Le délégué du gouvernement auprès de la Communauté urbaine de Douala, a été violenté mercredi en fin d’après-midi, du côté du rond-point de la direction des Douanes. Il était en compagnie du directeur général de Hysacam. –
“ Vous savez, c’est un endroit extrêmement dangereux. S’y aventurer la nuit, c’est s’exposer à ses risques et périls. Généralement, quand un passager nous demande de le déposer dans le secteur, nous exigeons qu’il paye en avance. On a eu beaucoup de déboires du côté du rond-point de la direction des Douanes. ” Témoigne Célestin, un conducteur de moto taxi à Douala. Il n’est pas apparemment surpris par ce qui est arrivé au délégué du gouvernement auprès de la Communauté urbaine de Douala, mercredi 7 novembre. Après une réunion dans l’après-midi avec la direction de la Société d’hygiène et salubrité du Cameroun, dans les locaux de la Cud, relative à l’installation prochaine d’un poste de police non loin du nouveau rond point de la direction des Douanes, une descente sur le terrain est organisée. Hysacam doit, en même temps que l’ouverture du poste de police, réceptionner de nouveaux camions de service. Vers 18h00, le groupe arrive sur les lieux, sans jamais se douter de ce qui les attend. Un premier groupe de trois personnes, dont Fritz Ntonè Ntonè, s’avance. Le délégué du gouvernement s’extrait pour passer un coup de fil. Des individus lui tombent dessus à bras raccourcis, armés de couteaux. Ils vont tenter de lui arracher le téléphone portable, en vain. Ils réussiront au plus à le blesser au niveau du pouce. La promptitude du Dg de Hysacam, Michel Ngapanou, à brandir son arme à feu, n’aura pas suffit. Les malfrats avaient déjà pris la clé des champs.
Que fait la police ?
Transporté aussitôt à la polyclinique Muna, à Bonanjo, le délégué du gouvernement s’en tire avec quelques points de suture. Il regagne néanmoins son domicile par la suite. Il est présent à la Cud dès jeudi matin. Le fait aurait pu presque passer inaperçu, si l’agression ne concernait pas des personnalités. Des dizaines de personnes sont victimes d’agression dans ce secteur, chaque semaine : “ ce qui est énervant dans cette affaire, c’est que tout le monde sait très bien ce qui s’y passe. Mais, il faut croire que personne ne semble avancer quelques idées permettant de sécuriser cette partie de la ville de Douala. Pas même de disposer les forces de l’ordre dans cet espace qui est pourtant agréable pour les balades en famille ou avec les amis ”, constate un passant habitant Bonanjo. Il ajoute : “ Nous sommes nombreux à avoir cru, qu’avec le projet de réhabilitation de la zone, l’insécurité qui y règne n’existera plus. Comme quoi, il ne suffit pas seulement d’aménager un lieu en y installant des lampadaires éclairés. ” Il faut encore y poster des éléments de la force de l’ordre qui rassurent les citoyens honnêtes et dissuadent les bandits. Et là, même si la Cud a créé il y a quelques mois une police municipale sous le nom Métropolis, elle n’a pas à priori vocation à jouer exactement le rôle dévolu à la police nationale. C’est donc au préfet du département du Wouri, Bernard Atébédé, de prendre définitivement les choses en main. En veillant à un meilleur redéploiement des forces de l’ordre sur l’ensemble du département. Lui qui n’a cessé de proclamer haut et fort une croisade contre l’insécurité dans la capitale économique du Cameroun. Pour parodier les propos d’un ancien délégué du gouvernement auprès de la Cud “ Douala n’est pas le Bronx. ” Mais la ville rebelle a des poches d’insécurité qui ont fini par devenir des zones abandonnées aux malfaiteurs de tout bord. Pendant ce temps, les forces de l’ordre sont postées le long des routes peu dangereuses, à contrôler les papiers des véhicules.
Par Jean-Célestin EDJANGUE
Le 09-11-2007