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Blanche Bilongo : La nouvelle égérie du cinéma camerounais

Elle est l’héroïne des Blessures inguérissables, en avant première demain à Yaoundé.
Justin Blaise Akono – Blanche Bilongo! Ce nom ne dit sûrement rien à la plupart des Camerounais, s’il n’est pas accompagné de l’image à laquelle l’on peut aisément coller d’autres noms tels que Sabine, du feuilleton N’taphil de Gervais Mendo Ze diffusé sur la Cameroon radio and television (Crtv) ou Yvette Zarla, dans le Revenant du même auteur. Blanche Bilongo, Pam pour les cinéphiles qui vont la redécouvrir demain en avant première, joue le rôle d’une femme (moderne) en détresse, troublée et qui veut se suicider, après la mort de son mari. Depuis plus de cinq ans, les réalisateurs de cinéma (feuilletons, courts métrages, longs métrages) se l’arrachent. Au commencement était le Revenant en 2003/2004 sur la Crtv. Elle joue l’épouse toujours absente. Elle fait une apparition intéressante dans Tiga, un long métrage C’est presque la consécration en 2004/2005 avec N’taphil. "Le public va commencer à m’apprécier", confie celle qui joue Sabine, cette épouse villageoise et naïve. Dans un exercice de mémoire, elle se souvient d’une vingtaine de courts métrages depuis 1990, parmi lesquels Mon Ayon de Blaise Nomo Zanga, Enfant Peau rouge de Gérard Essomba, Le militant, pour les plus connus.

La belle aux multiples films et pièces théâtrales ne roule pas carrosse en dépit de sa célébrité. "Nous ne sommes ni en Europe ni en Afrique de l’Ouest. Quand le ministère de la Culture donne sept millions Fcfa pour produire un film, que restera-t-il pour les acteurs? Je ne suis pas loin de ceux qui tournent gratuitement", se plaint-elle. Raison pour laquelle, celle qui prétend avoir une casquette naturelle de leader compte créer dans les prochains jours un syndicat pour aider les acteurs à mieux négocier leurs contrats. Blanche Bilongo est déjà premier vice-président de la Scaap (société civile des arts audiovisuels et photographiques). Celle qui aurait pu faire partie des effectifs de la Crtv suit actuellement une formation en montage et effets spéciaux au centre de formation professionnelle de l’audiovisuel de la Crtv à Ekounou. Elle aurait bien voulu se spécialiser en maquillage de cinéma, elle qui en a une formation de base.

L’héroïne de Blessures inguérissables, née le 26 janvier 1974 à Emana dans l’arrondissement de Monatélé, département de la Lekié, mais originaire de Ngoumou dans le département de la Méfou et Akono fait ses premières apparitions Télé en 1990 à travers le programme "Silence, on joue". Elle commence par le théâtre au lycée, en classe de 5è. Elle intègre la troupe Les Pagayeurs d’André Bang grâce à Joël Ebouémé. "André Bang avait même été réticent. Mais, il a été impressionné par ma capacité à mémoriser mon texte", se souvient "Bil", qui décroche le prix du jury des rencontres théâtrales internationales de Yaoundé, devenu aujourd’hui les Rétic. "J’avais à ce moment là des problèmes avec mes parents, relatifs au Bepc que j’avais déjà raté. Non seulement j’ai eu l’examen mais aussi j’ai ce prix qui m’a ouvert toutes les voies", se souvient Blanche Bilongo, qui n’a jamais pour autant abandonné les planches. Elle est annoncée aux Rétic avec sa troupe Nkul-Ekän vers la fin de ce mois.

Cette grande silhouette à la démarche gracieuse, à la peau noire ébène et à la mine d’adolescente, qui contraste pourtant avec un ton calme et précis toujours entrecoupé de sourire ne manque pas de modestie lorsqu’on lui lance qu’elle n’est pas seulement regardée avec admiration pour sa profession, qu’elle suscite des fantasmes parmi ses admirateurs. "Cela me gène beaucoup, surtout quand je vais à la messe, les gens se retournent pour me regarder". Mais, "j’ai pris l’habitude. Mais, que ceux qui ont des yeux sachent que j’ai un homme dans ma vie. C’est un concours d’y entrer. Il ne suffit pas d’avoir la moyenne. Il faut avoir une bonne note", avertit la muse du cinéma camerounais.

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