Muntu Valdo : La musique d'écoute à sa place au Cameroun

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L'artiste fait le bilan à mi parcours de ses sept concerts destinés à la promotion de son album.
Propos recueillis par Marion Obam

Qu'est ce qui justifie que c'est deux ans après la sortie de votre premier album que vous programmiez la promotion au Cameroun ?
Il y'a beaucoup d'étapes pour préparez une tournée. Parfois certains éléments essentiels ne dépendent pas toujours de l'artiste. Cependant, je suis très heureux de savoir que l'album est enfin disponible chez moi au Cameroun. Quand on est artiste et que l'on a reconnaissance même de ses pairs à l'étranger ce n'est pas la même chose que dans son pays. Sortir mon album à l'étranger a été dicté par la conjoncture du milieu car on sait très bien que au Cameroun les circuits de diffusion et de distribution sont très étroits pour ne pas dire inexistants. En 2005 mon album était disponible en France et en Angleterre. Malheureusement au Cameroun, je n'avais qu'un seul point de vente où une clientèle sélecte pouvait se l'approprier. C'est pourquoi une tournée comme celle que je suis en train d'effectuer est nécessaire, car elle me donne l'opportunité et l'occasion de marquer enfin ma présence à travers cet album sur le territoire national.

Quels sont les enseignements que vous tirez après avoir fait cinq dates sur les sept prévues pour votre tournée nationale ?
Jusqu'ici tout est très positif. J'ai été agréablement surpris parce que je ne suis pas connu du grand public mais j'ai rencontré un franc succès au niveau de l'enthousiasme que le public réservait à mon spectacle notamment. Au Ccf de Yaoundé ça été le plein d'œuf et tous les supports de musique que j'avais sont finis. C'était le même délire dans les alliances franco-camerounaises à Garoua, Maroua, Bamenda et Dschang. Le plus gros enseignement que je tire déjà de cette tournée à mi parcours c'est que le public camerounais aime aussi les choses bien faites, surtout la bonne musique. Et que chaque style a sa place. J'ai découvert que la musique populaire, d'ambiance ou celle qui sollicite dans les textes les dessous de la ceinture ne peut pas remplacer la musique d'écoute. Pendant tous mes concerts les gens sont restés tout ouie, sans faire de bruit, appréciant seulement la musique. Et ça c'est très rare au Cameroun.

Qu'est ce que le public de Douala avec lequel vous avez rendez-vous vendredi soir raterait s'il ne venait pas à votre dernier concert ?
Individuellement chaque personne qui ne viendra pas au concert perdra un quart de sa vie. Non c'est vrai et c'est difficile de raconter mon spectacle. Avec un Cd on peut facilement en faire une note d'écoute, mais un spectacle de cette dimension se vit. J'invite simplement les gens à venir passer un moment unique et mémorable, de partage mais surtout de musique et de spiritualité. Il y'a une expression en Duala ma langue qui dit ceci "quand on est déjà capable de raconter quelque chose ça veut dire ce n'était pas fort, ce n'était pas intense". Je pense que sur cette lancée ça se passera bien aussi à Buéa et à Douala.

Quel est le contenu que vous donnez à votre musique parce qu'elle est consignée sous le vocable " Sawa Blues " qui mêle du Manu Dibango, Ismaël Lo, Bob Dylan et Kéziah Jones ?
C'est très flatteur de me comparer à tous les noms qui sont de véritables institutions dans la musique. Bob Dylan qui a révolutionné le genre folk. C'est vrai je joue de l'harmonica comme lui et Ismaël Lo. Par contre, beaucoup de personnes essayent de me classer, mais je dirais que l'on me place entre Muntu et Valdo. Et c'est du Muntu Valdo que j'invite les gens à venir découvrir.
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