Zoom : L’exception Rap…

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Ils n’ont jamais été inquiétés outre mesure. Sans doute, à cause du Hip-hop qui cherche encore ses marques localement.
E.D. et M.O.





N’empêche, les rappeurs camerounais, dans le style underground qu’on leur connaît, fustigent sans cesse la politique du gouvernement et peignent le mal-vivre quotidien de leur compatriotes. Leurs discours sont révolutionnaires et bourrés de contestations. Wilfried, par exemple, recommande à un frère parti de "ne pas oublier le pays, notre pays, même si les gangsters en costard tiennent le pays en otage".

D’autres rappeurs plus en vue, notamment Sultan Oshimin, Valséro, Krotal, Toopy 4ever, Ak Sang Grave, Holokost, Koppo… ont affiché un côté engagé, qui ne leur vaut pas que des amitiés. Selon Valséro, en effet, "Ils ont des comptes à nous rendre. Qu'ils aient demandé ou non à être au pouvoir, ils doivent l'assumer". "Je crois en Paix-Travail-Patrie, même si chaque jour je vois des vertes, des rouges et des jaunes", affirme Krotal. "Que faire ici? Voir le temps passer sans changer son niveau de vie? Toutes les portes sont fermées", se lamente Toopy 4 ever ; alors que pour Ak Sang Grave dans l'album "Du fond de l'Afrique", "C'est une tragédie de vouloir vivre dans son paradis, sans radis". Koppo, lui, est catégorique : "Il faut quitter ce territoire où il n'y a plus de place pour le rêve. On va faire comment? Le kamer a les dents", chante-t-il.

Plus pessimiste encore, Valséro constate simplement que "Ce pays tue les jeunes. Les vieux ne lâchent pas prise. Cinquante ans de pouvoir (…) et ils ne lâchent pas prise. La jeunesse crève à petit feu. Tandis que les vieux, dans leurs châteaux, se saoulent à l'eau de feu". "Popol qui veut diriger le pays alors qu'il est toujours en voyage à Paris". Et… "Chantal est là avec ses Synergies de merde dans le pays des Lions indomptables, futur champion du monde et pas l'ombre d'un stade". Qui arrêtera le match ?
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