Léonora Miano est née en 1973 à Douala au Cameroun et réside en France depuis 1991. –
Enfant, elle rêvait en regardant des artistes comme Cyd Charisse dans les comédies musicales dont raffolait son père, d’arpenter elle aussi les scènes de music-hall. L’écriture, dit-elle, est simplement une chose qui lui est arrivée sans qu’elle puisse l’empêcher. Pour Miano, on écrit en raison d’une certaine tournure d’esprit et parce qu’on y est poussé.
C’est avec L’intérieur de la nuit (2005), premier texte d’un triptyque comprenant Contours du jour qui vient (2006) et Les aubes écarlates (2009), qu’elle se fait connaître du public. Salué par la critique et plébiscité par les lecteurs, L’intérieur de la nuit reçoit une avalanche de prix, parmi lesquels :
– Les lauriers verts de la forêt des livres, Révélation 2005
– Le Prix Louis Guilloux 2006
– Le Prix Montalembert du premier roman de femme 2006
– Le Prix Réné Fallet 2006
– Le Prix de l’excellence camerounaise 2007
– Le Prix Grinzane Cavour (pour la traduction italienne du roman, dans la catégorie : 1er roman étranger) 2008
L’intérieur de la nuit fait son entrée dans les programmes scolaires camerounais à la rentrée 2010/2011. Il sera proposé aux élèves des classes de 2nde. Pour l’auteur, il s’agit d’une véritable consécration pour ce roman qui lui avait valu l’ire d’un grand nombre d’Africains vivant en Europe.
Contours du jour qui vient reçoit le prix Goncourt des lycéens en novembre 2006. Les aubes écarlates, élément central d’une trilogie centrée sur les blessures ignorées de l’âme subsaharienne, est publié à l’automne 2009. Soumis à l’éditeur dès 2006, ce roman a donné du fil à retordre à l’auteur qui devait en assumer le propos.
En effet, Les aubes écarlates interroge le silence subsaharien concernant la Traite transatlantique1, et propose une vision audacieuse, métaphorique, de l’impact de cet oubli sur la réalité contemporaine du continent.
Avec Tels des astres éteints (2008), Léonora Miano entame la production d’une oeuvre ouvertement afro-diasporique, mêlant personnages subsahariens et afrodescendants. Tels des astres éteints, qualifié de instant classic par un grand nombre de lecteurs tant il est pionnier dans l’espace littéraire français, aborde, en les problématisant, les sujets de la race, de l’origine et du rapport à l’autre.
Pour les jeunes Français d’ascendance subsaharienne et caribéenne en particulier, il s’agit d’un roman culte. Miano est honorée de découvrir que certains passages de ce livre ont inspiré des artistes comme la chanteuse Cae, qui lui dédie un titre sur son premier album2. Sans traiter des mêmes sujets, les romans à venir continueront de porter cette ambition afro-transversale.
Blues pour Elise, que Miano envisage comme un roman éclaté, paraît en octobre 2010. Ce texte marque le début d’une tétralogie intitulée Figures afropéennes, et qui sera consacrée à la présence noire dans la France de nos jours. Le prisme choisi est volontairement intimiste. Les textes de la tétralogie paraîtront en alternance avec des romans plus " conventionnels ".
L’auteur propose également des textes courts. Dans la collection Etonnants Classiques des éditions Flammarion, Afropean Soul et autres nouvelles (2008). Dans la collection Exquis d’écrivains chez Nil, Soulfood équatoriale (2009), une découverte du Cameroun en saveurs. Ce texte reçoit le prix Eugénie Brazier en novembre 2009, dans la catégorie : coup de coeur.
1 Les Traites arabes devant bien sûr être suggérées chaque fois qu’on aborde ce sujet.
2 Cette chanson s’intitule Shelter From The Storm, et figure sur l’album Daughter Of The Dust de Cae : http://www.myspace.com/caemusic
http://www.leonoramiano.com
