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Théâtre : Major Asse fait le fou

L’humoriste donne un spectacle en One man show demain soir au Ccf de Yaoundé.
Justin Blaise Akono – Major Asse est un artiste humoriste, à l’image de Essindi Mindja dont il a vécu les dernières heures en 2005 lorsque ce dernier rendait l’âme. Demain jeudi, comme depuis quelques mois, Major Asse sera face au public du Centre culturel français François Villon de Yaoundé, pour un autre spectacle intitulé "Chuis pas fou, moi". La pièce raconte l’histoire troublante d’un jeune Africain en proie à la misère. Chopé au hasard d’une nuit par une mère, alors âgé de 12 ans, orphelin de mère à deux mois, il est enrôlé dans la rébellion à dix ans sans avoir jamais connu son père. Un voyage artistique l’amènera en France. A son retour, il est traité de fou par sa famille et ses copains.

Après une vie rythmée par des batailles, il prend conscience de sa condition et donne à ses compagnons la leçon d’une vie enrichie au gré des expériences que le religieux et le politique ont contribué à pourrir. Au-delà du fond du synopsis, la mise en scène de ce spectacle dont le dernier a eu lieu au Centre culturel le Petit Tamtam de Yaoundé le mois dernier, est basée sur trois points. D’abord le jeu : facteur primordial pour le succès d’un spectacle. "Dans ce One man show, les différentes figures scénographiques se forment d’elles-mêmes, permettant à l’acteur de sentir ses déplacements et de trouver ses marques", pense Martial Nguéa, un critique d’art, pour qui la relation entre le public et l’acteur, quant au troisième point, est une relation établie par le biais des paroles ciblées, des chants populaires du folklore Béti.

Le spectacle de Major Asse est réalisé en prélude au festival d’humour "Yaoundé Fou rire", prévu du 07 au 10 novembre prochain à Yaoundé. Major Asse était déjà en spectacle au mois d’août dernier, après avoir fait la première partie du spectacle d’un autre comédien humoriste, Valery Ndongo, au mois de juillet 2007. En plus d’être humoriste, Patrice Major Asse Eloundou, de son vrai patronyme, se présente également comme journaliste et poète. Il a animé par ses écrits, pendant quelques temps, la Rondine, le magazine de La Ronde des poètes. L’un de ses poèmes les plus connus s’intitule "Quel campus !". Il a été conçu alors qu’il était encore étudiant. "Comme nous fûmes du même abîme nous laissâmes la parole à notre tumeur jusqu’à l’orgasme du sang. Nous armâmes nos sexes au gré des douleurs et nous éjaculâmes des lustres de courroux comme nous fûmes du même abcès", concluait-il notamment dans cette pièce. Alors, Major Assé est-il fou, lui ?

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