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2 Souza : Voici le procureur des femmes

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" Demandez aux femmes " du poulain de Nkotti François est un album promoteur et engagé.
Eric Roland Kongou




Par quelque bout qu’on le prenne, le premier album de 2 Souza est foncièrement engagé. Un l’album de huit titres (plus une instrumentale) de makossa que l’auteur situe entre " la vieille et la nouvelle génération". Cette première œuvre de 2 Souza est en réalité une belle couronne d’épine que l’artiste tresse aux femmes. "Demandez aux femmes ", le troisième titre qui a d’ailleurs donné son nom à l’album en est la parfaite illustration. Extraits : " si tes poches sont trouées, il ne faut pas chercher la femme ". " Les femmes ont le sang à l’œil, elles font le ‘’tobassi’’ pour profiter de vous ". " La femme n’a jamais aimé.

En vérité, la femme la plus sérieuse a au moins trois maris. Le premier est bendskinner, le second est son sponsor, le troisième, et non le dernier, est son meilleur petit ". Rien que ça !
" Ho Schem Moukouaye ", le premier titre de l’album est un reproche à ces " jeunes qui opte pour la vie facile et adhère aux sectes ". Un pur makossa où on peut apprécier les doigtés de la guitare rythmique de Mouasso Elamé, celui-là même qui a fait le fond musical de " Djombos ", l’album à succès de Eriko qui fait rage en ce moment. C’est dans le même registre qu’il faut classer les titres "merci maman ", ou " Na dibena ". Par contre, " maboya ", qui est également agréable à l’écoute, est une diatribe au vitriol des prostitués.

Cerise sur le gâteau, dans ce premier album, 2 Souza, interprète deux titres à succès de Nkotti François, son illustre aîné : "Mito ni Tututu " et " Dina lam ". " Le grand Nkotti m’a tout donné dans cet album. Et si Nkotti est le n°1 à Souza, je suis le n°2, c’est pour cela que j’ai précédé mon nom du chiffre 2", clame l’artiste, fier comme un coq. Pour ne pas oublier d’où vient, l’artiste de son vrai nom Joseph Ekwatoh, chante " Na si dibena " (en deux versions : chantée et instrumentale), un joyeux ‘’Essewé’’ que les férus de ce rythme apprécieront certainement. Autant de titre-galettes qui ont sans doute attisé la convoitise des pirates qui ont déjà mis des versions frelatées sur l’album sur le marché avant sa sortie officielle le 9 juin dernier.
Cependant, " Demandez aux femmes " a un goût d’inachevé dont l’auteur aurait bien pu faire l’économie aux mélomanes.

A l’instar de ces dédicaces à l’infinie, des noms des amis, des proches que l’artiste cite en boucle. On peut également regretter le conditionnement de l’album qui laisse à désirer. L’affiche et le coffret de l’album sont loin d’être parfaits. Mais ces aléas n’altèrent nullement un premier album dont la qualité ne surprend pas lorsqu’on daigne jeter un coup d’œil sur la fiche technique. Tenez, Nono Flavie et Bill Muicha au chœur, Mouasso Elamé à la guitare rythmique, Arthur Manga Manga et Lady Bass à la guitare bass, Emmanuel Dou à l’arrangement, Talla Jeannot au piano et San Fan Thomas au mixage dans son studio Makassi. Une belle équipe qui ne pouvait que produire qu’un tel chef-d’œuvre que seules les féministes trouveront à redire.
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