{"id":5381,"date":"2020-08-06T20:29:13","date_gmt":"2020-08-06T18:29:13","guid":{"rendered":""},"modified":"2024-04-27T12:40:33","modified_gmt":"2024-04-27T10:40:33","slug":"5381","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/5381\/","title":{"rendered":"Les Sawas"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L\u2019ethnie des&nbsp;<strong>Sawas<\/strong>, ou&nbsp;<strong>Peuple de l\u2019Eau<\/strong>, compte plusieurs ethnies r\u00e9parties sur les provinces du Littoral et du Sud-Ouest du Cameroun : les Bassas, Bakweris, Batangas, Doualas, Malimbas,\u2026<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L\u00b4histoire des Sawa tient ses racines de l\u00b4arriv\u00e9e, en provenance de l\u2019Angola, de Mbedi fils de Mbongo dans l\u00b4estuaire du Wouri o\u00f9 ils trouvent les premiers occupants \u00e0 savoir les Bassa\u2019a et les Bakoko.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les anc\u00eatres de Mbedi, comme tous les habitants de l\u00b4Afrique sub-saharienne \u00e0 part les pygm\u00e9s en Afrique Centrale et les bushmen en Afrique australe, proviennent tous de l\u00b4Egypte N\u00e8gre Pharaonique Antique qui, apr\u00e8s leur d\u00e9cadence, vont partir progressivement peupler la zone sub-saharienne. Ils r\u00e9ussiront \u00e0 reconstruire des Royaumes et des Empires du moyen-age \u00e0 nos jours, mais jamais \u00e0 l\u00b4image du lustre de leur Egypte Antique : Empire du Mali, Empire du Ghana, Royaume d\u2019Abomey, Royaume Zulu,\u2026<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Les Rois Bell<\/h3>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"512\" src=\"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2020\/01\/palais-bonajo-1024x512.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-3198\" srcset=\"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2020\/01\/palais-bonajo-1024x512.jpg 1024w, https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2020\/01\/palais-bonajo-300x150.jpg 300w, https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2020\/01\/palais-bonajo-770x385.jpg 770w, https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2020\/01\/palais-bonajo-1170x585.jpg 1170w, https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2020\/01\/palais-bonajo-585x293.jpg 585w, https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2020\/01\/palais-bonajo.jpg 1200w\" sizes=\"(max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Ndoumb\u2019a Lobe<\/strong>&nbsp;(roi de 1858-1897) pacifie le pays sawa et son influence s\u2019\u00e9tend sur tout le littoral, du sud (Ntem) au nord (Mungo). Il est cosignataire avec Dika Mpondo Akwa, du trait\u00e9 du 12 juillet 1884 qui institue le Protectorat allemand et pr\u00e9serve leurs droits fonciers aux Duala. Sous son r\u00e8gne prend fin le monopole douala de commerce interm\u00e9diaire avec l\u2019hinterland.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Son fils,&nbsp;<strong>Auguste Manga Ndoumbe<\/strong>&nbsp;(roi de 1897-1908), grand b\u00e2tisseur, d\u00e9veloppe une \u00e9conomie de chasse d\u2019\u00e9l\u00e9phants et de plantation, et utilise les revenus du cacao, de l\u2019huile de palme, du bois et de l\u2019ivoire pour faire de gros investissements immobiliers \u00e0 Bonanjo. Il constitue une des plus importantes fortunes jamais amass\u00e9e par un roi Douala.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Son petit-fils,&nbsp;<strong>Rudolf Douala Manga Bell<\/strong>&nbsp;(roi de 1908-1914), consacre essentiellement son r\u00e8gne \u00e0 combattre le projet allemand d\u2019urbanisme Gross Duala qui pr\u00e9conise, entre autre, l\u2019expropriation des indig\u00e8nes de Bonanjo, d\u2019Akwa, de De\u00efdo, pour les exp\u00e9dier dans les quartiers de Neu-Bell, Neu-Akwa, Neu-De\u00efdo, au-del\u00e0 d\u2019une Freie Zone, bande de d\u00e9marcation entre Europ\u00e9ens et indig\u00e8nes, large d\u2019un kilom\u00e8tre. Il perd ce combat et est pendu le 8 ao\u00fbt 1914.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Son arri\u00e8re-petit fils,&nbsp;<strong>Alexandre Ndoumb\u2019a Douala<\/strong>&nbsp;(roi de 1950-1966), h\u00e9ritier tragique, rentre au Cameroun en 1919, apr\u00e8s avoir pass\u00e9 sa jeunesse en Allemagne, ce qui incite l\u2019administration fran\u00e7aise \u00e0 le suspecter de germanophilie. Il passera plus de 30 ans \u00e0 se battre pour acc\u00e9der au tr\u00f4ne. Il y parviendra en 1950, mais ne r\u00e9ussira jamais \u00e0 r\u00e9tablir la totalit\u00e9 de ses droits. En 1945, il est \u00e9lu repr\u00e9sentant du Cameroun \u00e0 l\u2019Assembl\u00e9e nationale fran\u00e7aise et devient l\u2019un des premiers d\u00e9put\u00e9s africains. En 1958, il d\u00e9missionne de ses mandats politiques et se retire de la vie publique.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Ren\u00e9 Dualla Manga Bell<\/strong>&nbsp;n\u00b4est autre que le fils de Eithel Dualla Manga Bell, lui-meme fils cadet du Roi Rudolf Dualla Manga Bell execut\u00e9 le 08 Aout 1914 par l\u00b4administration coloniale allemande. Eithel Dualla Manga Bell son p\u00e8re abdique en sa faveur et son oncle Alexandre Ndoumb\u2019a Dualla Manga Bell le d\u00e9signe comme successeur au Trone des Do\u2019o Do\u2019o et ipso facto du Canton Njo-Njo et Bell.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Le Prince Ren\u00e9 Dualla Manga Bell<\/h3>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le&nbsp;<strong>Prince Ren\u00e9 Dualla Manga Bell<\/strong>&nbsp;est un Monarque Sawa-duala, appartenant au grand groupe Sawa et \u00e0 la grande tribu bantou. Il est l\u2019un des descendants direct de Ewal\u2019a Mbedi ou Dwala Mbedi, l\u2019ancetre eponyme des douala, qui ont donn\u00e9 leur nom \u00e0 la ville et capitale \u00e9conomique du cameroun et dont le duala est la langue de communication et officielle de tout le peuple Sawa. Il est issu d\u00b4une grande lign\u00e9e de Rois Duala, la&nbsp;<strong>dynastie des King Bell<\/strong>&nbsp;dont il a su preserver l\u00b4h\u00e9ritage, l\u2019honneur, la puissance, l\u2019influence et le prestige, se posant toujours en grand defenseur des plus faibles et en gardien de la tradition ancestrale Sawa.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Il a r\u00e9gn\u00e9 durant 45 ans de 1966 \u00e0 2012 sur le Canton Bell, le Canton Njo et le Royaume Do\u2019o Do\u2019o qui regroupe les grandes chefferies Bonapriso, Bonadouma, Bonadumbe, Bonanjo, Bonaberi de nos jours, mais qui jusqu\u2019\u00e0 la scission en 1814 s\u2019etendait sur toute la ville de douala et voyait son influence s\u2019etendre sur toute la r\u00e9gion du littoral, du Sud-Ouest camerounais en d\u00e9tenant tous les attributs du pouvoir mystico-traditionel Sawa.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Il a pr\u00e9sid\u00e9 \u00e0 plusieurs reprises le&nbsp;<strong>Ngondo<\/strong>, rassemblement annuel culturel et traditionel du peuple Sawa initi\u00e9 par King Akwa au 19\u00e8me si\u00e8cle, en tant que Pr\u00e9sident G\u00e9n\u00e9ral dont la derni\u00e8re fois en 2010. Il a instut\u00e9 le&nbsp;<strong>T\u00e9t\u2019Ekombo<\/strong>, qui se deroule chaque ann\u00e9e au parc des princes \u00e0 Bali en hommage \u00e0 l\u2019anniversaire de la mort du&nbsp;<strong>Roi Rudolf Dualla Manga Bell<\/strong>, pendu le 8 aout 1914 par l\u2019administration coloniale allemande en revendiquant le respect du trait\u00e9 Germano-Duala interdisant les expropriations, les travaux forc\u00e9s,\u2026 sign\u00e9 en 1884 par son grand-p\u00e8re&nbsp;<strong>King Ndoumb\u2019a Lobe<\/strong>.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Il a travers\u00e9 deux si\u00e8cles de vitesse et de changements en sachant pr\u00e9server sa culture et sa tradition tout en arrimant dans la modernit\u00e9 son peuple Sawa et son village d\u2019origine Douala, devenu une ville cosmopolite de plus de 3 millions d\u2019habitants, devenue la capitale \u00e9conomique du Cameroun et de l\u2019Afrique centrale.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le Prince Rene Doualla Manga Bell est ainsi devenu au fil des temps la figure embl\u00e9matique du peuple Sawa et l\u2019une des figures de proue de la chefferie traditionelle camerounaise et africaine. Il est d\u00e9c\u00e9d\u00e9 en 2012, refusant dans ses derni\u00e8res volont\u00e9s d\u2019\u00eatre enterr\u00e9 \u00e0 la&nbsp;<strong>pagode<\/strong>&nbsp;construite par son arri\u00e8re-grand-p\u00e8re o\u00f9 sont enterr\u00e9s tous les Rois Bell, de ce qui tient lieu de pantheon Sawa, mais dans son caveau familial.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Le Ngondo<\/h3>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le Ngondo est l\u2019assembl\u00e9e traditionnelle qui r\u00e9unit tous les peuples c\u00f4tiers, Douala, Bassa, Bakoko, Batanga, Yabassi,\u2026 regroup\u00e9s sous le nom g\u00e9n\u00e9rique de Peuple Sawa.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La&nbsp;<strong>l\u00e9gende originelle du Ngondo<\/strong>&nbsp;: Sur les march\u00e9s du pays Pongo, transitaient les produits les plus demand\u00e9s par les navigateurs\u2026 C\u00b4est l\u00e0 que tous les grands commer\u00e7ants c\u00f4tiers de cette \u00e9poque se fournissaient. Malob\u00e8 m\u00b4Etame M\u00b4etei ; un g\u00e9ant immense d\u00b4une force ph\u00e9nom\u00e9nale entreprit de pr\u00e9lever une d\u00eeme personnelle sur chaque pirogue qui accostait, avec la complicit\u00e9 de ses fr\u00e8res. Les piroguiers terroris\u00e9s n\u00b4osaient plus accoster.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le chef Ngando a Kwa du clan des Bonambele, demanda l\u00b4union de tous les chefs de clans pour faire face en commun au danger. Cette r\u00e9union eu lieu sur la rivi\u00e8re Bess\u00e8k\u00e8. La m\u00e9taphore de l\u00b4union, Ngobi, le cordon ombical commun, d\u00e9signera d\u00e9sormais l\u00b4assembl\u00e9e des chefs de clans.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Il fit intervenir un de ses beaux-parents Ngomninga du clan Bakoko du village Yansoki. Apr\u00e8s avoir subi tous les rites, pendant 9 semaines dans le village Akwa, il alla tout seul affronter le g\u00e9ant Malob\u00e8. Apr\u00e8s 9 jours d\u00b4observation, il accosta de tr\u00e8s bon matin, pr\u00e9para tous ses artifices mystiques . Le combat \u00e9tait fini avant d\u00b4avoir commenc\u00e9. Malob\u00e8 n\u00b4a pas pu r\u00e9sister \u00e0 Ngomninga. Attach\u00e9 dans une pirogue, il fut livr\u00e9 aux bateaux n\u00e9griers. Le chanson racontant cette l\u00e9gende est le v\u00e9ritable hymne du Ngondo.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Chaque ann\u00e9e, au d\u00e9but de la saison s\u00e8che (d\u00e9cembre), cette assembl\u00e9e est l\u2019occasion de r\u00e9jouissances sur les berges du Wouri \u00e0 Douala.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La&nbsp;<strong>veill\u00e9e du Ngondo<\/strong>&nbsp;: Selon le sc\u00e9nario consacr\u00e9, les manifestations marquants l\u00b4expression spectaculaire du Ngondo commencent par une veill\u00e9e de m\u00e9ditation grave et soutenue, ponctu\u00e9e de pri\u00e8res, chants danses, jeux divers. Elle se d\u00e9roule en un lieu symbolique, \u00e0 l\u00b4ombre symbole ou \u00e0 proximit\u00e9 d\u00b4un sanctuaire sur la surveillance d\u00b4un service d\u00b4ordre traditionnel particuli\u00e8rement vigilant.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le lendemain matin, jour du Ngondo, d\u00e8s 5 heures, ses grands dignitaires suivis de leur \u00e9tat-major et d\u2019une foule imposante d\u2019hommes et de femmes, tous en tenue traditionnelle d\u2019apparat, se dirigent vers la plage du Wouri choisie pour le F\u00eate.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">C\u2019est souvent au pied du pont du Wouri, parfois dans la petite p\u00eacherie du Yupw\u00e8. Mais auparavant, ils auront parcouru toute la ville \u00e0 pied, pour rendre chaque ann\u00e9e un hommage immortel \u00e0 leurs deux derniers souverains disparus. Ainsi vont-ils se recueillir pieusement et d\u00e9poser une gerbe de fleurs sur la tombe de Rudolph Duala Manga, h\u00e9ros du peuple, et de King Akwa, Dika Mpondo ma Ngando a Kwa.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Voici les hommes : Tous vont pieds nus, petites toques de fibre de raphia noire sur la t\u00eate, pagne de velours ou de soie chatoyante, port\u00e9 serr\u00e9 autour des reins, chemise blanche \u00e0 longues manches recouvrant l\u2019ensellure du pagne, ou petits tricots collant au buste, foulards aux couleurs vives, tant\u00f4t en bandouli\u00e8re sur l\u2019\u00e9paule ou jet\u00e9s nonchalamment en \u00e9charpe sur le cou, un peu \u00e0 l\u2019image des maires, chasse-mouche \u00e0 la main. Il y en a qui sont torse nu, bustes de toutes les gammes de noir, de brun ou de brique cuite. Leur pas est lent et majestueux. Leur masque grave. Ils marchent en silence, dans l\u2019ombre encore fantomatique de la nuit qui se meurt.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les femmes portent le&nbsp;<strong>kaba ngondo<\/strong>. Le kaba est une robe maxi, d\u2019une mode typiquement duala, fort ancienne dans la r\u00e9gion. C\u2019est l\u2019habit de tous les jours des vieilles mamans de l\u00e0-bas. Longue et tr\u00e8s ample, cette robe se fait en tissu imprim\u00e9 de toutes teintes, aux motifs d\u2019une infinie vari\u00e9t\u00e9. Le groupe des femmes s\u2019avance, lui aussi, dans ce m\u00eame silence fait tout \u00e0 la fois de myst\u00e8re et de ferveur. Leurs pieds, \u00e9galement, sont nus, un foulard de soie ou de velours nou\u00e9 autour des reins, comme dans le musuka des pleureuses, les jours de deuil (basas\u00e8 kwedi).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Parvenu au bord du fleuve, \u00e0 l\u2019emplacement \u00e9lu, tout ce monde foule f\u00e9brilement le sable mouill\u00e9 de la plage et tourne, avec humilit\u00e9, ses regards vers les eaux sales, glauques et palpitantes. Devant lui, \u00e0 l\u2019horizon, sur l\u2019autre rive ou sur les mille et un \u00eelots qui h\u00e9rissent de leurs fouillis verd\u00e2tre le milieu du fleuve au Nord du pont, d\u2019immenses champs de pal\u00e9tuviers se profilent \u00e0 perte de vue, dans un entrelacs de racines a\u00e9riennes ruisselantes de glu ou par\u00e9es de minuscules coquillages, plongeant dans l\u2019onde noire de suif et de boue comme les tentacules de pieuvres g\u00e9antes. C\u2019est la demeure divine des miengu sacr\u00e9s des Duala, g\u00e9nies craints et v\u00e9n\u00e9r\u00e9s de tous, sir\u00e8nes ou na\u00efades dispensatrices de toutes leurs fortunes, bonnes ou mauvaises.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Puis, subitement, une voix de stentor s\u2019\u00e9l\u00e8ve par-dessus la clameur sourde, tandis que les pal\u00e9tuviers touffus en reprennent au loin l\u2019\u00e9cho, par saccades tardives et \u00e9mouvantes. Le chef-pr\u00e9sident parle et demande le silence. Cela annonce le commencement du rituel au son du ngoso \u2013 une fa\u00e7on de chanter caract\u00e9ristique des peuples c\u00f4tiers du Cameroun, des miken \u2013 des clochettes \u00e0 une voix qui sont accord\u00e9es ensemble selon un timbre et un rythme particulier, et des mbaka. D\u2019abord, c\u2019est un solo imm\u00e9diatement suivi d\u2019un duo\u2026 Puis le choeur encha\u00eene sur un rythme sourd, compact, majestueux, d\u2019une incomparable richesse d\u2019harmonies et d\u2019une beaut\u00e9 m\u00e9lodieuse pour nous sans pareille&nbsp;&nbsp;Ya, Malob\u00e8, Ya, Malob\u00e8, Malob\u00e8 a si w\u00e8li Eng\u00f4mga&nbsp;: Malob\u00e8 n\u2019a pu r\u00e9sister \u00e0 Eng\u00f4mga.<br>Dans ce chant, les Duala se moquent de Malob\u00e8, autrefois leur terreur aux march\u00e9s de Pongo. De ce Malob\u00e8 qui se croyait invincible. Mais que la force sup\u00e9rieure d\u2019Eng\u00f4mga finit par mettre \u00e0 genoux. Aujourd\u2019hui, c\u2019est le chant du ralliement, l\u2019hymne \u00e0 l\u2019union.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Apr\u00e8s, vient&nbsp;<strong>l\u2019esa ya mboa<\/strong>, la pri\u00e8re collective aux anc\u00eatres disparus, l\u2019invocation solennelle des miengu.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Au moment de la c\u00e9r\u00e9monie du serment, toute l\u2019assistance entre dans un \u00e9tat de transe tr\u00e9pidante, comme mue et poss\u00e9d\u00e9 par le jengu. On se tr\u00e9mousse, on trottine sur place, des milliers de bras gesticulent tels des manivelles, comme dans la danse des mal\u00f4k\u00f4, propre aux pas de lutte traditionnelle. Le tout cadenc\u00e9 par le son cristallin des clochettes.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Par cette pri\u00e8re collective, le Ngondo implore les miengu afin qu\u2019ils prot\u00e8gent et gardent son peuple bien-aim\u00e9, qu\u2019ils le couvrent de toutes les b\u00e9n\u00e9dictions, qu\u2019ils le comblent de toutes les vertus de la terre : force, sagesse, intelligence, richesse ; qu\u2019ils lui apportent la prosp\u00e9rit\u00e9 en tout, une plus grande f\u00e9condit\u00e9 des femmes, des parties de p\u00eache fructueuses, de bonnes r\u00e9coltes, l\u2019union de tous dans la fraternit\u00e9 et l\u2019amour du prochain, la paix dans les foyers et sur l\u2019ensemble du pays\u2026 Que, du m\u00eame coup, les miengu conjurent et \u00e9loignent du peuple tous les maux d\u2019ici bas : la mort, le deuil, la st\u00e9rilit\u00e9 des m\u00e8res de famille, la pauvret\u00e9 et la mis\u00e8re, la haine et la d\u00e9sunion.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Mais dans tout ce rituel du Ngondo, la minute la plus path\u00e9tique, la plus poignante, la plus subjugante, celle qui accroche le plus l\u2019attention, retient le curieux et intrigue la profane, c\u2019est, sans aucun doute, celle de la c\u00e9r\u00e9monie d\u2019immersion du vase sacr\u00e9 dans les profondeurs du Wouri, autre demeure mystique des g\u00e9nies peuplant le fleuve, les miengu. C\u2019est le siba l\u2019eloko, qui consiste en l\u2019immersion d\u2019une marmite sacr\u00e9e dans le Wouri par un plongeur qui reste 9 minutes sous l\u2019eau pour rendre visite aux anc\u00eatres qui se trouvent au fond du Fleuve. Lorsqu\u2019il refait surface, la marmite n\u2019est pas mouill\u00e9e et elle contient le message des anc\u00eatres que les initi\u00e9s vont d\u00e9coder avant de l\u2019annoncer \u00e0 la foule impatiente. Tous les chefs traditionnels sont pr\u00e9sents pour \u00e9couter le message des sages et des anc\u00eatres pour l\u2019ann\u00e9e \u00e0 venir.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">De nombreuses festivit\u00e9s sont encore au programme du Ngondo : concours de lutte Sawa, de danses traditionnelles, courses de pirogues et \u00e9lection de Miss Ngondo constituent les r\u00e9jouissances moins sacr\u00e9es du jour.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le dernier message, lu le 2 d\u00e9cembre 2012 par Sammet Bell, secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral du Ngondo, dit ceci :&nbsp;Les anc\u00eatres sont satisfaits du travail abattu pendant ces deux derni\u00e8res ann\u00e9es. Ils insistent que le combat men\u00e9 pour la paix continue. Maintenant, ils demandent que nous soyons v\u00e9ridiques, que nous apprenions \u00e0 dire la v\u00e9rit\u00e9.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L\u2019ethnie des&nbsp;Sawas, ou&nbsp;Peuple de l\u2019Eau, compte plusieurs ethnies r\u00e9parties sur les provinces du Littoral et du Sud-Ouest du Cameroun : les Bassas,&hellip;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":3177,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_lmt_disableupdate":"","_lmt_disable":"","footnotes":""},"categories":[244,237,345],"tags":[],"class_list":["post-5381","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-histoire","category-le-peuple","category-origine-fr"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5381","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=5381"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5381\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":7731,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5381\/revisions\/7731"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/3177"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=5381"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=5381"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=5381"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}