{"id":5354,"date":"2020-06-29T12:12:47","date_gmt":"2020-06-29T10:12:47","guid":{"rendered":""},"modified":"2024-07-15T21:57:07","modified_gmt":"2024-07-15T19:57:07","slug":"5354","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/5354\/","title":{"rendered":"Arbres g\u00e9n\u00e9alogiques des Sawa: Nsa\u00b4a Wouri (Bassa)"},"content":{"rendered":"<p>PRESENTATION DU CANTON BASSA DU WOURI<\/p>\n<p>Le Canton Bassa du Wouri occupe les 2\/3 du d\u00e9partement et s\u2019\u00e9tend du cours d\u2019eau MBOPI au PK46 sur l\u2019axe routier (ancien) Douala-Ed\u00e9a.<br \/>\nIl faut cependant apporter certaines pr\u00e9cisions qui puissent davantage \u00e9difier l\u2019opinion publique :<br \/>\nau Nord par le cours d\u2019eau NTINDI, la vaste clairi\u00e8re du village NDOKAMA et le fleuve DIBAMBA<br \/>\nau Sud, tout le trac\u00e9 de la rivi\u00e8re MBOPI<br \/>\n\u00e0 L\u2019Est, le canton Bakoko<br \/>\n\u00e0 l\u2019Ouest, le Canton Deido, en aval du MBOPI.<\/p>\n<p>Ce Canton regroupe 23 villages (22 Chefferies traditionnelles de 3e degr\u00e9) actuellement. C\u2019est le seul canton dans le d\u00e9partement du Wouri \u00e0 avoir une zone urbaine (de MBOPI \u00e0 PK27) et une zone rurale (de PK27 \u00e0 PK46) \u00e0 la limite du d\u00e9partement du Nkam, objet aujourd\u2019hui de convoitise des populations de ce d\u00e9partement voisin.<\/p>\n<p>ORIGINE, MIGRATION ET INSTALLATION DU PEUPLE NSAA DU WOURI<\/p>\n<p>L\u2019histoire du peuple NSA\u2019A est assez complexe et controvers\u00e9e. Il faut pour en savoir davantage, puiser dans les tr\u00e9fonds de la tradition orale et \u00e9viter des passions qui d\u2019habitude sont de nature \u00e0 \u00e9loigner les peuples des r\u00e9alit\u00e9s de leur histoire.<br \/>\nLa pr\u00e9sente \u00e9bauche, loin d\u2019\u00eatre une palissade, a pour but de : rappeler le peuple NSA\u2019A du Wouri qu\u2019il a aussi une histoire, de le sortir de la confusion afin qu\u2019il se reconnaisse comme entit\u00e9 socioculturelle et \u00e9conomique \u00e0 part enti\u00e8re qui a \u00e0 donner et \u00e0 recevoir.<\/p>\n<p>La d\u00e9sertification du Sahara il y a quelques 8000 ans avant J.C., est un fait tr\u00e8s important dans l\u2019histoire des migrations en Afrique. C\u2019est en effet apr\u00e8s l\u2019ass\u00e8chement brusque de cette d\u00e9pression qui divise le Maghreb de l\u2019Afrique Noire que les populations ont migr\u00e9 vers la vall\u00e9e du Nil qui devait engendrer plus tard l\u2019une des plus glorieuses civilisations du monde : l\u2019Egypte des pharaons.<\/p>\n<p>Le grand groupe Bantou dont les migrations furent les plus importantes et auquel appartient le peuple NSA\u2019A, serait donc parti de la vall\u00e9e du Nil au d\u00e9but de l\u2019\u00e8re chr\u00e9tienne pour les diff\u00e9rentes r\u00e9gions de l\u2019Afrique au Sud du Sahara : l\u2019Afrique Orientale, l\u2019Afrique Australe, l\u2019Afrique Centrale et l\u2019Afrique Occidentale. Le passage des Bantou fut marqu\u00e9 par les civilisations du fer : Nok sur le plateau Jos au Nigeria, le Kongo et le Mvene Mutapa (Monomotapa) respectivement dans la cuvette duCongo et en Afrique Australe.<\/p>\n<p>La tradition orale rapporte en outre que le groupe Bantou qui, parti de la vall\u00e9e du Nil \u00e9tait d\u00e9tenteur d\u2019une proph\u00e9tie selon laquelle il devait dans ce flux migratoire rencontrer une grotte sacr\u00e9e et un nouveau Nil qui serait \u00ab Nleb Uhuri \u00bb aujourd\u2019hui appel\u00e9 Wouri.<\/p>\n<p>En effet HILLOLLOMB qui fut trouv\u00e9 dans une gigantesque grotte appel\u00e9e Pitiu Ngog Lituba, serait l\u2019anc\u00eatre des Bassa, Mpoo et Beti. C\u2019est donc lui qui aurait engendr\u00e9 3 fils : NSOG NGASS, MBIMB et BASSIKOL qui, \u00e0 leur tour, engendr\u00e8rent 3 grandes tribus Bassa du Cameroun.<\/p>\n<p>Par ailleurs certaines donn\u00e9es de la tradition orale rapportent que NANGA aurait \u00e9t\u00e9 l\u2019ascendant des Bassa, Mpoo et Beti. C\u2019est \u00e0 pr\u00e9ciser combien de fois les migrations Bantou sont complexes et les donn\u00e9es parfois tr\u00e8s peu concordantes surtout celles qui concernent la p\u00e9riode pr\u00e9c\u00e9dant l\u2019escale de Ngog Lituba.<\/p>\n<p>Il est cependant avanc\u00e9 trois raisons qui justifient l\u2019\u00e9clatement des familles autour de Ngog Lituba ou tout au moins le d\u00e9part de la grotte vers d\u2019autres r\u00e9gions du Cameroun aujourd\u2019hui occup\u00e9es par les Bassa : querelles, exigu\u00eft\u00e9 des lieux et respect de la proph\u00e9tie (retrouver le Mbende ou le nouveau Nil).<\/p>\n<p>Que ce soit l\u2019une ou l\u2019autre raison, il est \u00e0 noter que Bassikol occupa le territoire allant d\u2019Es\u00e9ka \u00e0 Ot\u00e9l\u00e9, l\u2019actuel territoire des Bassa Ba Dikol, MBIMB resta \u00e0 Babimbi.<\/p>\n<p>A la suite l\u2019enfant MBIMB appel\u00e9 MBOG quitta son village, traversa le fleuve SIHUA, alla du c\u00f4t\u00e9 de Nyantan, arriva \u00e0 Ndokama vers Dibeng en longeant le Mbende (Nleb Uhuri) vers Dibeng, petit cours d\u2019eau appel\u00e9 en langue Bassa Nsonga, donc franchissable \u00e0 gu\u00e9. On peut donc dire que MBOG venait de respecter la proph\u00e9tie en s\u2019installant sur les rives du Nleb Uhuri o\u00f9 il v\u00e9cut avec ses enfants jusqu\u2019\u00e0 la fin de sa vie.<\/p>\n<p>Les terres y \u00e9tant infertiles, l\u2019un des fils de Mbog nomm\u00e9 Nkog, abandonna ces terres pour s\u2019installer \u00e0 \u00ab Mudongo Ma Bojongo \u00bb. Pr\u00e9cisons en outre sur le plan g\u00e9n\u00e9alogique que Mbog engendra Nkog qui engendra Ngombolo qui engendra Nsa\u2019a et Nsoh. Nsa\u2019a devint Bassa et Nsoh, Bakoko. En d\u2019autres termes les Bassa \u00e9taient d\u00e9j\u00e0 install\u00e9s sur le plateau Joss au XVe si\u00e8cle lors du passage des Portugais. A la m\u00eame p\u00e9riode les Bakoko se trouvaient aussi \u00e0 l\u2019actuelle Direction des Douanes au lieu dit Ngondo.<\/p>\n<p>ARRIVE DES DUALA ET COHABITATION AVEC LES BASSA-BAKOKO<\/p>\n<p>D\u2019apr\u00e8s la tradition orale, le mot Duala provient de la premi\u00e8re escale \u00e0 Kribi d\u2019un homme qui rencontra un autochtone Batanga. Face \u00e0 une \u00ab\u00a0m\u00e9sentente\u00a0\u00bb avec le nouveau venu, l\u2019autochtone lui intima l\u2019ordre de partir en s\u2019\u00e9criant \u00ab\u00a0Dua ala \u00bb d\u2019o\u00f9le mot Duala qui signifie \u00ab pagaye et \u00e9loigne toi \u00bb.<br \/>\nLa prochaine escale fut Piti o\u00f9 Duala et son fr\u00e8re Bojongo rest\u00e8rent assez longtemps vivant essentiellement des produits de p\u00eache. La famine est aujourd\u2019hui avanc\u00e9e comme \u00e9tant la raison qui les poussa \u00e0 partir de Piti pour l\u2019estuaire du Nleb Uhuri.<\/p>\n<p>En effet vers 1578, certains compagnons de Duala et Bojongo all\u00e8rent p\u00eacher plus loin qu\u2019\u00e0 l\u2019accoutum\u00e9e. C\u2019est alors qu\u2019ils virent flotter les \u00e9pluchures de banane et autres produits vivriers. Ils suivirent donc la provenance de ces \u00e9pluchures et se retrouv\u00e8rent quelques heures apr\u00e8s devant ces cases b\u00e2ties tout au long du fleuve, des champs de macabo, des bananeraies. Face \u00e0 ces d\u00e9couvertes, les p\u00eacheurs n\u2019h\u00e9sit\u00e8rent pas \u00e0 entrer en contact avec ce peuple de cultivateurs par des gestes. Gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019hospitalit\u00e9 des Bassa, il s\u2019installa entre les deux peuples un march\u00e9 reposant sur le troc : \u00e9change des produits vivriers contre les produits de p\u00eache, \u00e0 la grande satisfaction des compagnons de Duala et Bojongo.<\/p>\n<p>Les rapports commerciaux qui venaient d\u2019\u00eatre tiss\u00e9s entre ces deux peuples, aboutirent plus tard \u00e0 l\u2019installation de Duala et Bojongo sur une partie des rives du Mbende apr\u00e8s que ces derniers aient adress\u00e9 une demande aux Bassa qui avaient re\u00e7u le consentement de Nsa\u2019a Ngombolo en d\u00e9pit de l\u2019opposition d\u2019une infime partie de son peuple.<\/p>\n<p>DESUNION DE DUALA ET BOJONGO ET RECUL DES BASSA<\/p>\n<p>La cohabitation de ces deux grandes entit\u00e9s ne fut pas facile. Le comportement difficile de Duala poussa Bojongo \u00e0 abandonner les lieux, traversa le fleuve et s\u2019installa sur l\u2019autre rive appel\u00e9e aujourd\u2019hui Bojongo. Les descendants de Duala devinrent par la suite tr\u00e8s nombreux, au point o\u00f9 l\u2019emplacement par eux occup\u00e9s devint exigu. Ils n\u2019obtinrent pas satisfaction \u00e0 leur nouvelle demande r\u00e9it\u00e9r\u00e9e aupr\u00e8s des Bassa pour acqu\u00e9rir une autre parcelle. Le voisinage avec eux devint difficile. Par ailleurs les Duala se distingu\u00e8rent par l\u2019impudeur, la malpropret\u00e9, des pratiques guerri\u00e8res, les tueries, etc.<\/p>\n<p>Plusieurs probl\u00e8mes oppos\u00e8rent les deux communaut\u00e9s, \u00e0 l\u2019exemple d\u2019une fille Bassa dont la main fut coup\u00e9e pour avoir rompu les fian\u00e7ailles d\u2019avec un fils Duala. De m\u00eame, le fils de Bong Mikondi d\u00e9capita une fille Duala, d\u2019o\u00f9 l\u2019expression \u00ab Eba Musa e si mabo \u00bb (la haine d\u2019un Bassa n\u2019a pas de fin).<\/p>\n<p>Tous ces probl\u00e8mes amen\u00e8rent les Bassa \u00e0 observer progressivement un recul vers l\u2019arri\u00e8re pays en prenant soin de pr\u00e9ciser les limites qui en gros se mat\u00e9rialisent aujourd\u2019hui de Mbopi jusqu\u2019\u00e0 la fronti\u00e8re avec le d\u00e9partement du Nkam.<\/p>\n<p>A cheval sur deux arrondissements (Douala 3e et 5e), le canton Bassa du Wouri compte aujourd\u2019hui 22 chefferies du 3e degr\u00e9 et une population d\u2019environ 500.000 habitants.<\/p>\n<p>QUELQUES REPERES ATTESTANT QUE LE SITE ACTUEL DES DUALA ETAIT OCCUPE PAR LES BASSA<\/p>\n<p>Il existe encore aujourd\u2019hui les preuves qui attestent de la pr\u00e9sence des Bassa sur les rives du Mbende au moment o\u00f9 les Portugais en 1472, baptis\u00e8rent Nleb Uhuri \u00ab Rio dos cameroes \u00bb :<br \/>\nInhumation du Chef de famille NDOGHEM, MANDENG et ses veuves, une Bassa et une Bakoko au pied du baobab de Deido.<br \/>\nMbanga Pongo sur l\u2019axe routier Douala-Ed\u00e9a servait d\u2019escale de p\u00eache aux Bassa et non aux Duala.<br \/>\nLes Bonadjindje de Deido auraient des rapports avec les Bassa. En effet Djindje aurait \u00e9t\u00e9 une fille Bassa. Son p\u00e8re qui n\u2019engendra pas de gar\u00e7on adopta son gendre Duala et lui confia son territoire appel\u00e9 aujourd\u2019hui Bonadjindje.<\/p>\n<p><strong>NGOMBE Gilbert Thomas, SOMON MOUSSONGO Fran\u00e7ois, NDAME EYOUM Ferdinand<\/strong><\/p>\n<p><strong><em>Les Bantou auquel appartient le peuple NSA\u2019A, serait parti de la vall\u00e9e du Nil. Dans ce flux migratoire il se retrouve \u00e0 une grotte sacr\u00e9e \u00abNgok Lituba\u00bb et un nouveau Nil, \u00abNleb Uhuri\u00bb aujourd\u2019hui appel\u00e9 Wouri&#8230;<\/em><\/strong><\/p>\n<p><strong><em><br \/>\n<\/em><\/strong><strong><em><img decoding=\"async\" src=\"\/espacesawa\/public\/album_photo\/15\/85\/03\/a5a2c0e39eb923ea635cc5c3ee2aaf61.jpg\" \/><br \/>\n<img decoding=\"async\" src=\"\/espacesawa\/public\/album_photo\/17\/85\/03\/95a72460dfeb027f04b58953c953a0fe.jpg\" \/><br \/>\n<img decoding=\"async\" src=\"\/espacesawa\/public\/album_photo\/19\/85\/03\/5b4771d2e7e949c51f33a828aab62b3b.jpg\" \/><br \/>\n<img decoding=\"async\" src=\"\/espacesawa\/public\/album_photo\/1b\/85\/03\/c9305b6999c5d2e4366a53b8b6eaf038.jpg\" \/><br \/>\n<img decoding=\"async\" src=\"\/espacesawa\/public\/album_photo\/1d\/85\/03\/8b9aace73188a5bb3c45477c6df90041.jpg\" \/><br \/>\n<img decoding=\"async\" src=\"\/espacesawa\/public\/album_photo\/1f\/85\/03\/f53c74d3dcbf79f0d3f6ceb3574d1b6a.jpg\" \/><br \/>\n<\/em><\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>PRESENTATION DU CANTON BASSA DU WOURI Le Canton Bassa du Wouri occupe les 2\/3 du d\u00e9partement et s\u2019\u00e9tend du cours d\u2019eau MBOPI au PK46 sur l\u2019axe routier (ancien) Douala-Ed\u00e9a. 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