{"id":5375,"date":"2020-07-02T18:37:30","date_gmt":"2020-07-02T16:37:30","guid":{"rendered":""},"modified":"2024-04-29T07:59:47","modified_gmt":"2024-04-29T05:59:47","slug":"5375","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/5375\/","title":{"rendered":"LE NGONDO &#8211; Le Paradis Tabou"},"content":{"rendered":"<p><span style=\"font-size: small;\"><strong>LE NGONDO &#8211; Le Paradis Tabou &#8211; Autopsie d&acute;une culture assassin&eacute;e &#8211; Ebele Wei ( Val&egrave;re EPEE)&nbsp;<\/p>\n<p>Assembl&eacute;e Traditionnelle du Peuple Sawa<br \/><\/strong><br \/>La description d&acute;une institution &eacute;tatique est d&eacute;j&agrave; chose malais&eacute;e en territoire de tradition orale. A plus forte raison d&acute;une institution totale o&ugrave; la raison d&acute;Etat et la raison sacr&eacute;e se coulent, homog&egrave;nes, consubstantielles dans un seul moule qu&acute;est la culture stricto sensu. La distinction m&ecirc;me entre le sacr&eacute; et le profane (en latin: pro fanum = devant le temple) n&acute;est-elle pas artificielle d&egrave;s lors qu&acute;elle ne d&eacute;finit que les deux faces d&acute;un m&ecirc;me mur : celui qui unit les initi&eacute;s &agrave; l&acute;int&eacute;rieur du temple aux non-initi&eacute;s debout au dehors? Car chez nous, le mur d&acute;un temple ne s&eacute;pare pas; il est une raison d&acute;entrer ou de sortir, c&acute;est-&agrave;-dire d&acute;aller rejoindre les autres et non de s&acute;en couper.<\/p>\n<p>C&acute;est cela le Ngondo: un tout o&ugrave; chaque &eacute;l&eacute;ment est d&acute;abord deux, &agrave; savoir lui-m&ecirc;me et son contraire, qui ne peuvent exister l&acute;un sans l&acute;autre. (21) Le v&eacute;cu historique de la soci&eacute;t&eacute; Sawa justifie ou suscite le projet d&acute;&eacute;dification du mieux-&ecirc;tre (et ses r&eacute;alisations politiques &agrave; l&acute;&egrave;re pr&eacute;coloniale et coloniale ne sont-elles pas aussi &eacute;loquentes que son absence du projet post-colonial?) D&acute;autre part, n&acute;est-il pas vrai que le d&eacute;labrement des structures et valeurs ancestrales est d&ucirc; &agrave; la dislocation de l&acute;harmonie traditionnelle profane-sacr&eacute; du fait du complot calcul&eacute; de l&acute;Eglise (chr&eacute;tienne) et de l&acute;Etat (colonial) venus en rangs s&eacute;par&eacute;s parce que s&eacute;par&eacute;s au d&eacute;part? Car m&ecirc;me l&acute;institution juridique que fut le Ngondo pour r&eacute;gler les diff&eacute;rends n&acute;a &eacute;t&eacute; d&eacute;truite que pour que justice soit rendue &agrave; la mani&egrave;re de l&acute;Occupant; c&acute;est-&agrave;-dire celle de deux poids et deux mesures (l&acute;Europ&eacute;enne et l&acute;Indig&egrave;ne).<\/p>\n<p>Que dis-je? La mesure d&acute;extermination s&acute;est abattue jusque sur la litt&eacute;rature orale(preuve qu&acute;elle contenait un savoir g&ecirc;nant pour quelqu&acute;un), les arts multiples (dont le pillage et l&acute;exportation massive d&acute;objets en Europe en dit assez long sur la valeur;) les jeux et danses les plus significatifs sont oubli&eacute;s en majorit&eacute;, remplac&eacute;s par des apports totalement &eacute;trangers &agrave; nos cultures locales, et que sais-je encore? Rien n&acute;est plus dangereux pour un oppresseur que la libert&eacute; d&acute;expression de l&acute;opprim&eacute;, que ladite expression soit or-dinaire ou artistique, profane ou sacr&eacute;e.<\/p>\n<p>Aussi, pour mieux refl&eacute;ter le caract&egrave;re d&eacute;membr&eacute; du Ngondo essentiel, et pour rendre vivant un texte qui dans une r&eacute;daction rectiligne e&ucirc;t quelque peu manqu&eacute; d&acute;int&eacute;r&ecirc;t, voici ci-apr&egrave;s notre mythique institution pr&eacute;sent&eacute;e en pi&egrave;ces d&eacute;tach&eacute;es, dans l&acute;espoir que le lecteur saura faire tout seul le montage de la machine enti&egrave;re (articles, interviews parus et in&eacute;dits, notes et infos, etc. &agrave; l&acute;appui).<\/p>\n<p><em><sup><strong>21<\/strong><\/sup>&nbsp;Voir la chansonnette initiatique \u00ab\u00a0Ebang&acute;a ndo\u00a0\u00bb (&acute;ye mo &acute;mbusa, ye mo &acute;boso) et des jeux comme \u00ab\u00a0Mananama mhele\u00a0\u00bb.<br \/><\/em><\/p>\n<p><strong>L&acute;ORIGINE DU NOM \u00ab\u00a0NGONDO\u00a0\u00bb<\/strong><\/p>\n<p>A grand concept, moult de descriptions. Et le Ngondo, dans cet effort multiple et citoyen de cernement d&acute;id&eacute;es et de discernement de nuances, n&acute;a pas fait couler tant d&acute;encre et de salive pour rien. \u00ab\u00a0Cordon ombilical!\u00a0\u00bb se sont &eacute;cri&eacute; nombre d&acute;&eacute;tymologistes &agrave; la mani&egrave;re de l&acute;eur&ecirc;ka d&acute;Archim&egrave;de, en pensant confus&eacute;ment &agrave; l&acute;expression duala&nbsp;<strong><em>ngond&acute;a mutodi<\/em><\/strong>&nbsp;d&eacute;signant le bout du nombril. D&acute;autres avancent l&acute;hypoth&egrave;se du Ngonda (marche &agrave; quatre pattes de l&acute;enfant). Les troisi&egrave;mes &eacute;voquent le disque astral ngonde ou la lune, g&eacute;rante des mar&eacute;es et des mentrues. Images certes bienvenues dans le r&eacute;pertoire &eacute;tymologique auquel elles ajoutent couleur et relief. A ceci pr&egrave;s, toutefois, que du bout du nombril au cordon ombilical, de la marche infantile aux exigences d&acute;un tribunal de commerce, d&acute;une cour d&acute;&eacute;quit&eacute; ou d&acute;une institution globale, et de l&acute;astre au garde-fou communautaire, il y a tout de m&ecirc;me quelque hiatus ou cacophonie s&eacute;mantique&#8230;<\/p>\n<p>&#8230; A moins de savoir aussi que le mot Ngondo, avant de d&eacute;signer l&acute;Assembl&eacute;e Traditionnelle du Peuple Sawa, est d&acute;abord le nom d&acute;un cours d&acute;eau: celui-l&agrave; m&ecirc;me qui s&eacute;pare Akwa et Bell (les deux clans &agrave; la base des actes majeurs de l&acute;Institution), et qui va rejoindre la rivi&egrave;re Bess&eacute;k&eacute; au niveau du march&eacute; de m&ecirc;me nom, pour se jeter avec elle dans le Wuri, &agrave; hauteur justement de la zone du Fleuve marqu&eacute;e par le banc de sable r&eacute;put&eacute; avoir h&eacute;berg&eacute; longtemps les assises du Tribunal Supr&ecirc;me qui condamna &agrave; mort plus d&acute;un roi duala!<\/p>\n<p>L&acute;on ne s&acute;&eacute;tonnera pas que le site du plus grand march&eacute; de la Cit&eacute; (paix &agrave; ses cendres!) ait &eacute;t&eacute; &eacute;rig&eacute; sur la rivi&egrave;re fronti&egrave;re Ngondo, avec prise directe sur le site des plus graves d&eacute;cisions de ladite Cit&eacute;; ni qu&acute;&agrave; cette convergence s&acute;ajoute celle des Pirogues de course &agrave; l&acute;arriv&eacute;e et des foules venues les acclamer; comme si le site ne concentrait l&agrave; les l&eacute;gendes et exploits que pour mieux dire le puissant symbole d&acute;un destin unificateur de peuple et g&eacute;niteur d&acute;institution.<\/p>\n<p>Une mani&egrave;re comme une autre d&acute;inviter le lecteur de signes, sans doute futur Initi&eacute;, &agrave; s&acute;&eacute;lancer tout seul dans la qu&ecirc;te de son Histoire muette et des myst&egrave;res d&acute;une Fiction qui sait, qui peut, qui veut encore parler &agrave; qui a des oreilles pour entendre et des yeux pour voir.<\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>LE NGONDO &#8211; Le Paradis Tabou &#8211; Autopsie d&acute;une culture assassin&eacute;e &#8211; Ebele Wei ( Val&egrave;re EPEE)&nbsp; Assembl&eacute;e Traditionnelle du Peuple SawaLa description d&acute;une institution &eacute;tatique est d&eacute;j&agrave; chose malais&eacute;e en territoire de tradition orale. 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