Le cinéaste tchadien a été fait chevalier de la légion d’honneur mardi dernier à N’Djamena. –
Mahamat Saleh Haroun est décidément la nouvelle coqueluche du cinéma africain. Et la France reconnaît manifestement la talent de ce cinéaste de 40 ans. Le réalisateur tchadien a été fait mardi 02 juillet dernier, chevalier de la légion d’honneur par l’ambassadeur de France au Tchad, Michel Reveyrand-de-Menthon. Une distinction honorifique qui a lieu au moment où l’institut français au Tchad (ex Centre culturel français) rend hommage à ce digne fils du Tchad, à travers une rétrospective de ses oeuvres. Cette reconnaissance de la France pour ce cinéaste tchadien découle manifestement du succès de son dernier long métrage intitulé «un homme qui crie». Lequel film a par ailleurs reçu le prix du jury à la 63ème édition du festival de Cannes en mai 2010. En remettant les insignes de chevalier de la Légion d’honneur à Mahamat Saleh Haroun, l’émissaire français au Tchad n’a pas manqué d’arguments pour expliquer cet acte de la France.
«La France est heureuse et fière d’avoir accompagné la naissance du talent du cinéaste Mahamat Saleh Haroun et c’est en reconnaissance de ses mérites qu’elle lui fait cet honneur», a déclaré Michel Reveyrand-de-Menthon. En marge de cette distinction honorifique, les oeuvres de Mahamat Saleh Haroun sont également projetés à la 39ème festival du film de «La Rochelle» en France. 3 ans plus tôt, notamment en juillet 2008, Mahamat Saleh Haroun recevait les insignes de chevalier de l’Ordre des Arts et des Lettres par la ministre de la Culture et de la communication, pour le succès de son long métrage intitulé «Daratt» (sorti en 2006). Au cours de cette cérémonie de remise de distinction, la Ministre de la Culture et de la communication déclarait non sans émotion : «la France est fière de son cinéma et ce cinéma, ce sont aussi tous ces films, tous ces réalisateurs d’autres horizons qu’elle soutient et qui nous aident tout simplement à ouvrir les yeux sur le monde. C’est notre vocation d’encourager ces réalisateurs dans leur travail, c’est notre combat et je veux vous remercier, cher Mahamat Saleh Haroun, de le porter à nos côtés.
Ardent défenseur de la diversité culturelle, vous êtes aussi un cinéaste engagé, qui sonde les plaies de son pays natal, le Tchad, et de son continent avec courage, justesse, et espoir». Cette attention particulière de la France pour le cinéaste tchadien laisse d’aucuns interrogateur.
Des suspicions auxquelles Mahamat Saleh Haroun rétorque dans un interview accordé à un média, qu’«en France, dès lors qu’un film reçoit des financements français il est considéré à un moment donné comme un film français parce qu’il répond à certains critères mais on n’oublie jamais l’origine du réalisateur et on n’oublie pas l’endroit où le film a été fait. Du coup, les personnes qui financent le film donnent une identité à ce film et le présentent dans leur pays comme faisant partie de leur identité et du coup la nationalité du film devient celle des financeurs. Encore une fois on voit la prééminence du financeur sur la création. Naturellement, c’est le déficit de nos pays qui fait que nos films sont des films à multiples nationalités». Comme quoi, en se faisant congratuler par la France, il n’en demeure pas moins Tchadien, ni moins africain.
Monique Ngo Mayag Source : africultures.com
