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Queen Eteme :« Ce qui me lie à mes fans, c’est le label qualité »

by mboasawa
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La diva de la musique africaine se produit en solo pour la première fois dans son pays. –

 

Vous vous produisez au Centre culturel français de Yaoundé jeudi prochain. Quels ont été les éléments instigateurs de ce concert ?

Merci d’abord de me donner l’opportunité de pouvoir m’exprimer. Vous savez dans le cadre de ce qu’on fait et dans ma carrière en général, j’ai toujours besoin de faire ce travail de proximité avec mes fans, d’expliquer le travail que je fais. Il n’y a pas eu d’éléments spécifiques. C’est que ça fait neuf ans que le public attend un concert de Queen Eteme en solo. C’est vrai que les gens ont vu mes apparitions de façon ponctuelle, qui pendant le cinquantenaire, qui pendant les 60 ans d’Anne-Marie Nzié. C’est vrai que c’était un peu difficile de me décider, de me lancer. Parce que vous savez qu’on a des soucis dans notre pays, on n’a pas de salles de spectacle. En tout cas de salles moyennes qui cadrent et qui sied à la musique. On nous parle des salles comme le palais des Sport mais il n’est pas vraiment adapté aux musiques d’écoute. Et ce n’est pas une salle moyenne qui peut contenir des artistes comme nous qui n’avons pas encore un grand aura. Bref, il y avait ce souci là. En même temps on s’est dit mes partenaires et moi qu’on ne pouvait pas indéfiniment attendre et pénaliser mes fans, ceux qui me soutiennent depuis le début de ma carrière. Parce qu’il faut savoir que ça va bientôt faire dix ans que j’ai entamé une carrière solo avec trois album à mon actif. Donc on s’est dit, tentons ! On se lance ! C’est pour cela qu’on a décidé de faire ce concert qui était initialement prévu le 20 janvier. Mais à cause du Comice agro pastoral, on a décidez de le rapporter et on a bien fait.

C’est pratiquement votre premier concert au Cameroun depuis que vous évoluez en solo. Avez-vous l’assurance que le public vous suit ?

Oui. En tout cas si je m’en tiens au feed back de la campagne promotionnelle qui a commencée. Mais ça fait vraiment des années que les gens attendent et je sens une émulation, je sens un désir profond des fans et des mélomanes de pouvoir enfin palper cette rencontre scénique, si je peux m’exprimer ainsi. Que cette rencontre soit vraiment une réalité enfin, je croise les doigts. Rien n’est jamais acquis c’est vrai, parce qu’on a encore beaucoup de travail de promotion, je pense qu’on peut s’avancer sans crainte, moi je pense que la salle sera pleine.

Vous êtes une voix portante de la musique africaine, mais on note que votre concert n’est pas annoncé tambours battants comme on le voit souvent avec certains artistes ?       

Vous savez ma carrière depuis dix ans a été bâtie sur une diffusion et un marketing de proximité. Je pense que je suis déjà suffisamment présente sur le plan international, et que étant donné que le Ccf c’est pas non plus une salle de 5000 places, toutes proportions gardées il faut trouver un équilibre. Moi je n’ai pas envi de faire un tapage médiatique pour me retrouver avec 2000 personnes devant le Ccf. Il y a un travail de fond qui est fait, peut-être qu’il n’est pas palpable au niveau de monsieur tout le monde, mais par exemple le spot télé passe déjà chez certains partenaires, là je fais des émissions, il y a eu une conférence de presse. Moi j’ai fait un choix de communication plutôt ciblé et pas trop dans les effets ostentatoires, je pense que le message passe tout seul, donc je n’ai aucun souci dessus. Sachant que le Ccf en lui-même a déjà un public de mélomanes fidèle. Je fais tout dans la sobriété.

Que réservez-vous à votre public jeudi soir ?

Ce que je réserve à  mon public c’est un spectacle à la hauteur de ce que je peux faire. Un spectacle de qualité. Moi, le contrat qui me lie à mes fans depuis le début c’est quand même ce label de qualité et l’une des raisons pour lesquels j’ai toujours refusé de faire un spectacle au rabais. Là je pense que je suis fin prête sur tous les plans, que ce soit artistique, que ce soit spirituel, que ce soit physique. Là je suis en répétition, j’ai pris les meilleurs musiciens de la place. Je suis sûre que le public aura vraiment un spectacle à la hauteur de ses attentes, qu’il y ait cette communion et que les choses se passent bien.

Qu’est-ce qui a valu cette longue absence dans les scènes musicales camerounaises ?

Le manque de structures capables d’accueillir ce genre de spectacle, l’absence de sponsors. En tout cas moi je n’ai pu jusqu’à l’heure d’aujourd’hui en avoir. Ou alors je ne sais pas si les sponsors ne trouvent pas ma musique assez intéressante. Ou peut-être je ne suis pas une ambassadrice du Cameroun suffisamment convaincante. Je ne peux pas vous expliquer. En tout cas je n’ai même pas envi de me pencher sur ce genre de questions. Ce que je sais c’est que le temps de Dieu est le meilleur pour chaque chose et qu’il est maintenant temps que j’y aille, que tous les éléments sont réunis. Et j’y vais, je pense que l’avenir nous le dira. Peut-être qu’après ce concert, les sponsors vont se bousculer et voudraient me mettre sur scène. En tout cas il faillait bien commencer par quelque part et c’est ce que nous faisons.

Votre troisième album ‘Amazing Encounter’ est entièrement gospel, quelle différence fondamentale a-t-il avec les autres opus ? 

Musicalement il n’y a pas de différence fondamentale parce que cet album est la continuité de ma musique. Je veux dire les fans, les mélomanes qui écoutent ma musique ne sont pas perdus. Moi je ne fais pas de musique religieuse, je fais du gospel, c’est-à-dire une musique spirituelle, une musique qui passe le message comme je l’ai toujours fait. Une musique qui s’adresse à l’âme, une musique qui interpelle l’auditeur, le mélomane. De ce point de vue il n’y a pas de grande différence. C’est vrai cet album est 100% gospel, contrairement aux autres où je mélangeais. Il faut souligner que dans tous mes albums il y a toujours eu la présence gospel aussi infime fut-elle. Je crois qu’il était temps que je me pose, d’abord pour satisfaire une partie de mon public gospel et puis parce que j’avais envie. Moi je crois que le plus intéressant c’est encore à chaque fois qu’on revient de proposer un concept différent. Et c’est l’avantage justement de pouvoir avoir une polyvalence au niveau du style…de pouvoir être une touche à tout.

Et pour y parvenir il faut avoir quelques sources musicales d’inspiration. Y en a-t-il beaucoup, les artistes qui vous ont inspiré?

Oui il y en a beaucoup, il n’y a pas que des chanteuses. Parce que les gens dissocient toujours la chanteuse de la musicienne. Pour être une bonne chanteuse la voix étant un instrument à part entière, il faut être d’abord une bonne musicienne, justement pour pouvoir intégrer sa voix  aux autres instruments, à la partition, c’est-à-dire à la guitare et autre. Dans ce sens j’ai beaucoup d’artistes qui m’inspirent. Il y a d’abord mon père spirituel dans la musique Manu Dibango, il y a Miriam Makeba qui a été quand même un exemple à plusieurs titres, pas seulement parce qu’elle a été la chanteuse et voix (avec x et e) pour son pays, pour l’Afrique et même pour l’humanité. Parce qu’elle l’a quand même marqué de son empreinte, la femme qu’elle a été au niveau de son combat militant. Evidemment il y a des mamans comme Anne Marie Nzié, Bébé Manga, Georges Seba Rebecca Malope, il y en beaucoup je ne peux pas tous les citer.

Vous comptez lancer un festival de chant gospel  au Cameroun, à quel niveau se trouve le projet ?

Ça fait des années que j’ai ce projet. Vous savez je suis quelqu’un qui prend vraiment du temps pour faire les choses. Parce que je n’aime pas faire les choses qui n’honore pas ni ma propre petite personne, ni celui qui m’a créée, ni ma famille et encore moins mon pays et mon continent. Pour pouvoir faire un festival qui aura, selon ma vision, un rayonnement international, ça demande vraiment que je puisse contourner tout le problème, que je puisse mettre en place des structures capables d’accueillir des artistes internationaux, capables de porter ce festival et qu’il y ait vraiment des retombés à tous les niveaux que ce soit économique que culturel. Alors il faut convaincre les partenaires et mécènes de leur contre partie. Mais je pense qu’on est sur la bonne voie, je prends tout mon temps et ça va pouvoir se faire.

Après le Centre culturel Français, c’est quoi la suite ? 

Il y a un autre concert au Centre culturel Petit Tatam le 06 février. Ensuite j’entame une tournée pour présenter mon nouvel album. Mais je serai une fois de plus au Cameroun pour  un spectacle avec Coco Ateba, organisé par Manu

Écrit par Propos recueillis par Pélagie Ng’onana
 

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