Sur les treize nouveaux sites inscrits vendredi, ce pays est le seul retenu en Afrique pour ses ruines de Loropéni. –
Consciente de l’importance de la préservation du patrimoine matériel et de son rôle majeur en ce qui concerne l’identité des peuples, l’Unesco a ajouté vendredi dernier à sa liste de sites classés patrimoine en péril un nombre non négligeable de lieux éparpillés un peu partout dans le monde. C’était au cours de la 33ème session du Comité du patrimoine mondial, réuni jusqu’au 30 juin dernier à Séville et présidé par María Jesús San Segundo, Ambassadrice, Déléguée permanente de l’Espagne auprès de l’Unesco. Le massif italien des Dolomites, le mont Wutai situé en Chine, ainsi que la mer de Wadden, sanctuaire pour oiseaux migrateurs dans le nord de l’Allemagne et des Pays-Bas, ont rejoint la longue liste du patrimoine mondial qui rassemble 878 sites.
Le Comité du patrimoine réunit à Séville a également annoncé l’inscription du site historique de Cidade Velha au Cap-Vert et des ruines de Loropéni, le premier site burkinabé inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco.
Datant du XIe siècle, ce site burkinabé est bardé de hauts murs et s’étend sur 11 130 m2. C’est la mieux préservée des dix forteresses que compte la région du Lobi. Il s’inscrit aussi dans un ensemble plus large qui compte une centaine d’enceintes en pierre, reflétant la puissance du commerce transsaharien de l’or. Vieilles d’au moins mille ans selon des découvertes récentes, ces ruines sont situées près des frontières du Togo et du Ghana. L’emplacement a été occupé par les Lohron ou les Koulango qui contrôlaient l’extraction et la transformation de l’or dans la région à l’apogée de cette exploitation aurifère (XIVème au XVIIème siècle). Beaucoup de mystère entoure ce site dont une large part n’a pas encore été fouillée. Au cours de sa longue histoire, Loropéni semble avoir été abandonné à plusieurs reprises. L’abandon définitif est intervenu entre le début et le milieu du XIXème siècle. Ce site promet encore beaucoup d’informations.
Sites
Pour ce qui est du site de Cidade Velha, il est le 1er site capverdien à être sur la liste. Ont également été ajoutés la barrière de Belizane en Amérique centrale, le Parc national de Los Katios en Colombie, le système hydraulique historique de Shushtar en Iran, la montagne sacrée de Sulamain-Too dans la vallée de la Fergana au Kirghizistan et les tombes royales de la dynastie Joseon (XVe-XXe siècle) en Corée du Sud. Quant à la vallée de l’Elbe à Dresde (Allemagne), elle a été rayée de la liste en raison de la construction d’un pont routier édifié au cœur de ce patrimoine culturel. Une décision qui n’a guère enchanté les Berlinois qui l’ont jugée "regrettable".
Aussi, "chaque fois que nous échouons dans la protection d’un site, nous partageons la peine que cela représente pour l’Etat partie", a déclaré María Jesús San Segundo, ambassadrice, déléguée permanente de l’Espagne auprès de l’Unesco. Par ailleurs, pour sa 33ème session, le comité a examiné la candidature de 27 sites naturels et culturels susceptibles d’être inscrits sur la liste. Il s’est également félicité des progrès réalisés par les autorités d’Azerbaïdjan en vue de la préservation de la Cité fortifiée de Bakou, avec le palais des Chahs de Chirvan et la tour de la Vierge, et il a décidé de retirer ce site de la liste du patrimoine en péril. Quant au parc naturel de Tubbataha (Philippines), inscrit depuis 1993 sur la liste, il a bénéficié d’une extension.
L’Unesco a encouragé cette année les pays qui n’ont pas demandé leur inscription sur cette liste à déposer leur dossier. Une mesure qui reflète un changement des critères d’admission comme nous le montre Fu Yake Le comité veut aussi favoriser les sites historiques où la culture locale a été préservée. Deux villes spécialisées dans la fabrication de montres en Suisse ont ainsi fait leur entrée sur la liste. Il s’agit de deux sites qui sont des exemples parfaits des villes où l’industrie de précision est une spécialité, et qui sont toujours en activité. En Espagne, la Tour d’Hercule a aussi fait son entrée sur la liste. Elle a servi de phare et d’ouvrage d’art à l’entrée du port de la Corogne dans le nord-est du pays depuis le 1er siècle de nore ère, quand les Romains avaient édifié Farum Brigantium. On trouve enfin la maison Soclet en Belgique à Bruxelles, une demeure privée qui témoigne de la renaissance architecturale en Europe.
Dorine Ekwè Source:unesco.org
