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Mactar Silla : Nous avons tiré les autres vers le haut

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Le directeur général de Stv retrace le chemin parcouru.
Propos recueillis par L. K. – Trois ans après le lancement de Stv1 et Stv2 : quel bilan pouvez-vous faire ?
Les téléspectateurs et observateurs sont mieux placés pour le faire. Mais je prendrais le regard de ces personnes pour faire cette esquisse de bilan. J’étais récemment à un sommet au Burkina Faso, lorsque le président Blaise Compaoré a su que j’étais là, il a demandé à me rencontrer. Sans vous mentir, il a avoué qu’il était un téléspectateur de nos chaînes. Il est aujourd’hui reconnu que nous jouons un grand rôle, non seulement sur le continent africain, mais également dans l’espace francophone. Nous sommes les seuls à avoir les images des championnats du Brésil, d’Espagne et d’Angleterre, aucune chaîne au monde n’a cette possibilité. Il y a trois ans, le secteur n’était pas ce qu’il est aujourd’hui. La télévision du matin au Cameroun, c’est nous qui l’avons initiée. Et pour vous dire à quel niveau nos efforts sont appréciés, le ministère français des Affaires étrangères nous a sollicité pour implémenter une télévision en Zambie et au Malawi.
Je peux multiplier les exemples d’encouragements qui sont servis tout le temps venant souvent de l’extérieur. Aujourd’hui, la question du direct a été banalisée. Vous avez vu sur Stv dernièrement le discours du chef de l’Etat en direct du siège des Nations unies. Nous avons contribué à hisser vers le haut le niveau du secteur de la télévision là où il y avait trop de musique. C’est donc normal que lorsqu’on innove, les autres copient. A ce sujet, un responsable de Africable, Sidibé Ismael, m’a dit qu’il suivait le modèle de nos émissions. Et cette innovation se retrouve dans presque tous les compartiments de la télévision, même l’habillage, le décor. Quand on prend donc tous ces éléments, il y a beaucoup de motifs de fierté. Mais de manière générale, le Cameroun est devenu une plate-forme dans le secteur, parce que sur la trentaine de chaînes africaines que l’on retrouve sur satellite cinq sont camerounaises.

Vous avez pris soin de sélectionner des jeunes gens n’ayant aucune expérience professionnelle, tout en promettant de faire d’eux ce que vous avez comme projet. Vous vous êtes séparés de certains d’entre ceux, trois ans seulement après : peut-on dire qu’il y a eu quelque part une erreur de casting ?
Non. C’est tout à fait normal que de telles situations se produisent. Nous ne sommes pas à la fonction publique. C’est un secteur dynamique, créatif. Le choix des hommes obéit à certains critères du moment. Ce n’est pas parce que ces gens ont été mauvais. Mais en fonction des objectifs qui se présentent, on peut décider de revoir nos effectifs. C’est d’ailleurs comme ça que ça se passe dans presque toutes les grandes chaînes. Il faut donc évoluer. Et d’ailleurs, il faut que nos télévisions évoluent vers des réseaux de producteurs indépendants.

Que dire du plateau technique ?
En matière technique, la perfection se fait au quotidien. Les choses évoluent extrêmement vite. Il y a des adaptations qui sont nécessaires, mais nous pouvons affirmer que nous avons un plateau moderne comparable aux grandes chaînes. Même s’il faut aussi avouer que le renouvellement des équipements dépend de la disponibilité financière et la formation.

Un mot sur votre plan de développement pour les années à venir…
Il y a beaucoup d’innovations que nous allons apporter. Nous essayerons de valoriser le caractère bilingue du Cameroun à travers de nouveaux programmes. Nous allons renforcer la production locale, l’offre de sport. Nous voulons être une plate-forme de dialogue.

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