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Valentin Epouma

Le réalisateur de « Divergence » parle de son premier long métrage dont la sortie officielle est prévue pour le 28 octobre.
Recueillis par Monique Ngo Mayag (Stagiaire Jade/Syfia) – Valentin Epouma : Ma femme m’a quitté pendant le tournage



Qu’y a-t-il de divergent dans votre film ?
Tout diverge. En commençant même par l’intrigue qui est bâti autour des extrêmes. Premièrement la relation qui existe entre Bess et Beta, les deux acteurs principaux, est étonnante puisque l’un pourrait être le père de l’autre. De plus, l’entrée de cette jeune fille dans la vie (Bess), va séparer un couple qui jusqu’alors ne connaissait pas d’histoires .Plus surprenant encore, l’initiative d’une quelconque employé du restaurant de l’épouse de Bess, d’empoissonner la rivale de sa patronne.

Pour recruter vos acteurs comment s’est effectué le casting ?
On a beaucoup misé sur les amateurs afin de prouver au public que ce n’est pas le potentiel qui manque dans notre pays en matière d’acteurs. On a choisi ceux qui avaient le talent à l’état brut et la volonté de parcourir le chemin avec nous.

N’a-t-il pas été difficile de tourner avec des acteurs qui, pour la plupart, sont des débutants?
C’était plutôt excitant. L’avantage c’est qu’ils sont moins capricieux que les acteurs expérimentés et donc, il devient plus facile de travailler avec eux au-delà des difficultés de tout tournage. Par ailleurs, ils ont le souci de bien faire et l’ambition d’évoluer dans le cinéma.
La distribution reste un véritable problème pour le cinéma africain en général. Quelles sont vos stratégies pour contourner cette difficulté ?
Nous somme très conscients de ce problème et nous exhortons les personnes qui croient au cinéma camerounais à œuvrer dans ce sens. Nous faisons principalement allusion au ministère de la Culture. A notre niveau, nous sommes entrain de mûrir notre idée sur la mise sur pied d’un circuit de distribution de cinéma dans notre pays.

Avec un budget modeste et sans l’aide des sponsors, vous êtes parvenus à produire ce film, quelles sont les autres difficultés auxquelles vous avez été confrontés ?
Tout d’abord, on a monté ce projet par passion pour le cinéma et en ayant foi en Dieu et en nous-mêmes. Effectivement, nous n’avons pas reçu d’aide extérieur pour ce film, mais la persévérance et l’ambition ont été nos leitmotivs. C’est à cause justement de cette envie persistante d’achever ce film que m’a femme m’a quitté parce que je n’étais pratiquement plus disponible pour elle et le reste de ma famille. Pour certains acteurs, il a fallu vendre et hypothéquer leurs biens. Mais nous devrions malgré tout relever ce challenge.

Qu’attendez-vous de ce film ?
Mis à part l’apport financier qu’il pourrait nous fournir, nous sommes déjà fiers que ce film soit bouclé après deux ans de tournage. On a surmonté le découragement et les problèmes internes. C’est beaucoup plus la satisfaction du public après la diffusion du film qui sera notre récompense. Nous voulons à travers ce film, nous faire connaître et proposer nos services pour d’éventuels projets cinématographiques.

Avant la réalisation de "Divergences", quels sont vos autres faits d’armes dans le cinéma ?
Tout d’abord, cela fait 15 ans que je dirige le centre national des Arts et de la cinématographie (Cenarc), légalisé depuis 1993. Bien avant cela, j’ai travaillé dans l’ombre en tant qu’autodidacte. Mes premiers pas dans l’audiovisuel commencent à la Crtv où j’étais pigiste. Puis avec l’arrivée d’autres chaînes de télévisions, j’intègre l’équipe de Canal 2 International où j’ai fait asseoir le concept de l’émission " Au féminin ". J’ai également initié le concept de l’horoscope à la télévision camerounaise mais mes moyens étant réduit, je n’ai pas pu le réaliser moi-même. C’est après mon passage sur Canal 2 international que je me lance de manière effective dans le monde du cinéma. J’ai pu notamment décrocher un contrat exclusif avec le ministère de l’Eduction de base pour la réalisation des films documentaires sur la vie des élèves en classe. Ce documentaire rassemblait les souvenirs d’une salle de classe donnée et ce, en remplacement des fameuses photos de classe. Puis, tout en gardant en tête l’idée de réaliser un film, j’ai également fait un documentaire de 43 minutes sur les malades mentaux dans nos villes. C’est la rencontre avec Luc Bessala qui a été décisive puisqu’il s’est engagé à produire le film que vous pourrez bientôt apprécier dans les salles de cinéma.

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