex-colonies pour leur arracher cet accord, les n&eacute;gociations &agrave; l&rsquo;Omc sont toujours dans l&rsquo;impasse. Et jusqu&rsquo;ici, personne n&rsquo;a song&eacute; &agrave; obliger les pays riches, qui violent all&egrave;grement les r&egrave;gles de l&rsquo;Omc, &agrave; se mettre au pas.<\/p>\n<p class=\"subsection\">Fran&ccedil;ois Bambou<br \/>La Nouvelle Expression<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le Cameroun C&egrave;de Au Chantage De L&rsquo;union Europ&eacute;enne Pour sauver certaines fili&egrave;res agricoles dont les produits sont essentiellement destin&eacute;s au march&eacute; europ&eacute;en,&hellip;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_lmt_disableupdate":"","_lmt_disable":"","footnotes":""},"categories":[24],"tags":[],"class_list":["post-33317","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-culture-tradition-sawa"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/33317","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=33317"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/33317\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=33317"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=33317"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=33317"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}