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Humour: Politique, fourberies et conscientisation

by mboasawa
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Ainsi se compose la trame du dernier spectacle de la compagnie Noctiluk que le public de Yaoundé a regardé le 29 avril dernier. –

Ils sont deux. Deux nouveaux mousquetaires de l’humour bienvenus dans la capitale. Ils ont pour nom Fils Basseeck et Amadou Bouna. Ils appartiennent à la compagnie Noctiluk. Deux garçons qui affinent leur art depuis plus de cinq ans maintenant, et que le public de Yaoundé a souvent vus sous d’autres coutures, notamment au sein du Cocrad de Jacobin Yarro où avec Richard Djif, ils jouaient les clowns aussi bien sur les planches que dans les établissements scolaires il y a encore quelques mois.
Vendredi dernier, dans la salle du Centre culturel Hell sis au quartier Essos, au lieu dit «Ben le boucher», pas loin de l’Avenue Germaine, les deux humoristes ont donné leur premier véritable show en solo après plusieurs spectacles à l’étoffe moins épaisse. Un spectacle intitulé «Coût d’Etat» et qui puise abondamment dans le lexique et l’actualité politique sur le continent ainsi que les manières de faire de ces tribuns prompts à promettre la lune là où aucune nuit n’est prête à tomber.

Un show de 100 minutes qui a permis au public nombreux -décidemment l’humour a les faveurs populaires- de se rendre compte de ce que le temps était venu pour les deux garçons de voler de leurs propres ailes et de conquérir des territoires plus vastes.
Cela d’abord au travers de textes où la narratologie humoristique est soignée avec ce plus que les mots sont tournés et retournés pour tourner en dérision les souffrances d’un peuple, bétail électoral de choix, toujours dupé dans le jeu politicien. L’autre plus, c’est cette capacité à s’approprier des terminologies éculées pour leur donner une orientation sarcastique certes, mais surtout ironique et conscientisante.
Les deux compères ont aussi le chic pour ne pas faire rire à gorge déployée tout le temps.

C’est à dose homéopathique qu’ils insufflent le rire, laissant le temps à leurs suiveurs de pénétrer leur univers et bien cerner leur travail d’écriture. On pourra toujours leur faire le procès d’une écriture plus intellectuelle, moins populaire comme savent nous en abreuver leurs confrères. Eux semblent n’en avoir cure et assument le côté «long crayon» qui leur va comme un gant.
Le reproche, il existe bien, qu’ils doivent travailler pour la suite réside dans la durée du spectacle. Quoiqu’il s’agisse d’un duo où chacun amuse à son tour, 60 ou 70 minutes suffisent, surtout s’ils ambitionnent de tourner comme ils l’ont annoncé et l’espèrent de tout cœur. Ils doivent aussi soigner le jeu d’acteur, la scénographie et même les costumes. Nul doute que leur maître Jacobin saura leur apporter ce chaînon manquant qui pourra leur permettre de s’envoler vers le nirvana humoristique camerounais qui semble leur tendre les bras.

Parfait Tabapsi

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