{"id":61996,"date":"2025-04-17T11:10:41","date_gmt":"2025-04-17T09:10:41","guid":{"rendered":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/?p=61996"},"modified":"2025-04-17T11:10:44","modified_gmt":"2025-04-17T09:10:44","slug":"le-ngondo-un-heritage-culturel-et-traditionnel","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/le-ngondo-un-heritage-culturel-et-traditionnel\/","title":{"rendered":"LE NGONDO : UN HERITAGE CULTUREL ET TRADITIONNEL"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>Le Ngondo \u00e9tait, \u00e0 l\u2019origine, une f\u00e9d\u00e9ration de lignages partageant des destins voisins, des croyances identiques, les m\u00eames mythes, les m\u00eames attitudes<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ngondo. Dans J.Ihmann, nous lisons : Versammlung, Gerichtshof des Duala-Volks, heute : Volksfast. Soit, en anglais : Assembly, Tribunal of duala people, today : public festival. Ou en fran\u00e7ais : Assembl\u00e9e, Tribunal du peuple duala aujourd\u2019hui : f\u00eate populaire. C\u2019est assez dire que l\u2019institution, \u00e0 travers les \u00e2ges, a connu bien des \u00e9volutions. Des mutations inspir\u00e9es, suscit\u00e9es ou tout simplement impuls\u00e9es par l\u2019\u00e9volution, le contexte anthropologique, l\u2019environnement institutionnel, la dialectique entre les forces qui s\u2019affrontent sur l\u2019\u00e9chiquier politique. Mais, jamais d\u2019inhibation par un sentiment d\u2019impuissance et d\u2019\u00e9chec<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Le Ngondo \u00e9tait, \u00e0 l\u2019origine, une f\u00e9d\u00e9ration de lignages partageant des destins voisins, des croyances identiques, les m\u00eames mythes, les m\u00eames attitudes face aux probl\u00e8mes des origines et de la destin\u00e9e des hommes, de leur pr\u00e9sence sur terre et du r\u00f4le de l\u2019homme dans la cr\u00e9ation.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Une f\u00e9d\u00e9ration<\/strong>&nbsp;de peuples querelleurs, jaloux de leur autonomie, fiers, hautains et arrogants, ayant compris, comme jadis les Grecs de l\u2019Antiquit\u00e9 avec l\u2019Assembl\u00e9e amphictyonique, la n\u00e9cessit\u00e9 de disposer d\u2019un m\u00e9canisme de r\u00e9gulation sociale. Plac\u00e9e sous les auspices de leurs communs anc\u00eatres pour dompter leurs ardeurs belliqueuses, canaliser leur \u00e9nergie, assurer la paix et la s\u00e9curit\u00e9, cette assembl\u00e9e de patriciens s\u2019accordait pour d\u00e9signer, \u00e0 tour de r\u00f4le, l\u2019un d\u2019entre eux, et lui conf\u00e9rer la lourde responsabilit\u00e9 de d\u00e9cider, souverainement et sans appel, sur toutes les affaires qui lui seront soumises, selon les us et coutumes de la fratrie et sous le regard de Nyamb\u00e9, le dieu tut\u00e9laire et de a\u00e9ropage des anc\u00eatres \u00e9ponymes.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Assembl\u00e9e de peuples et d\u2019individus \u00e9gaux<\/strong>&nbsp;en droit sauf la r\u00e8gle de stricte observance, en ces soci\u00e9t\u00e9s patriarcales, de la primo g\u00e9niture m\u00e2le du foyer principal en mati\u00e8re de d\u00e9volution &#8211; certes.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Mais aussi, tribunal<\/strong>&nbsp;fondant sa l\u00e9gitimit\u00e9 sur le socle commun des valeurs ancestrales qui sont : la&nbsp;<strong>fraternit\u00e9<\/strong>, synonyme, ici, de charit\u00e9 ;&nbsp;<strong>l\u2019amour<\/strong>&nbsp;du prochain ; la&nbsp;<strong>solidarit\u00e9<\/strong>&nbsp;qui signifie partage ;&nbsp;<strong>l\u2019\u00e9quit\u00e9<\/strong>, diff\u00e9rente de la justice ; enfin, la qu\u00eate du plus haut niveau de satisfaction g\u00e9n\u00e9rale, le ciment, l\u2019\u00e9ther qui permet \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 de maintenir sa coh\u00e9sion et son \u00e9quilibre.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">A c\u00f4t\u00e9 de la partie visible, esot\u00e9rique, le Ngondo \u00e9tait aussi et, surtout, un&nbsp;<strong>instrument \u00e9sot\u00e9rique des peuples<\/strong>&nbsp;qui le composaient. Une alchimie mentale ordonnanc\u00e9e selon une rituellie en sept s\u00e9quences. L\u2019appel aux m\u00e2nes des anc\u00eatres pour solliciter leur intercession, voire leur intervention spontan\u00e9e ouvrait la voie \u00e0 la c\u00e9r\u00e9monie. Il \u00e9tait suivi de l\u2019appel \u00e0&nbsp;<strong>Nyamb\u00e9<\/strong>, Dieu unique, mais aussi divinit\u00e9 anthropomorphique dont il convient de se concilier les bonnes gr\u00e2ces par des offrandes afin d\u2019\u00e9viter d\u2019\u00eatre la cible de son courroux, capable de r\u00e9crimination comme le Dieu d\u2019Abraham et de Mo\u00efse, s\u00e9v\u00e8re, col\u00e9rique, brutal, tant\u00f4t affable et tant\u00f4t irascible et grincheux. Objet de rites propitiatoires accompagn\u00e9s d\u2019offrandes et suivi de longs moments de silence pour recueillir, en retour, les \u00e9nergies g\u00e9n\u00e9reusement dispens\u00e9es, Nyambe permettait ensuite le passage au rite de d\u2019expurgation et de purification. Assurant le passage d\u2019une p\u00e9riode (le pass\u00e9) \u00e0 une autre (l\u2019avenir), celui-ci symbolisait non seulement la passerelle entre g\u00e9n\u00e9rations, mais aussi, la transition entre le v\u00e9cu et l\u2019avenir ; il repr\u00e9sentait le moment fatidique o\u00f9 tous les diff\u00e9rends \u00e9taient vid\u00e9s : o\u00f9 tout le monde, individus, familles, lignages, devant quitter le lieu des c\u00e9r\u00e9monies indemne de toute querelle et d\u00e9barrass\u00e9 des probl\u00e8mes pendants qui n\u2019ont pu trouver de solutions, se trouvait soulag\u00e9 du pass\u00e9. L\u2019immersion de la marmite sacr\u00e9e, par \u00e9gard aux g\u00e9nies protecteurs de l\u2019eau, le s\u00e9jour dans l\u2019\u00e9l\u00e9ment liquide, le d\u00e9cryptage du message r\u00e9v\u00e9lant de quoi seront faits les douze mois \u00e0 venir, les r\u00e9jouissances populaires dans l\u2019esprit de carnaval &#8211; d\u00e9viances comprises &#8211; pour c\u00e9l\u00e9brer le d\u00e9but d\u2019une nouvelle p\u00e9riode constituait les autres articulations &#8211;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Tel \u00e9tait le Ngondo originel. Celui qui fut interdit en 1912 par les Allemands, au plus fort de la contestation fonci\u00e8re de Bonanjo, fallut \u00e9teindre pour anesth\u00e9sier et subjuguer l\u2019\u00e2me d\u2019un peuple rebelle en mettant en berne son g\u00e9nie cr\u00e9ateur.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Un Ngondo sans souverains ni sujets au sens europ\u00e9en du terme, les chefferies lignag\u00e8res impliquant que tout le monde f\u00fbt plus ou moins proches parents, oncles, tantes, fr\u00e8res, cousins ou cousines du chef. Un Ngondo fond\u00e9 sur la conscience de disposer d\u2019un patrimoine commun, c\u2019est-\u00e0-dire, d\u2019un legs ancestral.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">A la t\u00eate de cette institution encore aur\u00e9ol\u00e9e de la pl\u00e9nitude de ses pr\u00e9rogatives,&nbsp;<strong>Ndoumb\u2019a Loba (King Bonny Bell)<\/strong>&nbsp;s\u2019illustra tout particuli\u00e8rement, pronon\u00e7ant et faisant ex\u00e9cuter sur &#8211; le &#8211; champ, conform\u00e9ment \u00e0 la coutume, une sentence de mort contre&nbsp;<strong>Eyoum\u2019 Ebell\u00e9<\/strong>, le chef Deido qui voulut, jusqu\u2019au bout, soustraire un neveu \u00e0 la loi du talion en vigueur parmi les peuples duala. D\u00e9pouill\u00e9 de ses pouvoirs judiciaires et adaptant son rituel au nouveau contexte social de l\u2019indig\u00e9nat qui tol\u00e8re sa r\u00e9surgen\u00e9e en 1949, \u00e0 condition qu\u2019il ne suscite d\u2019autres vagues que celles d\u2019un carnaval populaire, le Ngondo, tel un ph\u0153nix, renaissait de ses cendres le 19 juin 1949. Encore la mystique \u00e9tait-elle pr\u00e9sente, le rite r\u00e9gulier et accompli par des dignitaires disposant des pouvoirs n\u00e9cessaires et de l\u2019autorit\u00e9 requise. Benjamin du chef Ndoumb\u2019a Loba, le chef&nbsp;<strong>Th\u00e9odore Lobe Bell<\/strong>&nbsp;le pr\u00e9sida, tout d\u2019abord, avant de passer la main au chef&nbsp;<strong>Ernest Betote Dika Akwa<\/strong>&nbsp;qui en confisqua les r\u00eanes et l\u2019illustra jusqu\u2019\u00e0 sa mort en 1976.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Puis ce fut une nouvelle \u00e9clipse une d\u00e9cennie plus tard, en 1978 sous la pr\u00e9sidence du chef&nbsp;<strong>Ekwalla Essaka Deido<\/strong>, suite \u00e0 une tentative avort\u00e9e d\u2019OPA du parti unique impuls\u00e9e par&nbsp;<strong>Fran\u00e7ois Sengat Kuo<\/strong>&nbsp;qui ne fut pas sans dommages ; suivie en 1991 par une nouvelle renaissance sous la pr\u00e9sidence du chef&nbsp;<strong>Conrad Mbody<\/strong>.&nbsp;<em>Mais, se profanant et perdant en intensit\u00e9 authentique, le Ngondo du d\u00e9but du 3e mill\u00e9naire gagne en expansion et ambitionne de s\u2019\u00e9tendre \u00e0 toutes les sensibilit\u00e9s de l\u2019aire g\u00e9ographique Sawa qui va de Campo \u00e0 Bakassi, puis de Douala \u00e0 Mamf\u00e9, en passant par Nkongsamba et Santchou.<br><\/em><br>Consid\u00e9r\u00e9e comme un ensemble plus ou moins vaste de fa\u00e7ons de s\u2019exprimer, de penser, de vivre et, en corollaire, des langages, de croyances et des institutions, la culture est au c\u0153ur du Ngondo. Cet ensemble de faits, mat\u00e9riels et immat\u00e9riels, permet de d\u00e9finir la culture arabe, tout comme elle permet de distinguer la culture n\u00e9gro-africaine, la culture am\u00e9ricaine ou la culture fran\u00e7aise. La culture sawa, comme toute culture, est marqu\u00e9e par la diversit\u00e9 : diversit\u00e9 des classes d\u2019\u00e2ge, des g\u00e9n\u00e9rations, des populations, des r\u00e9gions. Toute culture comporte aussi des contradictions auxquelles n\u2019\u00e9chappe pas la culture sawa : conflits des traditions et des utopies, tensions des croyances et des techniques, opposition des id\u00e9ologies. Une culture est une r\u00e9alit\u00e9 mouvante, parfois d\u00e9chir\u00e9e, \u00e0 l\u2019image de l\u2019homme qu\u2019elle habite et non un cadavre momifi\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9preuve du temps. Dans un second temps, la culture d\u00e9signe l\u2019accomplissement intellectuel et spirituel d\u2019une personne, d\u2019une soci\u00e9t\u00e9 ou d\u2019un groupe de soci\u00e9t\u00e9s ; l\u2019acc\u00e8s \u00e0 la prise de conscience de soi et du monde, sa facult\u00e9 cr\u00e9atrice. On parlera, alors, d\u2019une personne ou d\u2019une soci\u00e9t\u00e9 cultiv\u00e9e. D\u00e8s lors, la culture, en tant que vie de l\u2019esprit, fruit des efforts individuels, finit par constituer l\u2019ensemble des conqu\u00eates intellectuelles et spirituelles qu\u2019une communaut\u00e9 d\u00e9termin\u00e9e consid\u00e8re comme un patrimoine. Ainsi refl\u00e9tant, t\u00e9moignant de toutes les dimensions de la vie de l\u2019homme et de toutes ses relations avec son milieu, la culture r\u00e9f\u00e8re, tout \u00e0 la fois, au pr\u00e9sent et au pass\u00e9, \u00e0 la vie concr\u00e8te quotidienne comme au ressort profond de l\u2019\u00eatre. C\u2019est pourquoi l\u2019on ne saurait parler de culture sans parler de travail, de l\u2019apprentissage, de la sant\u00e9, de l\u2019habitat, du loisir, aussi bien que de l\u2019\u00e9ducation, de l\u2019art, de recherche, de la cr\u00e9ativit\u00e9 et de la diffusion des connaissances, des modes et des genres de vie. Telle \u00e9tait la conception qui sous-tendait le Ngondo et qui donnait sa pleine signification \u00e0 son projet culturel. Tel est l\u2019h\u00e9ritage qu\u2019\u00e0 travers les \u00e2ges, il l\u00e8gue aux peuples sawa : une culture de la vie non scl\u00e9ros\u00e9e, synonyme de la culture vivante.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Patrimoine culturel, le Ngondo est aussi un legs traditionnel. A la fois r\u00e9ceptacle de doctrines plus ou moins embryonnaires, de l\u00e9gendes et de coutumes transmises pendant un long espace de temps, de fa\u00e7ons d\u2019agir et de penser transmises de g\u00e9n\u00e9ration en g\u00e9n\u00e9ration, l\u2019assembl\u00e9e traditionnelle du peuple sawa est aussi, et, surtout, originellement, un ensemble de croyances fond\u00e9es sur l\u2019enseignement courant et les institutions communautaires. A cet \u00e9gard, elle est, stricto sensu, une religion, de religare c\u2019est-\u00e0-dire, relier, fait de se lier \u00e0 Dieu, obligation prise envers la divinit\u00e9, lien ou scrupule religieux. C\u2019est une sorte d\u2019\u0153cum\u00e9nisme qui int\u00e8gre les croyances, tout en garantissant \u00e0 chacun (e) l\u2019aisance dans la diff\u00e9rence. La tradition ici n\u2019est pas synonyme de narcissisme qui conduit \u00e0 un exc\u00e8s d\u2019assurance. Ni de charlatanisme qui corrompt et d\u00e9figure ce qui doit \u00eatre respect\u00e9. Ni m\u00eame, encore, d\u2019immobilisme ; une tradition fig\u00e9e campant sur des certitudes surann\u00e9es et erron\u00e9es. La tradition, ce ne sont ni ces simagr\u00e9es qui pr\u00e9tendent voler \u00e0 son secours de la tradition en la folklorisant, en donnant une image d\u00e9risoire. C\u2019est une tradition dynamique qui int\u00e8gre tout ce qui est conforme \u00e0 la dynamique des soci\u00e9t\u00e9s modernes. Une tradition ennemie de l\u2019acculturation qui est la forme la plus pernicieuse des guerres que l\u2019on puisse mener contre un peuple, autant que du conformisme b\u00e9at, ennemi des pots- pourris d\u2019\u00e9l\u00e9ments h\u00e2tivement capt\u00e9s \u00e7a et l\u00e0, qui ne sont pas le fruit de l\u2019\u00e9clectisme, encore moins du synchr\u00e9tisme qui suppose une \u00e9laboration \u00e0 partir d\u2019\u00e9l\u00e9ments \u00e9pars, mais au contraire, une tradition de progr\u00e8s et d\u2019adaptation. Une tradition de r\u00e9sistance, aussi ; et m\u00eame de rupture, susceptible de construire un Ngondo anim\u00e9 d\u2019une puissante dynamique sociale, parce que porteuse d\u2019avenir, parce que toujours plus juste, toujours plus sociale, immerg\u00e9e dans le possibilisme, \u00e0 lintersection de plusieurs courants de pens\u00e9e, et qui, usant de passerelles idoines, et offrant un cadre de r\u00e9f\u00e9rence solide, sait d\u00e9crypter les mat\u00e9riaux symboliques qui lui sont propos\u00e9s, \u00e9vitant toute capillarit\u00e9 et toute osmose avec des mondes interlopes. Enfin, une tradition de discernement qui ne sacrifie pas la proie pour l\u2019ombre, la r\u00e9alit\u00e9 pour l\u2019apparence. Et qui ne focalise pas sur le pagne, le bonnet ou le foulard nou\u00e9, soit autour des reins, soit autour du cou, ou les deux \u00e0 la fois. Mais qui baigne, s\u2019\u00e9panouit et plonge profond\u00e9ment ses racines dans l\u2019univers mythique des r\u00e9cits de J\u00e9ki la Nyamb\u2019a Inono.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Sans dynamique de groupe, sans r\u00e9elle perspective, c\u2019est-\u00e0-dire sans projet culturel d\u00e9barrass\u00e9 de tous les miasmes et l\u2019inepties distill\u00e9es depuis d\u2019interminables d\u00e9cennies par des baudruches sociales de tout poil, des charlatans de tous acabits, et des opportunistes en mal de positionnement, legs culturel et traditionnel du Ngondo ne sera qu\u2019un des legs croupion, un ersatz pr\u00e9c\u00e9d\u00e9, accompagn\u00e9 ou suivi de frivolit\u00e9s festives au gr\u00e9 des \u00e9v\u00e9nements marquant la vie politico-administrative du pays sur laquelle, h\u00e9las !&nbsp;<strong>Le Ngondo n\u2019a plus la moindre emprise.<\/strong>&nbsp;Suffoquant de ses divisions, de ses luttes intestines, de la d\u00e9mobilisation quand ce ne serait pas, surtout, de la d\u00e9fiance de ses enfants qui pourraient le sortir de l\u2019impasse pour de nouvelles conqu\u00eates, trouver des messages innovants, entreprendre l\u2019\u00e9laboration des r\u00e9f\u00e9rants communs, bref, s\u2019irriguer d\u2019une force de vie, le Ngondo dont h\u00e9rite le chef Madiba &#8211; le bien nomm\u00e9 quand on conna\u00eet l\u2019importance de l\u2019\u00e9l\u00e9ment eau pour les Sawa &#8211; au-del\u00e0 des retrouvailles p\u00e9riodiques dispose des atouts n\u00e9cessaires pour redevenir un symbole de ressourcement, d\u2019enrichissement et de nouvelles convivialit\u00e9s pour tous ses enfants. Emerger du d\u00e9dale des contradictions endog\u00e8nes et exog\u00e8nes ne rel\u00e8ve pas de la quadrature du cercle ; mais bien de la conscience que l\u2019homme partout et sous tous les climats, se trouve invariablement au centre du processus d\u2019\u00e9volution de la civilisation dont le d\u00e9veloppement n\u2019est qu\u2019une manifestation. Tiraill\u00e9 par une cascade de dysfonctionnements, le Ngondo doit r\u00e9activer ses r\u00e9flexes immunitaires, s\u2019engager dans une spirale de redynamisation, planter le d\u00e9cor d\u2019une nouvelle dynamique, proc\u00e9der \u00e0 une claire identification de ses objectifs, base de toute expansion et d\u00e9terminer une strat\u00e9gie pour les atteindre. Car, il ne suffit plus seulement de distraire, mais de dire les choses essentielles, de concevoir et de mettre en \u0153uvre des strat\u00e9gies op\u00e9rationnelles pour les faire passer du stade de l\u2019id\u00e9e de projet \u00e0 celui de la parfaite r\u00e9alisation.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Sam Ekoka Ewande<br>Publi\u00e9 le 06-12-2006<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le Ngondo \u00e9tait, \u00e0 l\u2019origine, une f\u00e9d\u00e9ration de lignages partageant des destins voisins, des croyances identiques, les m\u00eames mythes, les m\u00eames attitudes&hellip;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":10345,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_lmt_disableupdate":"","_lmt_disable":"","footnotes":""},"categories":[277],"tags":[],"class_list":["post-61996","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-ngondo"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/61996","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=61996"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/61996\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":61998,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/61996\/revisions\/61998"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/10345"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=61996"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=61996"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=61996"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}