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Douala : Jour d’émeutes à Bonamoussadi

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Plus de 300 policiers et gendarmes déployés pour contenir une foule de manifestants acquis à la cause du Sdf.
Denis Nkwebo et Eric Roland Kongou – Plus de 300 policiers et gendarmes, armés de gaz lacrymogènes volant dans tous les sens, des milliers de manifestants surexcités, des casses, des arrestations. Le décor était planté hier, lundi 23 juillet 2007 au quartier Bonamoussadi à Douala, pour une journée chaude. Les troubles qui ont secoué la ville se jouaient autour de l’inspection d’arrondissement de l’Education de base de Douala 5ème, siège de la commission communale de recensement des votes pour le compte de l’élection municipale de dimanche dernier. C’est autour de 12h 20 que les manifestants réputés proches du Social Democratic Front s’en sont pris aux éléments des forces de sécurité. Ils avaient pour objectif premier de mettre un terme au tripatouillage présumé des résultats, actes imputés aux candidats du Rdpc. La veille, dimanche, quelques heures après la fermeture des bureaux de vote, les responsables du Sdf avaient déjà arrêté un homme soupçonné de falsifier des procès verbaux devant la sous-préfecture de Douala 3ème à Nyalla.

Le suspect a été remis aux policiers du 11ème arrondissement. Hier, les émeutes étaient circonscrites au lieu dit carrefour Berlux. Là, les policiers antiémeutes, des gendarmes armée de pistolets automatiques, munis de bombes lacrymogènes et de matraques noirs pourchassaient les conducteurs de mototaxis venus au secours des manifestants. Impuissants devant la ligne de démarcation tracée par les forces de l’ordre, les manifestants vont monter des barricades à l’aide de pneus, des morceaux de planches, des troncs d’arbres, sur la chaussée. La tentative de mettre le feu est évitée de justesse suite à l’assaut donné par les policiers. Mais une nouvelle barricade montée par un autre groupe de "bendskinneurs" sur l’avenue qui mène au carrefour "Bijou" sera enflammée, produisant dans le ciel une colonne de fumée noire. Fabrice Nana, un jeune du quartier qui filmait la scène à l’aide de son téléphone portable a été roué de coups par les gendarmes et les policiers. Le jeune homme a été libéré, après avoir effacé les images de la violence de son téléphone. L’arrivée sur les lieux des éléments du Groupement mobile d’intervention (Gmi) numéro 2, de la brigade territoriale de Bépanda et ceux de Mboppi, appelés pour renforcer leurs collègues des commissariats du 7ème et du 12ème arrondissement, va calmer les esprits. Le bilan est important : des blessés, des motos saccagées, une arrestation (celle du nommé Bernard Tiaye).

Manœuvres
Les émeutes d’hier sont-elle le fait de quelques militants Sdf désabusés ou alors une instigation des "pêcheurs en eaux troubles" ? Les cadres du Sdf approchés évoquent la manipulation des procès verbaux des élections dans la circonscription de Douala 5ème. "Nous avons passé toute la nuit ici devant le bureau communal, car on a constaté des manœuvres de fraudes", raconte Pierre Donfack, scrutateur pour le Social Democratic Front (Sdf) à la salle G du bureau de vote de Petit Wouri Ipf.

Selon un autre scrutateur, l’adjoint au sous-préfet de Douala 5ème est arrivé sur les lieux à Bonamoussadi vers 1h 30 du matin avec deux pick-up remplis d’individus non identifiés. "Ces personnes étaient en possession de faux procès verbaux qu’elles voulaient substituer aux vrais. Lorsque la tête de liste Sdf pour la municipalité de Douala 5ème, Boniface Doue, a voulu les vérifier, l’adjoint au sous-préfet s’y est opposé, nous promettant de tirer cette affaire au clair le lendemain. Curieusement depuis le matin, on n’a plus aucune nouvelle alors qu’ils sont déjà en train de faire le décompte des voix à l’intérieur", raconte l’un des meneurs de la contestation.

Un membre de l’entourage de Françoise Foning, le maire sortant, a qualifié les accusations du Sdf de "graves affabulations". Le sous-préfet de Douala 5ème, Gabriel Ngounou, contacté par Mutations pour donner sa version des faits, ne s’est pas rendu disponible. "Revenez plus tard, le patron ne reçoit personne. Le gouverneur a demandé que les résultats sortent avant 15h. Tout le monde est entrain de travailler ici", a lancé la secrétaire aux journalistes. Les troubles survenus à Bonamoussadi ne se sont arrêtés que tard dans la soirée, après la publication des résultats, favorables à Françoise Foning, du Rdpc.

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