{"id":33409,"date":"2008-01-13T15:30:55","date_gmt":"2008-01-13T15:30:55","guid":{"rendered":""},"modified":"2006-01-01T00:00:00","modified_gmt":"2006-01-01T00:00:00","slug":"605","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/605\/","title":{"rendered":"Andr\u00e9 Siaka se livre"},"content":{"rendered":"<p><span class=\"surtitre\"><img decoding=\"async\" height=\"84\" width=\"76\" align=\"left\" alt=\"\" src=\"\/bibliotheque\/Image\/siaka.jpg\" \/>&nbsp;<\/span><span class=\"Style3\">L&rsquo;on a annonc&eacute; son &ldquo;d&eacute;part&rdquo; du Groupement inter-patronal du Cameroun (Gicam) il y a quelques ann&eacute;es. Mais aujourd&rsquo;hui, Andr&eacute; Siaka r&eacute;pond toujours pr&eacute;sent au poste de pr&eacute;sident de la plus importante organisation patronale au Cameroun. Malgr&eacute; tout. Certains membres de cette organisation qui d&eacute;fend les int&eacute;r&ecirc;ts des entreprises et partant de l&rsquo;&eacute;conomie camerounaise le trouvent en effet vieux. Pas qu&rsquo;il soit trop &acirc;g&eacute;, mais qu&rsquo;il occupe ce poste depuis bien longtemps, alors m&ecirc;me qu&rsquo;il devrait d&eacute;j&agrave; passer la main aux jeunes entrepreneurs. Certains d&rsquo;entre eux &eacute;mettent le voeu d&rsquo;irradier de leur sang neuf les activit&eacute;s du Gicam afin de les vivifier davantage. Seulement, ceux qui veulent le d&eacute;part d&rsquo;Andr&eacute; Siaka ici et tout de suite ne sont probablement pas nombreux, son maintien au poste de pr&eacute;sident &eacute;tant le r&eacute;sultat d&rsquo;un choix collectif de la majorit&eacute; des patrons si&eacute;geant au Gicam. <br \/>Peut-&ecirc;tre qu&rsquo;apr&egrave;s avoir atteint soixante ans, en 2009, il c&eacute;dera enfin son fauteuil. Mais pour le moment, l&rsquo;homme est l&agrave; : admir&eacute; de la majorit&eacute; de ses pairs patrons d&rsquo;entreprises, craint de l&rsquo;essentiel de ses employ&eacute;s des Brasseries du Cameroun (il aime pourtant dire qu&rsquo;il &eacute;coute leurs opinions, m&ecirc;me si elles sont contraires aux siennes), mal connu du grand public qui le pr&eacute;sente souvent comme un serviteur de la cause imp&eacute;rialiste fran&ccedil;aise, identifi&eacute; par certains leaders de l&rsquo;opposition politique comme un supp&ocirc;t du r&eacute;gime Biya, etc. Face &agrave; toutes les &eacute;tiquettes que l&rsquo;on lui colle dans l&rsquo;espace &eacute;conomique, social et politique, Andr&eacute; Siaka est souvent rest&eacute; de marbre. Timidit&eacute;, peur, confirmation&hellip; ou strat&eacute;gie de positionnement ? Quelques fois accul&eacute; par les opinions que relaient les m&eacute;dias, le pr&eacute;sident du Gicam ne laisse percevoir qu&rsquo;une seule chose, c&rsquo;est qu&rsquo;il est un nationaliste qui essaie de mettre son savoir et son savoir-faire au service de son pays.<br \/>N&eacute; le 21 janvier 1949 &agrave; Bandjoun (province de l&rsquo;Ouest), Andr&eacute; Siaka commence sa vie professionnelle en 1974 &agrave; la Soci&eacute;t&eacute; g&eacute;n&eacute;rale &agrave; Paris. Il vient alors d&rsquo;obtenir son dipl&ocirc;me d&rsquo;ing&eacute;nieur &agrave; l&rsquo;Ecole polytechnique de Paris. Deux ans apr&egrave;s, il rejoint le Cameroun o&ugrave; il commence une longue carri&egrave;re aux Brasseries du Cameroun. Il parcourt l&rsquo;essentiel des postes de responsabilit&eacute;, de gestionnaire des proc&eacute;d&eacute;s en 1977 &agrave; Bafoussam &agrave; directeur g&eacute;n&eacute;ral en 1988. Il a ainsi &eacute;t&eacute; tour &agrave; tour chef d&rsquo;embouteillage &agrave; Yaound&eacute;, directeur d&rsquo;usine &agrave; Douala, directeur adjoint d&rsquo;agence puis directeur d&rsquo;agence &agrave; Yaound&eacute;, directeur g&eacute;n&eacute;ral adjoint avant de devenir directeur g&eacute;n&eacute;ral. Depuis 2005, il est promu administrateur directeur g&eacute;n&eacute;ral. <br \/>Si cette fonction &agrave; elle seule suffit pour lui conf&eacute;rer une aura honorable, ses autres activit&eacute;s contribuent &agrave; le positionner comme un acteur-cl&eacute; de l&rsquo;&eacute;conomie camerounaise. Parmi cette bonne dizaine d&rsquo;activit&eacute;s, celle de pr&eacute;sident du Groupement inter-patronal du Cameroun semble lui donner une autre dimension dans la sc&egrave;ne socio-&eacute;conomique, voire politique. C&rsquo;est dans le cadre de cette organisation qu&rsquo;il a parfois, au nom du patronat, exprim&eacute; des positions os&eacute;es sur les politiques publiques de d&eacute;veloppement &eacute;conomique. S&rsquo;il est vrai que dans son entreprise, les Brasseries du Cameroun, il travaille aussi pour l&rsquo;int&eacute;r&ecirc;t de ses &ldquo; patrons &rdquo;, il est ind&eacute;niable qu&rsquo;au Gicam les actes qu&rsquo;il pose militent en faveur de l&rsquo;am&eacute;lioration de l&rsquo;&eacute;conomie camerounaise. M&ecirc;me s&rsquo;il est parfois accus&eacute; de faire la langue de bois, on peut lui reconna&icirc;tre un certain franc-parler sur des questions d&eacute;terminantes pour la vie des Camerounais.<br \/>C&rsquo;est dans la perspective d&rsquo;un &eacute;clairage de la situation &eacute;conomique du Cameroun aujourd&rsquo;hui que Le Messager, dans son espace d&eacute;bat, fait appel &agrave; son expertise. Il s&rsquo;exprime d&rsquo;abord sur l&rsquo;&eacute;valuation (2007) et les perspectives de l&rsquo;&eacute;conomie camerounaise en 2008, l&rsquo;impact de la signature de l&rsquo;Accord de partenariat &eacute;conomique sur les pays du Sud, et l&rsquo;environnement dans lequel se d&eacute;ploie l&rsquo;&eacute;conomie camerounaise. Pour lui, l&rsquo;&eacute;conomie de &ldquo; notre pays &rdquo; r&eacute;gresse. Andr&eacute; Siaka formule n&eacute;anmoins des souhaits pour la relever. Les pouvoirs publics sont-ils pr&ecirc;ts &agrave; l&rsquo;&eacute;couter ? Lecture.<\/p>\n<p><strong>Andr&eacute; SIAKA, pr&eacute;sident du Groupement <br \/>&ldquo; Pourquoi l&rsquo;&eacute;conomie<\/strong> <br \/>L&rsquo;essentiel des citoyens est d&rsquo;avis que le Cameroun vient de traverser une ann&eacute;e difficile. Comment le Groupement inter-patronal du Cameroun (Gicam), dont vous &ecirc;tes le pr&eacute;sident, appr&eacute;cie-t-il les performances de l&rsquo;&eacute;conomie camerounaise en 2007 ?<br \/>Comme je l&rsquo;ai dit au cours de notre derni&egrave;re assembl&eacute;e g&eacute;n&eacute;rale, l&rsquo;&eacute;conomie camerounaise s&rsquo;essouffle et la croissance a d&eacute;c&eacute;l&eacute;r&eacute; en 2007. Au cours des quatre derni&egrave;res ann&eacute;es en effet, la croissance &eacute;conomique aura &eacute;t&eacute; de 3% l&rsquo;an en moyenne et les projections optimistes pour 2008 tablent sur un taux de croissance d&rsquo;environ 4%. Avec une hausse de 1,1% par rapport &agrave; 2007, les pr&eacute;visions budg&eacute;taires de 2008 traduisent d&rsquo;ailleurs la prudence du gouvernement au regard de la morosit&eacute; qui pr&eacute;vaut. C&rsquo;est donc le lieu de rappeler que, pour atteindre les objectifs du mill&eacute;naire en 2015, le Document de strat&eacute;gie de r&eacute;duction de la pauvret&eacute; (DSRP) pr&eacute;conisait que notre produit int&eacute;rieur brut [PIB, somme des valeurs ajout&eacute;es (biens et services) r&eacute;alis&eacute;es annuellement sur le territoire national par les entreprises d&rsquo;un pays, quelle que soit leur nationalit&eacute;, ndlr] connaisse une croissance de 6% &agrave; partir de 2007 et se stabilise &agrave; 7% sur la p&eacute;riode 2011-2015.<\/p>\n<p><strong>On comprend donc que les activit&eacute;s &eacute;conomiques n&rsquo;&eacute;voluent pas comme pr&eacute;vu. Toutefois, il y a un certain nombre d&rsquo;&eacute;v&eacute;nements (heureux ou malheureux) qui ont marqu&eacute; l&rsquo;ann&eacute;e 2007. Quel est celui qui a le plus retenu votre attention ? Pourquoi ?<\/strong> <br \/>Je ne vois pas d&rsquo;&eacute;v&eacute;nement &eacute;conomique majeur en 2007&hellip; Je peux cependant citer quelques-uns qui ont eu ou vont avoir un effet important sur notre &eacute;conomie :<br \/>&#8211; La flamb&eacute;e des cours du brut<br \/>&#8211; La mont&eacute;e en puissance de la Chine<br \/>&#8211; Les n&eacute;gociations des accords de partenariat &eacute;conomique<br \/>&#8211; La persistance de la crise &eacute;nerg&eacute;tique au Cameroun<br \/>&#8211; Le d&eacute;but des grands travaux d&rsquo;infrastructures routi&egrave;res<\/p>\n<p><strong>Dans votre rapport moral lors de la 104e assembl&eacute;e g&eacute;n&eacute;rale ordinaire du Gicam, le 19 d&eacute;cembre dernier, vous affirmiez que la croissance &eacute;conomique en 2007 est de 2,9%, contre 3,2% en 2006. Qu&rsquo;est ce qui justifie cette contre-performance de l&rsquo;&eacute;conomie camerounaise ?<\/strong> <br \/>Je dois d&rsquo;abord pr&eacute;ciser que je n&rsquo;invente rien : dans le Rapport &eacute;conomique et financier pr&eacute;sent&eacute; &agrave; l&rsquo;Assembl&eacute;e nationale, le gouvernement constate la m&ecirc;me r&eacute;alit&eacute;. Cela &eacute;tant, la contre-performance qui est tendancielle r&eacute;sulte, en 2007, essentiellement du mauvais comportement de nos cultures de rente et du secteur industriel. Si on peut se f&eacute;liciter de la relance de la production cacaoy&egrave;re et de celle du caoutchouc, il reste que la production du caf&eacute;, du coton et de la banane diminue depuis quelques ann&eacute;es. S&rsquo;agissant de la production industrielle, m&ecirc;me si les r&eacute;sultats de 2007 sont l&eacute;g&egrave;rement meilleurs que ceux enregistr&eacute;s en 2006, le secteur industriel &ndash; et particuli&egrave;rement le sous-secteur manufacturier &ndash; &eacute;volue largement en dessous de ses potentialit&eacute;s.<\/p>\n<p><strong>Apr&egrave;s les ordonnances du chef de l&rsquo;Etat visant &agrave; all&eacute;ger les co&ucirc;ts de certaines denr&eacute;es de premi&egrave;re n&eacute;cessit&eacute;, on constate que la vie est toujours plus ch&egrave;re pour les m&eacute;nages. Pourquoi les entreprises se trouvent-elles toujours en train de faire de la surench&egrave;re ?<\/strong> <br \/>Il n&rsquo;est pas cr&eacute;dible d&rsquo;affirmer que c&rsquo;est parce que les entreprises font de la sp&eacute;culation sur certains biens de premi&egrave;re n&eacute;cessit&eacute; que la vie est plus ch&egrave;re. Le chef de l&rsquo;Etat a fait exon&eacute;rer de droits de douane et de Taxe sur la valeur ajout&eacute;e (Tva) certains biens de grande consommation tels que le riz, la farine, etc. Le probl&egrave;me s&rsquo;est pos&eacute; quand il a fallu passer &agrave; la mise en &oelig;uvre&hellip; De toute mani&egrave;re, le panier de la m&eacute;nag&egrave;re n&rsquo;est pas constitu&eacute; que de deux ou trois produits alimentaires et ne ressent que faiblement les retomb&eacute;es de ces mesures d&rsquo;exon&eacute;ration. Par ailleurs, l&rsquo;alimentation absorbe certes plus de 40% des d&eacute;penses, mais il y aussi les d&eacute;penses li&eacute;es au transport, &agrave; l&rsquo;habillement, aux communications, aux soins de sant&eacute;, etc.<\/p>\n<p><strong>Que propose le Groupement inter-patronal du Cameroun en 2008 pour que le secteur productif qui est le moteur de toutes les &eacute;conomies fortes et stabilis&eacute;es am&eacute;liore ses r&eacute;sultats ?<\/strong> <br \/>En 2008, comme les ann&eacute;es pr&eacute;c&eacute;dentes, le Gicam pense que le pr&eacute;alable &agrave; une relance &eacute;conomique c&rsquo;est la d&eacute;finition d&rsquo;une politique &eacute;conomique connue par les diff&eacute;rents acteurs charg&eacute;s de sa mise en application. L&rsquo;am&eacute;lioration du climat des affaires constitue le second volet de nos pr&eacute;occupations, indispensable pour l&rsquo;attrait des investissements, qu&rsquo;ils soient nationaux ou &eacute;trangers. Les infrastructures routi&egrave;res, la disponibilit&eacute; et la qualit&eacute; de l&rsquo;&eacute;nergie &eacute;lectrique sont &eacute;galement des facteurs importants&hellip; <\/p>\n<p><strong>La loi des finances 2008 est pr&eacute;sent&eacute;e par le gouvernement comme un instrument visant &agrave; relancer les investissements et &agrave; lutter contre la pauvret&eacute;. Mais pour vous, &ldquo; cette loi est loin d&rsquo;avoir r&eacute;pondu &agrave; toutes les attentes, sp&eacute;cialement en mati&egrave;re d&rsquo;incitations fiscales &rdquo;. Pensez-vous que des am&eacute;nagements fiscaux peuvent permettre de relancer une &eacute;conomie ? <\/strong><br \/>Nous souhaitions un budget allant dans le sens d&rsquo;une v&eacute;ritable relance de l&rsquo;&eacute;conomie. La loi de finances 2008 repr&eacute;sente une timide avanc&eacute;e dans la mesure o&ugrave; elle comporte certaines de nos propositions &agrave; savoir l&rsquo;am&eacute;lioration du r&eacute;gime fiscal des op&eacute;rations boursi&egrave;res, un r&eacute;gime fiscal particulier pour les projets structurants, la suppression de l&rsquo;obligation pour les entreprises publiques et parapubliques ainsi que pour les entreprises du secteur priv&eacute; list&eacute;es, de retenir &agrave; la source la TVA et l&rsquo;acompte d&rsquo;imp&ocirc;t sur le revenu, un all&egrave;gement du taux de p&eacute;nalit&eacute; de bonne foi, la suppression de la caution bancaire lors de l&rsquo;introduction de la requ&ecirc;te devant la Cour supr&ecirc;me dans le cadre du contentieux fiscal et l&rsquo;exon&eacute;ration de la contribution des patentes pour les entreprises nouvelles au titre des deux premi&egrave;res ann&eacute;es de leur exploitation. Nous esp&eacute;rons toutefois que des dispositions r&eacute;glementaires seront rapidement prises en vue de l&rsquo;application du r&eacute;gime fiscal particulier des projets structurants.<br \/>Une v&eacute;ritable relance des investissements ne pourra passer que par des mesures de loin plus audacieuses. A cet &eacute;gard, nous d&eacute;plorons particuli&egrave;rement l&rsquo;absence, &agrave; ce jour, des textes d&rsquo;application de la charte des investissements. En effet, les op&eacute;rateurs &eacute;conomiques avaient fond&eacute; beaucoup d&rsquo;espoir dans ce dispositif qui, comme vous le savez, &eacute;tait cens&eacute; remplacer le code des investissements et le r&eacute;gime de la zone franche. <\/p>\n<p><strong>Le Gicam a &eacute;t&eacute; associ&eacute; &agrave; la n&eacute;gociation de l&rsquo;Accord de partenariat &eacute;conomique UE-ACP. Quelles &eacute;taient vos propositions ? Avez-vous l&rsquo;impression qu&rsquo;elles ont &eacute;t&eacute; prises en compte ?<\/strong> <br \/>Le Gicam a &oelig;uvr&eacute; pour que l&rsquo;APE prenne en compte les int&eacute;r&ecirc;ts bien compris non seulement de l&rsquo;Afrique centrale, mais aussi de notre pays. Nous avons aussi r&eacute;guli&egrave;rement insist&eacute; sur le volet d&eacute;veloppement en d&eacute;montrant notamment la n&eacute;cessit&eacute; de l&rsquo;int&eacute;gration du renforcement des capacit&eacute;s et de la mise &agrave; niveau des entreprises dans le projet de texte de l&rsquo;Accord. D&rsquo;ici &agrave; la conclusion de l&rsquo;Accord de partenariat proprement dit, il n&rsquo;est pas interdit d&rsquo;esp&eacute;rer que ces points prosp&egrave;rent pour le plus grand bien de notre &eacute;conomie.<\/p>\n<p><strong>Quelle analyse faites-vous en termes d&rsquo;enjeux (ce que les entreprises camerounaises risquent de perdre ou de gagner) si cet accord venait &agrave; &ecirc;tre appliqu&eacute; en l&rsquo;&eacute;tat ? Le gouvernement camerounais ayant plut&ocirc;t sign&eacute; un accord d&rsquo;&eacute;tape, qu&rsquo;est-ce que cela signifie pour les entreprises camerounaises et pour le citoyen consommateur ?<\/strong> <br \/>Comprenons-nous bien, l&rsquo;Accord de partenariat &eacute;conomique n&rsquo;a pas encore &eacute;t&eacute; sign&eacute;. Le Cameroun a toutefois sign&eacute; un accord int&eacute;rimaire qui porte sur le volet commercial, le volet d&eacute;veloppement devant &ecirc;tre n&eacute;goci&eacute; par la suite. Cet accord dit d&rsquo;&eacute;tape, est en principe valable depuis le 1er janvier 2008, et implique essentiellement l&rsquo;ouverture progressive de notre march&eacute; aux produits en provenance de l&rsquo;Union europ&eacute;enne. A moyen terme, celles de nos entreprises qui ne seront pas comp&eacute;titives perdront des parts de march&eacute;s. Celles qui ne pourront par r&eacute;sister &agrave; la concurrence mettront la cl&eacute; sous le paillasson. D&egrave;s lors que l&rsquo;on consid&egrave;re que le consommateur pourrait th&eacute;oriquement obtenir des produits de meilleure qualit&eacute; &agrave; un meilleur prix, il conviendrait de ne pas perdre de vue que, si notre fragile secteur productif est d&eacute;truit, il sera difficile de cr&eacute;er suffisamment d&rsquo;emplois et de richesses &agrave; distribuer. Il faudrait &eacute;viter que notre espace &eacute;conomique se transforme en simple comptoir commercial&hellip;<\/p>\n<p><strong>Etes-vous d&rsquo;accord, avec le pr&eacute;sident Abdoulaye Wade du S&eacute;n&eacute;gal, quand il affirme que cet APE constitue une duperie de plus contre les Africains ? <\/strong>Qu&rsquo;adviendrait-il si les pays africains et singuli&egrave;rement le Cameroun ne les signaient pas ?<br \/>C&rsquo;est bien connu, &ldquo; les pays n&rsquo;ont pas d&rsquo;amis mais des int&eacute;r&ecirc;ts &rdquo;. Dans le cadre de la mondialisation, les pays d&eacute;fendent autant que possible leurs int&eacute;r&ecirc;ts. Si nous mettons de c&ocirc;t&eacute; le param&egrave;tre r&eacute;gional, il serait difficile d&rsquo;ignorer que le Cameroun n&rsquo;est pas un &ldquo; pays moins avanc&eacute; &rdquo; et qu&rsquo;&agrave; partir du moment o&ugrave; l&rsquo;Europe refuse de demander une d&eacute;rogation sp&eacute;cifique &agrave; l&rsquo;Organisation mondiale du commerce (OMC) et que le Cameroun ne signe pas un accord d&rsquo;&eacute;tape, ses produits sont astreints aux droits de douane exigibles en Europe depuis le 1er janvier dernier. Concr&egrave;tement, la banane du Cameroun qui est par exemple d&eacute;j&agrave; en comp&eacute;tition avec la banane dollar ne serait plus comp&eacute;titive en Europe. Le moment est donc venu de repenser notre politique &eacute;conomique ou notre politique de d&eacute;veloppement tout court. Nous pouvons par exemple nous demander si nous sommes oblig&eacute;s de produire prioritairement ce que notre &eacute;conomie ou celle de la sous-r&eacute;gion n&rsquo;absorbe ni ne consomme.<\/p>\n<p><strong>Chaque ann&eacute;e le Gicam d&eacute;crie la pression fiscale qui gr&egrave;ve les budgets des entreprises et augmente les co&ucirc;ts des produits alors que le pouvoir d&rsquo;achat des citoyens semble baisser. Mais apparemment, rien ne change. Votre Groupement est-il une simple caisse de r&eacute;sonance ? <\/strong>Sinon de quels pouvoirs dispose-t-il pour se faire entendre ? <br \/>Peut-&ecirc;tre convient-il de rappeler que le Gicam est une organisation cr&eacute;dible du secteur priv&eacute; dont le r&ocirc;le essentiel est la d&eacute;fense des int&eacute;r&ecirc;ts de l&rsquo;entreprise. Le Gicam n&rsquo;a pas un pouvoir de coercition sur les pouvoirs publics. Il ne peut faire que des propositions. En raison du caract&egrave;re s&eacute;rieux, objectif et factuel des arguments qu&rsquo;il d&eacute;veloppe, le Gicam est de plus en plus consult&eacute;, &eacute;cout&eacute; et peut-&ecirc;tre pas toujours compris dans le cadre du dialogue entre le secteur public et le secteur priv&eacute;. Il demeure tout de m&ecirc;me constant que plusieurs de nos propositions sont prises en compte par les pouvoirs publics. C&rsquo;est le cas pour la loi de finances dont nous avons parl&eacute;, pour l&rsquo;am&eacute;lioration progressive de l&rsquo;environnement des affaires, etc.<\/p>\n<p><strong>De nombreux membres du Gicam sont en m&ecirc;me temps des hommes politiques. Comment conciliez-vous les activit&eacute;s politiques avec l&rsquo;&eacute;conomie ?<\/strong> <br \/>A mon avis, il n&rsquo;y a pas d&rsquo;antinomie entre l&rsquo;activit&eacute; politique et la gestion d&rsquo;une entreprise. Pourquoi un chef d&rsquo;entreprise ne s&rsquo;occuperait-il pas des affaires de la cit&eacute; puisqu&rsquo;il vit dans la soci&eacute;t&eacute; ? Pourquoi un chef d&rsquo;entreprise n&rsquo;appliquerait-il pas &ndash; au niveau d&rsquo;une commune ou de toute autre collectivit&eacute; territoriale d&eacute;centralis&eacute;e &ndash; les techniques manag&eacute;riales qui ont fait leurs preuves ? Pour quelles raisons objectives un chef d&rsquo;entreprise ne permettrait-il pas au Parlement de b&eacute;n&eacute;ficier de son expertise ? Il faudrait tout simplement &eacute;viter le conflit d&rsquo;int&eacute;r&ecirc;t. C&rsquo;est dans cet esprit que, depuis 2004, nous avons adopt&eacute; au Gicam un code &eacute;thique auquel sont soumis nos membres.<\/p>\n<p><strong>Le Cameroun occupe encore une place de choix parmi les pays les plus corrompus, selon le classement de Transparency International. Quel a &eacute;t&eacute; l&rsquo;influence de cet environnement sur le climat des affaires en 2007 ?<\/strong> <br \/>Tout le monde le sait, la corruption est une v&eacute;ritable gangr&egrave;ne dans notre soci&eacute;t&eacute;. Une enqu&ecirc;te men&eacute;e en juillet dernier par le Gicam, la SNV et la GTZ montre que la corruption influence n&eacute;gativement les activit&eacute;s de 73% des entrepreneurs. Pour les grandes entreprises, cette proportion atteint 80%. Par ailleurs 23% des chefs d&rsquo;entreprises interrog&eacute;s estiment que les montants des paiements officieux pour obtenir les services des fonctionnaires varient entre 1 et 5% de leurs chiffres d&rsquo;affaires. C&rsquo;est dire que le mal est profond et qu&rsquo;il faudrait un traitement de choc pour l&rsquo;&eacute;radiquer.<\/p>\n<p><strong>Depuis peu, les Camerounais entretiennent un d&eacute;bat sur la modification de la Constitution. Quelle est votre position par rapport &agrave; l&rsquo;amendement de la Constitution aujourd&rsquo;hui ? Quel impact cette action peut-elle avoir sur les entreprises ?<\/strong> <br \/>Au sein de notre Groupement nous ne menons pas de d&eacute;bats d&rsquo;ordre politique, chaque membre est libre de se prononcer &agrave; titre personnel sur tel ou tel aspect de la vie politique nationale au sens o&ugrave; vous l&rsquo;entendez. Nous discutons de l&rsquo;&eacute;conomie, de la politique &eacute;conomique et de l&rsquo;environnement des affaires. Il nous a sembl&eacute; que le d&eacute;bat sur l&rsquo;amendement de la Constitution porte essentiellement sur la non limitation des mandats pr&eacute;sidentiels. En un mot, tant qu&rsquo;il n&rsquo;impacte pas directement sur les aspects li&eacute;s &agrave; la cr&eacute;ation de richesses, un d&eacute;bat ne saurait mobiliser les &eacute;nergies au sein de notre Groupement.<\/p>\n<p><strong>Le Gicam a-t-il vu ses attentes combl&eacute;es par le discours du pr&eacute;sident de la R&eacute;publique le 31 d&eacute;cembre dernier ?<\/strong> <br \/>Sur la forme, on peut dire que le pr&eacute;sident de la R&eacute;publique est au courant des pr&eacute;occupations de l&rsquo;entreprise. Nous avons, plus que jamais, besoin d&rsquo;actions concr&egrave;tes. Puisque la croissance et partant, l&rsquo;&eacute;conomie, seront la premi&egrave;re priorit&eacute; du pr&eacute;sident de la R&eacute;publique, nous attendons de voir le gouvernement &agrave; l&rsquo;&oelig;uvre avec une administration notamment d&eacute;barrass&eacute;e d&rsquo;une certaine inertie que nous d&eacute;plorons depuis des ann&eacute;es.<\/span>&nbsp;<\/p>\n<p class=\"author\">Par Entretien men&eacute; par Alexandre T. DJIMELI <\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&nbsp;L&rsquo;on a annonc&eacute; son &ldquo;d&eacute;part&rdquo; du Groupement inter-patronal du Cameroun (Gicam) il y a quelques ann&eacute;es. 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