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Portrait: Le coup droit de Barthélémy Toguo à Roland Garros

by mboasawa
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L’œuvre du plasticien camerounais flotte depuis le 17 mai dernier au tournoi international de tennis en France. –

La cote de Barthélémy Toguo (valeur marchande de ses œuvres) est sûrement montée en flèche depuis qu’il a signé l’affiche des Internationaux de France (ou tournoi de tennis de Roland Garros à Paris en France). Les habitués de «Bandjoun station», lieu d’apprentissage et d’échange artistique qu’il créé en 1999 au Cameroun, doivent actuellement être heureux de savoir que l’art plastique s’associe au sport.
En particulier le tournoi de tennis de Roland Garros, où actuellement des millions d’amateurs et professionnels de la balle jaune regardent avec ravissement, «l’arbre universel» de Barthélémy Toguo.

Depuis le 10 mai dernier, les visiteurs doivent par ailleurs se bousculer à la Galerie du Musée de la Fédération française de Tennis à Paris pour redécouvrir les œuvres du premier Africain à réaliser l’affiche de Roland Garros. A travers un arbre, le pinceau de Barthélémy Toguo porte la métaphore de sport. Arbre dont les branches soutiennent une passion commune, les balles de tennis. Le doux vert de «l’arbre universel» rappelle celui des salamandres de son exposition de septembre 2010, baptisée «The lost dogs orchestra» ou la métaphore de l’esclavage.
Cela fait qu’à travers ses œuvres, Barthélémy Toguo restitue la réalité telle qu’il la perçoit. Dans son Bandjoun natal, l’art plastique n’est pas aussi populaire que le «tchamassi» du chanteur Talla André Marie. La passion pour le pinceau ne jaillira donc pas des montagnes de l’ouest, bien que la région ait porté les plus illustres plasticiens au Cameroun, notamment Koko Komegne, Francis Sumegné, entre autres.

Ainsi, l’histoire de Barthélémy Toguo et l’acrylique débute à l’Ecole des beaux-arts d’Abidjan en Côte d’Ivoire. Mais à cette époque, ses amours sont plus sculpturales que plastiques. En effet, Barthélémy Toguo commence avec la sculpture sur bois. Il s’exerce à créer un monde sur ce matériau extrait des arbres de son Afrique. Lorsque plus tard Toguo s’inscrit tour à tour à l’Ecole supérieure d’art de Grenoble (France) et au Kunstakademie de Düsseldorf (Allemagne), son univers artistique s’enrichit.
Il apprend les ficelles de la photographie, la vidéo, autant de disciplines qu’il associe à ses installations (œuvres qui combine plusieurs supports médias). Lesquelles sont très courues. Telle celle de février 2001 à New York, au cours de laquelle, l’artiste de 44 ans lave à la main deux drapeaux des États-Unis, avant de les mettre à sécher sur un fil. «Cette action trouve son origine dans la place des États-Unis sur la scène internationale, que l’artiste juge arrogante : peine de mort, refus de ratifier le protocole de Kyoto sur le rejet des gaz à effet de serre», apprend-on du site internet de Barthélémy Toguo. La politique, ou tout simplement la vie de tous les jours inspire le travail du fils du Cameroun, qui réalise la trentième affiche de Roland Garros depuis son lancement en 1980.

Monique Ngo Mayag


 

Roland Garros 2011 : une affiche signée Barthélémy Toguo

 

Depuis 1980, la Fédération française de Tennis confie chaque année à un artiste contemporain la tâche de réaliser une affiche pour le tournoi de Roland Garros.

Fruit d’une collaboration entre la FFT et Daniel Lelong, directeur de la galerie éponyme, cette initiative « représente la seule manifestation à rayonnement mondial qui a demandé à des artistes plasticiens de produire une image pendant trente ans, sans renier leur univers, leur monde », explique Patrice Cotensin, de la galerie Lelong.

Parmi les oeuvres produites, Chanteur des rues, de Joan Miró, fit sensation en 1991. Utilisée comme affiche à titre posthume, elle appartient à l’ultime série d’eaux-fortes du peintre et sculpteur catalan. Cette année, c’est Barthélémy Toguo qui a l’honneur d’illustrer le prestigieux événement.

Pour l’édition 2011 du tournoi, l’artiste camerounais a peint un arbre vert sur lequel poussent des balles, le tout sur un fond quadrillé faisant allusion au filet. Une façon poétique de montrer que le tennis est plus qu’un sport. Comme l’avait noté l’américain Bill Tilden, grand champion de la période 1920-1930 : « C’est un art, au même titre que la danse ».

Jean Baptiste Pietra

 

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