A lire et à relire la circulaire de René Sadi, Secrétaire général du Rdpc adressée aux sections de son parti en date du 13 mars, on peut tirer un premier enseignement : René Sadi bénéficie d’un appui incontestable des techniciens en communication stratégique.
Par Xavier Messè
Cette assistance l’a conduit à mettre ses présidents des sections dans l’obligation de lui produire " leurs plans médias respectifs établis dans un premier temps, sur une période de six mois ".
Le Secrétaire général du Rdpc enjoint les cadres de son parti à être " offensifs, à prendre les devants dans la présentation, l’illustration et la défense des arguments du parti. A soutenir le débat partout où il se déroule, notamment sur les places publiques et dans les médias ". Soit.
Il nous a souvent semblé que le Rdpc fonctionnait de façon pyramidale. Or, un plan média signifie une conception au sommet, orientée vers la base et appliqué de manière horizontale, à partir d’un thème central ou à partir des segments de ce thème. Est-il donc concevable de laisser la latitude aux 244 sections du Rdpc, élaborer chacune en ce qui la concerne, un plan média sur un thème ou un segment de thème à la convenance de ladite section ? Quand on connaît les rivalités et les luttes intestines au sein de ces sections, nous serons spectateurs de bons petits combats.
Autre incertitude. S’il est vrai que le parti de René Sadi ne manque pas de cadres polyvalents, sera-t-il à même jusque là de fournir à ses 244 sections les stratèges de la communication, susceptibles de concevoir diversement et d’exécuter les plans médias tel que souhaité par la hiérarchie ? On peut en douter.
Enfin, il semble que l’ordre aurait été intimé aux journalistes des médias publics tous affiliés de gré ou de zèle au Rdpc de ne plus répondre aux invitations des plateaux radio télé de leurs homologues du privé. N’a-t-on pas diminué par là les compétences dont René Sadi aurait besoin pour " soutenir le débat partout où il se déroule, notamment sur les places publiques et dans les médias " ?
Il est difficile de dire une chose et souhaiter obtenir un résultat contraire. Nous avons par ailleurs envie de renvoyer les stratèges de la com du secrétaire général du Rdpc à leur copie pour leur rappeler qu’un plan de global de com. pour le Secrétariat général s’impose. Ce plan serait à son tour exécuté par l’ensemble des sections, voire des comités de base du parti. La communication nous semble complexe et délicate pour la laisser entre les mains de n’importe qui, fut-il un honnête militant.
Omeng
Ce nom est celui d’un grand village situé à vol d’oiseau, à une dizaine de kilomètres de Bokito, un des arrondissements du département de Mbam et Inoubou.
Lorsque Omeng reçoit des visiteurs que sa communauté considère de personnalités de rang élevé, les légendaires hospitalité et générosité des Omengois se manifestent autour d’une modeste place semée de gazon vert, entourée de paille et de sissongo. Cette place est appelée "place des fêtes ", parce que dans ses abords, on retrouve une case qui appartient à un notable et une école publique.
De l’école, il s’agit d’un hameau de 3 mètres sur 4, construite en troncs d’arbustes, en terre battue et revêtue de chaume. En guise de bancs, on a posé sur 4 fourches plantées au sol des bambous liés et soutenus par des lianes de palme. Dans cette unique salle de classe à la toiture haute de 2,5m, les élèves de la section d’initiation au cours moyen II se relaient dans la journée afin de profiter de ces installations.
Lorsque la journée d’école s’achève, c’est dans cette, " salle de classe " que quelques parents d’élèves viennent parquer leur bétail pour la nuit. Le matin, le premier " devoir " des élèves consistera à nettoyer ce que les animaux ont laissé dans la nuit, et la vie recommence.
Le maître de cette école réagit naïvement : " Que voulez-vous qu’on fasse, on nous a dit que l’Etat n’a pas d’argent … "
L’argent ? Il suffit que le ministère de l’Education de base se prive d’une seule Prado ; cela ne l’empêchera pas de fonctionner. Du montant de ce véhicule, on construirait 6 salles de classe modernes aux enfants d’Omeng ; la physionomie de ce village se trouverait changée.
