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Yaoundé : Un diplomate marocain assassiné

Le corps de Khalid Barnossi a été retrouvé dans une rigole au quartier Bastos lundi soir.
Dorine Ekwè – Quel est le mobile de l’assassinat de l’attaché financier de l’ambassade du Marco à Yaoundé? La question est sur toutes les lèvres ce mardi 25 septembre 2007 au lieu dit mini prix Bastos à Yaoundé. A l’ambassade du Maroc située dans les encablures, les activités vont au ralenti. Le ballet des éléments des forces de l’ordre est incessant. "Monsieur Barnossi avait l’habitude, après la rupture du jeûne du Ramadan en soirée, d’aller passer des coups de fils à sa famille installée à Paris. Il a sacrifié à ce rituel lundi et c’est aux environs de 21h que l’ambassadeur a été informé de ce qu’il avait été transporté en urgence à l’hôpital général de Yaoundé", confie le premier secrétaire de l’ambassade du Maroc au Cameroun.

Selon certains témoignages en effet, alors qu’ils s’en vont en patrouille les éléments de l’ancienne société de gardiennage Wackenhut sont bloqués sur la chaussée par un parapluie ouvert. Quelques-uns descendent du véhicule de patrouille pour débarrasser la chaussée de l’encombrante ombrelle. C’est alors qu’ils voient une jambe qui déborde de la rigole, et après inspection, ils découvrent Khaled Barnossi dans un état comateux. Il a plusieurs blessures au visage et une, plus profonde, à la nuque, "comme s’il avait été assommé par un objet contondant" confie une source proche de l’enquête. Il est 20h30 lorsqu’ils font cette découverte et les gardes appellent la police et une ambulance qui tarde à arriver. De leur propre chef, ils conduisent la victime à l’hôpital général de Yaoundé où le diplomate est admis au service de réanimation.

Compagnie de sécurisation
Ils alertent par la suite l’ambassadeur du Maroc qui accoure au chevet du blessé avec ses proches collaborateurs. Le ministre délégué auprès du ministre des Relations extérieurs chargé des relations avec le monde islamique, Adoum Gargoum est également présent de même que les responsables de la Compagnie de sécurisation des diplomates. Khaled Barnossi succombera à ses blessures quelques heures plus tard.
Cette agression semble d’autant plus suspecte pour les éléments des forces de l’ordre que, la victime, selon toute vraisemblance, n’a pas été dépouillée après son agression. On a en effet retrouvé sur lui de la monnaie ainsi que les clés de son domicile. Son téléphone portable quant à lui a été retrouvé à sa demeure selon des sources proches de l’ambassade du Maroc au Cameroun. Le commissariat du 6ème arrondissement à Bastos ainsi que la direction provinciale de la police judiciaire du centre (Dppj-C) ont ouvert une enquête.

Aucun témoin, jusque-là, n’a pu dire ce qui s’est véritablement passé lundi soir. "Il a plus ce jour-là, et les gens étaient certainement chez eux. C’est peut-être pour cela qu’il n’y a pas eu de témoins", confie-t-on de sources policières. A la téléboutique où Khaled Barnoussi est censé avoir passé son dernier coup de fil, on affirme qu’il n’y a pas été lundi mais plutôt dimanche. De sources policières cependant, cinq individus résidant dans les environs du lieu du crime et des employés de Wackenhut ont été identifiés en vue d’éventuelles auditions qui pourraient commencer ce jour.
Cet assassinat intervient quelques jours après que des malfrats se soient infiltrés au domicile du nonce apostolique à Yaoundé, et deux semaines après le lancement des activités de la Compagnie de sécurisation des diplomates et représentants des organisations internationales au Cameroun (CSD). La compagnie située en plein cœur du quartier Bastos où sont logées la plupart des représentations diplomatiques à Yaoundé, a été mise sur pied par la Direction générale à la sûreté nationale. Elle a pour objectif d’assurer la sécurité spécifique des diplomates et des représentants d’organisations internationales accréditées au Cameroun. La CSD qui dispose de 100 fonctionnaires de police a pourtant, d’après des sources proches de la Dgsn, tous les moyens pour mener à bien ses missions.

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