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Wangari Maathai, des arbres en héritage

by mboasawa
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La Kényane est décédée dimanche à l’âge de soixante et onze ans. Prix Nobel de la paix en 2004, elle est à l’origine de la plantation de 47 millions d’arbres en Afrique en trente ans. –

 

À ses yeux, combat écologiste, lutte pour les droits humains et promotion d’une culture de paix ne faisaient qu’un. Cette conviction, ses engagements lui avaient valu, en 2004, le prix Nobel de la paix. La Kényane Wangari Maathai est décédée dimanche, à Nairobi, à l’âge de soixante et onze ans. Avec elle, l’Afrique perd une pionnière. Première Africaine diplômée d’une université américaine, cette biologiste avait fondé, en 1977, le Green Belt Movement (Mouvement de la ceinture verte), à l’origine de la plantation de plus de 47 millions d’arbres en trente ans. « L’idée était de renforcer les communautés villageoises pour qu’elles prennent soin de leur environnement immédiat, et de soutenir leurs revenus », expliquait la militante écologiste et altermondialiste lors du Forum social mondial de Nairobi, en 2007. Le vaste programme de reforestation impulsé par le GBM a permis de créer près de 50 000 emplois féminins. Il a surtout contribué de manière décisive à la prise de conscience des ravages liés au déboisement du continent.
 

À la fin des années quatre-vingt-dix, Wangari Mathaai avait défié les autorités kényanes pour défendre la forêt de Karura, près de Nairobi, livrée à des promoteurs. Plus récemment, elle s’était engagée pour la sauvegarde de la forêt du bassin du Congo, deuxième massif forestier tropical au monde. Écologiste, la première femme africaine distinguée par le comité Nobel était aussi une fervente militante de la défense des droits humains, de la cause des femmes et des libertés. Wangari Maathai fut l’une des figures de l’opposition au régime autoritaire du président Daniel Arap Moi. Un engagement qui lui coûta plusieurs séjours en prison. Après l’instauration du multipartisme et l’élection de Mwai Kibaki en 2002, elle fut nommée secrétaire d’État à l’Environnement, poste qu’elle occupa de 2003 à 2005. Déçue par son expérience gouvernementale, elle avait déjà pris ses distances avec la politique lorsqu’ont éclaté les violences postélectorales de 2007. Femme libre et indépendante, Wangari Maathai avait divorcé d’un mari qui la jugeait « trop instruite, trop forte, trop brillante, trop têtue et trop difficile à contrôler ». De son côté, elle assumait sa « révolte » comme une seconde nature.

Rosa Moussaoui

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