{"id":9015,"date":"2024-01-11T12:11:44","date_gmt":"2024-01-11T11:11:44","guid":{"rendered":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/?p=9015"},"modified":"2024-02-09T11:46:31","modified_gmt":"2024-02-09T10:46:31","slug":"le-ngondo-du-peuple-sawa","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/le-ngondo-du-peuple-sawa\/","title":{"rendered":"Le Ngondo du \u00ab\u00a0Peuple SAWA\u00a0\u00bb"},"content":{"rendered":"\n<p><strong><em>D\u00e9signation de la f\u00eate traditionnelle annuelle du \u00ab\u00a0Peuple SAWA\u00a0\u00bb (Littoral camerounais). Le mot d\u00e9signait d\u00b4abord \u00e0 l\u00b4origine l\u00b4Assembl\u00e9e Traditionnelle de ce m\u00eame peuple.<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>D\u00e9signation de la f\u00eate traditionnelle annuelle du \u00ab\u00a0Peuple SAWA\u00a0\u00bb (Littoral camerounais). Le mot d\u00e9signait d\u00b4abord \u00e0 l\u00b4origine l\u00b4Assembl\u00e9e Traditionnelle de ce m\u00eame peuple. Ce nom aurait \u00e9t\u00e9 celui du lieu o\u00f9 se r\u00e9unissait cette assembl\u00e9e, \u00e0 savoir le banc de sable situ\u00e9 au confluent des rivi\u00e8res Ngondo (pr\u00e9cis\u00e9ment) et Bessek\u00e8. D\u00b4autres sources donnent plut\u00f4t l\u00b4explication par le sens de cordon ombilical, symbole par cons\u00e9quent du lien qui unit \u00e0 la mani\u00e8re d\u00b4un cordon ombilical tous les fils se r\u00e9clamant de l\u00b4arbre g\u00e9n\u00e9alogique faisant remonter au m\u00eame anc\u00eatre <\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>(cf. Val\u00e8re EPEE:\u00a0<em>Le Paradis Tabou<\/em>, page 133).<br><br>Gen\u00e9alogie<\/strong><br><strong><br><\/strong>Le nom\u00a0<strong>Sawa<\/strong>\u00a0(la c\u00f4te, la berge) n\u00b4a pas toujours \u00e9t\u00e9 celui qui d\u00e9signait l\u00b4ensemble des peuples connus sous ce vocable aujourd\u00b4hui. Souvent l\u00b4on se d\u00e9signait par muna mboa (Duala), mwan mboka (Mongo) man bo, mwan mba dans le sens g\u00e9n\u00e9ralement d\u00b4enfant du pays. Habituellement, chaque clan est identifi\u00e9 par un nom pr\u00e9cis, d\u00e9signant pour la plupart, l\u00b4anc\u00eatre commun. Mais bien souvent, l\u00b4ensemble de tous les clans ne se donne pas lui-m\u00eame un nom. Ce sont ceux qui n\u00b4en font pas partie qui le lui attribuent. Dans le cas des Sawa, leurs autres concitoyens les d\u00e9signaient tout simplement sous le nom de c\u00f4tiers ou de\u00a0Douala. Ce dernier terme identifie un nom de clan parmi d\u00b4autres, provoquait chez ceux qui n\u00b4appartiennent pas aux clans\u00a0Douala\u00a0stricto-sensus une frustration dans la mesure o\u00f9 un clan \u00e9tait mis en avant par rapport \u00e0 leur propre. Dans la d\u00e9signation Sawa, il faut comprendre tous les habitants de la r\u00e9gion c\u00f4ti\u00e8re, et les peuples qui s\u00b4y sont install\u00e9s avant eux (Bassa ,Bakoko, et d\u00b4autres) avec qui ils se sont compl\u00e8tement interp\u00e9n\u00e9tr\u00e9s. Il est admis qu\u00b4entre les entit\u00e9s d\u00e9sign\u00e9es sous le vocable Sawa, les r\u00e9f\u00e9rences culturelles sont les m\u00eames. Les liens de mariage qui donnent le plus souvent une bonne id\u00e9e des fronti\u00e8res affectives et les associations remontent tellement loin dans le temps (au moins trois si\u00e8cles) qu\u00b4il est difficile de les dissocier. Sur le plan linguistique, des similarit\u00e9s prononc\u00e9es par rapport aux autres langues bantoues font dire aux linguistes qu\u00b4ils appartiennent pour la plupart \u00e0 la m\u00eame classe linguistique. Un lignage commun et de tr\u00e8s anciens liens de parent\u00e9, selon la tradition\u2026<br>Selon les sp\u00e9cialistes de lignages les plus reconnus par le Ngondo, le monde Sawa se subdivise en deux grandes composantes :<br>En premier lieu, les clans des anciens habitants de la r\u00e9gion :<br>Les Bakoko et Bassa des r\u00e9gions autour de\u00a0Douala, Ed\u00e9a et Yabassi.<br>Les clans install\u00e9s dans les m\u00eames r\u00e9gions :Yadimba, Yakalak, Njuki , Yansoki, Bonamateke, Yabea, Ndonga, Adie, Yasuki, Mbang\u2026Yagom etc.<br>Les clans Bassa, ceux de la r\u00e9gion de Douala \u00e0 Ed\u00e9a et de Yabassi, et tous les autres clans de la r\u00e9gion :Ndokpenda, Yabassi, Ndokbiakat, Yingui, mbang, Bandem, entre autres.<br>En second lieu, les familles ayant un anc\u00eatre commun Manela\u00b4a Bw\u00e9l\u00e9 (arbre g\u00e9n\u00e9alogique en langue\u00a0Duala. Elle est elle-m\u00eame subdivis\u00e9e en plusieurs grandes familles dont celles du Mont Koup\u00e9 et celles de l\u00b4Oc\u00e9an :<br><br>I\u00a0DUALA<br>Clans descendants des fils d\u00b4<em><strong>Ewal\u00e8 Mbedi<\/strong><\/em>\u00a0: Deux clans principaux<br><strong>Bona Dooh<\/strong>\u00a0: clan Bonanjo et clan Bonab\u00e9di.<br><strong>Bonambela<\/strong>\u00a0: clan Bonaku et clan Bonebela.<br><br>II BOMBEDI<br>Clans descendants des fils de\u00a0<strong>Mbedi Mbongo a b\u00e8s\u00e8 ba Diketi la Ngoso a manela Bwele<\/strong>\u00a0.La grande famille form\u00e9e par les descendants des fr\u00e8res d\u00b4Ewal\u00e8 c\u00b4est \u00e0 dire les fils de Mb\u00e9di. Beaucoup d\u00b4entre eux sont connus par leur surnom, tel jongo, fondateur du clan Bojongo dont le vrai nom est Ekankanga.<br><strong>Ewal\u00e8<\/strong>\u00a0: Douala<br><strong>Ekankanga<\/strong>\u00a0: Bojongo<br><strong>Ma\u00b4le<\/strong>\u00a0: Jebale, Ban\u00b4epea, Bodimun, Kodi<br><strong>Mooh<\/strong>\u00a0: Malimba<br><strong>Mudib\u00e8\u00a0<\/strong>:Bwele, Ewodi<br><strong>Epong\u00e8<\/strong>: Pongo<br><strong>Ngung\u00e8<\/strong>\u00a0:Bankon, Abo Nord<br><strong>Munoh\u00a0<\/strong>: Banoh<br><strong>Mo\u00b4ongo<\/strong>\u00a0: Mongo<br><strong>Kol\u00e8<\/strong>\u00a0: Balol\u00e8<br><strong>K\u00e8m<\/strong>\u00a0: Bak\u00e8m<br><br>III BOMBEDI<br>Clans descendants des fils de :\u00a0<strong>Ngae Mbongo A b\u00e8s\u00e8 ba diketi la Ngoso a Manela Bwele<\/strong>. Plusieurs noms dans la transcription ne sont pas prononc\u00e9s de la m\u00eame fa\u00e7on dans toutes les r\u00e9gions, tel Esonj\u00e8 en Dual Isuwu en Subu<br><strong>Ngas\u00e8<\/strong>\u00a0: Logas\u00e8<br><strong>Tanga<\/strong>\u00a0: Batanga<br><strong>Naah\u00a0<\/strong>: Bakweri<br><strong>Esoj\u00e8<\/strong>\u00a0:Isuwu ,Balondo<br><strong>Mbongo Kengu\u00e8<\/strong>\u00a0:Bongkeng, Sol\u00e8 banya Boneko<br><strong>Ngome<\/strong>\u00a0: Ndogbianga<br><br>IV BOKUMBA<br>Clans descendants des fils de<strong>\u00a0Ekumba ma Tadi la Njambe a Ngoso n\u00e8l\u00e8 a bw\u00e8l\u00e8\u00a0<\/strong>.Les familles install\u00e9es dans les montagnes sur la bonne terre volcanique. La grande famille Bokumba, dont la sous famille la barombi, Balombi, se situent aux alentours du Mont Koup\u00e9.<br><strong>Nfo<\/strong>\u00a0: Bafo<br><strong>Longo<\/strong>\u00a0:Balong<br><strong>L\u00f4mbo<\/strong>\u00a0:Barombi, Abo-Sud, Bakundu<br><br>V BAKOTA<br>Descendants de deux des fils de :\u00a0<strong>L\u00e8ng\u00e8 Ishila Kota Tukuru a nogso a Manela Bwele Kota Leng\u00e8 et Eyangi a L\u00e8ng\u00e8<\/strong>.\u00a0La grande famille des descendants de Kota et de Eyangi d\u00e9sign\u00e9e par Bakota, forme une partie de la r\u00e9gion des montagnes autour du mont Koup\u00e9.<br><strong>Kunda Kota<\/strong>\u00a0:Mukanda<br><strong>Mwil\u00b4akota<\/strong>\u00a0:Bafun(Penja)<br><strong>Eshira Eyangi<\/strong>\u00a0: Banyangi<\/p>\n\n\n\n<p><br>VI BOSE MINIE<br>Les descendants des fils de\u00a0<strong>Ngoh o Mulongo et de Akube a Mulongo Mulongo ma S\u00e8 Tukuru a Manela<br><\/strong>Les descendants de Ngoh et Akube (Asume) situ\u00e9s pour la plupart sur le Mont Koup\u00e9 et les monts Nlonako et Manengouba. C\u00b4est la fronti\u00e8re Nord du monde Sawa.<br><strong>Mukula N\u00b4songo Ngoh<\/strong>\u00a0: Bakala<br><strong>Mukwele a Mba a Ngoh Mgoh<\/strong>\u00a0: Mboh<br><strong>Ano a Nge a akube<\/strong>\u00a0: Ninon<br><strong>Asume a Nge a akube<\/strong>\u00a0: Bakosi<br><strong>Ngel a nge a Akube<\/strong>\u00a0: Mwangel, Mwamennam, Manehas<br><br><br><strong>T\u00e9moignages tr\u00e8s anciens\u00a0<br><\/strong>\u00a0<br>Certains \u00e9crivains ou historiens , comme Iwiy\u00e8 Kala Lob\u00e8 , Nyounai Libam attribuent la premi\u00e8re assembl\u00e9e du Ngondo \u00e0\u00a0<strong>Mass\u00e9<\/strong>, chef des clans du lignage Bell , le prince Ren\u00e9 Douala Bell , selon le lignage familial du clan.<br>La l\u00e9gende populaire malob\u00e8 et Ngomnimnga rapport\u00e9 par beaucoup d\u00b4auteurs dont Mpondo Nsangu\u00e8 , Akwa et Maurice Doumb\u00e8 Moulongo attribue plut\u00f4t le premier Ngondo au chef du clan Akwa. Le prestigieux Ngando Kwa. Cependant, l\u00b4on peut aussi imaginer que, comme toute chose qui met en relation plusieurs partenaires, plusieurs clans, plusieurs tentatives ont du \u00eatre faites, avant d\u00b4aboutir \u00e0 une forme stable.<br>On peut imaginer encore, au vu de l\u00b4histoire telle qu\u00b4elle nous est rapport\u00e9e par les marins ayant cabot\u00e9 sur cette c\u00f4te que, les rapports engag\u00e9s d\u00e8s leur premi\u00e8re arriv\u00e9e de Fernando Po sur cette c\u00f4te ont \u00e9t\u00e9 riches et tr\u00e8s fr\u00e9quents. D\u00b4abord les Portugais, ensuite les Hollandais et les Fran\u00e7ais, puis viendront les Anglais dont les rapports avec les diff\u00e9rents clans c\u00f4tiers sont rapport\u00e9s depuis le tout-d\u00e9but du 19 \u00e8me si\u00e8cle par les diff\u00e9rents consuls anglais install\u00e9s \u00e0 l\u00b4\u00eele de Fernando Poo. <br>Leurs int\u00e9r\u00eats \u00e9taient essentiellement commerciaux. Leurs interm\u00e9diaires incontournables furent les clans c\u00f4tiers qui occupaient les bords de l\u00b4oc\u00e9an et les rives du RIO CAMEROES, litt\u00e9ralement rivi\u00e8re des crevettes en Douala, et l\u00b4embouchure de la Sanaga et la Cross river. L\u00b4arriv\u00e9e de ces navigateurs a certainement exacerb\u00e9 les diff\u00e9rends au sein des clans install\u00e9s plus \u00e0 l\u00b4int\u00e9rieur des terres, diff\u00e9rends portant sur le meilleur profit que chacun d\u00b4eux pouvait tirer de ce n\u00e9goce.<br>Plusieurs trait\u00e9s et conventions sign\u00e9s par ces de clans c\u00f4tiers attestent de la permanence de ces contentieux qui ont tr\u00e8s souvent n\u00e9cessit\u00e9 l\u00b4intervention de la tierce partie qu\u00b4\u00e9tait l\u00b4Angleterre.<br><strong><br>La l\u00e9gende: Malob\u00e8 et Ngomninga<br><\/strong><br>Sur les march\u00e9s du pays Pongo, transitaient les produits les plus demand\u00e9s par les navigateurs&#8230; C\u00b4est l\u00e0 que tous les grands commer\u00e7ants c\u00f4tiers de cette \u00e9poque se fournissaient. Malob\u00e8 m\u00b4Etame M\u00b4etei ; un g\u00e9ant immense d\u00b4une force ph\u00e9nom\u00e9nale entreprit de pr\u00e9lever une d\u00eeme personnelle sur chaque pirogue qui accostait, avec la complicit\u00e9 de ses fr\u00e8res. Les piroguiers terroris\u00e9s n\u00b4osaient plus accoster au risque de perturber le commerce sur l\u00b4estuaire. <br>Le chef Ngando a Kwa du clan des Bonambele, demanda l\u00b4union de tous les chefs de clans pour faire face en commun au danger. Cette r\u00e9union eu lieu sur la rivi\u00e8re Bess\u00e8k\u00e8 qui s\u00e9pare aujourd\u00b4hui, le quartier Bali du quartier Akwa. La m\u00e9taphore de l\u00b4union, Ngobi, le cordon ombical commun, d\u00e9signera d\u00e9sormais l\u00b4assembl\u00e9e des chefs de clans.<br>Il fit intervenir un de ses beaux-parents Ngomninga du clan Bakoko du village Yansoki situ\u00e9 derri\u00e8re l\u00b4a\u00e9roport de Douala (\u00e0 c\u00f4t\u00e9 de l\u00b4ancien bac de la Dibamba). Apr\u00e8s avoir subi tous les rites, pendant 9 semaines dans le village Akwa, il alla tout seul affronter le g\u00e9ant Malob\u00e8. Apr\u00e8s 9 jours d\u00b4observation, il accosta de tr\u00e8s bon matin, pr\u00e9para tous ses artifices mystiques . Le combat \u00e9tait fini avant d\u00b4avoir commenc\u00e9. Malob\u00e8 n\u00b4a pas pu r\u00e9sister \u00e0 Ngomninga. Attach\u00e9 dans une pirogue, il fut livr\u00e9 aux bateaux n\u00e9griers. La l\u00e9gende ne s\u00b4arr\u00eate pas l\u00e0, elle traverse all\u00e8grement le temps : beaucoup ont reconnu en l\u00b4Am\u00e9ricain Cassuis Clay, lors de son combat \u00e0 Kinshasa &#8211; contre George Foreman -, un descendant de Malob\u00e8.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette l\u00e9gende dont la chanson est le v\u00e9ritable hymne du Ngondo.<br><br>Eya Malob\u00e8<br>Eya Malob\u00e8<br>Malob\u00e8 a si w\u00e8di Ngomninga<br>Eya Malob\u00e8 Eya Malob\u00e8<br>Eya Malob\u00e8<br>Malob\u00e8 n\u00b4a pas pu r\u00e9sister \u00e0 Ngomninga<br>Eya Malob\u00e8<br><br>Elle donne tout le poids po\u00e9tique \u00e0 cette version. Encore aujourd\u00b4hui, l\u00b4expression \u00a0\u00bb Malob\u00e8 e o don \u00ab\u00a0, Malob\u00e8 s\u00e9vit au march\u00e9, caract\u00e9rise la situation o\u00f9 l\u00b4on doit faire face \u00e0 quelqu\u00b4un de puissant contre qui on ne peut rien\u2026 Ceci donne la mesure de la puissance et du symbole que fut ce duel dans l\u00b4esprit des habitants de la sous r\u00e9gion. De ce motif d\u00b4ordre purement \u00e9conomique, il reste un certain nombre d\u00b4unit\u00e9s de mesures valables pour tous les peuples vivants sur les bords des diff\u00e9rents affluents du fleuve Wouri. Le K\u00e8ki (de l\u00b4anglais Keg) \u00e9tait une unit\u00e9 de mesure instaur\u00e9e par le Ngondo au milieu du 19 \u00e8me si\u00e8cle utilis\u00e9e pour mesurer les palmistes, les tarots etc. Et \u00e0 la suite , le Mbom deux K\u00e8kis, puis l\u00b4Etoloki deux Mboms. Dikongu\u00e8 a Moudourou de De\u00efdo, et Moukoury Makemb\u00e8 d\u00b4Akwa furent pendant longtemps les deux arbitres de la mesure chaque fois que surgissait une contestation . T\u00e9t\u00e8 Moukoury fut souvent d\u00e9sign\u00e9 sous le sobriquet Moukour\u00b4a K\u00e8ki. D\u00b4autres mesures avaient cours durant cette p\u00e9riode, tel le Kudukenge, mesure d\u00b4huile, Kudukeng\u00b4a mula, soit environ 2 \u00e0 3 litres.Ngondo, tribunal au dessus de tous les clans L\u00b4\u00e9tablissement d\u00b4une cour de justice commune \u00e0 tous les clans.<br>Elle a constitu\u00e9 de mani\u00e8re implicite une des raisons de la tenue des assembl\u00e9es des chefs de clans. La d\u00e9cision de justice au sein d\u00b4un clan \u00e9tait difficile \u00e0 rendre m\u00eame par les chefs de clans. La solidarit\u00e9 filiale faisait que personne n\u00b4acceptait que l\u00b4on s\u00b4en prenne \u00e0 un membre de sa famille sans qu\u00b4il ne soit consentant. Plusieurs soci\u00e9t\u00e9s secr\u00e8tes avaient pour r\u00f4le d\u00b4ex\u00e9cuter les sanctions prises \u00e0 l\u00b4encontre d\u00b4un membre du clan en secret,pour ne pas perturber l\u00b4ordre social. Une cour de justice pouvant r\u00e9gler les conflits interclaniques n\u00b4existaient pas avant le Ngondo. A partir du moment o\u00f9 les conflits commerciaux \u00e9taient r\u00e9gl\u00e9s par des d\u00e9cisions communes, les sanctions devaient \u00eatre applicables dans tous les clans sans exception. Ainsi, l\u00b4\u00e9tablissement d\u00b4une r\u00e9glementation commune au niveau commercial va in\u00e9vitablement entra\u00eener la cr\u00e9ation d\u00b4une institution pouvant arbitrer ce type de conflits. <br>Les conflits \u00e9conomiques sont le plus souvent sous-jacents aux conflits sociaux. Beaucoup voient en la signature des trait\u00e9s de la cour de l\u00b4\u00e9quite avec les consuls anglais, le mod\u00e8le formalis\u00e9 des r\u00e8gles de cette cour de justice. Cette cour de justice du Ngondo eut \u00e0 juger des conflits qui provoqu\u00e8rent des guerres inter clans comme la guerre du clan De\u00efdo contre tous les autres clans, et \u00e0 prendre des sanctions contre les chefs de clans prestigieux comme Eyoum Ebelle Ngondo de cette p\u00e9riode-l\u00e0, le chef Ndoumb\u00e8 Lob\u00e8. <br>Une institution de plusieurs si\u00e8cles. A l\u00b4origine, les chefs de clans se r\u00e9unissaient sans autre forme de c\u00e9r\u00e9monie. La r\u00e9union \u00e9tait convoqu\u00e9e par le pr\u00e9sident lorsque la situation l\u00b4exigeait. Plus tard, au ngondo qui red\u00e9marrera en 1949 , initi\u00e9 par le muaja (membres de la soci\u00e9t\u00e9 civile),de nouvelles r\u00e8gles formalis\u00e9es par un statut seront \u00e9tablies de mani\u00e8re formelle tant en ce qui concerne la rotaion de la pr\u00e9sidence entre les chefs de clans, qu\u00b4avec les organes d\u00b4encadrement et le p\u00e9riodicit\u00e9 des rencontres.<br><br><strong>Motifs \u00e9conomiques et Cons\u00e9quences<\/strong><br><\/p>\n\n\n\n<p>Tous les auteurs, et historiens qui ont abord\u00e9 le Ngondo sont tous d\u00b4accord s\u00fbr au moins sur les motifs \u00e9conomiques. Il s\u00b4est agi avant tout d\u00b4\u00e9tablir une r\u00e9glementation commune sur le commerce entre tous les riverains de l\u00b4estuaire du Wouri et de ses affluents, et les r\u00e8gles \u00e0 suivre dans les rapports entre eux et les navigateurs \u00e9trangers .Il est vraisemblable que les clans install\u00e9s sur les rives et ceux plus \u00e0 l\u00b4int\u00e9rieur se sont affront\u00e9s plusieurs fois et en plusieurs p\u00e9riodes sur la r\u00e9partition des profits tir\u00e9s des produits vendus. <\/p>\n\n\n\n<p>Ces conflits n\u00b4ont certainement pas \u00e9t\u00e9 r\u00e9solus en un seul trait\u00e9, par une seule assembl\u00e9e. L\u00b4on sait que les affrontements n\u00b4ont d\u00e9finitivement disparus que lorsque les Allemands vont v\u00e9ritablement prendre possession de la totalit\u00e9 de la r\u00e9gion. La tentative d\u00b4enl\u00e8vement d\u00b4un bateau allemand par le chef d\u00b4un des deux clans Abos, L\u00e9a Mbassi, afin d\u00b4\u00e9tablir une factorie sur ses terres en 1888 le montre tr\u00e8s nettement. <br>Commerce tr\u00e8s dynamique dans la r\u00e9gion d\u00e8s le 17\u00e8me si\u00e8cle attest\u00e9 par beaucoup de t\u00e9moignages. Les ouvrages cit\u00e9s dans l\u00b4\u0153uvre du p\u00e8re Bouchaud, la c\u00f4te du Cameroun dans l\u00b4histoire et la cartographie ( Ifan Dakar 1952) identifient tr\u00e8s bien la r\u00e9gion, la monnaie d\u00b4\u00e9change qui \u00e9tait utilis\u00e9e depuis le 17 \u00e8me si\u00e8cle, d\u00b4abord les cauris, qui ne se trouvaient que sur la c\u00f4te de l\u00b4oc\u00e9an indien. C\u00b4est ainsi le r\u00e9cit d\u00b4Adents, capitaine d\u00b4un navire en 1800, pr\u00e9cisent de mani\u00e8re tr\u00e8s d\u00e9taill\u00e9e, les marchandises telles que le sel, le rhum (french Brandy),fusils cotonnades, de la ferraille, de la quincaillerie, les d\u00e9fenses d\u00b4\u00e9l\u00e9phants, l\u00b4huile de palme et autres produits qui donnent une certitude quant aux relations entre les clans de la c\u00f4te et ceux de l\u00b4int\u00e9rieur.. <br>Robertson en 1810, donne d\u00b4autres pr\u00e9cisions qui \u00e9tablissent ces rapports. Il s\u00b4est agi d\u00b4un commerce bien organis\u00e9, bien structur\u00e9. Ceci donne \u00e0 penser que s\u00b4il y avait \u00e0 cette p\u00e9riode-l\u00e0 d\u00b4autres clans qui commer\u00e7aient avec les navigateurs, ils auraient \u00e9t\u00e9 connus par les Douala \u00e0 leur arriv\u00e9e sur l\u00b4embouchure, et par les clans Bassa qui habitaient d\u00e9j\u00e0 au moment de leur arriv\u00e9e. La r\u00e9putation de Dooh la Makongo est donn\u00e9e par les diff\u00e9rents r\u00e9cits des Fran\u00e7ais qui aux 17 \u00e8me et au 18 \u00e8me si\u00e8cle \u00e9taient ceux des europ\u00e9ens qui menaient un commerce actif dans la r\u00e9gion, au Gabon \u00e0 Calabar ; \u00e0 Manoka, Kribi et dans le pays Balimba qui y sont nomm\u00e9ment cit\u00e9s.<br>De mani\u00e8re certaine nous pouvons situer le Ngondo bien avant la mort de Dooh la Makongo survenue avant 1787.<\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>par Valerie Ep\u00e9e<\/em><\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>D\u00e9signation de la f\u00eate traditionnelle annuelle du \u00ab\u00a0Peuple SAWA\u00a0\u00bb (Littoral camerounais). 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