{"id":5382,"date":"2020-08-06T20:40:18","date_gmt":"2020-08-06T18:40:18","guid":{"rendered":""},"modified":"2025-03-13T15:50:55","modified_gmt":"2025-03-13T14:50:55","slug":"5382","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/5382\/","title":{"rendered":"SCHISME DE 1814, MYTHE OU REALITE"},"content":{"rendered":"<p>Une autre page de notre auguste assembl&eacute; vient de se refermer avec la cl&ocirc;ture de cette &eacute;dition du Ngondo 2010. Diff&eacute;rente des autres, cette &eacute;dition a vu, 6 mois avant sa tenue, la parution de deux ouvrages dont le contenu de l&rsquo;un est li&eacute; &agrave; la naissance du Ngondo. Ignorant compl&egrave;tement le contenu de cet ouvrage qui remet en question l&rsquo;origine que l&rsquo;on attribut aujourd&rsquo;hui au Ngondo, l&rsquo;auteur de ces parutions en suscitant le d&eacute;bat ici veut que les fils Sawa s&rsquo;int&eacute;ressent de pr&egrave;s &agrave; cet &eacute;v&egrave;nement (le schisme) qui est consid&eacute;r&eacute; comme au centre de la naissance de cette institution. Car bien analys&eacute;, il pourrait amener les dirigeants de cet assembl&eacute; &agrave; reconsid&eacute;rer leur position quant &agrave; la date naissance et l&rsquo;origine que les chercheurs en histoire donne aujourd&rsquo;hui au Ngondo.&nbsp;<\/p>\n<p>A ce jour, plusieurs r&eacute;cits sur l&rsquo;histoire des berges du Wouri nous sont parvenus. Mais, celui sur le duel entre Ngando et Bel&egrave; a l&rsquo;avantage de nous rapporter les &eacute;changes des concern&eacute;s eux-m&ecirc;mes. Riche en r&eacute;v&eacute;lations, il peut apporter sur des questions telles que&nbsp; la naissance du Ngondo, la pr&eacute;sence ou non du groupe Basa sur les bords du Wouri &agrave; l&rsquo;&eacute;poque du duel, l&rsquo;identit&eacute; de Ngando, de Kul (Nku) et autre&hellip;<\/p>\n<p>De peur que la version Basa n&rsquo;influence nos conclusions, nous aimerions qu&rsquo;elle soit lue en fin d&rsquo;&eacute;tude, pour comparaison. Elle sera donc pr&eacute;sent&eacute;e ici en derni&egrave;re position.<\/p>\n<p>Selon l&rsquo;histoire officielle, en 1814, la famille Douala se serait disloqu&eacute;e pour donner naissance &agrave; deux royaumes connus aujourd&rsquo;hui sous les noms Akwa et Bell. Sur la place des op&eacute;rations, l&rsquo;histoire est rest&eacute;e muette quant &agrave; la pr&eacute;sence Basa pourtant majoritaire &agrave; cette &eacute;poque. Ce qui suscite des interrogations. Plus grave, tous les historiens qui s&rsquo;int&eacute;ressent &agrave; l&rsquo;histoire des berges du Wouri passent sous silence le mobil de ce duel.&nbsp;<\/p>\n<p>A coup sur, une lecture minutieuse des diff&eacute;rentes versions de ce r&eacute;cit nous apportera des r&eacute;ponses sur cette &eacute;poque cruciale des berges du Wouri.<\/p>\n<p>Version Douala (IBB)&nbsp;repris par Ren&eacute; Bureau:<\/p>\n<p><em>Autrefois Bonadoo et Bonabela &eacute;taient r&eacute;unis. Il n&rsquo;y avait pas de&nbsp;&nbsp;palabre. La ch&egrave;vre et son enfant ont mang&eacute; la m&ecirc;me herbe. L&rsquo;histoire que vous allez entendre a encore ses r&eacute;percussions aujourd&rsquo;hui. Quelquefois en marchant, les Douala avaient l&rsquo;habitude de parler une langue &eacute;trang&egrave;re. Mais les notables n&rsquo;aimaient pas cette habitude. Quand Beri ba Doo prit le commandement de tout le pays, les notables organis&egrave;rent une r&eacute;union de toute la population. Tout le monde fut d&rsquo;accord pour dire qu&rsquo;il ne fallait plus parler cette langue &eacute;trang&egrave;re dans la ville de Douala. Ngandu &agrave; Kua chanta une chanson&nbsp;; cette chanson est adress&eacute;e au Kurungu&nbsp;:&nbsp;&laquo;&nbsp;Kurungu tu t&rsquo;es habill&eacute; comme un guerrier. Et qui as-tu tu&eacute;&nbsp;?&nbsp;<strong>Tu dis que tu ne prends plus part &agrave; la soci&eacute;t&eacute; des Douala<\/strong><\/em><strong><em>&nbsp;<\/em><\/strong><em>&raquo;. Et Beri ba D&ocirc;o &eacute;tait assis. Il entendit Ngandu &agrave; Kua chanter cette chanson. Il se f&acirc;cha car il comprenait le motif. Beri ba D&ocirc;o se f&acirc;cha contre Ngandu &laquo;&nbsp;Tu es l&agrave; debout, comme &ccedil;a tu es d&eacute;j&agrave; un homme mort. Je te tue, moi moi Beri ba D&ocirc;o. Je te tue, je resterai dans la mer de Douala. Rien ne peut agir contre moi. Penses-tu que c&rsquo;est parce que nous sommes de l&rsquo;autre c&ocirc;t&eacute; de la mer que tu peux parler ainsi&nbsp;? Ngandu r&eacute;pondit&nbsp;: &laquo;&nbsp;j&rsquo;ai un esclave comme toi chez moi. C&rsquo;est un &eacute;tranger n&eacute; dans une famille d&rsquo;esclave, un fils comme toi, qui n&rsquo;est pas n&eacute; dans la famille propre, un fils qui te ressemble&hellip;&nbsp;&raquo;. Beri ba Doo lui cria&nbsp;: &laquo;&nbsp;jure au nom de mon p&egrave;re Doo la Makongo et je te tuerai tout de suite. Je te r&eacute;p&egrave;te encore&nbsp;: si tu jure au nom de mon p&egrave;re Doo la Makongo ma Ngane Njoh Mapoka, je te tue tout de suite&hellip;&nbsp;&raquo; Beri &eacute;tait assis sur un si&egrave;ge de fils. Il frappa des pieds par terre et r&eacute;p&eacute;ta encore ce qu&rsquo;il venait de dire. Ngandu ne dit rien. Les hommes &acirc;g&eacute;s qui &eacute;taient&nbsp;&nbsp;l&agrave; virent que Bell&egrave; &eacute;tait trop f&acirc;ch&eacute; et ils commenc&egrave;rent &agrave; le consoler&nbsp;: &laquo;&nbsp;notre p&egrave;re, asseyez vous, ne vous occupez pas de Ngandu car vous &ecirc;tes sup&eacute;rieur &agrave; lui&hellip;&nbsp;&raquo; Beri reprit son calme. Il se rassit. Ngandu se rassit aussi. Mais on lui dit de se taire dor&eacute;navant. Apr&egrave;s la r&eacute;union, chacun se rendit chez lui. La conclusion de l&rsquo;histoire est celle-ci&nbsp;: on ne doit plus entendre aucun Douala parler une langue &eacute;trang&egrave;re dans la ville de Douala. Sauf lorsqu&rsquo;un &eacute;tranger vient rendre visite sans connaitre la langue Duala. Revenu chez lui Ngandu prit le tambour d&rsquo;appel pour appeler tout ceux qui habitaient aux environs, de son c&ocirc;t&eacute; du fleuve. Il leur demanda&nbsp;: &laquo;&nbsp; avez-vous vu ce qui s&rsquo;est pass&eacute; entre moi et Beri&nbsp;?&nbsp;&raquo; ils dirent oui. Il dit ensuite&nbsp;: &laquo;&nbsp;maintenant je divise la famille. Que tous ceux qui habitent de l&rsquo;autre c&ocirc;t&eacute; de la rivi&egrave;re s&rsquo;appellent Bonanj&ocirc; et nous autres, nous appellerons Bonakuo&raquo;.&nbsp;A cette &eacute;poque la rivi&egrave;re n&rsquo;avait pas encore re&ccedil;u le nom de Ngondo. Ngandu ajouta&nbsp;: &laquo;&nbsp;s&rsquo;il y a une histoire de l&rsquo;autre c&ocirc;t&eacute;, nous n&rsquo;irons pas. Si nous avons une affaire chez nous, nous la r&eacute;glerons nous m&ecirc;mes&nbsp;&raquo;. C&rsquo;est &agrave; cette &eacute;poque que se fit la s&eacute;paration entre Bonadoo et Bonabela. Chacun partit chez soit. L&rsquo;histoire fut r&eacute;pandue dans tout Douala. Beri organisa une grande r&eacute;union, dans une &icirc;le l&agrave; o&ugrave; il y a du bon sable. Beri ba Doo n&rsquo;&eacute;tait pas l&agrave; lui-m&ecirc;me. C&rsquo;est son fils qui &eacute;tait au pouvoir, Bebe &agrave; Beri. On chercha si Ngandu avait vraiment motif pour s&eacute;parer la famille. Il fut reconnu qu&rsquo;il avait tort. Beri se leva et il dit&nbsp;: &laquo;&nbsp;puisque Ngandu &agrave; Kua &agrave; d&eacute;j&agrave; divis&eacute; la famille quelle le reste. On ne doit plus faire de r&eacute;union dans la ville. Il faut les faire ailleurs pour que les femmes ne puissent entendre. Le lieu choisi pour les r&eacute;unions futures porta le nom de Ngandu<\/em><\/p>\n<p><em>Pour appr&eacute;cier ce r&eacute;cit &agrave; sa juste valeur,&nbsp; nous nous devons d&rsquo;abord d&rsquo;aller &agrave; la recherche de l&rsquo;identit&eacute; du groupe qui gouvernait les berges du Wouri &agrave; l&rsquo;&eacute;poque des faits. La r&eacute;solution de cette &eacute;nigme &eacute;tant d&rsquo;une importance capitale, la langue au centre du probl&egrave;me ici peut nous aider dans cette qu&ecirc;te. Malheureusement, la version IBB est rest&eacute;e muette &agrave; son sujet. Ne se limitant pas &agrave; cela, certains passages de cette version ont m&ecirc;me &eacute;t&eacute; tronqu&eacute;s. En voulant imposer ici la langue Douala, Bel&egrave; ne se pr&eacute;sente-t-il pas comme un d&eacute;fenseur de la soci&eacute;t&eacute; Douala&nbsp;? Mais pourquoi Ngando le traite comme celui qui ne veut plus faire partie du groupe Douala&nbsp;? Ne trouvez-vous pas que la question,&nbsp;&laquo;&nbsp;tu dis que tu ne prends plus part &agrave; la soci&eacute;t&eacute; des Douala&nbsp;&raquo;, de Ngando ne tient pas la route&nbsp;? Preuve de sa falsification&nbsp;?&nbsp; C&rsquo;est &agrave; ce moment que retrouver la langue ici au centre du probl&egrave;me devient capital.<\/em><\/p>\n<p><em>Comme pour voler &agrave; notre secours, Ren&eacute; Gouellain, plus explicite que Ren&eacute; bureau d&eacute;voile, dans sa version &agrave; lui, l&rsquo;identit&eacute; de la langue au centre du litige. Il rel&egrave;ve :<\/em><\/p>\n<p><em>&laquo;&nbsp;C&rsquo;est sous le commandement&nbsp;&nbsp;de bell&egrave; ba Doo que les descendants de Kouo Mapoka rompirent avec les descendants de Njo Mapoka. Selon la tradition &lsquo;&rsquo;I.B.B.&rsquo;&rsquo;, &lsquo;&rsquo; auparavant les Bonadoo et les Bonambela &eacute;taient &lsquo;&rsquo;une m&ecirc;me chose&rsquo;&rsquo;. Mais un jour, on commen&ccedil;a&nbsp;&nbsp;de parler dans la tribu une langue &eacute;trang&egrave;re, &lsquo;&rsquo;le basa&rsquo;&rsquo;. Les Akwa, en effet s&rsquo;exprimaient entre eux en cette langue, obligeant les Bonadoo &agrave; faire autant quand ils s&rsquo;adressaient &agrave; eux&nbsp;&raquo;<sup>1<\/sup>.<\/em><\/p>\n<p><em>(1)-&nbsp;Ren&eacute; Gouellain&nbsp;&laquo;&nbsp;Douala, ville et histoire&nbsp;&raquo; paris. P. 73<\/em><\/p>\n<p><em>La langue au centre du probl&egrave;me ici serait donc le Basa&nbsp;? Or, dans sa position de langue d&rsquo;accueil, le Basa ne pouvait &ecirc;tre tax&eacute; de langue &eacute;trang&egrave;re sur les berges du Wouri. C&rsquo;est le lieu de revenir sur la question de Ngando qui ne pouvait &ecirc;tre pos&eacute; qu&rsquo;en ces termes&nbsp;:&nbsp;&laquo;&nbsp;tu dis que tu ne prends plus par &agrave; la soci&eacute;t&eacute; des Basa&nbsp;?&raquo;.&nbsp;Et l&agrave;, le mobile du conflit s&rsquo;expose de lui-m&ecirc;me, expliquant les enjeux et les autres propos de Ngando.&nbsp;<\/em><\/p>\n<p><em>En disant&nbsp;alors,&nbsp;&laquo;&nbsp;j&rsquo;ai un esclave comme toi chez moi. C&rsquo;est un &eacute;tranger n&eacute; dans une famille d&rsquo;esclave, un fils comme toi, qui n&rsquo;est pas n&eacute; dans la famille propre, un fils qui te ressemble&hellip;&nbsp;&raquo;,&nbsp;Ngando ne fait-il pas allusion&nbsp;&agrave; la petite histoire qui entoura la gestation de Bel&egrave; (connue de tous) et &agrave; l&rsquo;origine Bonamb&egrave;di des Bonad&ocirc;o&nbsp;?&nbsp;En tenant ce genre de propos, Ngando ne fait-il pas r&eacute;f&eacute;rence ici &agrave; son appartenance au groupe Basaa dont D&ocirc;o fait lui aussi partie mais qui, au lendemain de son ascension au sommet de la hi&eacute;rarchie sociale semble la renier en cherchant &agrave; imposer sa langue d&rsquo;origine (&eacute;trang&egrave;re) comme langue commerciale dans une soci&eacute;t&eacute; Basa ? Si Bel&egrave; &eacute;tait donc Basaa d&rsquo;adoption et Ngando, Basaa de souche, tous deux membres de la soci&eacute;t&eacute; Basaa, de quel schisme parle t&rsquo;on ici en 1814 dont Ngando serait &agrave; l&rsquo;origine&nbsp;? Car, il est clair ici que exploitant &agrave; fond sa position de leader du moment, c&rsquo;est Bel&egrave; qui, voulant changer la soci&eacute;t&eacute; Basa en soci&eacute;t&eacute; Bonamb&egrave;di, trouvera Ngando sur son chemin. Il &eacute;tait donc question en 1814, de la mise en quarantaine d&rsquo;un apprenti despote et le retour &agrave; la normale&nbsp; des choses.&nbsp;<\/em><\/p>\n<p><em>Ce r&eacute;cit ne peut &ecirc;tre comprit que si l&rsquo;on prend les communaut&eacute;s qui occupaient &agrave; cette &eacute;poque sur les berges du Wouri comme faisant partie d&rsquo;une m&ecirc;me soci&eacute;t&eacute; au sein de laquelle toutes&nbsp;&nbsp;les composantes &eacute;taient parfaitement int&eacute;gr&eacute;es. C&rsquo;est le lieu de relever&nbsp;&nbsp;qu&rsquo;en accord avec les coutumes Basa, tout Nlolo (descendants d&rsquo;&eacute;tranger) &agrave; la troisi&egrave;me g&eacute;n&eacute;ration pouvait postuler &agrave; tous les postes de responsabilit&eacute;s du groupe. Chef de lignage Bonamb&egrave;di du plateau Joss, D&ocirc;&ocirc; la Makongo &eacute;tait de la 4<sup>e<\/sup>&nbsp;g&eacute;n&eacute;ration et le plus &acirc;g&eacute; de ce plateau. Il devint donc le tout premier Basaa d&rsquo;origine Bonamb&egrave;di &agrave; assumer cette fonction. Mais, il a des ambitions&nbsp;; il veut contr&ocirc;ler toutes les berges du Wouri. Profitant de l&rsquo;instabilit&eacute; qui pr&eacute;vaut depuis la mort du Roi Mapota (Manoba), du soutient d&rsquo;une fraction Bodjongo et de la complicit&eacute; de quelques commer&ccedil;ants Europ&eacute;ens, D&ocirc;&ocirc; s&rsquo;impose &agrave; la direction des berges du Wouri. Lorsque son fils lui succ&egrave;de, il suit les pas de son p&egrave;re. D&rsquo;o&ugrave; sa mise en quarantaine.&nbsp;<\/em><\/p>\n<p><em>Apr&egrave;s lecture de la version Basaa, nous attendons de vous des r&eacute;actions objectives et sinc&egrave;res, seul gage d&rsquo;une bonne r&eacute;&eacute;criture de l&rsquo;histoire de notre ville.<\/em><\/p>\n<p><em>Version Douala (IBB)&nbsp;repris par Ren&eacute; Bureau:<\/em><\/p>\n<p><em>Autrefois Bonadoo et Bonabela &eacute;taient r&eacute;unis. Il n&rsquo;y avait pas de&nbsp;&nbsp;palabre. La ch&egrave;vre et son enfant ont mang&eacute; la m&ecirc;me herbe. L&rsquo;histoire que vous allez entendre a encore ses r&eacute;percussions aujourd&rsquo;hui. Quelquefois en marchant, les Douala avaient l&rsquo;habitude de parler une langue &eacute;trang&egrave;re. Mais les notables n&rsquo;aimaient pas cette habitude. Quand Beri ba Doo prit le commandement de tout le pays, les notables organis&egrave;rent une r&eacute;union de toute la population. Tout le monde fut d&rsquo;accord pour dire qu&rsquo;il ne fallait plus parler cette langue &eacute;trang&egrave;re dans la ville de Douala. Ngandu &agrave; Kua chanta une chanson&nbsp;; cette chanson est adress&eacute;e au Kurungu&nbsp;:&nbsp;&laquo;&nbsp;Kurungu tu t&rsquo;es habill&eacute; comme un guerrier. Et qui as-tu tu&eacute;&nbsp;? Tu dis que tu ne prends plus part &agrave; la soci&eacute;t&eacute; des Douala&nbsp;&raquo;. Et Beri ba D&ocirc;o &eacute;tait assis. Il entendit Ngandu &agrave; Kua chanter cette chanson. Il se f&acirc;cha car il comprenait le motif. Beri ba D&ocirc;o se f&acirc;cha contre Ngandu &laquo;&nbsp;Tu es l&agrave; debout, comme &ccedil;a tu es d&eacute;j&agrave; un homme mort. Je te tue, moi moi Beri ba D&ocirc;o. Je te tue, je resterais dans la mer de Douala. Rien ne peut agir contre moi. Penses-tu que c&rsquo;est parce que nous sommes de l&rsquo;autre c&ocirc;t&eacute; de la mer que tu peux parler ainsi&nbsp;? Ngandu r&eacute;pondit&nbsp;: &laquo;&nbsp;j&rsquo;ai un esclave comme toi chez moi. C&rsquo;est un &eacute;tranger n&eacute; dans une famille d&rsquo;esclave, un fils comme toi, qui n&rsquo;est pas n&eacute; dans la famille propre, un fils qui te ressemble&hellip;&nbsp;&raquo;. Beri ba Doo lui cria&nbsp;: &laquo;&nbsp;jure au nom de mon p&egrave;re Doo la Makongo et je te tuerai tout de suite. Je te r&eacute;p&egrave;te encore&nbsp;: si tu jure au nom de mon p&egrave;re Doo la Makongo ma Ngane Njoh Mapoka, je te tue tout de suite&hellip;&nbsp;&raquo; Beri &eacute;tait assit sur un si&egrave;ge de fils. Il frappa des pieds par terre et r&eacute;p&eacute;ta encore ce qu&rsquo;il venait de dire. Ngandu ne dit rien. Les hommes &acirc;g&eacute;s qui &eacute;taient&nbsp;&nbsp;l&agrave; virent que Bell&egrave; &eacute;tait trop f&acirc;ch&eacute; et ils commenc&egrave;rent &agrave; le consoler&nbsp;: &laquo;&nbsp;notre p&egrave;re, asseyez vous, ne vous occupez pas de Ngandu car vous &ecirc;tes sup&eacute;rieur &agrave; lui&hellip;&nbsp;&raquo; Beri reprit son calme. Il se rassit. Ngandu se rassit aussi. Mais on lui dit de se taire dor&eacute;navant. Apr&egrave;s la r&eacute;union, chacun se rendit chez lui. La conclusion de l&rsquo;histoire est celle-ci&nbsp;: on ne doit plus entendre aucun Douala parler une langue &eacute;trang&egrave;re dans la ville de Douala. Sauf lorsqu&rsquo;un &eacute;tranger vient rendre visite sans connaitre la langue Duala. Revenu chez lui Ngandu prit le tambour d&rsquo;appel pour appeler tout ceux qui habitaient, aux environs, de son c&ocirc;t&eacute; du fleuve. Il leur demanda&nbsp;: &laquo;&nbsp; avez-vous vu ce qui s&rsquo;est pass&eacute; entre moi et Beri&nbsp;?&nbsp;&raquo; ils dirent oui. Il dit ensuite&nbsp;: &laquo;&nbsp;maintenant je divise la famille. Que tout ceux qui habitent de l&rsquo;autre c&ocirc;t&eacute; de la rivi&egrave;re s&rsquo;appellent Bonanj&ocirc; et nous autres, nous appellerons Bonakuo&raquo;.&nbsp;A cette &eacute;poque la rivi&egrave;re n&rsquo;avait pas encore re&ccedil;u le nom de Ngondo. Ngandu ajouta&nbsp;: &laquo;&nbsp;s&rsquo;il y a une histoire de l&rsquo;autre c&ocirc;t&eacute;, nous n&rsquo;irons pas. Si nous avons une affaire chez nous, nous la r&eacute;glerons nous m&ecirc;mes&nbsp;&raquo;. C&rsquo;est &agrave; cette &eacute;poque que se fit la s&eacute;paration entre Bonadoo et Bonabela. Chacun partit chez soit. L&rsquo;histoire fut repandue dans tout Douala. Beri organisa une grande r&eacute;union, dans une &icirc;le l&agrave; o&ugrave; il y a du bon sable. Beri ba Doo n&rsquo;&eacute;tait pas l&agrave; lui-m&ecirc;me. C&rsquo;est son fils qui &eacute;tait au pouvoir, Bebe &agrave; Beri. On chercha si Ngandu avait vraiment motif pour s&eacute;parer la famille. Il fut reconnu qu&rsquo;il avait tort. Beri se leva et il dit&nbsp;: &laquo;&nbsp;puisque Ngandu &agrave; Kua &agrave; d&eacute;j&agrave; divis&eacute; la famille quelle le reste. On ne doit plus faire de r&eacute;union dans la ville. Il faut les faire ailleurs pour que les femmes ne puissent entendre. Le lieu choisi pour les r&eacute;unions futures porta le nom de Ngondo<\/em><\/p>\n<p><em>Pour appr&eacute;cier ce r&eacute;cit &agrave; sa juste valeur, nous sommes oblig&eacute; d&rsquo;allez d&rsquo;abord &agrave; la recherche de l&rsquo;identit&eacute; du groupe qui gouvernait les berges du Wouri &agrave; l&rsquo;&eacute;poque de ces faits. La r&eacute;solution de cette &eacute;nigme &eacute;tant d&rsquo;une importance capitale, la langue au centre du probl&egrave;me ici peut nous aider dans cette qu&ecirc;te. La version Douala &eacute;tant rest&eacute;e muette &agrave; son sujet, nous avons fait appelle&nbsp;&nbsp;&agrave; Ren&eacute; Gouellain qui, dans sa version &agrave; lui rapporte&nbsp;:<\/em><\/p>\n<p><em>&nbsp;&laquo;&nbsp;C&rsquo;est sous le commandement&nbsp;&nbsp;de bell&egrave; ba Doo que les descendants de Kouo Mapoka rompirent avec les descendants de Njo Mapoka. Selon la tradition &lsquo;&rsquo;I.B.B.&rsquo;&rsquo;, &lsquo;&rsquo; auparavant les Bonadoo et les Bonambela &eacute;taient &lsquo;&rsquo;une m&ecirc;me chose&rsquo;&rsquo;. Mais un jour, on commen&ccedil;a&nbsp;&nbsp;de parler dans la tribu une langue &eacute;trang&egrave;re, &lsquo;&rsquo;le basa&rsquo;&rsquo;. Les Akwa, en effet s&rsquo;exprimaient entre eux en cette langue, obligeant les Bonadoo &agrave; faire autant quand ils s&rsquo;adressaient &agrave; eux&nbsp;&raquo;<sup>1<\/sup>.<\/em><\/p>\n<p><em>Une fois la langue au centre du probl&egrave;me identifier, il devient possible pour un chercheur d&eacute;passionn&eacute; de faire une lecture objective du pass&eacute; des berges du Wouri. Je compte sur votre sens &eacute;lever de patriotisme. Bonne analyse et conclusion.<\/em><\/p>\n<p><em>Version Basa&nbsp;:<\/em><\/p>\n<p><em>&nbsp;&laquo;&hellip;Voulant &agrave; tout prix imposer la langue Douala, alors propos&eacute;e par les commer&ccedil;ants europ&eacute;ens comme langue commerciale, Bel&egrave; convoqua une r&eacute;union qui se tint au palais de son feu p&egrave;re. Apr&egrave;s avoir expos&eacute; le but de la r&eacute;union, Ngando Kul (Ngand&rsquo;Akwa) entonna une chanson en Basa sa langue, cette chanson &eacute;tait adress&eacute;e au Kurungu&nbsp;: &laquo;&nbsp;Kurungu tu t&rsquo;es habill&eacute; comme un guerrier, et qui as-tu tu&eacute;&nbsp;? Tu dis que tu ne prends plus part &agrave; la soci&eacute;t&eacute; des Basa&nbsp;&raquo;.<\/em><\/p>\n<p><em>En effet, Ngando remettait en cause la l&eacute;gitimit&eacute; de Bel&egrave; &agrave; commander toutes les berges du Wouri. Ce qui fut par ce dernier consid&eacute;r&eacute; comme un affront qui le courrou&ccedil;a au point qu&rsquo;il mena&ccedil;a de mort, l&rsquo;intr&eacute;pide Ngando :&nbsp;<\/em><\/p>\n<p><em>&laquo;&nbsp;Tu es l&agrave; devant moi, tu es d&eacute;j&agrave; un homme mort, je vais te tuer moi, moi, moi Bel&egrave; ba D&ocirc;&ocirc; et je resterai le seul ma&icirc;tre du Wouri. Penses-tu que c&rsquo;est parce que nous sommes de l&rsquo;autre c&ocirc;t&eacute; du fleuve (Bonaberi) que tu oses me parler ainsi&nbsp;? Ngando r&eacute;pondit&nbsp;: &laquo;&nbsp;j&rsquo;ai un esclave comme toi chez moi. C&rsquo;est un &eacute;tranger n&eacute; dans une famille d&rsquo;&eacute;trangers, un fils comme toi qui n&rsquo;est pas n&eacute; dans sa famille propre, un fils qui te ressemble&nbsp;&raquo;. Rouge de col&egrave;re, Bel&egrave; cria&nbsp;: &laquo;&nbsp; jure que je ne suis pas n&eacute; des &oelig;uvres mon p&egrave;re. En tout majest&eacute;, Ngando r&eacute;pondit en le regardant droit dans les yeux&nbsp;: &laquo;&nbsp;je ne m&acirc;che pas mes mots&nbsp;&raquo;. Bel&egrave; cria &agrave; nouveau&nbsp;: &laquo;&nbsp; jure devant tout le monde ici que je ne suis pas un fils de mon p&egrave;re et je te tue tout de suite &raquo;. Se regardant les yeux grands ouverts, un calme de cimeti&egrave;re s&rsquo;abattit dans la salle. Voyant que Ngando ne&nbsp;d&eacute;mord pas, Bel&egrave; se rassit. Imm&eacute;diatement Ngando sortit de la salle en tirant les pieds par derri&egrave;re. Sit&ocirc;t rentr&eacute; chez lui, il<sup>&nbsp;<\/sup>convoqua tous les chefs de la rive gauche et les informa de sa d&eacute;cision irr&eacute;vocable de circonscrire le r&egrave;gne de Bel&egrave; sur la rive droite du Wouri, ne tenant pas compte de ce que penseraient ses protecteurs. Du fait que Ngando Kul &eacute;tait soutenu par la majorit&eacute; du peuple, les d&eacute;cisions par lui prises furent, sans aucune r&eacute;serve, accept&eacute;es de tous.&nbsp;&nbsp;&Agrave; partir de ce jour, les administr&eacute;s de Bel&egrave; furent appel&eacute;s Bonad&ocirc;o. Quelques temps apr&egrave;s, Bel&egrave; convoqua une grande r&eacute;union de conciliation.&nbsp;Ngando Kul ne s&rsquo;y pr&eacute;senta gu&egrave;re, Bel&egrave; n&rsquo;ayant pas retir&eacute; ses menaces de mort &agrave; son encontre, telle que prononc&eacute;e au cours de la pr&eacute;c&eacute;dente assembl&eacute;e.<\/em><\/p>\n<p><em>L&rsquo;absence de Ngando Kul fit &eacute;chouer cette assise. Les concertations pr&eacute;domin&egrave;rent et la sagesse semblait alors prendre le dessus, pour aboutir &agrave; la programmation d&rsquo;une r&eacute;union concert&eacute;e sur un site neutre indiqu&eacute; par Ngando&nbsp;; le site de Ngondo. Indisponible, Bel&egrave; fut repr&eacute;sent&eacute; par son fils Bebe. Mais, la r&eacute;union se solda par un &eacute;chec car, Ngando campa sur sa d&eacute;cision&nbsp;&raquo;.<\/em><\/p>\n<p><em><a href=\"http:\/\/www.peuplesawa.com\/fr\/%3Cfont%20size=1%3E%3Ca%20href=\" name=\"_ftn1\">http:\/\/fr.mg41.mail.yahoo.com\/dc\/launch?.gx=1&#038;.rand=esg84h435eaai#_ftnref1<\/a>\u00ab\u00a0&gt;[1]&nbsp;&#8211;&nbsp;Jean Vanesson &laquo;&nbsp;les Hollandais sur la c&ocirc;te Ouest Africaine.<\/em><\/p>\n<p><em><a href=\"http:\/\/www.peuplesawa.com\/fr\/%3Cfont%20size=1%3E%3Ca%20href=\" name=\"_ftn2\">http:\/\/fr.mg41.mail.yahoo.com\/dc\/launch?.gx=1&#038;.rand=esg84h435eaai#_ftnref2<\/a>\u00ab\u00a0&gt;[2]-&nbsp;&nbsp;Olivier Dapper<strong>&nbsp;<\/strong>&laquo;&nbsp;La description des cl&eacute;s de l&rsquo;Afrique&nbsp;&raquo;, Amsterdam, 1666, et La description des &icirc;les, 1668-1670.<\/em><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\"><em>&nbsp;Article Ecrit par&nbsp;:&nbsp;<strong>EKWE Roger Mardoch&eacute;e (De Logbessous)<\/strong><\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Une autre page de notre auguste assembl&eacute; vient de se refermer avec la cl&ocirc;ture de cette &eacute;dition du Ngondo 2010. 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