Après la suspension des décisions du ministère de la Culture contre la Cameroon Music Corporation, la Cour Suprême vient de prononcer la dissolution la Société Civile Camerounaise de l’Art Musical. –
Réunie en audience à Yaoundé, le 7 septembre, la Cour Suprême du Cameroun a vidé au fond le procès Cameroon music corporation (Cmc) contre Etat du Cameroun. Statuant sur le retrait d’agrément de la Cmc, pris le 12 mai 2008 par le ministre de la Culture, Ama Tutu Muna, la Cour Suprême l’a annulé.
S’agissant du communiqué du 15 mai 2008, du ministre de la Culture convoquant une Assemblée générale extraordinaire de la Cmc, de laquelle allait naître la Société civile camerounaise de l’Art musical (Socam), la Cour Suprême l’a également annulé.
Enfin, l’Assemblée générale constitutive de la Socam, le 07 Juin 2008 fait aussi l’objet d’une annulation de la Cour Suprême. Pour le président du Conseil d’administration de la Cmc, Sam Mbende, « il s’agit du triomphe de la justice qui contrairement à ce que beaucoup pensent existe au Cameroun ». Interrogé sur les résistances du ministère de la Culture et de la Socam jusqu’ici, il précise « Cette fois –ci l’argument de l’agrément excipé jusqu’alors par le ministère de la Culture et la Socam tombe à l’eau. En annulant le retrait d’agrément de la Cmc, la Cour Suprême le rétablit formellement. Dès lors, l’annulation de la convocation de l’Assemblée générale de la Socam et de ses résolutions emporte aussi son pseudo agrément qui constituait son fond de commerce jusqu’à présent ».
Tant du côté du ministère de la Culture comme de la Socam, personne n’a voulu s’exprimer sur ces décisions de la Cour Suprême. Néanmoins, au ministère de la Culture, un cadre qui a requis l’anonymat affirme ne pas comprendre l’entêtement de Ama Tutu Muna à ne pas se plier à la légalité avant d’ajouter « elle a réussi à sauver sa tête jusqu’à l’élection présidentielle car il est désormais certain qu’elle sera en poste jusqu’au moins à la formation du gouvernement après la présidentielle. Alors qu’elle laisse au moins quelque chose de positif pour son image. A moins qu’elle veuille refiler cette patate chaude à son successeur ».A la Socam, on indiquait ce matin qu’une réunion était en cours, raison pour laquelle la présidente du Conseil d’Administration, Odile Ngaska, ne pouvait s’exprimer. Parmi les artistes, c’est le remue ménage.
Logique respectée
Dans la soirée du 7 septembre les informations selon lesquelles le chef de l’Etat avait demandé la fermeture de la Socam circulaient. D’autres critiquent vertement le refus de la Socam, il y a quelques jours, de procéder à une fusion avec la Cmc au point d’être réduite aujourd’hui à devoir se saborder.
Saisie par la Cmc depuis 2008, la Cour Suprême avait d’abord suspendu toutes les décisions du ministre de la Culture le 17 décembre 2008 puis en avril et septembre 2009.Depuis lors, le ministère de la Culture justifiait la poursuite des activités de la Socam par l’existence de la Socam et son agrément. Dorénavant, il va être difficile de reconduire de tels arguments.
Ces derniers mois, de nombreux observateurs ont fait état des difficultés de la Socam à fonctionner, elle qui cumule 24 mois d’arriérés de salaire au personnel et une dette de plus de 400 millions de Frs CFA. D’une certaine manière, la Cour Suprême a choisi de mettre un terme à ce flou qui n’avait que trop duré.
Par Guy ZOGO
Socam – Une brouille matinale
La Pca et son mécène à couteaux tirés deux mois seulement après leur élection.
Les négociations interviennent deux mois seulement après la dernière assemblée générale élective qui a reconduit Odile Ngaska à la tête de la Socam après un scrutin à la Russe. L’on s’attendait en fait que les revendications viennent de l’extérieur. Mais, c’est désormais à l’intérieur que la Socam a mal, alors que le nouveau bureau n’a même pas encore été installé.
Raymond Tchengang a également déploré le fait que le nouveau bureau n’ait pas encore été installé par le ministre de la Culture, comme prévu. Par ailleurs, un autre membre du conseil d’administration de la Socam, Ebeny Donald Wesley, est aussi entré en bataille contre la Pca. Lui aussi était absent du conseil d’administration. Les deux personnes ont des parcours exceptionnels dans l’actuel conseil.
Le premier, Raymond Tchengang, avait été reçu comme un chef de l’Etat à l’aéroport international de Douala, une semaine avant l’assemblée générale, par une foule nombreuse dans laquelle se trouvait Odile Ngaska. Le rôle de Raymond Tchengang était de financer la campagne électorale en distribuant billets de banque à tout vent. Raymond Tchengang, que l’on avait présenté comme l’un des vices président du conseil d’administration de la Socam semble n’avoir pas trouvé son compte, lui qui est simple membre. Il semble inspiré aujourd’hui par les documents que Sam Mbende, selon des sources bien informées, lui présente, sur la gestion de la Socam. Et Raymond Tchengang de s’étonner dans une radio périphérique de Yaoundé la semaine dernière, qu’on lui avait caché beaucoup de choses. Ebenezer Dihang alias Ebeny Donald Wesley, également absent au premier conseil d’administration de l’actuel mandat de la Socam, lui, a passé des moments difficiles peu avant l’assemblée générale de la Socam.
En effet, déjà copté pour être membre du conseil d’administration, son nom avait été retiré pour être remplacé par celui de Moni Bilé. Pour le consoler, la Pca sortante lui avait alors promis un poste de responsable de la communication. Puis, jours avant, à l’issue d’une conférence de presse, Moni Bilé s’était brouillé avec le «tout puissant» Raymond Tchengang, qui avait alors décidé de l’exclure et de remettre le nom d’Ebeny Donald Wesley sur la liste, au moment où l’état major d’Odile Ngaska réfléchissait sur les stratégies à adopter pour aller corriger la liste déjà communiquée au ministère de la Culture. Concernant l’absence de des deux membres au conseil d’administration, Odile Ngaska s’est contentée de rappeler les règles du jeu : «lorsqu’on est absent à trois sessions, on est exclu du conseil d’administration», a-t-elle martelé, en aparté. Or, selon certaines sources, Raymond Tchengang lui, compte organiser une conférence de presse pour tout déballer.
J.b.a.
22 Août 2011
