Après la demande d’explication officielle, c’est la convocation de l’ambassadeur de Guinée Equatoriale qui est annoncée au Minrex.
Jean Francis Belibi
Les événements devraient s’accélérer dans les prochains jours dans le cadre de l’affaire du kidnapping du colonel équato guinéen avec le retour au Cameroun de Henri Eyebe Ayissi prévu en principe demain jeudi. Un retour du ministre des Relations extérieures qui, s’il va coïncider avec la célébration de la 63ème Journée des Nations Unies le 24 octobre 2008, devrait également le voir recevoir dans le cadre d’une audience qui s’apparenterait plus à une convocation, l’ambassadeur de Guinée Equatoriale au Cameroun. Selon des sources proches du Minrex, Florencio Maye Ela Mangue devrait se voir signifier le mécontentement des autorités camerounaises sur l’enlèvement dans des conditions rocambolesques du colonel Cipriano Nguema Mba.
Une audience qui, comme l’indique notre source devrait aller au-delà de la simple expression du mécontentement pour voir le Cameroun exiger "la restitution " de celui qui bénéficiait dans notre pays du statut de réfugié politique, conformément à la Convention de 1951 sur la protection des réfugiés. Selon des informations recueillies auprès de sources aussi bien dans les couloirs de la présidence, dans les services du Premier ministre qu’au Minrex, Florencio Ela Maye Mangue devrait se voir signifier vive voix, le mécontentement des autorités camerounaises sur l’enlèvement dans des conditions rocambolesques du colonel Cipriano Nguema Mba. Cette audience comme l’indique notre source devrait aller au-delà de ce simple sentiment d’amertume pour voir le Cameroun exiger "la restitution" de celui qui bénéficiait dans notre pays du statut de réfugié politique, conformément à la Convention de 1951 sur la protection des réfugiés.
L’entrevue annoncée entre le chef de la diplomatie camerounaise et la partie équato-guinéenne, ne sera pas la première dans le cadre de cette affaire.
Cipriano Nguema Mba
De "passage" à Yaoundé il y a une dizaine de jours (à l’occasion de la clôture des travaux de la 4e session de la grande Commission mixte entre le Cameroun et le Nigeria), Henri Eyebe Ayissi a reçu le lundi 13 octobre 2008, le chargé d’affaires par intérim de l’ambassade de Guinée Equatoriale au Cameroun. En l’absence de l’ambassadeur Ela Maye Mangue qui, hasard du calendrier ou simple coïncidence était parti quelques jours plus tôt pour son pays…
Un déplacement du chef de la mission diplomatique du pays d’Obiang Nguema Mbasogo qui ne manque pas d’intriguer jusqu’au Minrex où l’on s’interroge sur l’itinéraire et même le moyen de déplacement utilisé par le diplomate pour se rendre dans son pays " Les diplomates en poste à Yaoundé ont pris l’habitude de se déplacer à l’intérieur du pays sans le signaler au ministère des Relations extérieures comme le veulent les conventions internationales en vigueur " indique notre source.
Des interrogations qui interviennent au moment où des informations de plus en plus persistantes font état de ce que le colonel Cipriano Nguema Mba aurait été transféré en Guinée Equatoriale. Les moyens pour cela étant sans doute la chose la plus simple à trouver " Les moyens de transport de la mission diplomatique bénéficiant des privilèges et immunités diplomatiques au même titre que les locaux de l’ambassade et la résidence officielle du chef de missions diplomatiques conformément aux dispositions de l’article 22 de la Convention de Vienne de 1961 sur les relations diplomatiques ". Yaoundé et la frontière de la Guinée Equatoriale n’étant distant que d’environ 300 kilomètres…
Sur la suite de cette affaire dont les conséquences tant au plan diplomatique que de celui de l’image du Cameroun pourraient être suffisamment graves, nos sources au Minrex ne pensent pas à un revirement de la Guinée Equatoriale qui accepterait de remettre son ressortissant aux autorités camerounaises comme l’exige par ailleurs le bureau du Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (Hcr) à Yaoundé, " L’on pourrait aboutir, après l’audience du Minrex avec le diplomate équato guinéen, au rappel à Yaoundé de l’ambassadeur du Cameroun en Guinée Equatoriale ". Ce qui ne serait pas nouveau dans le ciel des relations pas toujours très sereines entre les deux pays.
On se rappelle qu’en 2004 à la suite d’une énième expulsion de ressortissants camerounais vivant en Guinée Equatoriale, le Cameroun avait procédé au rappel en consultation de son ambassadeur. Sauf que cette fois, notre pays a enfreint les clauses d’une convention internationale qui porte sur la protection des réfugiés, qu’il a volontairement ratifiée au même titre que la Guinée Equatoriale. Une Convention renforcée par l’adoption par l’Assemblée nationale et la promulgation par le président de la République de la loi n°2005/006 du 25 juillet 2005 portant statut du réfugié au Cameroun.
